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Les technologies de l’information et de la communication (TIC) en classe au collège et au lycée : éléments d’usages et enjeux

Pour apprécier quantitativement et qualitativement l’intégration des TIC dans les pratiques d’enseignement, la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) a mené en 2008-2009 une étude nationale auprès de professeurs de dix disciplines enseignées de la sixième à la terminale. Quelques questions liées plus spécifiquement à l’usage de l’ordinateur en classe ont également été posées aux élèves de collège et lycée de la classe choisie pour l’enseignant.

Couverture publication DEPP L’enquête s’est appuyée sur un échantillon d’enseignants des disciplines suivantes : arts plastiques, éducation musicale, éducation physique et sportive, français, histoire-géographie, langues vivantes, mathématiques, physique-chimie, sciences de la vie et de la Terre, technologie et enseignement technologique, issus de 200 collèges et de 200 lycées. Elle a porté prioritairement sur des classes appelées « classes-cibles » . En collège, cette classe a été choisie parmi les classes de 6e, 5e, 4e et 3e générales, hors SEGPA, en lycée parmi les classes de seconde, première et terminale des voies générale et technologique. Les dix enseignants de la classe-cible des disciplines indiquées ci-dessus ont été destinataires des questionnaires d’enquête ainsi que cinq élèves de la classe-cible choisis selon une clé aléatoire. 

I Les enseignants

L’usage des TIC en classe semble globalement répandu mais seul 5 % des enseignants l’utilisent tous les jours avec les élèves.

95 % de l’ensemble des enseignants ayant répondu à l’enquête déclarent utiliser les TIC à des fins professionnelles, mais seulement 64 % des enseignants déclarent utiliser les TIC avec manipulation d’outils TIC par les élèves, et seul 5 % le font tous les jours et à l’opposé 31 % une ou plusieurs fois par trimestre.

Globalement, les enseignants utilisent plus les TIC au lycée qu’au collège. C’est notamment le cas pour aider les élèves en difficulté (57 % en collège, 48 % en LEGT), développer la rigueur et la précision (40 % en collège, 33 % en LEGT). C’est sur la mise en œuvre du B2i que la différence entre collège et lycée est la plus notable (83% en collège, 69% en LEGT).

Les disciplines les plus « utilisatrices » sont les enseignements technologiques (90 %) et scientifiques (sciences de la vie et de la Terre : 75 %, physique-chimie : 69 %, mathématiques : 60 %). Au contraire, l’éducation physique et sportive (16 %), les disciplines artistiques (éducation musicale : 26 %, arts plastiques : 38 %), et littéraires (français : 34 %, langues vivantes : 35 %) sont les moins « utilisatrices », l’histoire-géographie (48 % d’enseignants utilisant les TIC en classe) se situant entre les deux groupes.

A. L’ensemble des enseignants (utilisateurs ou non des TIC en classe-cible)

Il s’agit de l’ensemble des enseignants des classes concernées par l’enquête

1. Les TIC et les objectifs pédagogiques

L’usage scolaire des TIC est considéré comme le plus important pour atteindre les objectifs suivants :

  • participer à la formation aux principes et fonctionnalités de l’informatique (78 % de l’ensemble des enseignants le jugent important) ;
  • mettre en œuvre le B2i (77 %) ;
  • stimuler la curiosité (73 %) ;
  • apprendre aux élèves à travailler à distance (72 %) ;
  • accroître la motivation à apprendre (69 %) ;
  • apprendre aux élèves à devenir autonomes (66 %) ;
  • aider les élèves en difficulté (53 %) ;
  • apprendre aux élèves à communiquer (49 %).

On remarque cependant que les objectifs pédagogiques jugés les plus importants par les enseignants sont des objectifs qui ne sont pas liés aux TIC : aider les élèves en difficulté et accroître la mitivation à apprendre (67 % pour chacun de ces 2 objectifs), apprendre aux élèves à devenir autonomes et stimuler la curiosité (60 % pour chacun de ces 2 objectifs ). À l’inverse les objectifs liés aux TIC sont jugés importants par peu d’enseignants : mettre en œuvre le b2i (17 %), participer à la formation aux principes et fonctionnalités de l’informatique (16%), apprendre aux élèves à travailler à distance (13 %).

2. Activités utilisant les TIC

Utilisation par les enseignants

Les enseignants utilisent les TIC surtout pour chercher de l’information (78 %), élaborer des supports de cours (76 %) et fabriquer des exercices (67 %). Les enseignants utilisent moins les TIC, pour transmettre des connaissances (49 %), expliquer (34 %), donner des consignes (33 %), ou surtout corriger (25 %).

