ATTENTION : ces archives ne sont plus tenues à jour, des liens peuvent être brisés.

Lecture sur écran

2. Processus cognitifs

Points de vue de chercheurs en France

La lecture, activité physique

Critique du livre de Roberto Casati par Robert Maggiori

Robert Maggiori nous explique dans cet article que Roberto Casati, Directeur de recherches au CNRS, professeur de philosophie et de sciences cognitives, n'est pas un nostalgique du livre papier, non utilisateur des TIC mais tout son contraire. Son plaidoyer pour le livre et la lecture sur papier, dans son ouvrage « Contre le colonialisme numérique. Manifeste pour continuer à lire », est «une diatribe sans nuances contre ce qui les met en péril, à savoir le développement des technologies numériques.  Casati n’est en effet ni un conservateur pleurant sur les bibliothèques poussiéreuses et la machine à vapeur, ni un luddite tenté de détruire les machines du progrès, ni un «analphabète numérique» qui s’est retrouvé Gros-Jean comme devant quand ont disparu les mange-disques et le Minitel. Il serait plutôt un geek en matière informatique - mais avocat de la cause du livre et de la lecture, qui, au lieu de chanter le bon vieux temps, montre que le papier, s’il risque de «devenir commercialement obsolète», conserve intactes, pour aujourd’hui et demain, toutes ses potentialités euristiques et cognitives.»

Libération, le 09/10/2013

Écouter l'interview de Roberto Casati sur France Culture dans l'émission Les matins, le 10 octobre 2013.

 

Thierry Baccino

Laboratoire des usages en technologies d’information numériques (Lutin)

Thierry Baccino a été invité dans plusieurs émissions à l'occasion du dossier de Sciences et Vie : La lecture change, nos cerveaux aussi , n°1104, septembre 2009.

Aspects négatifs et bienfaits de la lecture sur écran

ActuaLitté revient sur l'émission "Tout s'explique" et sur les idées développées par Thierry Baccino.

La lecture sur écran peut entraîner une désorientation cognitive
Baccino, indique tout d'abord que la lecture sur écran permet d'enrichir l'information au moyen d'hypertextes et d'hypermédias, ce qui est un bienfait mais il faut faire attention à ne pas trop l'enrichir...

Lecture sur papier plus rapide que sur écran
Les expérimentations de Baccino lui ont permis aussi de constater que la lecture sur papier et plus rapide que la lecture sur écran. Il indique deux raisons principales à cela.
La première qui est essentiellement valable pour les écrans d'ordinateur vient de la luminosité. [...]
La deuxième raison se situe au niveau de la compréhension. [...]

Mémorisation et lecture sur écran
Un autre des gros problèmes de la lecture sur écran est la détérioration de la « mémoire spatiale du texte ». Avec un texte sur papier, il arrive parfois que l'on se souvienne de l'endroit du texte où l'on avait trouvé une information. Parfois même on ne souvient plus de l'information mais seulement de sa localisation (dans le texte ou dans le livre). [...]

ActuaLitté, 10/09/2009

 

Eric Jamet

cahiers pédagogiques

Les nouveaux médias, un plus pour la mémorisation ?
"Il est tentant de penser qu’une présentation multimédias de documents favorise l’apprentissage. Or, cela n’est vrai que sous certaines conditions, comme le montre ce texte qui reprend diverses études sur le sujet."

"Les présentations multimédias favorisent-elles l'apprentissage ? Pas si sûr, de nombreuses études ont montré, on s'en doute, qu'un texte linéaire était plus abordable qu'un texte hypertexte, qui facilite la possibilité de se perdre. Les documents multimédias sont souvent moins bien mémorisés que ceux que l'on lit, car la vitesse de lecture s'adapte à la compréhension. Par contre l'apport des illustrations semble indéniable : en répétant l'information du texte sous une autre forme, elles aident à la mémorisation, dommage qu'elles soient peu utilisées comme support de compréhension, car elles ont aussi besoin d'être décodées. La mise en forme de l'attention (guidages, fléchages...) la conforte. En terme d'apprentissage, les animations multimédias ne sont pas plus efficaces qu'une image fixe, alors qu'elles sont plus complexes à réaliser, sauf si là encore elles facilitent le guidage."

