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Archives de la Lettre des CPC

L'interview de... Pierre-Jacques Brivet

délégué régional Rhône-Alpes de l’UFIH et ex-président de la 8ème CPC

Vous avez été membre et président de la 8ème CPC « Métiers de la mode » de 2007 à 2012. Pouvez-vous nous présenter les chantiers menés au cours de ce mandat ?

Pierre Jacques BrivetEn premier lieu, le regroupement des CPC « Textile » et « Mode-habillement-cuir » s’est avéré bénéfique pour le pilotage ultérieur des diplômes qui a conduit à la réforme de l’ensemble de la filière « Mode-habillement-cuir ». Cette approche globale, fondée sur un constat partagé entre l’éducation nationale et la profession, s’est concrétisée par le choix de fondre en un seul diplôme deux bacs pros : l’un, plus orienté vers l’industrie, l’autre plus orienté vers la création. Ce dernier, victime d’une trop grande attractivité due à son image « stylisme », ne permettait plus une adéquation satisfaisante entre les diplômes et les emplois. Le nouveau bac pro intitulé « Métiers de la mode », devient le cœur de la filière. Le référentiel, axé sur la mise au point du produit, répond aux besoins des différents secteurs afin de permettre une large insertion. La nouvelle dénomination lui confère une réelle attractivité. Il a d’ailleurs été décidé de nommer l’ensemble de la filière « Métiers de la mode » afin de bien l’identifier. Pour le secteur du cuir, un bac pro « métiers du cuir, option chaussure et option maroquinerie » a été créé. Deuxième chantier, la réorganisation des 11 CAP afin de préserver les savoir-faire.   Cinq principaux CAP sont donc mis en œuvre : CAP Tailleur, CAP Couture flou, CAP Maroquinerie, CAP Chaussure, CAP chapelier modiste. Enfin, une rénovation des BTS a été effectuée dans le même souci de cohérence.  Le degré d’autonomie conféré par ce diplôme a été largement débattu en CPC, les équipes pédagogiques et les professionnels n’ayant pas toujours la même approche. La poursuite en licence professionnelle a aussi été envisagée.

Pourquoi une rénovation de cette ampleur a-t-elle été lancée ?

Cette décision a été étayée par des données macroéconomiques, quantitatives et qualitatives. Il fallait reconsidérer la filière pour tenir compte des suppressions importantes d’emplois de production, notamment en Rhône-Alpes, où le nombre d’emplois a chuté de 22 000 à 600, mais aussi en PACA. D’autres constats ont également nourri cette décision. Premier constat : la désindustrialisation de notre environnement et le manque de mobilité des jeunes. Deuxième constat : l’importance de l’environnement international pour le secteur de l’habillement français : 45 000 emplois en France pour 450 000 emplois directs dans le monde avec des compétences très différentes. Troisième constat : la transformation radicale des métiers de la mode. Auparavant structurés autour de deux collections annuelles, ils connaissent aujourd’hui jusqu’à onze collections par an. Enfin, quatrième constat : la réorientation de la filière vers les métiers de la distribution, parfois complètement dématérialisés. Les compétences et les flux d’embauche sont différents. Dans le secteur de la maroquinerie, la même logique a prévalu. Un BTS a été créé pour répondre à l’internationalisation des marchés et à la requalification des emplois .

Président de CPC sortant, quel regard portez-vous sur cette instance ?

Un regard très positif  malgré quelques regrets sur la réduction des moyens budgétaires et le fonctionnement du CIC ! La CPC est un lieu de concertation, d’éveil et d’interrogation alors que dans les autres instances paritaires, le débat porte davantage sur la négociation. En CPC, il s’agit toujours d’un débat de fond et de qualité. Mais attention à ne jamais perdre de vue que la CPC est une instance consultative. La profession s’implique fortement dans l’élaboration du référentiel d'activités professionnelles mais se trouve un peu en retrait au moment de la rédaction des référentiels de certification et des règlements d’examen. Je pense par exemple à la question de la maîtrise de l’anglais technique. Mais, d’une façon générale, j’ai été impressionné par la façon dont une lecture experte des secteurs professionnels et éducatifs aboutissait à un référentiel commun de diplôme.

Pour en savoir plus : CPC Infos n°52 « Métiers de la mode » Parution janvier 2013

Actualité

Jean-Paul Delahaye devient directeur général de l'enseignement scolaire

Jean-Paul Delahaye a succédé le 21 novembre 2012 à Jean-Michel Blanquer aux fonctions de directeur général de l'enseignement scolaire du ministère de l'Éducation nationale. M. Delahaye a commençé sa carrière en tant que professeur d’histoire et géographie en 1973, puis a été nommé successivement inspecteur d’académie, inspecteur général de l’éducation nationale, doyen du groupe établissement et vie scolaire. Docteur en sciences de l’éducation, il était depuis mai 2012 conseiller spécial du ministre Vincent Peillon.

