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Indexation de ressources

Séminaire SDTICE 2007

Interventions du 27 mars

L'indexation en pratique dans un établissement dans une logique de PRES

Gilles BERTIN (UNR Rhône-Alpes)
Sophie TOUZE (Ecole vétérinaire de Lyon)
Gilles BERTIN (UNR Rhône-Alpes)

Gilles Bertin, de l'UNR Rhône-Alpes, indique que "l’établissement Public de Coopération Scientifique de « université de Lyon" vient d’être créé  (décret du 21 mars 2007). Il s'agit donc ici de la première présentation de cette nouvelle structure ». Il expose la "transition vers le PRES [10]  universités de Lyon". La ville de Lyon compte 1,25 million d’habitants, 14 universités et écoles, 110 000 étudiants, 9000 personnels, 510 laboratoires, 800 thèses par an. L'école vétérinaire a 650 étudiants et 18 laboratoires, l'université de Lyon-2 a 28 000 étudiants et 26 licences. L’ENT est Encora, il affiche 1 220 000 visites sur les 30 derniers jours, selon les chiffes Xiti. Cela "permet à chaque établissement de venir connecter ses outils et cette stratégie permet de déployer très rapidement, pour chaque établissement, un ENT utilisé par les étudiants et les personnels". Les "objectifs politiques" correspondent à une "situation de campus dispersés" et à une hétérogénéité des établissements, qui vont de 30 000 étudiants pour Lyon-1, Lyon-2 et Lyon-3 à des établissements de 1000 étudiants. C'est une "offre très complète mais, au niveau international, invisible. Une très grande partie de ce qui est produit reste enfoui dans les établissements".

La stratégie affichée par Gilles Bertin repose sur "l'indexation et la fédération pour avoir une visibilité immédiate". L'objectif est de "travailler dès maintenant sur des projets précis et à grande visibilité pour avancer rapidement". L'université de Lyon a "souhaité conserver pour chaque établissement le niveau local : il est impossible d’imposer à 14 établissements le même dispositif. La démarche correspond à la volonté de respecter l’intégrité des dispositifs d’établissements. Dans la même idée d’hétérogénéité, il y a une volonté de démarrer sur des établissements pilotes car il est impossible de faire démarrer tout en même temps, d'abord pour des raisons de calendrier ". Gilles Bertin évoque également l'idée de constituer un global repository, sorte de référentiel, terme difficile à traduire : il renvoie à la démarche de laisser les ressources où elles sont dans les établissements et les interconnecter. Cet outil permet, en fédérant, de partager les ressources. La solution choisie a été celle de la société HarvestRoad, originaire d’Australie (http://www.harvestroad.com/). HarvestRoad est un système numérique de dépôt fédéré, qui gère l’échange et la réutilisation de n’importe quel contenu pédagogique dans un environnement de formation en ligne. Il a été mis en place à l’école vétérinaire".

Sophie Touzé, de l'école vétérinaire de Lyon, expose l'approche adoptée de "mutualisation des ressources pour enrichir l’enseignement en TICE" dans un établissement qui compte moins de 1000 étudiants. C'est un « petit établissement, donc il est difficile de trouver des enseignants motivés car les enseignants sont peu nombreux. L'établissement a regardé ce qui se faisait à l’étranger, notamment en Belgique, au Canada et au Maroc. La volonté affichée dans le projet de "pédagothèque" est de créer des ressources pour les enseignants et de les partager. Ce qui intéresse un enseignant, c’est d’utiliser des schémas, des sons, des animations flash pour enrichir les cours et pouvoir les intégrer facilement et immédiatement. Le moissonnage oblige à aller interroger, chercher la ressource auprès de l’auteur, etc. avec l'idée de mutualiser les grains ». L'école vétérinaire a "voulu intégrer cela à une chaîne éditoriale " poursuit Sophie Touzé. Elle a "pris comme LMS la plate-forme d’apprentissage en ligne Moodle, qui intègre la recherche et l’indexation depuis la création d’un cours. La solution est en phase de déploiement. La mutualisation est possible si on permet à l’enseignant de garder sa démarche pédagogique et si c’est simple".

