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L'offre de livres numériques en France

Publication du premier baromètre KPMG relatif au marché de l’offre de livres numériques en France. Ce baromètre vise à apporter aux maisons d'édition un éclairage spécifique sur le développement de cette offre et son impact sur les comptes des différents éditeurs.

Ce baromètre a été élaboré grâce à une enquête menée de novembre 2013 à janvier 2014. Un questionnaire en ligne a été envoyé à 138 maisons d’éditions réparties sur tout le territoire français. L’analyse a été effectuée sur la base de 56 questionnaires remplis par 51 éditeurs indépendants et 5 groupes. Les auteurs précisent que l’enquête sera renouvelée une fois par an afin de suivre l’évolution des enjeux des éditeurs.

Quelle offre numérique ?

Plus de la moitié des maisons d'édition disposent d'une offre de livres numériques (62,5%), notamment les grandes structures et celles dont le chiffre d'affaires est compris entre 5 et 20 M€. Concernant le profil des éditeurs numériques en France, l'étude relève que tous les secteurs éditoriaux sont représentés, notamment la littérature, la jeunesse et le scolaire; le secteur des « beaux livres » semble en revanche plus en retrait pour le moment. 57,2 % des éditeurs papier prévoient en outre de développer une offre de livres numériques dont l'essor global réel remonte à 2009.

Les principales difficultés évoquées à moyen long terme concernent principalement l'obtention des droits numériques (19%), le coût (19%), les modes de commercialisation (14,3%), la fabrication (14,3%) ainsi qu'un ensemble de divers facteurs (manque de temps, peur du piratage, absence de marché pérenne, modèle économique). Les éditeurs ne semblent pas toujours utiliser le potentiel offert par le numérique. Les livres ne sont pas en effet systématiquement « enrichis ». Lorsqu'elle est effective, cette opération consiste en particulier à ajouter des contenus multimedia (liens hypertextes, vidéos, documents audio).

42,9% des livres numériques ne sont jamais « enrichis » selon les résultats de l'étude. Néanmoins, les principales motivations tendant vers le développement de cette offre « augmentée » sont la qualité et l’innovation à moindre coût. Certains ouvrages sont même disponibles uniquement en version numérique pour des raisons stratégiques.

Commercialiser les livres numériques

Les éditeurs appliquent une décote au niveau du prix de vente du livre numérique par rapport au coût du livre papier. Lors de la sortie en livre de poche, peu d’entre eux révisent leurs prix, relève l'étude. Les éditeurs ont principalement recours aux intermédiaires et aux géants d’internet. Le « titre à titre » est le mode de commercialisation le plus utilisé. Les résultats sont au final contrastés en fonction des secteurs éditoriaux : Pour les secteurs Jeunesse, Littérature, essais et Tourisme, guides et pratiques, la commercialisation permet surtout de toucher un public différent; pour les secteurs Beaux livres et Scolaires, les avis sont plus partagés (tests de lancement, enrichissement de la version papier); pour la BD enfin, la commercialisation des livres numériques permet majoritairement la réédition d’anciens ouvrages.

Les moyens de promotion utilisés varient en fonction de la taille des éditeurs. La baromètre indique que le recours au site internet et aux mailings clients est surtout utilisé par les petites maisons d’édition. Les réseaux sociaux et le site internet sont davantage privilégiés par les structures de taille moyenne et le feuilletage en ligne semble être adopté par certaines grandes maisons. Dans le cadre de cette commercialisation des oeuvres numériques (formats ePUB et PDF principalement), la plupart des éditeurs (71,4% contre 36,4% des répondants jugeant ces techniques inefficaces ) optent pour un dispositif anti-piratage (DRM, watermarking, solutions de surveillance), tout en tenant compte de l'importance des métadonnées, notamment «descriptives », jugées incontournables pour développer la visibilité des livres numériques.

Les ventes des ouvrages

En règle générale, le volume des ventes numériques reste faible mais proportionnel à la taille des éditeurs. Pour près de 97 % des éditeurs, les ventes constituent une source de chiffres d'affaires supplémentaire qui compense les dépenses engagées à ce niveau. Des freins au développement du livre numérique subsistent et diffèrent selon le profil des éditeurs : alors que les éditeurs exclusivement « papier » craignent tout d'abord la perte de contrôle du marché et les difficultés juridiques, la première crainte des éditeurs numériques concerne davantage le prix.

En conclusion, la majorité  des éditeurs numériques ou papier, s'accordent pour  prévoir une part de marché de plus de 15%, les éditeurs papier étant plus particulièrement optimistes sur l’évolution de la part de marché du livre numérique.


Accéder au baromètre KPMG : http://www.kpmg.com/fr/fr/issuesandinsights/articlespublications/pages/barometre-2014-kpmg-offre-de-livres-numeriques-en-france.aspx


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