Meilleurs ouvriers de France : ouverture de la 25ème session

 La 25ème session de l’examen « Un des meilleurs ouvriers de France » porte une haute valeur symbolique dans la mesure où la remise des diplômes, prévue en 2015, s’effectuera 90 ans après la proclamation des premiers meilleurs ouvriers de France.

Cet examen attire de nombreux candidats. A la session précédente :  2735 candidats, 233 lauréats, 210 spécialités ouvertes. Ces spécialités concernent l’artisanat, l’industrie et certains services. Les activités professionnelles visées sont pour partie traditionnelles mais prennent aussi en compte la création et l’évolution des métiers. Pour tous les métiers, l’accent est mis sur l’excellence du geste professionnel. Depuis 2001, le titre « Un des meilleurs ouvriers de France » est devenu un diplôme d’Etat classé au niveau III de la nomenclature interministérielle des niveaux de formation et figure dans le Code de l’éducation. Le projet d’arrêté organisant la prochaine session de l'examen a été présenté devant le Conseil supérieur de l’éducation pour avis, avant signature et publication. Cet arrêté est l’étape initiale nécessaire pour permettre l’ouverture des inscriptions des candidats.

Évolution des emplois et des métiers de la métallurgie

Une étude réalisée par les cabinets BIPE et Ambroise Bouteille pour le compte de l'Observatoire paritaire prospectif et analytique des métiers et des qualifications de la métallurgie anticipe les besoins en compétences à l'horizon 2015-2020. Malgré une situation économique difficile et l’image d’une désindustrialisation en France, plusieurs secteurs disposent encore d’un potentiel de croissance important. La diversification possible des marchés, le développement de l’innovation, le dynamisme de la demande des pays émergents ou encore le défi environnemental à relever, constituent des opportunités pour les entreprises de la métallurgie. Celles-ci ne pourront se développer que si elles trouvent sur le marché du travail les compétences nécessaires à leur développement.

Étude prospective sur l'évolution des emplois de la métallurgie, juin 2012.

Focus

La prise en compte des orientations du Grenelle de l’environnement dans les diplômes professionnels du BTP : une interview de Patrick Bet, inspecteur de l’Éducation nationale

Dans quel contexte la prise en compte des orientations du Grenelle de l’environnement a-t-elle été décidée pour les diplômes du bâtiment ?

Patrick BetUne étude menée par CG Conseil à la demande du ministère de l’Éducation nationale, et publiée en 2010, confirme l’importance de la formation des futurs professionnels du BTP en matière de développement durable et de gestion de l’énergie. Les démarches volontaristes engagées pour protéger l’environnement et économiser l’énergie identifient le secteur de la construction comme susceptible de permettre des progrès importants tant dans la production de bâtiments et ouvrages que dans leur utilisation ultérieure. Toutefois, l’étude souligne le manque de visibilité des enjeux environnementaux et énergétiques dans les diplômes : il a donc été décidé de les mettre davantage en évidence afin qu’ils expriment clairement ce qui relève d’une culture partagée par l’ensemble des professionnels de la construction.

Comment ces orientations se traduiront-elles dans les diplômes concernés  ?

Par une logique d’approche globale ! En effet, de nombreux corps de métier interviennent dans la production du bâti et contribuent tous aux performances de l'ouvrage terminé. Ces professionnels n'assurent pas la conception des ouvrages qu’ils réalisent mais ont à respecter les prescriptions fournies en ayant à l’esprit que de leurs actions combinées dépend le résultat final. De nombreux métiers sont concernés : technicien d'études du bâtiment, maçon, charpentier, peintre, plâtrier, carreleur… Nos travaux ont donc porté sur les diplômes de niveaux V et IV : CAP, mentions complémentaires et bacs pros. Dans le référentiel d’activités professionnelles, un texte intégré au préambule rappelle les engagements du secteur en matière de développement durable. Dans le référentiel de certification, nous avons aussi introduit un texte commun sur les enjeux énergétiques et environnementaux. Enfin, nous avons ajouté aux critères d'évaluation du  bac pro des éléments relatifs aux développement durable.  

Un mot au sujet du calendrier ?

Le travail d’adaptation d’une quarantaine de spécialités du secteur aux exigences issues du Grenelle de l’environnement a démarré par une concertation des organisations professionnelles du secteur en mars 2012. Nous leur avons présenté la méthode et une première proposition de rédaction. Elles se sont montrées plutôt satisfaites du résultat puisque les demandes d'ajouts ont été minimes. Le travail des différents groupes animés par mes collègues IEN-ET a été présenté en septembre 2012 aux organisations professionnelles :Fédération française du bâtiment,CAPEB, SCOP, Fédération nationale des travaux publics. Prochaine étape : la présentation des textes à la 5ème CPC en janvier 2013 pour une publication et une mise en œuvre à la rentrée 2013.

