Tablette tactile et enseignement

6. Usages pédagogiques

Usages dans l'enseignement secondaire

Rhône (classe mobile)

Bilan de l’expérimentation "Classe mobile" en 2009-2010

TNS-Sofres a réalisée une étude qualitative de l’expérimentation de la classe mobile qui a débuté en novembre 2009 au collège Victor Grignard dans le Rhône. Ce collège fait partie des établissements qui ont participé à l’expérimentation « Manuel Numérique et ENT ».

Le contexte

Un établissement disposant d’un très bon matériel informatique, peu d’enseignants réfractaires aux Tice mais aussi peu de grands utilisateurs, un taux d’équipement informatique des élèves avec un accès internet à la maison croissant.

Usages des Tice par les élèves

A leur domicile, les élèves naviguent sur des sites de divertissement et de réseaux sociaux, ils utilisent des applications de communication (MSN, Skype, téléchargements), recherchent sur internet. Cependant les enseignants remarquent peu de connaissances techniques de la part des élèves.

Pour les travaux scolaires, les élèves effectuent en priorité des recherches sur internet, avec l’usage en particulier de Google et Wikipedia. De manière plus occasionnelle, ils font des exercices en mathématiques et en technologie et s'entraînent pour le B2i au CDI.

Usages des Tice par les enseignants

Les enseignants utilisent la classe mobile pour la préparation des cours (rédaction et enrichissement sur internet). 
Ce qui parait difficile est de faire utiliser l’informatique aux élèves.  S'ils se sont bien appropriés le vidéo-projecteur, les fonctionnalités du TBI restent à découvrir pour la majorité des enseignants.
En technologie : usage des logiciels de bureautique et de modelage 3D ;
En mathématiques : exerciseurs en ligne ;
En histoire-géographie : recherche documentaire sur internet ;
En langues : Youtube, messagerie, visionnage de vidéos.

Intérêt des Tice pour les élèves

Il est noté que les Tice sont une aide à la concentration, elles permettent le développement de l’autonomie et renforcent la motivation.
L’outil octroît plus de facilité pour les recherches et offre des possibilités de mise en forme des travaux des élèves.

L’ENT laclasse.com

Cet outil rentre progressivement dans les usages. 
Les élèves l'utilisent pour la consultation des cahiers de textes numériques et les élèves de 6e pour la consultation également des manuels numériques. Si le principe est moderne et attractif, dans la pratique, cela nécessite d’avoir un ordinateur à disposition, déjà allumé et connecté. Dans ces conditions, beaucoup de collégiens estiment que la version « papier » reste la plus pratique. Par ailleurs, ils évoquent une certaine lenteur s’agissant du chargement et du défilement des pages.
En ce qui concerne les enseignants, les plus avancés mettent des contenus et des exercices à disposition des élèves.
On constate plus une volonté de consultation que d’animation de l’ENT. Des potentialités restent encore inexploitées. Il est noté un sentiment d’incertitude technique pour certains, la crainte de la perte de contrôle du cours et de la classe, ainsi que la crainte que les élèves soient incités à la superficialité (copier/coller), que l'individualisme soit renforcé.

La classe mobile

En ce qui concerne l'appropriation de la classe mobile, les premières réactions sont globalement positives : mise à disposition de matériel supplémentaire bien accueillie, matériel en nombre, attractif, voire séduisant pour les élèves, facile à transporter pour les collégiens.
Pour les enseignants, le premier usage se révèle crucial. Une première expérience négative peut dissuader durablement l’usage. Le matériel est plutôt dédié à des utilisations en courtes séances. Quelques problèmes matériels sont identifiés :  caractéristiques pas tout à fait adaptées aux habitudes des élèves et des professeurs (absence de pavé numérique et de souris), problème de batteries et de connexion wifi, existence d’une seule prise réseau dans les salles.
Des freins psychologiques apparaissent : peur de la casse, du vol, connexion internet sur des sites sensibles, nocivité du wifi.
Autres freins évoqués : consignes chronophages (mise en route des machines, mots de passe...), problème de connexion internet.
Les éléments positifs : la responsabilisation des élèves, leur motivation et le respect du matériel.

Statut de la classe mobile

Pour les enseignants, elle est vue comme une salle informatique bis, mais avec des désavantages par rapport à la cohérence d’une salle informatique où l’installation du matériel est déjà effectuée, la configuration de la salle mieux adaptée, pas de rangement de matériel ni de vérification à effectuer.

Pour les élèves, la classe mobile est plus appréciée que la salle informatique car chacun dispose d’un ordinateur et le matériel est plus valorisant. Le prêt à domicile, plutôt exceptionnel a été considéré comme un geste de gratification pour les élèves.

Usages

Les usages dans l’ensemble sont restés limités. Ils ont consisté en des recherches pour des exposés mais peu de devoirs, ni de demandes précises de la part des professeurs. En ce qui concerne les usages personnels, ils se résument en l’usage de la messagerie et des réseaux sociaux.

Les perspectives

Les enseignants ont conscience que l’exploitation pleine et entière du numérique nécessitera de leur part un investissement et un travail personnel important mais par ailleurs il leur semble très difficile de dégager du temps et de la disponibilité. Pour eux il est nécessaire de mettre en place un accompagnement des enseignants et de mettre en évidence les intérêts pédagogiques des Tice, d’améliorer la formation technique, d’initier une réflexion pédagogique et d’avoir des échanges entre utilisateurs. Une fois les craintes dépassées, le numérique représente de grands potentiels : partage et animation de contenus divers, opportunité de rendre l’élève beaucoup plus actif dans les séances.

Les professeurs estiment unanimement que la mise à disposition d’un terminal personnel et individuel est problématique (problèmes techniques, ouverture sur un univers de divertissement).

Les élèves eux ne semblent pouvoir s’approprier pleinement le matériel que s’il peut accueillir des usages scolaires comme les usages personnels.

Dans ce contexte et dans la mesure où les élèves sont équipés, un appareil de stockage semble plus pertinent. Alors, en prolongement de l’ENT, le « cloud computing » pourrait être une solution à développer.

TNS- Sofres