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Indexation de ressources

Séminaire SDTICE 2007

Interventions du 26 mars

Le contexte - L'exemple de l'UNR Pas-de-Calais

Marie-Estelle GORDIEN  (Université Valenciennes et Hainaut Cambrésis)
Claude VIEVILLE (Université Lille 1)
Thérèse HUET (Université Lille 1)
Céline FAURE  (Université Valenciennes et Hainaut Cambrésis)
Jean-Marie BALL (Université du Littoral)

"L'UNR Nord-Pas-de-Calais (www.unr-npdc.org) arrive dans un "contexte de  contrat quadriennal 2006-2009 signé par les six universités de la Région avec un volet inter-établissements pour des projets comme le prolongement de l’UNR, projet initié en 2003 ", indique Marie-Estelle Gordien, université Valenciennes et Hainaut Cambrésis. "Ce projet s’articule avec celui d’une politique commune de ressources mutualisées en langues. Il bénéficie du soutien de la Région, qui s’intéresse à la visibilité de l’offre de formation et des ressources disponibles pour les étudiants, qu'elles soient numériques ou pas". Il existe un pilotage UNR-CRPU (Conférence régionale des Présidents d’université) puis un pilotage au niveau des établissements, « alimentés par des politiques d’établissements". Un groupe de travail existe au niveau de l’UNR, « sur le même modèle que ceux constitués sur le C2i (Certificat informatique et Internet) ou sur les logiciels libres". Les objectifs de ce groupe de travail sont "de mobiliser des enseignants, des personnes des services multimédia et informatique et des personnes du service documentation, pour chaque établissement".

Il y a une "volonté de sensibiliser à une problématique commune et spécifique de l’indexation. Chacun a généralement sa vision de cette question. Le groupe de travail est un relais de l’importance de cette question et de l’importance de s’organiser". Marie-Estelle Gordien insiste sur la nécessité de "mutualiser les bonnes pratiques autour d’outils développés" comme ORI-OAI (Outil de référencement et d'indexation - Open archive initiative, www.ori-oai.org), et de travailler autour des workflows car certains établissements sont plus avancés que d’autres. L'idée est de travailler en commun sur une licence et de garantir l’interopérabilité des ressources. Le groupe a examiné la première version du LOMFR et défini des champs obligatoires au niveau de l’UNR. Il dispose, grâce au soutien de la Région, de moyens spécifiques, avec notamment la création d’un emploi d'ingénieur contractuel et la possibilité d'un examen juridique des licences par un cabinet de juristes. Selon Marie-Estelle Gordien, le renforcement des ressources humaines dans les établissements est une nécessité .

Claude Vieville, du CRI de l'université Lille-1, témoigne de sa "volonté de garantir la simplicité du travail"  (lorsqu’une information est saisie, qu’elle ne le soit qu’une seule fois), de garantir la qualité des informations saisies, de garantir la fiabilité des liens entre les différents systèmes (base des utilisateurs, catalogue des formation, etc.). Son université "voulait favoriser la réutilisation des informations : qu’elles puissent servir pour d’autres services qu’elle voudrait mettre en place". Cela signifie aussi "délimiter ce qu’on ne fait pas : le dépôt des notices ne délivre pas la ressource elle-même". Les opérations de stockage et de description des ressources sont séparées. Le dépôt est basé sur un système open source qui vient du MIT (Massachusetts Institute of Technology) : l’application D-Space (www.dspace.org). Le projet a démarré il y a plus de deux ans pour le catalogue des thèses, avec des notices descriptives et la mise à disposition du texte intégral.

"Au-dessus de la couche technique et de D-Space, intervient le service IRIS qui dispose de quatre interfaces pour offrir des services performants aux utilisateurs. Un moissonneur en OAI-PMH permet d’afficher les ressources sur les plates-formes de formations. La recherche s’effectue via l’ENT (Espace Numérique de Travail) et son interface conçue pour optimiser les requêtes.  Les utilisateurs ont ainsi accès aux catalogues des formations. Le service IRIS permet de faire le lien entre le portail régional, le moissonneur et le portail UNT. Les informations partent de l’enseignant, sont complétées puis validées sur le système IRIS, et sont ainsi consultables par le navigateur et par l’ENT selon le profil utilisateur. Deux types d’utilisation du service sont possibles : utilisation du moteur de recherche d’IRIS (envoi d’une requête et réponse avec liste de notices), moissonnage des notices (enregistrement OAI portant un format LOMFR). Les services sont de trois types : locaux (plates-formes de formation qui utilisent un type de moissonnage, portail d’établissement avec le service de recherche IRIS, l'interface de recherche fédérée, le catalogue des formations) ; portail régional (qui utilise le moissonneur) ; portail d’UNT (qui passe aussi par un mécanisme de moissonnage)".