Alexandre Bonucci, de l'université Lumière-Lyon-2, présente la « webTV » de son établissement. "Cela aurait pu être autre chose, la photothèque par exemple ". Il met en avant la « volonté d’avoir une seule source de stockage mais pas un seul point de vue sur ce que doit être le stockage, ce qui est possible avec HarvestRoad". Le projet s'adresse à un "public d’enseignants individualistes, qui veulent décider de l’outil utilisé pour créer les ressources, du moment où ils les diffusent, à qui et quand ils les retirent de la diffusion ». Si le projet ne répond pas à ces contraintes, "les enseignants n’entrent pas dans la démarche". La webTV est un « dispositif d’indexation et de catalogage accessible depuis l’ENT. Elle dispose d'un côté front office et un dispositif habille le back office pour lui donner une interface web : les utilisateurs se connectent pour rechercher et afficher une ressource. Cela permet de développer tout type d’interface". Pour Alexandre Bonucci, "la google-isation sur l'ensemble des champs est le moyen d'accroître la visibilité des ressources. D'autres dispositifs sont certainement souhaitables selon le type de ressources mais il faut se poser la question de la productivité de ces dispositifs au regard de l'usage qui en est fait par les utilisateurs (les étudiants et leurs pratiques de recherche). C'est l'usage qui confère à l'outil son statut. L'outil n'en devient donc un que par l'usage, le reste ce sont des idées et non pas des outils. L'effort à fournir dans les institutions réside donc dans la formation à l'usage de la documentation du plus puissant moteur de recherche : le cerveau de l'étudiant. L'effort ne doit pas être la création d'un énième système de recherche ou d'un énième modèle de description des données".

Selon Gilles Bertin, "au niveau du PRES, le dispositif est connecté à l’école vétérinaire et à l’université. Avec un mot-clé on recherche dans les global repositories à partir d’outils web. En conclusion, il s'agit d'une approche pragmatique de l’indexation sur un outil dédié au rangement des contenus, sans attendre d’avoir mis en place toute une logistique. Ainsi dans une démarche pragmatique, l’indexation est faite selon le standard Dublin Core, avec de nombreuses entrées qui permettent par la suite de retrouver un grand nombre de contenus avec des termes de recherche simples. Sur la gestion du risque, les contenus sont séparés de leurs conteneurs, dans des standards et on peut changer de dispositif à l’avenir. Il y a la capacité à se connecter à tout entrepôt, pourvu qu’il soit normé, grâce au fonctionnement très souple de HarvestRoad. On pourra progressivement interroger tous les entrepôts. Enfin, il ne faut pas être intrusif dans les politiques et les démarches d’établissements mais respecter la biodiversité de l’université qui fait sa richesse".

Questions

"L’exemple présenté par Alexandre Bonucci est quasiment un contre exemple puisque vous montrez un document vidéo où le mot B2i arrive marginalement, considère Isabelle Dimondo, de l'université d'Avignon. Ne risquez-vous pas d’avoir trop de résultats non pertinents avec l'exhaustivité des recherches" ?  "Le document est indexé avec le  Dublin Core, donc la ressource ressort si on couvre tous les champs, répond Alexandre Bonucci. Ce n’est pas le cas si on sélectionne les champs. Il s'agit d'un parti-pris du point de vue des utilisateurs, il est associé au début et pas à la fin du dispositif.

"Quelles sont les observations de l’usage de ce système à l’école vétérinaire ?", questionne Albert-Claude Benhamou, de l'UMVF (Université médicale virtuelle francophone). Comment à partir d’une intention pédagogique trouver les éléments dans ce système pour faire un cours ?" Sophie Touzé répond avec l'exemple d'un enseignant qui interrogeait la base de données pour trouver des documents sur la rage et le moment où elle était apparue en France: « il les a trouvés au Maroc. Le système permet de trouver facilement des grains de formation". Pour les enseignants, "l’important est de gagner du temps, reprend Alexandre Bonucci : 90% des usages ne sont pas de chercher un contenu avec la possibilité de la granularité, c’est de savoir comment diffuser un document disponible. Quand on quitte ces usages pour demander un travail supplémentaire à l’enseignant ça devient plus difficile, ce n’est pas que ce n’est pas souhaitable, mais difficile".

Martine Taugeron, de la SDTICE, se dit « étonnée car elle pensait aussi que c’était "un contre-exemple" : c’est le nombre de connexions ou aider à l’apprentissage qui vous intéresse ? Alexandre Bonucci répond que « la connexion n'est pas le fait, car au ministère vous ne la prenez pas en compte pour les attributions des contrats quadriennaux. Le contre-exemple est volontaire : la démarche de l’étudiant n’est pas de se connecter sur le dispositif de Lyon-2, c’est de faire du Google. On se rapproche de lui en indexant la totalité puis en lui laissant le choix d’affiner la recherche car telles sont ses pratiques réelles. On ne perd pas l’étudiant car il est valorisé dans les outils de front office avec des catégorisations à propos, qui ne proposent pas l’ensemble des données. Il faut aussi s’adapter à la manière dont l’étudiant recherche, avec la possibilité de sur-catégoriser".

Selon Albert-Claude Benhamou, "pour un cours d’anatomie on va avoir 43 facultés qui font le même cours sur le même sujet. Avec la granularisation, on aura 150 ou 200 grains identifiables avec le même mot-clé. Comment les aider à avoir un produit qui a du sens ?" Selon Gilles Bertin, "Sophie Touzé présentait un point de vue enseignant, Alexandre Bonucci un point de vue étudiant-utilisateur".

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10. PRES : Pôle de Recherche et d'Enseignement Supérieur