Le Prix Jean Renoir des Lycéens

Présentation du prix Jean Renoir

Lien vers le site Eduscol du Prix Jean Renoir des Lycéens.

Le Prix Jean Renoir des lycéens est organisé par le ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, en partenariat avec le CNC, la Fédération nationale des cinémas français, la Fondation Auchan, le groupe Orange, les CEMEA, le réseau Canopé, les Cahiers du cinéma, Positif et le journal Phosphore.

Le Prix Jean Renoir des lycéens est attribué par un jury de lycéens à un film choisi parmi huit films présélectionnés par un comité de pilotage national.

Le Prix Jean Renoir des lycéens contribue à dynamiser la vie culturelle au sein des lycées et à développer l’esprit critique des élèves. Le dispositif cherche à éveiller chez les lycéens un intérêt pour la création cinématographique contemporaine et à encourager chez eux la formulation d’un jugement raisonné sur les œuvres, l’échange et la confrontation avec d’autres points de vue.

Le prix Jean Renoir des lycéens s’inscrit en complémentarité avec le dispositif « Lycéens et apprentis au cinéma ». Il s'adresse prioritairement aux classes de zones rurales, péri-urbaines ou relevant de l'éducation prioritaire ainsi qu’aux classes de lycées professionnels..

D’octobre 2015 à mai 2016, les classes participantes ont assisté à la projection en salle de huit films français et européens issus de l’actualité cinématographique.

Un site dédié au Prix permet de stimuler les échanges et de dynamiser les activités pédagogiques menées autour des films. Y sont accessibles des fiches pédagogiques sur les films, élaborées par le Réseau Canopé, ainsi que des interviews de réalisateurs et de critiques. Tout au long de l’année, les élèves y partagent leur expérience et publient leurs critiques de films sur le site Eduscol du Prix Jean Renoir.

Les 25 et 26 mai 2016, deux délégués par classe, élus par leurs pairs, participent à une rencontre nationale avec les réalisateurs des films en lice et défendent le choix de leur classe. Le film lauréat est choisi à l’issue de plusieurs sessions de délibérations, qui privilégie la discussion et l’échange.

Lors de la cérémonie de remise du prix, le 26 mai, est également attribué, un prix de la critique récompensant les meilleures critiques de films publiées sur le site du Prix par les lycéens participants. Le jury est composé de critiques professionnels : N.T.Binh (Positif) et Thierry Méranger (Les Cahiers du cinéma).

Les trophées attribués au film lauréat ainsi qu’aux meilleurs critiques de films sont réalisés par des lycées professionnels participant au prix.

On peut également consulter la page Facebook du Prix Jean Renoir.

Edition 2015-2016

Pour cette cinquième édition, 54 établissements, dont 13 lycées professionnels, participent au jury du Prix Jean Renoir des lycéens. 1200 critiques d’élèves ont été publiées sur le site du prix.

Cinq classes de lycée professionnel ont participé à un « Parcours cinéma » organisé par les CEMEA du 19 au 22 mai 2016 dans le cadre du festival de Cannes. Trois classes ont participé au festival du film de Sarlat, du 10 au 14 novembre 2015, et trois classes ont participé au festival du film d’éducation, organisé à Evreux par les CEMEA, partenaires du Prix Jean Renoir des lycéens.

Le 25 mai, une centaine d’élèves délégués de toutes les académies se rassembleront à la Fémis, à Paris, pour y rencontrer les équipes des huit films en lice puis délibérer. Cette année, six réalisateurs sur huit seront présents, y compris le Chilien Patricio Guzman. Ces journées, d’une grande richesse, feront l’objet d’une captation par le SAAM. Pour les cinq ans du prix sera projetée une vidéo de quelques minutes retraçant l’historique et les développements du prix.