Concernant le catalogue d’offres de formation et de ressources pédagogiques, un travail a commencé il y a plus de deux ans, soutenu par la SDTICE, avec une saisie des notices selon CDMFR (Course Description Metadata, norme de description des formations) et des formats de saisie de type XML. Quatre objectifs principaux ont été fixés pour décrire l’offre de formation selon des axes importants : les diplômes et les parcours, l’aspect organisation de l'université et ses composantes, les personnes et points de contacts, les unités d’enseignement et les éléments constitutifs de ces unités. Les "évolutions prévues à moyen terme" concernent l'insertion des composants ORI-OAI : "IRIS peut cohabiter pendant un moment avec ORI-OAI, pour être - pourquoi pas ? - remplacé à terme". Les deux systèmes "respectent un même standard de description, le LOM, et il est possible d'ajouter les différentes composantes ORI-OAI pour faire un dépôt institutionnel plus global à terme".

Le service multimédia de Lille-1


La présentation du SEMM (service multimédia de Lille-1, www-semm.univ-lille1.fr) est assurée par Thérèse Huet, de l'université Lille-1. Les missions du SEMM ont une "orientation marquée vers la production pédagogique multimédia soit émanant de la  sollicitation d’enseignants ou suite à des réponses à appels à projets régionaux, nationaux ou internationaux". Thérèse Huet parle de "mise en ligne sur intranet et dans les centres de ressources extranet, internet avec formation des étudiants. Dans le cadre de l’UNR, la collaboration effective avec le CRI et le SCD (service commun de documentation) s’est bien passée et a introduit une dynamique. L’UNR a permis le dialogue entre les différents services de l’université, ce qui est très positif". Au niveau de l’indexation, le SEMM a pour rôle de "gérer la partie technique de LOMFR". Il a plusieurs missions : la formation des enseignants, la production de ressources, leur mise en ligne et la gestion d’une plate-forme pédagogique via l’ENT. Il a aussi "un rôle très important avec les enseignants : discuter avec eux, les solliciter pour remplir la fiche d’indexation, les sensibiliser à l'importance du projet".

Thérèse Huet souligne un "problème à poser sur la situation juridique" qui a amené l'UNR à décider de « faire signer une fiche d’autorisation de diffusion des ressources ». Elle insiste sur les missions de l’enseignant chercheur : "il n'est pas évident de solliciter les enseignants pour qu’ils mettent des ressources numériques en ligne à disposition des étudiants et de la communauté. A l’heure où on parle de mieux définir les missions de l’enseignant chercheur, il serait temps de les préciser à ce niveau".

"Nous avons souhaité automatiser autant que possible la saisie", soutient Julien Roche, directeur du SCD de l'université Lille-1. « Nous avons par ailleurs écarté le principe d'une intervention directe de l’enseignant dans la saisie, au profit d'une grille renseignée en commun avec le SEMM pour les aspects pédagogiques. Il nous a par ailleurs paru souhaitable de faire renseigner le minimum de champs par l’enseignant. Le SEMM remplit donc les champs pédagogiques (à partir de la grille renseignée avec l'enseignant), mais aussi techniques et administratifs, le SCD s’occupant des champs bibliothéconomiques (classification par exemple) et s'assurant de la cohérence et du contrôle qualité de la notice". Le dispositif comprend donc un "double contrôle, d’abord par le SEMM, ensuite par le SCD". Julien Roche replace ensuite la problématique d’indexation dans celle, plus large, du référencement des ressources produites ou mises à disposition dans le cadre d'une politique d’établissement. Il s’agit avant tout de privilégier la cohérence, plus que la saisie technique des vocabulaires. Il recommande de "préserver un accès spécifique pour la ressource pédagogique tout en s'assurant de son référencement parmi les autres ressources documentaires de l'établissement. Cela permet de maximiser la lisibilité des ressources pédagogiques indexées".

Julien Roche indique ensuite que les ressources pédagogiques posent assurément un problème de définition et, partant, de granularité dans leur indexation, selon que l'on choisit d'indexer une ressource documentaire simple (par exemple une quelconque image) ou une ressource plus complexe conçue directement dans un but et avec un scenario pédagogiques (par exemple un cours complet). "Il n'y a pas forcément de compatibilité entre les deux types de ressources au sein d'un même catalogue de ressources". Les "freins et réticences" ne sont pas à négliger, prévient enfin Julien Roche. "Il faudra que les enseignants, mais aussi les structures d'appui tels le SEMM ou le SCD, s’investissent beaucoup". Pour éviter "une faible utilisation des ressources produites et indexées ou une mauvaise qualité des notices, une collaboration sans faille est assurément indispensable entre le SEMM et le SCD pour l’indexation des ressources pédagogiques". De cette façon, le SEMM orchestre la cohérence et le contrôle, en s’assurant que les champs pédagogiques, techniques et bibliothéconomiques soient remplis par les bonnes personnes et que l’indexation spécifique selon la nature de la ressource (LOM, TEF, Unimarc) soit correctement effectuée. Grâce au service IRIS les ressources pédagogiques ne sont pas isolées et l’on organise une bibliothèque numérique unique où l’on peut trouver les pre-prints, les thèses, etc.

