Hypermédia et apprentissage

Impact sur la lecture et l'écriture

Lire en hypertexte, lire sur écran

Hyperlecture, lecture hypertextuelle

Lire et comprendre sur écran : faut-il limiter le temps de lecture ?
Géraldine Charles-Dominique
"La lecture sur écran deviendra de plus en plus courante avec les environnements numériques d'apprentissage...
Jeffrey Walczyk et ses collaborateurs de l’université technologique de Louisiane ont mené une étude sur les effets de la limitation du temps de lecture afin de savoir quelles conditions sont les plus intéressantes sur le plan pédagogique pour améliorer la compréhension du texte. Cette étude concerne notamment les élèves de lycée et de collège, mais elle peut servir à la réflexion des enseignants à tous les niveaux..."
"L’article montre que la gestion du temps de lecture par l’enseignant entraîne de meilleurs résultats de compréhension, mais seulement si la contrainte n’est pas trop forte."

Agence des usages des TICE, 03/03/2009
http://www.agence-usages-tice.education.fr/que-dit-la-recherche/lire-et-comprendre-sur-ecran-faut-il-limiter-le-temps-de-lecture-35.htm

Internet et la lecture
Claire Belisle
"Claire Belisle compare le mode de lecture traditionnelle de l'information (livres, etc.) au mode de lecture lié à Internet et la navigation. Les livres imposent globalement un mode de lecture linéaire et comportent des indications sur le contexte. Avec le développement d'Internet et la navigation dans linformation par activation d'hyperliens, l'individu est obligé d'identifier linformation au fur et à mesure qu'il active des liens et en reconstituer le contexte. Il doit faire appel à de nouveaux repères pour construire les différents contextes lui permettant de savoir avec quelle catégorie dinformation il interagit. L'accès à l'information passe nécessairement par la maîtrise de ces indicateurs."

Voir la vidéo sur Canal-U (4 : 29)
http://www.canal-u.tv/canalu/content/view/full/94994

Internet et Google vont-ils finir par nous abrutir ?

"Voici la traduction d’un article assez passionnant qui a connu un bel impact dans la sphère anglophone au moment de sa mise en ligne cet été. Son titre choc Is Google Making Us Stupid? est un peu trompeur car il s’agit bien moins de charger l’emblématique Google que de s’interroger sur les transformations profondes induites par internet et les nouvelles technologies, transformations qui peuvent aller jusqu’à modifier nos perceptions, nos modes de pensée, voire même notre cerveau....
Nicholas Carr, partant du constat qu’il n’a plus la même patience que par le passé vis-à-vis de la lecture « calme et profonde », revisite quelques dates marquantes de l’Histoire (le passage de l’oral à l’écrit, l’apparition de l’imprimerie, de la machine à écrire, du taylorisme…) pour nous inviter à une réflexion autour de l’influence des technologies et leurs systèmes sur rien moins que notre manière de penser et de percevoir le monde. "

Framablog, 12/07/2008
http://www.framablog.org/index.php/post/2008/12/07/est-ce-que-google-nous-rend-idiot

Article relayé également sur Internet Actu, 23/01/2009
http://www.internetactu.net/2009/01/23/nicolas-carr-est-ce-que-google-nous-rend-idiot/

Est-ce que Google nous rend idiot ?
Is Google Making Us Stupid?

