Amal

affiche AmalRéalisé par : Mohamed Siam

Long-métrage : Egypte

Genre : Documentaire

Durée : 1H23

Année de production : 2017

Distributeur : Juste Doc

Synopsis

Amal est une chipie : elle souffle les bougies des autres, tient tête à des policiers en manifestation, elle fume si elle veut, elle grandit si elle veut. Elle se cherche. Si être une femme dans une Egypte post-révolutionnaire signifie renoncer à sa liberté, alors à quoi bon ?

Récompenses

  • 2018 : Cinemed - Festival International du Cinéma Méditérranéen de Montpellier - Montpellier (France) - Prix étudiant de la première œuvre
  • 2018 : FIDADOC - Festival International de Documentaire à Agadir - Agadir (Maroc) - Prix des droits humains
  • 2018 : Sheffield Doc/Fest - Sheffield (Royaume-Uni) - Prix du jeune public
  • 2018 : Journées cinématographiques de Carthage - Tanit d'Or du meilleur documentaire

Sélection à des festivals

  • 2018 : Festival de Cinéma de Douarnenez - Gouel Ar Filmou - Douarnenez (France) - Sélection Grande tribu
  • 2018 : États généraux du film documentaire - Lussas (France) - Sélection Plein air
  • 2018 : Durban International Film Festival - Durban (Afrique du Sud) - Compétition
  • 2018 : DOK.FEST Internationales Dokumentarfilmfestival München - Munich (Allemagne) - Sélection
  • 2018 : Visions du Réel - Nyon (Suisse) - Sélection Latitudes
  • 2018 : Millenium - Festival international du documentaire - Bruxelles (Belgique) - Compétition internationale
  • 2017 : IDFA - International Documentary Festival Amsterdam - Amsterdam (Pays-Bas) - Sélection

Sites

Presse

Vidéos

  • La carte postale de Mohamed Siam (EN ATTENTE)
  • Notre interview de Mohamed Siam                               interviews Siam

- Quel était le projet premier du réalisateur : parler d'Amal ou de l'Egypte ?

- Comment Mohamed Siam a-t-il rencontré Amal ?

- Que faut-il connaitre du contexte historique égyptien ?

- Mohamed Siam filme Amal comme le faisait son père

- L'image de la femme donnée dans le film

- L'utilisation des images d'archives personnelles

- l'absence du réalisateur à l'écran

- Le tee-shirt d'Amal

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Critiques d'élèves (catégorie critique libre : images)

    Commentaires

    2019/03/18 18:37 #2018-amal-1
    Lycée Saint Exupéry, Fameck, académie de Nancy-Metz
    Critique cinématographique du documentaire Amal du réalisateur SIAM

    Mohamed Siam nous fait découvrir un nouveau genre au cinéma : le documentaire. Ce genre se différencie de la fiction. Il vise à représenter la réalité et il est informatif, il nous apporte des informations sur certains éléments sociétaux, économiques ou politiques et cherche ainsi à témoigner d’une situation ou d’un phénomène. Ici, dans Amal, le réalisateur retrace la vie d’Amal une adolescente vivant en Égypte et alterne des images de son passé enfant et de sa vie de jeune fille au présent du printemps arabe en 2012 à nos jours. Il insère dans son documentaire des vidéos d’archives de sa plus tendre enfance filmées par son père mort lors des émeutes pour plus de démocratie, ce qui renforce le réalisme. Ce documentaire a donc pour but de nous présenté la situation en Égypte à travers l’histoire d’une jeune adolescente.

    La vie du réalisateur Mohamed Siam a inspiré son propre film. En effet, durant son enfance, il a perdu son père tout comme Amal. Il a aussi été élevé par sa mère et sait ce que peut provoquer une perte, il est alors proche d’elle. Après avoir fait des études en psychologie, il s’intéresse au cinéma et c’est à ce moment qu’il décide de réaliser un film qui précédera Amal, film intitulé Force majeure. Il rencontre Amal un an avant le début du tournage et il y a tout de suite une alchimie entre eux, elle lui montre des vidéos que son père avait filmé de son vivant, il les intégrera au film. Son idée de créer un film où il pourra montrer la vie d’une femme dans le monde arabe qui se bat pour ses droits devient alors possible.

    De plus, il faut remarquer que les conditions de tournage étaient assez inhabituelles. En effet, dans le cadre des manifestations de 2012 à 2015, le réalisateur était obligé de dissimuler sa caméra pour ne pas attirer l’attention. Cela a nécessité un énorme travail pour cacher sa caméra et filmer des plans montrant la réalité des choses : l’effet de foule, les déplacements, la dissimulation de la caméra par un drap ou encore la poussière ont provoqué de nombreuses difficultés lors du tournage. Le comportement imprévisible et naturel d’Amal a également posé soucis par moment : ainsi vers le début du film Amal chante un hymne révolutionnaire avec ses amis et défie même un policier ; le réalisateur a donc été obligé de la suivre et de filmer chaque scène dans toutes ces circonstances. Il faut aussi savoir qu’il ne possédait pas d’autorisation pour filmer pendant cette période de tensions.