Chaîne de production / indexation / diffusion


Céline Faure, de la cellule TICE de l'Université Valenciennes et Hainaut Cambrésis, parle de l'intégration de la chaîne  "production-indexation-diffusion" dans le système d’information de l’établissement et du lien étroit qu’il faut établir avec les enseignants. Elle prend appui sur la réflexion menée au sein de l’UNR Nord-Pas-de-Calais pour réfléchir à la mise en oeuvre d’une démarche d’indexation dans l’établissement. Selon Céline Faure la première étape passe par la sensibilisation des enseignants, qui doit se faire en positionnant l'ensemble de la chaîne dans la démarche de système global d’information et en mettant en perspective les différents outils pédagogiques à travers l’ENT (conseils sur l’outil à utiliser en fonction des demandes). Tout au long de cette chaîne, des actions de sensibilisation et de formation des enseignants doivent être menées. Une deuxième phase concerne la conception et la production de ressources pour la cellule TICE (intégrée au service informatique). Son équipe utilise la chaîne de production Scenari (http://scenari-platform.org) pour la création de nouvelles ressources mais il s'agit également de valoriser des ressource existantes en effectuant un repérage de celles-ci. Un travail a commencé avec les instituts demandeurs pour identifier les ressources et réintégrer ces dernières au système d'information, en lien avec les enseignants auteurs.

Le troisième axe décrit par Céline Faure touche à l'indexation des ressources. Son université dispose d’une plate-forme de formation utilisée par les enseignants pour gérer leurs cours en ligne (Moodle). La collaboration entre la cellule TICE et le SCD a été initiée à travers la structuration des cours proposée sur cette plate-forme. Cependant, les ressources en ligne ne sont pas indexées ni partagées. La question concerne aussi le stockage multiple de ressources et l'indexation en interne. Céline Faure parle de la nécessité de mettre en place un réel workflow pour indexer de façon unique une ressource proposée dans plusieurs contextes, grâce à ORI-OAI. Celui-ci sera complètement intégré au système d’information de l'établissement, ce qui est un élément indispensable. Les enseignants étant des acteurs à part entière de cette indexation, un important travail d'explication de l'indexation et de ses avantages est à mener.

Le quatrième point abordé par Céline Faure concerne la diffusion des ressources. Il s'agit de convaincre les enseignants de diffuser leurs ressources tout en garantissant les droits d'utilisation. Certains instituts de l'UVHC se sont engagés dans une démarche de mise en ligne des polycopiés de cours, ce qui constitue une première étape de sensibilisation des enseignants. Le catalogue de formation permet aussi de convaincre les enseignants en donnant la possibilité, pour chaque formation du catalogue, de mettre à disposition des futurs étudiants des ressources significatives. Les outils d'indexation et de diffusion de ressources enrichiront l’offre de services proposés par l’ENT en s’intégrant au système d’information tout en permettant d’accroître la collaboration entre les équipes.

Pour Jean-Marie Ball, enseignant de l'université du Littoral, l'indexation renvoie à la question du « développement de la pédagogie en réseau » : d’un point de vue historique, travailler ensemble constitue une nouveauté. Selon lui, "il y a déjà eu des production spontanées qui se sont faites autour de la vidéo-conférence, ce qui permettait de distribuer un cours sur différents lieux comme c'est le cas pour l’université du Littoral". Les universités se retrouvent avec "un stock passablement informel de ressources pédagogiques", que ce soient des videos, des cours, des documents de référence, des document de soutien ou des conférences. Jean-Marie Ball signale l’existence d’un "autre cadre de productions spontanées : le campus numérique avec le principe de groupe-classe et la réalisation de documents. Certaines initiatives existent et ne sont pas connues. Certaines productions ont lieu dans le cadre du mastère FLE ingénierie de la formation. Les étudiants ont à produire des ressources destinées à être utilisées soit au cours des stages qu’ils ont dans l’année, soit avec des partenaires distants comme l’université de Gène. Ces étudiants sont de futurs enseignants".