"Ces études illustrent l’impossibilité qu’il y aurait à conclure à une quelconque supériorité des documents électroniques sur leurs homologues imprimés. L’idée défendue ici est que c’est une meilleure connaissance des nouvelles opportunités offertes par ces nouveaux médias, mais aussi une évaluation plus systématique des nouvelles difficultés qu’ils entraînent, qui permettra non seulement de concevoir les documents pédagogiques plus efficaces, de mieux les utiliser dans les classes, mais aussi de mieux enseigner leur usage aux élèves."

Les Cahiers pédagogiques, n°474, juin 2009, Dossier "Aider à mémoriser"

Agence des usages des TICE

agence des usages tice

La charge cognitive et l'apprentissage multimédia
"La charge cognitive est l'effort mental déployé par une personne pour apprendre. Quand cet effort est trop fort (surcharge) ou trop faible ("sous-charge"), les performances d'apprentissage des élèves diminuent. Mais il existe des manières de maîtriser la charge cognitive et trouver le juste milieu qui permet aux élèves d'apprendre de façon efficace. Tel est du moins l'objectif visé par les chercheurs qui travaillent sur la théorie de la charge cognitive. Cet article présente les concepts et quelques résultats de leurs recherches."

Agence des usages des TICE, 22/01/2008

Roland Jouvent

télérama

"Plus que tout autre organe, le cerveau est conçu pour évoluer en fonction de l'expérience - une fonctionnalité appelée la neuroplasticité"
C'est ce que "rappelle Roland Jouvent, qui dirige le Centre émotion du CNRS, à la Salpêtrière, et qui vient de publier Le Cerveau magicien. De même qu'il s'est adapté à l'arrivée de la radio, du cinéma, de la télévision, il se modifie sous l'effet de nos pratiques de lecture en ligne. On sait généralement que les capacités d'apprentissage sont spectaculaires chez l'enfant, mais elles peuvent l'être tout autant chez l'adulte. [...]
Les sollicitations par le biais du Web - une information par e-mail ici, une vidéo sur YouTube là, un twitt ailleurs -  nous permettent de cliquer toute la journée à la poursuite  des meilleures récompenses ..."

Internet rend-il bête ? Télérama, 22/07/2009

Débat sur le site de Télérama

Notre façon de lire et même de penser a-t-elle changé avec le développement du Web ?
"Un passionnant débat réalisé en collaboration avec le Centre de formation des journalistes (CFJ), à Paris. Notre concentration est-elle la même devant un écran et devant un livre ? Une information piochée sur le Net est-elle mémorisée de la même manière qu'une info lue dans un journal ? Certains craignent l'avènement d'une pensée zapping, d'autres sont plus optimistes."

Ecouter sur le site de Télérama quelques extraits de ce débat, puis l'intégralité de l'échange
Télérama, 23/07/2009

André Tricot

 Le numérique décrypté par André Tricot

"André Tricot est enseignant-chercheur en psychologie et spécialiste des apprentissages via le numérique. Lors d’une conférence donnée en mars 2011 au CDDP de la Gironde sur la lecture numérique, il revient sur les conclusions de l’enquête de Nicole Boubée sur le développement des compétences documentaires."

L'école numérique, n°10, décembre 2011

La lecture à l’écran et le corps pensant

Etude non publiée relayée par Hubert Guillaud

«Ainsi, ce que démontre cette étude, c'est que nous sommes un peu plus perdus dans l'espace du livre électronique que dans celui du livre papier. Notre approche du volume, de l'épaisseur, des séquences mêmes de l'histoire est perturbée par l'absence des indices spatio-temporels que nous recevions du toucher, de la kinesthésie du livre papier... »

ENSSIB, le 15/09/2014