Utilisation par les élèves

Les TIC servent aux élèves d’abord pour chercher des informations (selon 65 % des enseignants), produire un texte, un exposé, un rapport, un graphique, un schéma etc. (55 %), exploiter une ressource documentaire (49 %) ou présenter une recherche (48 %). La recherche d’information est ainsi l’activité principale commune aux élèves et aux enseignants lorsqu’ils utilisent les TIC.

Les TIC sont le moins utilisés par les élèves pour traiter des erreurs,argumenter, déterminer ses propres stratégies d’apprentissage et débattre.

Les élèves de LEGT sont dans l’ensemble plus amenés à utiliser les TIC que ceux de collège.

Compétences liées à l’usage des TIC

Chercher, analyser, expérimenter, communiquer :

  • La compétence chercher est la principale compétence liée à l’usage des TIC. Elle est principalement citée en premier choix par les enseignants littéraires (français : 37 %, histoire-géographie : 32 %, langues vivantes : 28 % ; moyenne 19 %) ;
  • La compétence expérimenter, assez naturellement, par les scientifiques (mathématiques : 25 %, physique-chimie : 23 %, sciences de la vie et de la Terre : 29 % ; moyenne 9 %) ;
  • La compétence analyser est privilégiée en éducation physique et sportive (19 %), en histoire-géographie (15 %) et dans les disciplines artistiques (notamment l’éducation musicale : 14 % ; moyenne 9 %) ;
  • La compétence communiquer est surtout privilégiée par les enseignants de langues vivantes (29 % ; moyenne 9 %) et, à un moindre degré, par ceux de technologie (16 %).

3. La fréquence d’intégration des TIC

Les TIC utilisées par les enseignants sont essentiellement le traitement de texte (30 % des enseignants l’intègrent « presque toujours » dans leurs pratiques d’enseignement et 26 % « souvent »), les documents multimédias de type audio ou vidéo (18 % et 30 %), la clé USB (23 % et 23 %) et internet (15 % et 24 %).

On note que les enseignants utilisent relativement peu de TIC par comparaison avec l’usage des photocopies de documents (51 % et 33 %), des ressources papier (49 % et 34 %) et du manuel (40 % « presque toujours » et 18 % « souvent »).

La fréquence d’intégration des outils TIC dans les pratiques d’enseignement diffère selon les disciplines :

  • la clé USB est utilisée surtout en technologie, en physique-chimie et en sciences de la vie et de la Terre ;
  • le traitement de texte en histoire-géographie et en technologie ;
  • internet, assez fréquemment utilisé en technologie et légèrement plus que la moyenne en éducation musicale, arts plastiques et éducation physique et sportive.

4. La maîtrise des compétences TIC par les enseignants

Les compétences

Deux tiers des enseignants déclarent bien savoir réaliser des documents avec les TIC mais un tiers ont du mal à savoir s’intégrer dans la démarche d’évaluation du B2i.

La formation

La quasi-totalité des enseignants (88 %) ont acquis leurs connaissances et compétences dans le domaine des TIC par l’auto-formation. Un enseignant sur deux a participé à une formation liée aux TIC au cours des deux dernières années.

Les formations auxquelles les enseignants souhaiteraient participer lorsqu’ils n’en ont pas bénéficié sont avant tout, les formations à l’utilisation d’outils multimédias (59 %), le perfectionnement à l’usage d’internet (57 %), et des formations pédagogiques relatives aux modalités d’intégration des TIC dans le processus d’enseignementapprentissage (56 %).

5. Les principaux facteurs qui encouragent à l’usage des TIC

  • La possibilité d’accès à une diversité de ressources documentaires ;
  • la volonté d’améliorer la réussite des élèves ;
  • la disponibilité d’un équipement adapté ;
  • puis des motivations plus générales comme le plaisir de fournir aux élèves des documents propres, facilement modifiables, réutilisables et le souci de renforcer l’autonomie des élèves.

6. Les facteurs qui dissuadent de l’usage des TIC

En premier lieu les principaux facteurs dissuasifs sont les effectifs d’élèves.

Puis, à un moindre degré, les contraintes horaires de la discipline, un équipement informatique insuffisant, daté ou défectueux, ou la difficulté d’accès aux matériels.

B. Les enseignants utilisateurs des TIC en classe-cible

1. Type d’activités et objectifs

Types d’activités

Les enseignants scientifiques utilisent des logiciels, les littéraires cherchent des informations et produisent des documents. L’activité « utiliser un logiciel », n’est en fait choisie que par les enseignants scientifiques. À l’inverse, produire un document ou des images a été beaucoup choisi par les enseignants littéraires et très peu par les enseignants scientifiques. On retrouve un profil similaire pour chercher des informations, se documenter, très cité par les littéraires, très peu cité par les scientifiques.

