Au revoir là-haut

Données du film

Au revoir là-haut

Réalisé par : Albert Dupontel

Avec : Nahuel Perez Biscayart, Albert Dupontel, Laurent Lafitte, Héloïse Balster, Niels Arestrup

Long-métrage : France

Genre :Comédie dramatique

Durée : 1H57

Année de production : 2016

Distributeur : Gaumont

 

Synopsis

Novembre 1919. Deux rescapés des tranchées, l'un dessinateur de génie, l'autre modeste comptable, décident de monter une arnaque aux monuments aux morts. Dans la France des années folles, l'entreprise va se révéler aussi dangereuse que spectaculaire..

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2017/12/29 19:53 #d0b5-47fe-8ed4-9eec5ef1001b
Lycée La Morandière
Au fond du trou …


Jeudi 14 décembre 2017, nous sommes allées voir avec notre classe un film français « Au revoir là-haut », une comédie dramatique d'une durée d'environ 2h, d'Albert Dupontel. Celui-ci intègre trois personnages principaux dans son histoire: Nahuel Perez Biscayart joue le rôle d’Édouard Péricourt artiste- soldat de 1914-1918, Albert Dupontel lui se met dans la peau d'Albert Maillard en tant que soldat également. Tandis que Laurent Lafitte habite le rôle d'Henri d'Aulnay-Pradelle comme capitaine de ces soldats français.



Ce long-métrage, malgré le thème principal de la guerre courant dans les films, apporte une certaine originalité par rapport aux autres films de genre. En effet, ce n'est pas qu'une simple histoire racontant la vie des soldats dans les tranchées. Mais une histoire abordant plusieurs petits thèmes en plus du principal. Par exemple, il évoque les corps mutilés (« gueules cassées » comme Édouard) des survivants de la guerre, mais également leurs esprits (pour Maillard, qui dit « que la guerre ne lui a appris qu'à taper sur des types faibles qui ne le lui ont rien fait »). Mais aussi, les relations entre père et fils (comme Édouard et son père) et bien d'autres encore... Cette histoire raconte la vie d’Édouard une « gueule casée », mais aussi, un ancien dessinateur de génie ainsi qu'Albert lui ancien comptable. Durant la première guerre mondiale, ces deux rescapés ont décidé de changer d'identité et de monter une arnaque aux monuments aux morts.



Pour notre part, nous trouvons le film très intéressant, car l'idée du flash-back au début, nous permet de plonger avec Albert dans son histoire mélancolique et très compliquée. En revanche, la fin du film peut nous laisser sceptiques car c'est une fin semblant fermée, mais à la fois ouverte car elle laisse le spectateur inventer une suite.

Pour ce qui est de la mise en scène, les décors du film nous donnent l'impression d'y être ; et cela grâce également aux différents cadrages, aux mouvements de caméra et à la luminosité.

Les bruits sont parfaitement associés aux situations.

Par exemple, lorsque les Allemands et les Français combattent, les bruits des balles de fusils et des bombes sont extrêmement bien réalisés. Ainsi que la musique qui en concordance avec chaque passage du film (musique stressante lorsque Édouard se suicide). Ce qui nous donne encore une fois l'impression d'y être.

Nous conseillons vivement à chaque personne d'aller voir ce film car il mérite d'être vu ; d'une part, pour son histoire émouvante et d'autre part, par la mise en scène extrêmement bien réalisée.