    Au début du film nous pouvons observer la jeune Amal sur une piste d’athlétisme avec un tee-shirt où un « S » est représenté, on peut ainsi se dire qu’elle souhaite se considérer comme une Superwoman, d’ailleurs tout au long du film elle restera déterminée à ne pas se soumettre. Elle ira jusqu’à provoquer les policiers lors de différentes manifestations. De manière générale, nous pouvons voir que les femmes sont discriminées en Égypte, De plus elles vivent dans un environnement politiquement très difficile, Amal avec ce T-shirt peut alors d’une certaine façon représenter l’espoir de ces femmes. Dans leur pays elles sont obligées de porter le voile, il est aussi mal vu de porter des pantalons qui mettent leur corps en valeurs. Amal dénonce les violences qu’elle a subies lors de l’occupation de la place Tahrir, car elle souhaite partager la douleur qu’elle a ressentie lorsque les coups pleuvaient sur son corps d’adolescente, quand ses cheveux furent arrachés et que les chocs électriques entraient en résonance avec son corps blessé mais elle souhaite surtout montrer ce que les policiers lui ont fait subir en la maltraitant ainsi. A cause des actes de ces policiers, Amal garde des blessures physiques mais aussi psychologiques.

    Nous allons maintenant parler de la vie du protagoniste principal : Amal. Elle a quinze ans au début du documentaire, cette jeune fille possède un fort tempérament mais surtout elle est pour le féminisme. Ce qui nous fait dire cela est le fait qu’elle s’habille tel un garçon. De plus, elle se rebelle contre le régime qui dirige le Caire malgré le risque de représailles physiques de la part des forces de l’ordre. Lorsqu’elle a seize ans un nouveau gouvernement doit être élu pour permettre à l’Égypte de se reconstruire. Amal pousse sa mère à voter pour les Frères Musulmans mais celle-ci préfère donner sa voix à leur opposant proche de l’ancien régime destitué et corrompu : Amal en voudra fortement à sa mère. Le représentant des Frères musulmans Mohamed Morsi est finalement élu. La jeune Amal a maintenant dix-sept ans et nous pouvons la voir dans un véhicule se dirigeant vers un stade de foot : nous apprenons que les hommes l’accompagnant vont assister à ce match de foot, que la jeune fille souhaite s’y rendre mais que cela lui est interdit. Effectivement le fait qu’elle soit une femme l’empêche de faire les mêmes activités que les garçons, son petit-ami est d’ailleurs celui qui lui interdit ces choses, nous constatons alors qu’Amal est beaucoup moins impulsive que dans sa jeunesse. Est-ce dû à la pression de la société masculine et religieuse ou au passage de l’adolescence à l’âge adulte fait de renoncement et de concessions ? Elle devient plus sage, et plus résignée et semble reproduire le schéma de vie de sa mère d’autant que Les frères Musulmans cèdent la place à un régime militaire dirigé par le général Sissi. A sa majorité Amal commence à porter le voile signe que la fin de sa rébellion est arrivée, qu’elle rentre dans le rang puisqu’elle désire rejoindre la police après ses études tout comme sa mère. Choix étonnant puisque nous savons que son père est mort sous les balles des policiers du régime au début du printemps arabe.. La jeune adulte se justifie en affirmant que pour elle ce sera un moyen de changer les choses directement à la source, c’est-à-dire de l’intérieur. A la fin du film Amal est âgée de vingt ans et la caméra fait un gros plan sur son ventre rond : elle est enceinte. Nous pouvons interpréter cette scène de plusieurs façons. Est-ce le signe que ses révoltes pour plus de liberté prennent fin ? Se conforme t-elle à l’image et au rôle dévolus à la femme en Orient ? Pense t-elle que le combat sera plus facile pour son enfant ? Toujours est-il qu’elle semble heureuse et apaisée.

    Ce documentaire nous transporte au cœur de l’Égypte et plus précisément au Caire, capitale de l’Égypte. Mais les images montrées à l’écran sont bien loin de celles des cartes postales, avec de jolies pyramides. Ce documentaire dévoile le chaos, les violences que subissent les habitants, les révolutions dans la ville, les bidonvilles avec en arrière plan les pyramides ! Tout cela permet de prendre conscience de la réalité des choses, et de nous rendre compte de la vie des habitants. Ce décor est bien loin de ce que nous pouvons nous imaginer de l’Égypte et nous oblige à voir au-delà des images et stéréotypes. C’est là la force de ce documentaire avec la vie d’Amal en devenir.

    Driant Alyssa, Barreira Léna, Le Lohé Amélie et Hauck Benjamin.