L'Interview d'Alain Burlaud par l'AEF

Les élèves de la filière STG ont désormais vocation à poursuivre leurs études, selon Alain Burlaud, le Président du groupe d'experts ayant rénové la filière.
Par Tifenn Durand - AEF (Agence Éducation Emploi Formation)

"La réforme d'une filière ne s'arrête pas à la publication des programmes. Il faut que le message soit relayé" auprès des élèves, déclare à l'AEF Alain Burlaud, professeur d'université au CNAM et président du groupe d'experts qui a élaboré la réforme de l'ancienne filière STT (sciences et techniques du tertiaire), proposant de la transformer en filière STG (sciences et technologies de la gestion). Les programmes de la classe de première STG ont donc été publiés par le ministère de l'Éducation nationale en février 2004 et devraient entrer en vigueur à la rentrée 2005. Les programmes de terminale, approuvés par le CSE en décembre 2004 (L'AEF du 01/12/2004, 48285), sont en attente de parution et devraient entrer en application à la rentrée 2006. La première session du baccalauréat rénové aura lieu en 2007. À l'occasion du séminaire national sur le baccalauréat STG organisé par le ministère, Alain Burlaud répond aux questions de l'AEF.

L'AEF : À quand remonte le début de votre travail sur la réforme ?

Alain Burlaud : Les programmes qui sont encore en vigueur datent de 1992. À la fin de l'année 2000, l'ancien ministre de l'Éducation nationale, Jack Lang, m'avait demandé de présider un groupe d'experts pour travailler à une refonte de programmes de la filière STT. J'ai réuni le groupe à partir de janvier 2001. Assez rapidement, nous nous sommes aperçus que l'évolution des matières enseignées était telle qu'il fallait réécrire la totalité des programmes. De plus, la finalité de ce baccalauréat est ambiguë : il est héritier de l'enseignement professionnel, puisqu'il succède au baccalauréat G (gestion), mais 80 % des lauréats poursuivent des études (un petit quart en DEUG, 44-45 % en BTS et 9 % en IUT). Nous avons donc décidé de proposer une refonte très importante de cette série avec un affichage clair : préparer les élèves à une poursuite d'études dans les domaines du droit, de l'économie ou de la gestion.

L'AEF : Quels en sont les points saillants ?

Alain Burlaud : Nous avons tout d'abord refondu tous les programmes. Ensuite, nous avons introduit l'enseignement du management, en première et en terminale. Cela devrait se traduire par une épreuve de spécialité au baccalauréat. La difficulté principale, maintenant, sera, pour les enseignants, d'adapter la pédagogie propre aux filières technologiques, à cette nouvelle finalité.

L'AEF : Quel regard portez-vous sur la réforme publiée par le ministère ?

Alain Burlaud : La réforme d'une filière ne s'arrête pas à la publication des programmes. Il faut que le message soit relayé par les inspecteurs généraux, les inspecteurs d'académie, les professeurs, ou encore, les personnels de l'orientation. Toutes ces personnes peuvent contribuer au succès ou à l'échec de cette réforme. Il faudra attendre 2 ou 3 sessions du baccalauréat pour en juger. Ce qu'on peut dire pour le moment, c'est que les échos des enseignants sont pour l'instant très bons.

L'AEF : Le travail du groupe d'experts est donc terminé ?

Alain Burlaud : Si la mission du groupe d'experts s'arrête avec la publication de ces programmes, ses membres restent des ressources et le groupe continuera probablement à fonctionner de manière informelle.

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