Sofia Douay/ Lou Cadieu
2017/12/29 19:55 #cc6f-45aa-8e52-b26656dff839
Lycée La Morandière
Au revoir là-haut,
une histoire qui sort des sentiers battus

Pour cette fin d’année 2017, Albert Dupontel nous surprend avec un long-métrage adapté du livre du même nom: Au Revoir Là-Haut de Pierre Lemaître qui nous raconte une histoire étonnante qui suit l’aventure de deux poilus.
En novembre 1920, Albert Maillard est interrogé par un officier de la Gendarmerie française, au Maroc. Dans son discours, Albert nous raconte sa rencontre avec Édouard Péricourt, fils de bonne famille parisienne défiguré par le conflit. Tous les deux, ils montent une une arnaque aux monument aux morts. L'histoire suit également le lieutenant Pradelle, leur ancien lieutenant lui aussi escroc et qui s’est marié à la sœur d’Edouard Péricourt, dont le père règne sur la classe politique parisienne.
Le soldat Edouard Péricourt (Nahuel Pérez Biscayart) rêve d’art et de liberté, à la place il est mobilisé pour la guerre. Après avoir découvert sa nouvelle «gueule» à travers un plateau d’instruments médicaux, sa seule pensée est de mourir. Il devient un homme dénué de goût et d'odorat et son seul rattachement à la vie est la morphine et pour finir l’héroïne. Sa résurrection il la doit à la jeune Loise (Héloïse Balster) cette enfant innocente et bercée de bonté, acceptant et aimant Edouard tel qu’il est. Il décide de créer ses nouveaux visages, à partir de cet instant Edouard n’est plus que le reflet de ces masques et l’ombre de lui-même. Le soldat Albert Maillard (Albert Dupontel) est un homme vieilli par la guerre, après la blessure de son camarade de tranchée il est prêt au pire pour alléger la douleur de son ami. Une crainte l’obsède pendant tout le film, le lieutenant Pradelle devenu capitaine malgré ses crimes de guerre. Un homme aimant la guerre, sûr de lui, coureur de jupons et privilégiant ses intérêts avant ceux des autres, mais la vie le rattrape car sa femme divorce et enfin il meurt sous terre après une vie de manipulations et de crimes.
Pour agrémenter ce film déjà fort en humanité, Dupontel nous offre une parfaite reconstitution de l’époque à la fois envoûtante et perturbante avec des effets sonores et des lumières bien gérés et indispensables à l’ambiance.
Le film nous pose la question suivante: quand s’arrête vraiment la guerre ? Malgré l'armistice, le combat ne s’arrête pas, les gueules cassées continuent de se battre contre le regard des autres et essaient de retrouver une vie normale, ce qui n’est pas le cas d’Édouard qui préfère se cacher derrière ses masques.
Mais les esprits aussi sont touchés:il en est ainsi d'Albert quand il nous apprend que pendant la guerre il n’a appris qu’à taper sur les faibles et c’est ce qu’il met en pratique pour aider Édouard, car après la guerre il y a clairement une non-reconnaissance des anciens combattants qui sont mal logés et dans la misère.
Il y a aussi la relation touchante entre Édouard et son père. Et pour finir il y a l’honneur qui est remis en cause plusieurs fois par Pradelle quand il marche sur les tombes ou encore quand il trompe sa femme.

Erwann Pétrix, Sébastien Provost
2018/01/07 11:02 #8892-4f77-bc38-163169a471c9
Lycée P. Picasso, Fontenay sous bois
Article de Melissa FRERE 1ère S2 Lycée Pablo Picasso Fontenay-sous-Bois ( Créteil)

AU REVOIR LA-HAUT, critique et réflexion sur le film

A quoi reconnaissons l'autre? Comment peut-on différencier un tel d'un autre? Mais surtout à quel moment l'autre se reconnaît-il ou justement est méconnaissable pour sa propre personne? La question de l'identité est traitée dans le film Au Revoir Là-Haut, film d'Albert Dupontel inspiré du roman du même nom de Pierre Lemaître avec le personnage d' Edouard: un jeune soldat, volontaire et engagé, blessé le jour de la dernière offensive de la guerre de 14-18. Il est grièvement blessé après avoir sauvé un autre soldat, un ami. A-t-il fait le bon choix, vu le résultat ? Faut-il toujours aider autrui ? Quitte à perdre son identité ?