Le premier problème porte sur les licences : son établissement a rédigé en 2004 un modèle « inspiré des modèles libres, voté par le conseil d’administration de l’université ». Maintenant il y a la licence CeCILL (CEA, CNRS, INRIA, logiciel libre, www.cecill.info) qui remplit ce domaine. La décision avait été prise par rapport à un contexte de l’époque. Cette licence comprend une clause pour s’intégrer à une méta-licence, par exemple pour les UNR. Jean-Marie Ball rappelle qu’il y a eu la constitution d’un groupe local de travail sur l’indexation en 2006 sur l’étude du LOMFR avec des enseignants, des membres de l'UNR et du SCD. Ce groupe s'est "retrouvé en adéquation parfaite avec ce qui est impulsé au niveau de l’UNR. Il permettrait d’avoir les solutions techniques apportées par l’UNR et de déployer rapidement un serveur ORI-OAI dans les mois qui viennent".

 Questions

"Quel est le positionnement international de la norme LOMFR ? ", demande un participant. Le standard international est le LOM (Learning Object Metadata), répond Dorothée Danielewski, chef de projet « normes et standards » à la SDTICE du ministère de l'Education nationale. "La proposition de faire de ce standard une norme a été refusée par un certain nombre de pays, en raison notamment de la vision pédagogique sous-jacente. LOMFR est une norme française, éditée par l’AFNOR (Association Française de Normalisation) et consiste en un profil d’application français du standard LOM, comme il en existe d'autres, dans d'autres pays (Canada, Grande-Bretagne, etc.). Il n'y a pas de volonté d’avoir une norme européenne mais une volonté de rendre compatibles les divers profils nationaux ".

"Le champ d’application permet une interopérabilité au niveau international », ajoute Marie-Estelle Gordien. Selon Julien Roche, il n'y a « aucun risque à travailler en LOMFR car il n’y a pas de norme prévue au niveau international qui viendrait concurrencer le LOM".

"Quels sont les moyens humains supplémentaires mis en oeuvre pour le projet ?", interroge un participant. Julien Roche répond qu' "il y avait déjà des moyens fléchés autour de ce projet" et que son université a  "la chance d’avoir un service multimédia comme le SEMM". Le SEMM "s’occupe des formulaires et la charge de travail est répartie entre les différents acteurs. Le repérage des ressources à indexer est par contre le point délicat" car les équipes "ont du mal à recenser tout ce qui existe". Au final, il existe "trop d’éléments d’incertitude pour estimer le surcroît de travail, mais il est clair qu'il est important". Julien Roche insiste : « si on ne met pas les moyens nécessaires, on n’obtiendra aucun résultat. Au-delà des déclarations d'intention, il faudra que les établissements qui souhaitent réellement valoriser leurs ressources pédagogiques fassent un effort conséquent sur les moyens humains attachés à ce type de projets". Mireille Chazal, de l'université du Littoral Cote d'Opale ajoute qu'un conservateur a été affecté à cette mission et qu'une création de poste de bibliothécaire adjoint spécialisé a été obtenue.

Annie Coisy, de l'université Bretagne-Sud, parle de "logiques et d’objectifs antagonistes" avec, d’un côté une logique patrimoniale (l' "idée d’exhaustivité de l’université vis-à-vis de son patrimoine"), ce qui est une « vision vertigineuse », et  de l’autre côté, la  "nécessité d’une attractivité, avec des cours qui servent de vitrine". Comment concilier ces deux optiques ? Pour Julien Roche, il faut "adopter une démarche pragmatique : d’abord travailler avec les enseignants volontaires sans nier  l'existence de freins importants. Il faut d’abord rassembler ce qui existe même si la qualité n’est pas au rendez-vous. Une fois la démarche initiée et les principales craintes levées, on peut faire le pari qu'une part significative des enseignants de l'établissement s'associeront à la démarche".
Un représentant de l'INRP (Institut national de recherche pédagogique) insiste sur la question des mots-clés: il est « possible de mettre en première partie de LOMFR une indexation avec des mots libres, et ensuite d’appliquer des classifications dans une deuxième partie. L’utilité est de répondre autant aux besoins des utilisateurs qu’à ceux des professionnels de la documentation par un usage adapté des mots-clés.  Le problème soulevé est que, bien souvent, les thésaurus proposés sont mal adaptés aux usages réels, ce qui engendre un effort de mutualisation plus important. Selon Stéphanie Delmotte, chargée de mission "indexation" (projets UNR et UNT) à la SDTICE du ministère de l'Education nationale, on peut doubler une saisie de mots-clés libres avec l’utilisation judicieuse de la catégorie 9 du LOMFR". Il est possible de cette manière de faire usage de classifications établies (Dewey, etc.), de thésaurus (RAMEAU par exemple) ou de vocabulaires contrôlés et élaborés pour des besoins locaux. Ce système est  « assez bien fait car le LOMFR permet une grande souplesse".