Atelier : La recherche d'information

La recherche d'information : qu'est-ce qui se fait aujourd'hui, quelles sont les démarches innovantes, à quoi forme-t-on les élèves ?

Formation à des méthodes

Formation à des méthodes, à une démarche plutôt qu'à des outils
Il semblerait que les documentalistes aujourd'hui forment plutôt les élèves :
- à des méthodes transférables et à l'utilisation d'un outil en général (par exemple BCDI pour une formation méthodologique).
- à une démarche : savoir interroger, savoir intégrer un thème dans un domaine de connaissance, savoir construire une requête.

Par exemple :
- utilisation de Kartoo, méta moteur de recherche qui présente les résultats sous forme de carte : savoir lire les résultats en faisant des associations. Ce moteur propose une représentation des connaissances, une construction du savoir.
Adresse : http://www.kartoo.com/

- utilisation d'Exalead : classification et catégorisation des résultats, le moteur propose, pour chaque résultat d'une requête donnée, les termes et les rubriques associés à ces résultats, la localisation des sites, le format des documents, tous ces critères permettent éventuellement d'affiner ces résultats.
Adresse : http://www.exalead.com/search/

- savoir utiliser un annuaire de recherche.

Il est nécessaire de proposer aux élèves différents outils afin qu'ils puissent découvrir différentes possibilités de recherche, différents modes d'affichage des résultats et puissent ainsi trouver ce qu'ils cherchent.
En ce sens Exalead, est plébiscité. Sa démarche dynamique, proposant, pour un thème de recherche donné, une représentation de son domaine de connaissance, permet aux élèves de créer des micro-ontologies.
Savoir basculer d'un outil à l'autre apparaît comme une réelle compétence.

Il faut expliquer aux élèves, pour un même outil de recherche, la bascule d'un annuaire à un moteur. Les modes de fonctionnement des moteurs apparaissent important à enseigner.

Le problème de la formation des documentalistes est souligné, il faut qu'ils soient à même de comprendre le fonctionnement des outils de recherche.

Les annuaires sont peu utilisés, la classification offre une vision commerciale des sites et certaines catégories sont peu compréhensibles. En revanche les moteurs spécialisés sont présentés. Le référencement payant est une notion à expliquer. 

La formation au thésaurus

Il y a moins de formation au thésaurus, ou du moins le thésaurus est utilisé pour explorer/ découvrir des champs sémantiques, approfondir des notions.
Cependant si la connaissance du thésaurus n'est pas nécessaire pour interroger un moteur de recherche, elle l'est pour interroger la base documentaire du CDI. 

Recherche de références/recherche d'information

La recherche documentaire dans une base de données de références est différente de la recherche d'information avec un moteur de recherche. Cette différence s'établit entre recherche sur documents secondaires et recherche sur documents primaires. L'élève doit savoir distinguer la recherche de références et la recherche d'information, car on ne cherche pas de la même manière dans une base de données et sur le web. Il est important que l'élève ait une représentation des sources qu'il interroge. Il y a peu à peu perte de la notion de document : une base de donnée est une pré-représentation de l'information.
Représentation des élèves : ils cherchent toujours la réponse à une question soit dans la notice, soit dans la page web, d'où un problème de représentation du document secondaire ou primaire.
Les forme-t-on à reconnaître les documents ? 

Progression - référentiel

Beaucoup de compétences sont acquises en primaire, idem en fin de 3e, il est important donc de partir des compétences acquises. Le problème de l'évaluation de ces compétences se pose . L'intérêt est de déterminer des objectifs, des étapes, une progression, un cadre plutôt qu'une évaluation. Il faut différencier collège et lycée, identifier des compétences documentaires par niveau. Dans l'académie de Montpellier, un travail par bassin est mené sur les compétences documentaires, afin d'harmoniser les compétences à atteindre dans les différents lycées.
Les six étapes de la recherche sont rarement menées jusqu'au bout, elles sont souvent abandonnées faute de temps. On forme en premier lieu l'élève à comprendre ce qui lui est demandé. Sont abordés généralement parmi les six étapes le questionnement du sujet, les mots-clés, les descripteurs, la sélection des documents.
Le référentiel n'est pas reconnu au niveau national, c'est un travail méconnu et non diffusé, cependant même s'il apparaît très important, la nécessité d'un référentiel national ne fait pas l'unanimité.

Le B2i

Il est rappelé que le B2i est une priorité ministérielle.
Comment le documentaliste peut-il participer à la validation des compétences du B2i ? Il est nécessaire de procéder à une répartition des items par discipline, par exemple lors de réunions spécifiques B2i. Il est souligné la difficulté de rassembler les professeurs pour valider le B2i. Les itinéraires de découverte permettaient au documentaliste de valider des compétences du B2i, en ce sens leur caractère non obligatoire a réduit les situations de validation. Lorsque les élèves font des travaux de groupe il est difficile de déterminer si les compétences sont acquises et donc de procéder à une évaluation individuelle.
Dans le B2i les compétences documentaires sont très difficiles à atteindre, il y a un mélange entre compétences documentaires et compétences manipulatoires. Les compétences sont toujours à approfondir, à revoir… tout dépend du sujet et du contexte.
Le contexte d'utilisation est multiple : lieu, situations d'apprentissage, outils, évolution psycholinguistique des élèves, nécessité de reprendre des notions vues auparavant mais dans un contexte différent.
L'objectif : être capable de transférer les acquis dans d'autres situations.
Une inégalité entre les établissements est ressentie dans la mise en place du B2i.
Le lien entre le B2i et le C2i est mentionné. 

Evaluation des informations

Evaluer la fiabilité des informations est un apprentissage difficile à formaliser. Les exigences sont différentes entre les documentalistes et les enseignants de discipline. Les enseignants ont peu d'exigence dans ce domaine, ils n'apprennent pas à s'interroger sur la fiabilité des informations trouvées. Ils n'ont pas les mêmes objectifs que les documentalistes lors d'une recherche documentaire demandée à leurs élèves. Ils apprennent aux élèves à se forger une opinion, à comparer des informations. Pour le documentaliste, il est important de savoir qui est l'auteur, qui s'exprime sur le sujet, il forme à s'interroger sur la source de l'information, à la critique de l'information. Cependant la formation à la validation de l'information est parfois difficile au lycée, surtout quand le documentaliste n'est pas expert du domaine.
La préparation en amont avec les professeurs est rare, elle permettrait de préparer au mieux cette formation. Une solution serait de déterminer des étapes, un calendrier, des fiches de processus informationnel, incluant l'évaluation (carnet de bord…), mais les professeurs n'exigent pas toujours ces étapes.
Pour les élèves, la validation est une activité difficile, car ils manquent de culture pour apprécier la véracité des informations. L'utilisation de ressources issues d'internet n'engendre pas un problème nouveau dans ce domaine. Cette activité s'apparente au travail déjà mené autour de la presse, ou avec des monographies…