Au fur et à mesure du film, on assiste à la descente aux Enfers d' Edouard avec d'abord, une peur extrême, une horreur inexplicable lorsqu'il s'aperçoit, mutilé. Il est paniqué et ne se reconnaît plus lui-même. Il devient ensuite accro à la seule chose qui peut le soulager : la morphine. Bien qu'il soit entouré, il ne peut s'empêcher d'être écœuré de ce qu'il est devenu, il ne peut s'empêcher d'être brisé et anéanti et tentera de se cacher, de se dissimuler par honte derrière des masques extravagants qui vont attirer l'attention sur eux et non sur lui. Edouard organisera aussi de grandes soirées mondaines afin d'oublier ou du moins de ne plus se rappeler de sa douleur et de cette déchirure qui le ronge.

On se pose alors la question suivante, le physique est-il la seule chose qui définisse notre identité ? Le fait qu' Edouard refuse de revenir parmi les siens après la guerre à cause de sa balafre n'est pas une preuve directe de l'importance de l'apparence et de l'extérieur ? Ou est-il si brisé à l'intérieur que perdre son seul lien avec le temps d'avant guerre, c'est-à-dire son physique, a été trop douloureux pour lui ? Cependant, il continue à dessiner, je suis mitigée.

Nous ne savons pas réellement ses pensées ou ses intentions. Le film est centré sur les pensées d'Albert et non d'Edouard. Je pense que cela aurait été trop difficile, même insupportable à regarder en réalité. La sorte d' «happy end» final ne change rien à mon approche du film. On peut certes se dire que la vie continue cependant, j'aurais préféré avoir plus de détails sur les sentiments d' Edouard, mais ce n'est que mon point de vue.
Je trouve cela dommage que le suicide d' Edouard nous ait paru si inattendu et surprenant. Ça frustre. J'ai l'impression qu'en nous montrant le point de vue d'Albert, on passe à côté de la vie d'Edouard , ou de ce qu'il en reste. C'est certainement mieux ainsi car en nous dévoilant toutes les horreurs du personnage torturé d' Edouard , le film aurait perdu tout son charme. Mais d’un autre côté, le choix d’ Edouard paraît moins important, comme écrasé ou allégé. Comme un événement supplémentaire, puisqu’on est à l’écart d’ Edouard.

Edouard choisit de simuler sa mort à sa famille. De ne plus exister à leurs yeux. Son choix se porte sur sa balafre. Il ne veut pas que sa famille le voit ainsi, lui qui en réalité n'est plus lui. Il a choisi de partir et de ne plus rentrer. Sa vie ne peut pas reprendre son cours normal après toutes les horreurs qu'il a subies. Choix compréhensible, il refuse de voir la vérité en face et d'admettre que rien ne sera plus comme « avant » alors il fuit.
Sa perte d'identité est-elle liée à sa perte volontaire de sa famille ? Notre famille et les gens qu'on aime ne constituent-ils pas une part de notre identité ? Le fait qu'il ait décidé de se séparer de cette partie de lui-même lui a-t-il été fatal ? Pas vraiment, puisque bien qu’il se réconcilie avec son père, cela ne change rien à son choix de mettre fin à ses jours. Je pense qu’il ne pouvait plus vivre, tout simplement. Et bien que les choses se soient arrangées, il reste handicapé et différent de l’homme qu’il avait pris toute une vie à aimer.