Nicholas Carr
"Ces dernières années, j’ai eu la désagréable impression que quelqu’un, ou quelque chose, bricolait mon cerveau, en reconnectait les circuits neuronaux, reprogrammait ma mémoire. Mon esprit ne disparaît pas, je n’irai pas jusque là, mais il est en train de changer. Je ne pense plus de la même façon qu’avant. C’est quand je lis que ça devient le plus flagrant. [...] La lecture profonde, qui était auparavant naturelle, est devenue une lutte. [...]

une étude publiée récemment (.pdf) [http://www.bl.uk/news/pdf/googlegen.pdf] sur les habitudes de recherches en ligne, conduite par des spécialistes de l’université de Londres, suggère que nous assistons peut-être à de profonds changements de notre façon de lire et de penser. Dans le cadre de ce programme de recherche de cinq ans, ils ont examiné des traces informatiques renseignant sur le comportement des visiteurs de deux sites populaires de recherche, l’un exploité par la bibliothèque britannique et l’autre par un consortium éducatif anglais, qui fournissent un accès à des articles de journaux, des livres électroniques et d’autres sources d’informations écrites. Ils ont découvert que les personnes utilisant ces sites présentaient “une forme d’activité d’écrémage”, sautant d’une source à une autre et revenant rarement à une source qu’ils avaient déjà visitée. En règle générale, ils ne lisent pas plus d’une ou deux pages d’un article ou d’un livre avant de “bondir” vers un autre site. Parfois, ils sauvegardent un article long, mais il n’y a aucune preuve qu’ils y reviendront jamais et le liront réellement. [...]

Wolf s’inquiète que le style de lecture promu par le Net, un style qui place “l’efficacité” et “l’immédiateté” au-dessus de tout, puisse fragiliser notre capacité pour le style de lecture profonde qui a émergé avec une technologie plus ancienne, l’imprimerie, qui a permis de rendre banals les ouvrages longs et complexes. Lorsque nous lisons en ligne, dit-elle, nous avons tendance à devenir de “simples décodeurs de l’information”. Notre capacité à interpréter le texte, à réaliser les riches connexions mentales qui se produisent lorsque nous lisons profondément et sans distraction, reste largement inutilisée. [...]

Quand le Net absorbe un médium, ce médium est recréé à l’image du Net. Il injecte dans le contenu du médium des liens hypertextes, des pubs clignotantes et autres bidules numériques, et il entoure ce contenu avec le contenu de tous les autres média qu’il a absorbés. Un nouveau message e-mail, par exemple, peut annoncer son arrivée pendant que nous jetons un coup d’œil aux derniers titres sur le site d’un journal. Résultat : notre attention est dispersée et notre concentration devient diffuse. [...]

Selon la vision de Google, l’information est un produit comme un autre, une ressource utilitaire qui peut être exploitée et traitée avec une efficacité industrielle. Plus le nombre de morceaux d’information auxquels nous pouvons “accéder” est important, plus rapidement nous pouvons en extraire l’essence, et plus nous sommes productifs en tant que penseurs."

The Atlantic, juin 2008 (Traduction Framalang : Penguin, Olivier et Don Rico)
http://www.framablog.org/index.php/post/2008/12/07/est-ce-que-google-nous-rend-idiot

La charge cognitive et l'apprentissage multimédia
Béatrice Coutelet et Mônica Macedo-Rouet
"La charge cognitive est l'effort mental que l'on doit déployer pour apprendre. Comment éviter un effort trop fort ou trop faible pour les élèves ? Une manière de le faire est de présenter les textes intégrés aux graphiques. D'autres pistes sur comment présenter au mieux les informations en classe sont fournies à la fin de l'article."

Agence des usages des TICE, 22/01/2008
http://www.agence-usages-tice.education.fr/que-dit-la-recherche/la-charge-cognitive-et-l-apprentissage-multimedia-22.htm

Du texte à l'hypertexte : vers une épistémologie de la discursivité hypertextuelle
Cette idée d'interaction entre l'homme et la machine au sein d'un système complexe me paraît caractériser l'hypertexte et le distinguer d'autres dispositifs  avec lesquels il peut être associé mais ne doit pas être confondu, tels que les systèmes experts ou les bases de données. Ceux-ci requièrent naturellement eux aussi l'intervention de l'homme. Ils ne peuvent traiter l'information que si on leur a préalablement fourni non seulement la matière première, mais aussi les programmes de traitement qui s'y appliqueront. Et à cette "écriture" par l'homme correspond, en sortie, la nécessité d'une "lecture" humaine des résultats (encore que l'information obtenue puisse être utilisée par un robot sans intervention humaine). L'idée que je défend ici est que l'hypertexte peut s'envisager comme un système à la fois matériel et intellectuel dans lequel un acteur humain interagit avec des informations qu'il fait naître d'un parcours et qui modifient en retour ses représentations et ses demandes.