Au fil de l'O

Projet de création d’un brevet des métiers d’art « Ferronnier d’art »

La ferronnerie d’art française bénéficie aujourd’hui d’un marché dynamique tiré par le haut de gamme. Après un très long déclin lié à l’industrialisation puis à la concurrence des pays à bas coût, la ferronnerie a progressivement concentré son activité sur le segment de marché des projets très élaborés à forte composante artistique.

Le CAP « Ferronnier », dont les effectifs ont été multipliés par trois en dix ans, doit être complété par une formation de niveau IV faisant une place importante aux enseignements artistiques.

Cette analyse a conduit la 13ème CPC à approuver la création d’un Brevet des métiers d’art « Ferronnier d’art ». Un groupe technique est chargé de rédiger le référentiel de ce nouveau diplôme dès janvier 2013.

Optique et photonique

L’Association française des industries de l’optique et de la photonique (AFOP) a présenté un dossier d’opportunité en mai 2012 dans l’objectif de rénover le BTS Génie optique. Les secteurs de l’optique et de la photonique, constitués essentiellement de PME dont 45 % ont moins de dix salariés, font preuve d’une bonne santé économique. Ils sont porteurs d’innovations et se positionnent à la pointe du développement de nouvelles technologies. Le groupe de travail est en train actuellement de réécrire le référentiel de ce diplôme.

Rénovation du BTS "Conception et réalisation de carrosseries"

La rénovation du BTS Conception et réalisation de carrosseries arrive à son terme. Les travaux devraient être soumis à l'avis des partenaires sociaux à l'occasion de la prochaine CPC Métallurgie en janvier 2013. La rénovation prend en compte les évolutions technologiques (sur les matériaux composites et sur les nouveaux outils numériques de conception) et réglementaires. Ainsi s'achève la mise en   cohérence de l'ensemble des certifications de la filière.La Fédération française de carrosserie (FFC) a présenté l'opportunité de cette rénovation en décembre 2011. C'est donc l'aboutissement d'un an de travail qui sera présenté en janvier 2013, pour une mise en œuvre à la rentrée 2013.

Les métiers bougent

Les métiers de la sécurité privée

Les besoins de formation aux métiers de la sécurité se sont considérablement développés,  notamment avec l'essor de la sécurité privée. Ce secteur emploie près de 200 000 personnes et occupe donc une place considérable parmi les acteurs globaux de la sécurité.

L’exercice de ce métier qui touche aux libertés publiques exige une grande rigueur déontologique et une professionnalisation constante. La comparaison du niveau de formation des agents de la sécurité privée par rapport à ceux de la sécurité publique témoigne de la nécessité d’une formation qualifiante adaptée aux besoins du secteur. Un rapport relatif à la formation aux métiers de la sécurité privée et coproduit par les ministères de l’intérieur, des affaires sociales et de l’éducation nationale propose un certain nombre de recommandations et ouvre la voie d’une réelle coopération entre les différentes administrations. La rénovation du baccalauréat professionnel « Sécurité-prévention » s’inscrit dans cette démarche.

A lire

Insertion des lycéens sur le marché du travail

La crise de 2008 a impacté fortement l'insertion professionnelle des sortants de lycée. Les jeunes terminant des formations de la spécialité de production ont été davantage touchés que ceux des services.

Note d'information de la DEPP, 12-19 novembre 2012

S'insérer à la sortie de l'enseignement secondaire : de fortes inégalités entre filières

 En 2010, le taux de chômage des jeunes sortis de l’enseignement professionnel secondaire trois ans plus tôt varie de 3 % à 45 % selon la spécialité de formation. Si les bacheliers accèdent plus facilement à l’emploi que les titulaires d’un CAP ou d’un BEP, l’approche par le seul niveau de diplôme s’avère  réductrice pour analyser l’insertion. 

 Bref du Cereq, n° 303 , décembre 2012 

Textes réglementaires

Dispenses d'unités

Arrêté du 8 novembre 2012 relatif à l'obtention de dispenses d'unités à l'examen du baccalauréat professionnel - JO du 23-11-2012

Brevet professionnel

Décret n°2012-1272 du 20 novembre 2012 relatif au brevet professionnel et modifiant le code de l'Éducation (partie réglementaire) - JO du 22-11-2012

©MEN - Direction générale de l'enseignement scolaire
Bureau des diplômes professionnels
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