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Lecture sur écran

3. Aspects pédagogiques

Point de vue de l'Inspection générale

Catherine Becchetti-Bizot

Textes et TICE

Tout devrait conduire le professeur de lettres à enseigner sur les TIC
"Rien n’oblige a priori le professeur de lettres à enseigner avec les TIC [...] Tout, en revanche, devrait conduire ce dernier à enseigner sur les TIC – c’est-à-dire à avoir une démarche qui intègre une véritable réflexion sur ce que ces nouveaux supports procurent, induisent et modifient dans notre approche des textes et de la littérature. Le professeur de français ne peut pas faire l’économie de cette réflexion, non pas simplement parce qu’elle est dans l’air du temps, mais parce qu’elle est partie intégrante de sa discipline : comprendre (et faire comprendre à l’élève) que lire, écrire, parler, s’informer ou communiquer sont des actes conditionnés par les supports et les techniques qui les sous-tendent, qu’un texte ne peut faire sens que parce qu’il est inscrit dans un cadre et sur un certain type de support, parce qu’il est produit (et perçu) sous une forme et dans une situation qui le configurent, qui en déterminent les codes et les modes de réception… Ne sommes-nous pas ici au coeur de la formation littéraire, qu’elle soit entendue comme maîtrise de la langue, formation de la pensée ou formation du citoyen – pour reprendre la terminologie des textes officiels ?..."

Donner à voir le cheminement d’une pensée, d’un raisonnement
"Il ne s’agit pas d’un écran passif comme celui de la télévision, délivrant une information linéaire et univoque, mais d’une surface qui est un lieu d’où l’on peut, par sa propre action-intervention, faire émerger des signes, des informations que l’on va chercher et organiser selon des procédures codifiées et socialisées pour leur donner du sens, les éditer et les transmettre. Donner à voir le cheminement d’une pensée, d’un raisonnement, c’est ce que permet avant tout l’inscription/apparition progressive sur l’écran : on n’est plus dans la situation de lire un texte qui se donne comme ouvrage achevé, œuvre close, mais toujours dans celle de produire un texte à venir, ensemble et individuellement, de le faire évoluer, circuler, renaître, d’en négocier la forme et les significations – c’est bien de cela qu’il s’agit, oui, d’un texte dont on fait commerce, qu’on le produise ou qu’on le lise, et qu’il est toujours possible de réévaluer."

Les Dossiers de l'ingénierie éducative, n° 61, mars 2008, PDF, 6-8