Clément, Jean. Du texte à l'hypertexte : vers une épistémologie de la discursivité hypertextuelle. Département Hypermédia de l'Université Paris 8
http://hypermedia.univ-paris8.fr/jean/articles/discursivite.htm

Analogie avec le voyage
On appelle "navigation", le procédé d'exploration des données contenues dans ces bases de données. Le terme dérive de l'anglais "browsing", en français, l'emploi du terme naviguer fait surgir la notion de voyage... et l'on installera de plus la distinction entre la navigation avec but précis et la navigation sans but.
En effet l'analogie avec le voyage était grande puisque les déplacements étaient non-séquentiels (et par là même imprévisibles) et que l'utilisateur était continuellement confronté à des choix de pistes à prendre. Il arrivait souvent qu'ou lui donne un plan, une carte des différents déplacements et directions accessibles. C'est qu'on avait reconnu la possibilité de se perdre dans de tels voyages, d'en arriver à oublier ce que l'on cherchait, ou à ne plus pouvoir retrouver le chemin du retour. On parla alors de se "perdre dans l'Hyperespace" (to be lost in HyperSpace, Edwards et Hardman, 1989) et de vision en tunnel.

D'hypertexte et de réseaux. Site de l'université du Québec à Trois-Rivières (UQTR)
http://www.uqtr.uquebec.ca/~perrault/RECHER/HYPER/HINDEX.HTM

Désorientation et surcharge cognitive
Dans un hypertexte, la désorientation est l'effet cognitif produit chez le lecteur qui ne fait plus le lien entre son projet de navigation initial et les zones d'informations qu'il est en train de lire. Ce qui se résume en un certain nombre de questions du type : "Où suis-je ?", "D'où est-ce que je viens ?", "Où vais-je ?" et enfin "Mais qu'est-ce que je recherche ?".
C'est l'état de surcharge cognitive lié à une trop grande quantité d'informations qui va amener de manière générale à la désorientation. Et ceci est d'autant plus vrai que le lecteur est jeune.

Fancea, Pascal. La création multimédia en classe. Grenoble : CRDP de l'académie de Grenoble, octobre 2001
http://www.crdp.ac-grenoble.fr/ing/utiliser/hypertexte/hypertexte.htm

Surfer dans un labyrinthe ?
Deux images reviennent constamment lorsqu'il est question du Web : le labyrinthe et le surf. Ainsi juxtaposés, ces deux réseaux métaphoriques ne manquent pas d'apparaître contradictoires et produisent des résonances étranges. Un examen de leurs points de jonction devrait nous permettre de cerner certains aspects fondamentaux de la poétique et de la pratique de l'Internet.
La métaphore du surf rend bien compte de la rapidité du lecteur qui se déplace à travers des masses de documents. Elle évoque à la fois l'activité musculaire liée au maniement d'un pointeur omniprésent et la technique consommée de l'expert qui réussit à se maintenir sur la crête de la vague en suivant les courants. En même temps, cette métaphore convient bien à l'aspect fragmenté de l'information disponible sur le Web et qu'on ne peut trop souvent appréhender que superficiellement.'

Vandendorpe, Christian. Variétés de l'hypertexte. Université d'Ottawa (Canada)
http://www.uottawa.ca/academic/arts/astrolabe/articles/art0005.htm

Voir aussi dans ce dossier
Impact de l'hypermédia sur l'apprentissage
apprendre à naviguer... apprendre en naviguant...