Objectifs

Les objectifs de ces activités sont d’acquérir des connaissances selon tous les enseignants, d’utiliser l’expérimentation pour les scientifiques, et de savoir chercher des informations pour les littéraires. Les TIC permettent aux enseignants de varier et d’accroître les ressources, de diversifier les activités, voire de varier les situations d’apprentissage.

La valeur ajoutée liée à cet usage des TIC

Les TIC utilisées : logiciels spécialisés en science, internet et combinaison de TIC dans les autres disciplines.

Les logiciels spécialisés sont le choix principal des enseignants de mathématiques, de physique-chimie et surtout de sciences de la vie et de la Terre. Ils concernent faiblement les enseignants de français et d’histoire-géographie, et moyennement ceux de langues vivantes.

En français, au contraire, c’est l’usage d’internet qui est dominant dans les activités choisies, tant pour la recherche que pour l’utilisation de sites ou la combinaison avec l’utilisation d’un traitement de textes. Les enseignants d’histoire-géographie, de langues vivantes ont fait des choix moins marqués, mais proches de ceux de français (les historiens-géographes étant par ailleurs grands utilisateurs de vidéoprojecteurs). En technologie, les choix se répartissent entre logiciels spécialisés et combinaison de TIC pour des activités simples ou complexes.

Organisation pédagogique et le lieu de l’activité

Les activités utilisant les TIC sont fréquemment l’occasion de remettre en cause l’organisation pédagogique traditionnelle. Ainsi, l’activité choisie par les enseignants a été effectuée en effectifs réduits dans un tiers des cas en collège, et une fois sur deux en lycée. Dans 14 % des cas, une partie au moins de l’activité a eu lieu en dehors des heures d’enseignement.

La salle multimédia (ou « salle informatique ») est le lieu principal où se déroule l’activité TIC, ensuite la salle de cours avec vidéo-projecteur ou la salle spécialisée. À l’inverse, le CDI est peu ou pas utilisé dans les disciplines scientifiques, et faiblement en technologie ; il l’est plus fréquemment en langues vivantes et plus encore en français et histoire-géographie.

2. Les effets des TIC sur les élèves

Les effets de l’usage des TIC sur les aptitudes des élèves sont majoritairement positifs. L’amélioration de l’expression écrite est un effet positif rencontré plus souvent en collège (38 %) qu’en LEGT (26 %). Les aptitudes les plus favorisées par l’usage des TIC sont liées à la connaissance et à la motivation : acquérir des connaissances (77 %) , chercher l’information (77 %), être motivé (75 %), être curieux (73 %), être autonome (73 %), et comprendre (71 %).

3. Les effets des TIC sur les pratiques professionnelles

Les effets de l’usage des TIC sur les pratiques professionnelles sont essentiellement jugés positifs, sauf en ce qui concerne la charge de travail (50 % estiment ces effets négatifs, contre 23 % positifs). Les effets sont très largement positifs en ce qui concerne la diversité des activités proposées aux élèves (86 %), la variété des ressources utilisées (83 %) et leur qualité (77 %) ou la variété des situations d’apprentissage (78 %).

II. Les élèves

Les élèves sont satisfaits ou très satisfaits de leur niveau de maîtrise des TIC.

Environ un quart des élèves interrogés jugent excellent leur niveau de maîtrise des technologies de l’information et de la communication et plus des deux tiers des élèves, jugent leur niveau plutôt bon.

1. L’utilisation de l’ordinateur

Selon les élèves, l’ordinateur est rarement utilisé par le professeur tout seul. Les élèves utilisent l’ordinateur en technologie, rarement dans les disciplines scientifiques, presque jamais dans les autres disciplines. Pour les élèves, l’ordinateur en classe sert avant tout à chercher de l’information dans les disciplines littéraires et à faire des exercices dans les disciplines scientifiques.

2. L’utilité de l’ordinateur

L’ordinateur est jugé utile par les élèves, même dans les disciplines littéraires où ils l’utilisent peu. Le moment où les élèves utilisent l’ordinateur en classe est un moment où les élèves estiment être aidés, actifs, contents. L’image de l’ordinateur en classe est très positive auprès des élèves.

3. L’ordinateur en dehors de la classe

95 % des élèves déclarent utiliser l’ordinateur pour le travail scolaire en dehors de la classe.

Selon les élèves, l’ordinateur est peu utilisé pendant les heures de classe, mais l’est au contraire beaucoup en dehors de la classe : 87 % d’entre eux déclarent utiliser l’ordinateur chez eux pour faire leur travail scolaire. Deux élèves sur trois utilisent à cet effet l’ordinateur dans leur établissement et 42 % chez des amis ou de la famille. Ils sont également un quart à déclarer utiliser l’ordinateur pour leur travail scolaire à la médiathèque ou bibliothèque municipale.

Les dossiers, n° 187, octobre 2010, 85 p. document PDF