Pour l’édition 2015-2016, les huit films en lice sont :

  • Vers l’autre rive, Kiyoshi Kurosawa, Japon-France, 2h07 (sortie le 30 septembre 2015) ;
  • Fatima, Philippe Faucon, France, 1h19 (sortie le 7 octobre 2015) ;
  • Le bouton de nacre, Patricio Guzman, Chili-France-Espagne, 1h22 (sortie le 28 octobre 2015) ;
  • Mia madre, Nanni Moretti, Italie-France, 1h47 (sortie le 2 décembre 2015) ;
  • Tout en haut du monde, Rémi Chayé, France, 1h20 (sortie le 27 janvier 2016) ;
  • Good luck Algeria, Farid Bentoumi, France, 1h30 (sortie le 30 mars 2016) ;
  • Tempête, Samuel Collardey, France, 1h29 (sortie le 24 février 2016) ;
  • Rosalie Blum, Julien Rappeneau, France, 1h35 (sortie le 23 mars 2016).

Situation du Prix 

  • Le Prix Jean Renoir des lycéens (PJRL) jouit d’un crédit important tant auprès de la communauté éducative que du monde du cinéma: les candidatures de lycées sont chaque année plus nombreuses, tout comme les propositions de films par les distributeurs.
  • L’articulation du PJRL avec les autres dispositifs d’éducation à l’image contribue à sa légitimité (Lycéens et apprentis au cinéma, Les volontaires cinéma et citoyenneté)
  • La moitié du budget est abondée par des partenaires privés: fondation Auchan pour la jeunesse et groupe Orange. Ces partenaires reconnaissent l’intérêt pédagogique du dispositif (dynamique pérenne autour du cinéma dans les lycées participants, en particulier dans les lycées professionnels, les lycées relevant de l’éducation prioritaire et les lycées ruraux). 

Remise du prix Jean Renoir 2016

C'est à la Fémis que le prix Jean Renoir des Lycéens 2016 a été remis à Tout en haut du monde de Rémi Chayé comme on peut le voir sur le site Eduscol du Prix Renoir

 

La soirée a été ouverte par Renaud Ferreira, IGEN, Lettres - cinéma :

"Vous connaissez tous sans doute la célèbre formule de F. Truffaut: "En France, tout le monde a deux métiers: le sien et critique de cinéma". La France a la tête cinéphilique en effet; comme l'on disait autrefois de l'Allemagne qu'elle avait la tête philosophique. La force et l'ambition pédagogiques du Prix Jean Renoir des Lycéens, c'est, en allant bien au delà d'un dispositif d'éducation à l'image, de miser sur cette passion française et d'inviter les Lycéens à un art de la conversation et du dialogue autour du cinéma.

Le cinéma est un divertissement et un spectacle; parfois c'est art; presque toujours une industrie. Mais avant cela, avant tout cela, c'est un rendez-vous avec autrui. L'on se rencontre autour d'un film, et parfois l'on se découvre, mutuellement / ou personnellement, à travers un film. M. le Recteur de l'académie de Nice, sociologue de la culture, rappelle avec amusement que la première activité des personnes qui se rencontrent via internet est d'aller au cinéma! C'est un bon test, parait-il. En somme, dis-moi ce que tu vois, je te dirai qui tu es. Ce "qui tu es" n'est parfois pas encore clair pour des jeunes gens de seconde ou de première. Aussi, la confrontation aux œuvres est-elle le lieu de l'éprouver, de le révéler, de le construire. Depuis fin septembre, une à deux classes de chaque académie ont été invitées à découvrir en salle, dans un rapport unique et privilégié avec l'œuvre, une sélection de 8 films d'une grande diversité. Je veux les citer ici :

  • Tempête, de Samuel Collardey (sortie en salle le 24/02/16)
  • Rosalie Blum, de Julien Rappeneau ( sortie en salle le 23/03/16)
  • Good luck Algeria, de Farid Bentoumi (sortie en salle le 30/03/16)
  • Tout en haut du monde, de Rémi Chayé (sortie en salle le 27/01/16)
  • Mia madre, de Nanni Moretti (sortie en salle le 2/12/15)
  • Le bouton de nacre, de Patricio Guzmann (sortie en salle le 28/10/15)
  • Fatima, de Philippe Faucon (sortie en salle le 7/10/15)
  • Vers l'autre rive, de Kiyoshi Kurosawa (sortie en salle le 30/09/2015)

