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Indexation de ressources

Séminaire SDTICE 2007

Interventions du 26 mars

Le contexte - L'exemple de la Bretagne

Carole NOCERA PICAND - Université Rennes 1

"Les ENT dans les UNR sont maintenant déployés", remarque Carole Nocera Picand, de l'université Rennes-1, qui intervient au nom de l’UNR Bretagne (http://unrb.univ-bretagne.fr) et de l’UNT UVED (Université virtuelle environnement et développement durable, www.uved.fr). Se posent maintenant les questions de l'accessibilité aux services pour "permettre que les étudiants aient accès à leur ENT dans toutes les conditions", et de l’ "accès aux onglets de l’ENT pour la téléformation". Il faut y ajouter une "volonté très forte qu’il y ait dans ces ENT des ressources". Les UNT ont aussi "une mission de valorisation des ressources existantes, elles structurent toute la couche contenus". Selon Carole Nocera-Picand, alors que les UNR sont sur pied depuis 2003 et les UNT depuis 2004, il est possible de constater le résultat de ce travail : "depuis quelques mois les partenaires sont dans une situation où les projets ont pris leur rythme de croisière. Il faut maintenant une coordination ministérielle et une action plus ciblée sur le terrain. Pour les UNT, l’enjeu est d’utiliser ce qui a été produit antérieurement. Pour les UNR, c’est de donner un accès aux ressources de façon profilée aux étudiants". Selon elle, « trop centraliser les choses n’est pas pertinent : il faut s'impliquer dans des logiques de portails et non par une entrée centralisée".

Dans le contexte des établissements, il faut rappeler l’importance de la qualité des services complémentaires et développer la notion de patrimoine de ressources pédagogiques : éviter que des ressources existantes restent indisponibles et faire en sorte qu’elles soient clairement accessibles. Il faut jouer sur "beaucoup de paramètres pour les étudiants". Il y a des étudiants "qui travaillent, ne sont pas assidus notamment pour des raisons de handicap ou de maladie, etc. et qui demandent à avoir accès aux cours en dehors des amphis. L’établissement se rend compte qu’il faut donner un maximum d'accès aux ressources pour les étudiants" et que c'est un "facteur d’attractivité". Selon Carole Nocera-Picand, "la plupart du temps les étudiants sont ignorants des ressources dont ils disposent. Il faut aussi récupérer les ressources des enseignants pour que les jeunes enseignants en profitent, dans une optique de transmissions des savoirs entre générations".

Carole Nocera Picand évoque une « double injonction : celle des réseaux des différentes UNT, qui ont une mission de valorisation et se tournent vers les établissements adhérents pour demander des ressources avec des groupes inter UNT pour l'indexation des ressources pédagogiques, et celle des UNR qui structurent l’accès, et des établissements eux-mêmes qui veulent constituer leur  propre patrimoine numérique pédagogique". L’établissement a une exigence, celle de maîtriser son patrimoine pédagogique : il doit répondre à des demandes fortes et essaie de mettre en place une politique structurée autour du recensement de ses ressources. Nous sommes à cette croisée des chemins où il faut penser une méthode et une organisation rationnelles. Il est indispensable de faire ce travail pour les UNT : cependant on ne peut pas le faire pour une ou deux thématiques seulement, mais pour l’ensemble de ce qui est fait dans l’établissement. C’est là qu’il faut faire intervenir tous les acteurs, dans le cadre d’un projet d’établissement par un travail collaboratif entre les services. Cela implique une "évolution des métiers, un positionnement un peu différent des personnels de bibliothèque qui doivent envisager une évolution de leur travail en réseaux, en tenant compte de la notion de système de gestion de l’information à construire". Les équipes des CRI (centres de ressources informatiques) doivent aussi être associées dans le travail d’implémentation des outils, d’intégration dans les ENT, de validation technique. La coordination doit être effectuée, elle peut l’être par un service de production de ressources qui va accompagner aussi les enseignants dans l’élaboration de ressources pédagogiques et de scénarios de qualité. Il est indispensable de penser l’organisation et sous quelle forme elle sera la meilleure, par exemple de groupes de travail, etc.

"Il faut donner accès à l’interface de dépôt des ressources en LOMFR sur l’ENT de l’enseignant et valider la ressource produite. La cellule ou le service de production doit être sensibilisé aux enjeux du référencement. Ces cellules interviennent dans la préconisation de l’adaptation au standard LOMFR. Il est très important que les cellules ou services qui travaillent avec les enseignants sur la production de ressources ouvertes interviennent aussi sur la valorisation des ressources existantes. Il n'est pas possible de référencer l’existant si les enseignants ne sont pas associés". Carole Nocera-Picand considère "deux obstacles : les enseignants ne voient pas l'intérêt qu'ils ont à s’engager dans un travail de référencement, or il est nécessaire qu’ils remplissent les premières lignes d’indexation (nom, auteur, etc.), car eux seuls sont compétents pour le faire. Cela suppose donc qu’on leur explique quels avantages ils tireront de ce référencement, en termes de visibilité et de reconnaissance. Le second obstacle est qu’ils croient que référencer signifie ouvrir l’accès à tous et là aussi il faut expliquer qu’ils pourront choisir le niveau d’ouverture de leur ressource."

"Un projet d’établissement est indispensable et passe par un vrai projet collaboratif entre les services responsables de la production de ressources et de l’accompagnement des enseignants (services TICE), de la documentation (SCD), des infrastructures (CRI). Cela passe par une matrice trans-services pour positionner les gens dans un pôle. Il faut se mettre d’accord sur le temps où chacun va intervenir et sur la façon de le faire, pour déterminer le workflow entre les différents acteurs". Carole Nocera-Picand parle d'une « sorte de chaîne de conception, référencement, stockage avec des personnes identifiées pour déterminer le rôle de chacun".

"Il est très important que les enseignants chercheurs ne soient pas confrontés à des procédures très différentes avec ce que vont proposer les PRES (pôles de recherche et d’enseignement supérieur). Il faut une cohérence de ce qui est demandé à l’utilisateur ciblé. Cela nécessite une impulsion politique réelle des dirigeants des établissements". Se pose aussi un "problème juridique" avec les ressources existantes, qu'il faut  « passer au crible car une ressource diffusée est attaquable juridiquement". Cela requiert des "pôles de juristes". Le « problème avec les enseignants d’universités" est qu'ils « ont du mal à comprendre que les éditeurs vérifient en ligne si la ressource ne vient pas d’un ouvrage édité chez eux ". Pour Carole Nocera-Picand, "si on veut que l’ENT soit un outil de travail de l’étudiant, il faut y mettre des contenus. C’est maintenant que ça va se jouer entre UNT et UNR sur la question du référencement et de l’indexation".

En conclusion, Carole Nocera-Picand note les chantiers à mener. Dans le domaine pédagogique, il faut penser en termes de parcours de création et d’intégration des ressources pédagogiques. En termes de stratégie, il faut pouvoir retrouver facilement les ressources avec un moteur d’indexation et pouvoir mesurer le référencement. Il faut concevoir une nouvelle manière de voir au point de vue juridique grâce à de véritables experts qui proposent des services efficaces. Et sur le plan technique il faut résoudre les problématiques du référencement et de la fédération d’identité.