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Les écrits et le numérique

Bain & Compagnie a mené une enquête dans six pays (États-Unis, France, Allemagne, Royaume-Uni, Japon, Corée du sud) afin de mieux appréhender la migration de l’écrit vers le numérique. Cette étude permet de décoder les nouveaux usages des lecteurs et d’évaluer leurs implications économiques sur le livre et la presse… Cette étude a été présentée lors du 3e forum en Avignon qui s’est déroulé du 4 au 6 novembre 2010. Découvrez quelques extraits de cette étude.

Les lecteurs effectuent un virage numérique

« À l’horizon 2015, 15 % à 20 % de la population des pays développés devrait être équipée d’une liseuse électronique ou d’une tablette multifonction. Les liseuses pourraient capter jusqu’à un tiers du marché. Quant aux tablettes, elles bénéficient d’ores et déjà d’une forte dynamique. Cependant le seuil psychologique d’achat d’une tablette est de 200 à 300 euros pour la moitié de l’échantillon. Avec une baisse de prix, elles pourraient  à terme représenter la majorité du marché, touchant un public plus large grâce à leurs capacités multimédia et à la baisse de prix. »

Le public

« Les premiers adeptes des liseuses et tablettes sont principalement les grands consommateurs de livres, les hommes et les catégories socio-professionnelles supérieures, cependant parmi les lecteurs qui comptent s’équiper prochainement, on note un rééquilibrage en faveur des femmes et des plus de 35 ans. »

Avenir économique

« Le livre numérique devrait connaître une situation plus favorable que celle de l’industrie musicale. Plusieurs indicateurs vont dans ce sens. Les lecteurs qui ont effectué leur migration vers le numérique restent profondément attachés à la lecture papier, et trouvent à l’ebook des usages complémentaires. Les détenteurs d’un e-book déclarent majoritairement lire plus qu’avant et 70 % des utilisateurs de tablettes et liseuses déclarent acheter la majorité de leurs ebooks. Le lecteur électronique semble favoriser le payant. »

Les contenus

« À l’horizon 2015, la littérature générale devrait rester le genre le plus en pointe de la migration numérique pour l’industrie du livre. À l’heure actuelle la littérature générale représente 70% des titres que les usagers ont tendance à lire au format numérique plutôt que sur papier. À l’inverse, les livres pratiques, illustrés et à destination de la jeunesse sont aujourd’hui sous représentés dans les catalogues numériques par rapport à leur poids dans le livre papier. Cependant on note des attentes des consommateurs dans ce domaine.

En ce qui concerne la presse papier, elle a perdu son statut traditionnel de source première d’information. Près de 90 % des consommateurs interrogés au cours de l’étude reconnaissent ainsi ne consulter que des contenus d’information gratuits sur Internet. Sur les nouveaux supports comme les tablettes, ce constat demeure : moins de 10 % d’entre eux se disent prêts à y payer des contenus d’information générale. »  

Modèle économique 

« Grandes bénéficiaires de la migration numérique, de puissantes plates-formes de distribution virtuelle ont émergé. Plusieurs acteurs apparaissent incontournables : Amazon, avec le Kindle, Apple, et bientôt Google.

La migration numérique pourrait donc accélérer la consolidation de la distribution autour des quelques acteurs bénéficiant des plus importantes économies d’échelle.

La “nouvelle donne” numérique remet en cause la maîtrise historique des éditeurs sur la chaîne de valeur de l’écrit. Leur capacité à redéployer leurs ressources vers les canaux numériques, imaginer de nouveaux services pour les lecteurs comme pour les auteurs, sera un élément clé de leur future position et de leur “pouvoir” face aux nouvelles plates-formes numériques. »

De nouveaux modes d’écriture

L’interactivité

« La notion même de participation du lecteur peut sembler incongrue dans l’univers du livre... pourtant, certaines expériences originales suggèrent la possibilité de nouveaux formats à même d’attirer les jeunes générations, avides de co-création, vers l’univers de la littérature. Ainsi, dans The Amanda Project, le lecteur est impliqué dans la rédaction d’un manuscrit qui devient une écriture collaborative. Guy Kawasaki, auteur américain d’origine japonaise, invite régulièrement ses lecteurs à participer à ses ouvrages par l’intermédiaire de son blog “How to change the world”. Il encourage les internautes à définir le thème de son prochain livre puis les invite à partager des histoires personnelles qu’il incorporera à son œuvre. »

Le livre social

« L’écrit numérique permet enfin un “circuit retour” par lequel l’auteur peut communiquer directement avec ses lecteurs, et ces derniers communiquer entre eux. Authonomy.com, opéré par HarperCollins, propose aux auteurs de créer leur propre page web, mettre en ligne et offrir aux visiteurs leur manuscrit. Les lecteurs peuvent alors voter et commenter le manuscrit qui sera publié au format papier s’il rencontre le succès. Amazon a récemment acquis Shelfari.com, une communauté de lecteurs qui partagent leurs goûts et leurs coups de coeur au travers d’une bibliothèque virtuelle. Une initiative comparable aux efforts de certains éditeurs, comme le site MyBoox en France édité par Hachette Livre. »

Étude « Les écrits et le numérique »17 p. Fichier au format PDF