Chaque élève, au sein de sa classe, puis hier après-midi par le truchement des délégués dans le cadre d'une rencontre nationale, a pu s'exprimer, défendre son point de vue, écouter celui de l'autre, réfléchir, écrire (des critiques, des blogs), se répondre, bref mûrir et affirmer son goût. Quand je parle de "goût", je ne parle surtout pas de "bon goût", de canons ou de normes esthétiques. Mais de l'affirmation d'un jugement vivant et personnel au cœur de la création artistique. Dans un instant, nous saurons lequel de ces films a obtenu la reconnaissance des lycéens - pour nous, qui avons sélectionné ces films, le suspens est intense. Mais j'ai envie d'ajouter: peu importe, en soi, le lauréat. Ce qui compte ici c'est le cheminement, c'est la délibération, c'est l'amorce d'une interrogation personnelle et collective chez chacun de nos élèves, et la naissance d'un désir de dialogue ardent avec les œuvres. La procession est plus belle que l'arrivée. Peut-être d'ailleurs que pour certains d'entre vous, chers membres du jury, un film vu cette année dont vous aurez de prime abord minoré l'importance, trouvera plus tard le chemin, et puisqu'il aura été déposé, saura croitre sur votre vie propre, vous cueillir et s'imposer à vous. Peut-être encore, qu'à terme, aucun de ces films ne vous tiendra compagnie; ils n'en auront pas moins éveillé en vous l'appel au seul qui vous manque, celui que vous créerez. Et c'est tout le mal que l'on vous souhaite.      

L'Education nationale tient au cinéma, parce qu'il est une expérience pleine et entière d'élargissement du regard ; parce qu'il est un antidote aux flux d'images inscrit au sein des images ; parce qu'il est une histoire qui croise et tisse notre histoire et notre mémoire. Mais aussi et surtout, parce qu'il est un lieu d'échanges et de partage, et de ce fait le plus grand dénominateur commun entre la culture de tous et la singularité de chacun.  

Merci à nos partenaires qui partagent ce soin du cinéma (entendu dans le double sens objectif et subjectif d'attention au cinéma et d'attention par le cinéma). Je salue en particulier :

- le CNC ;

- la Fédération Nationale des cinémas français ;

- les partenaires d'éducation à l'image, et les CEMEA en particulier.

Ils ont joué un rôle déterminant et avisé dans le processus de Sélection des films. Car tous les films, intéressants ou créatifs, ne sont pas nécessairement judicieux à soumettre aux élèves. Bien sûr, nous avons privilégié la diversité (pour ouvrir le champ du possible et du regard) et la liberté créatrice, mais nous avons aussi été attentif à la manière dont ces films s'adresseraient aux jeunes gens, comment ils solliciteraient leur jugement, et offriraient de bons support de réflexion et d'interrogation.

Merci aux exploitants qui ont accueilli les classes et leur ont offert les conditions d'une réelle rencontre, en permettant que nos élèves deviennent des spectateurs, et pas seulement des consommateurs. Le cinéma, la salle, c'est un rituel, une expérience, une projection magique, qui tient à la fois de l'immersion et de la distanciation.  

Merci également aux professeurs qui ont accompagné le Prix et entretenu un désir, en trouvant les dispositifs pédagogiques d'accrochage avec leur cours et les cursus traditionnels. Il se sont positionné avec l'engagement et avec la réserve qui convient à un Prix de lycéens, en inventant la bonne distance focale, ni trop loin ni trop près.

Merci enfin aux lycéens dont la fraicheur nous est précieuse et qui vont nous donner cette année encore une leçon de cinéma et une leçon de vie. Ils se sont livrés à cette politesse, cet art de la délibération en ayant pu mesurer que parfois renoncer à une idée au profit de celle de l'autre, ce n'est pas céder ou reculer mais bien progresser et grandir. Il convient maintenant de leur laisser la parole pour qu'elle s'épanouisse."

Site adaptatif

Site adaptatif
Ce site est consultable avec votre mobile ou votre tablette.

Utilisez la même URL que celle affichée actuellement.

Suivez éduscol !