Interview de Catherine Beudon, Lettre N°10

Interview de Catherine Beudon

Interview parue dans la Lettre CPC N°10

Catherine Beudon, responsable Social, Emploi, Formation à l'Union des industries chimiques et présidente de la 6ème CPC

Présidente de la 6ème CPC de l’Éducation nationale, vous participez aussi à la CPC Industrie du ministère de l’Emploi, la CPN des IUT Chimie, Génie chimique, Génie des procédés, la commission nationale des licences professionnelles, le CNESER… Pourquoi un tel investissement ?

Ma participation dans ces différentes instances traduit la stratégie de l’Union des industries chimiques (UIC). Du collégien au doctorant, notre approche est globale. Nous couvrons l’ensemble du spectre de la chimie et menons des actions spécifiques en liaison avec notre réseau : travail sur le lycée avec la Fondation de la Maison de la Chimie (création d'une base documentaire "Médiachimie" pour les enseignants), réseau de la fédération Gay-Lussac qui regroupe nos 20 écoles d’ingénieurs chimistes, travail au plus proche du terrain avec les UIC régionales.

Une rénovation d’envergure a eu lieu pour les diplômes de la chimie, notamment pour la filière des procédés. La première session du bac pro rénové « Procédés pour la chimie, l’eau et les papiers cartons » aura lieu en 2015. Nous avons revu le programme pédagogique national des DUT "Chimie" et "Génie chimique, génie des procédés",   demandé la rénovation des BTS Chimiste et PEA et la création d'un BTS "Procédés". Il existe aussi 7 titres professionnels du ministère de l'Emploi et nous avons créé des CQP. Nous menons également un gros travail avec les écoles doctorales de chimie avec lesquelles nous avons créé le réseau REDO×. Nous travaillons notamment sur les compétences transversales nécessaires à l'insertion professionnelle en entreprise : langues, relationnel, propriété intellectuelle, sensibilisation à l’entrepreneuriat. Une bourse à l'emploi et aux thèses leur est également dédiée.

Quels sont les chantiers de la 6ème CPC et leurs enjeux ?

Notre secteur a une identité très forte car la chimie est une discipline enseignée dans le cursus de formation initiale et à laquelle correspond une industrie. La 6ème CPC est compétente sur d'autres filières : le nucléaire, l'hygiène et l'environnement. Dans cette CPC, nous raisonnons à l’échelle de la filière, du bac pro au BTS.

Nous travaillons en effet autour des concepts de filière et d’inter-industries. Il n’est plus d’actualité pour nous de faire un diplôme par secteur afin de multiplier les opportunités de stage et d’insertion pour les jeunes diplômés. Moins de diplômes mais plus attractifs et qui participent à la revalorisation de la voie professionnelle. Nous souhaitons permettre la poursuite d’études pour les jeunes qui s’engagent dans ces formations.

Dans l'industrie chimique, nous avons initié cette démarche en 2008 en réalisant une étude auprès des entreprises sur les compétences et les certifications. Le bac pro PCECP a permis aux lycées de s'adapter à leur bassin d’emploi. La réforme du lycée a facilité ce projet ainsi qu’une remise à plat du référentiel d'activités professionnelles. 

Sur quels points porte votre réflexion actuellement ?

Nous poursuivons la réflexion sur l’offre de formation en veillant à bien identifier quels établissements forment à tel ou tel diplôme. La question fondamentale concerne la correspondance entre la carte géographique des établissements et celle des besoins économiques. En CPC, ce travail sur la carte des formations manque d’autant plus que la régionalisation entre dans une nouvelle phase. Cela aura un impact sur la formation des enseignants, l’ouverture et la fermeture de classes, les équipements nouveaux à créer ou transformer. Ces éléments devraient faire partie de l’état des lieux dans une relation de travail efficiente.

Quel regard portez-vous sur les CPC ?

Si les CPC n’existaient pas, ce serait le règne des lobbies !  Les CPC ont un rôle fondamental pour organiser au niveau national des contacts entre le monde de l’enseignement et la sphère économique. C’est un lieu d’échanges où se croisent les visions des industriels et des enseignants. Mais il est fondamental de veiller à bien alimenter cet échange auquel chacun participe, y compris les représentants de l’Etat. Membres de la CPC comme les autres, ils se doivent de communiquer des informations pertinentes. C’est là le plus difficile : faire vivre la CPC comme lieu d’échanges et de débats et non comme un lieu de consultation obligée.

Un mot sur vos fonctions  de présidente de CPC ?

Je m’efforce de bien distinguer mes fonctions de présidente de celles de représentante de l’UIC. Présidente, je travaille avec toutes les parties prenantes de la CPC. Un exemple ? La Formation interprofessionnelle (FIP) sollicite l’avis des  présidents de CPC sur des documents qui n’ont pas été examinés en séance. Pour ma part, je ne me sens pas légitime pour exprimer les points de vue d’un groupe avec ma seule expérience. J’ai donc, avec ma CPC, défini une procédure. Les documents de la FIP sont adressés aux membres de la CPC afin qu’ils s’expriment s’ils le souhaitent.