Pour résumer, en plus d’un traumatisme psychologique dû aux horreurs de la guerre et à la prise de l’obus en pleine face, une séquelle physique irréversible le détruit également, au fur et à mesure et que la situation ne devient pas qu’insupportable, elle devient écœurante au point que la vie ne vaut plus d’être vécue pour Edouard. Heureusement, Albert, lui, semble être ressorti moins blessé et plus grandi de cette terreur, et souhaite passer à autre chose. Il rencontre même l’amour. Cependant, son absence envers l’homme qui l’a sauvé m’a déçue de ce personnage qui, pour moi, bien que peiné et marqué à vie, représente l’espoir. On ne peut pas lui en vouloir.
2018/01/10 14:46 #3922-4119-ae2b-6f8b962ed8c6
Lycée de la Matheysine
Au Revoir Là-Haut est une adaptation par Albert Dupontel du roman de Pierre Lemaître, prix Goncourt en 2013. Ce film relate l’histoire d' Albert Maillard (interprété par Albert Dupontel), un ancien combattant, qui raconte à un gendarme marocain la guerre, les années qui suivent, son amitié avec Édouard Péricourt et leur arnaque commune. Édouard est une gueule cassée d’une vingtaine d’années, qui refuse de retourner vivre avec sa famille. Ce personnage est interprété par Nahuel Pérez Biscayart, connu pour son rôle dans le film 120 battements par minutes, et il est particulièrement bien choisi par rapport à son regard. Édouard porte des masques pour cacher le trou béant qui le défigure, seul son regard permet de le reconnaître, et c’est avec son regard qu’il s’exprime le plus.
Dupontel avait déjà fait ses preuves en tant qu’acteur et en tant que réalisateur (avec le très drôle Neuf Mois Ferme ou encore Enfermé Dehors par exemple), et son septième film qu’est Au Revoir Là-Haut est très réussi. D’un point de vue technique, il y a des plans vraiment beaux dans le film ; au début, quand un messager apporte la lettre à Pradelle (joué par Laurent Laffite), nous ne voyons que deux mains éclairées par une lumière froide, puis une fumée de cigarette bleue. Sans encore avoir vu le visage de l’acteur, nous savons déjà que le personnage est un homme autoritaire et sans pitié. Ayant lu le roman, j’ai trouvé que ce plan le représentait parfaitement. De plus, les masques, fabriqués par Cécile Kretschmar, sont vraiment très intéressants. Dans une interview, Albert Dupontel explique que « En se référant aux années évoquées dans l’histoire, on n’avait que l’embarras du choix tant la création artistique du début du XXème siècle était en pleine mutation. » Nahuel Pérez Biscayart s’approprie totalement les masques, son corps entier s’accorde à ce que le masque dégage. Par exemple, quand il porte un masque de professeur fou, il se met à boiter, à avoir la démarche d’une personne âgée. Au contraire, quand il porte un masque bleu, semblable à un masque vénitien, il est gracieux et mystérieux.
Albert Dupontel a écrit le scénario sous l’œil attentif de Pierre Lemaître, l’auteur du roman, et malgré les modifications apportées au début et à la fin du film, l’adaptation est très fidèle. Et je trouve que faire débuter l’histoire au Maroc est vraiment une bonne idée, la narration est plus fluide et permet de mieux comprendre l’histoire (notamment pour les personnes qui n’avait pas lu le livre). L’entre-deux guerres et les années folles sont très bien représentées ; les soirées mondaines dans Paris, les costumes, la musique, mais aussi les couleurs. En effet, les couleurs utilisées lors du tournage s’inspirent des premières photos et premiers films de l’époque. Elles correspondent à l’idée que je me fais des couleurs de ces années, avec un effet un peu patiné. De plus, ce film montre la difficulté des soldats à se réintégrer dans la vie de tous les jours. Maillard par exemple, n’a aucune aide particulière et n’arrive pas à retrouver son poste de comptable. Edouard et les autres mutilés sont également dans une posture difficile car ils ont besoin de morphine mais n’ont même pas assez d’argent pour pouvoir manger. Une scène montre Albert en train de dépouiller d’autres vétérans, aussi dépourvus que lui, pour pouvoir ramener de la morphine à Edouard. Cette scène est assez révoltante mais malgré tout, il est impossible d’en vouloir à Albert tant sa situation est déplorable. Une des autres histoires du film est évidemment l’arnaque de Pradelle et de ses cimetières. On voit ici toute la ferveur patriotique qui a suivi la guerre, la volonté de rendre hommage à ses morts (toute les familles avaient perdu au moins une personne durant ces quatre années). Pradelle ne pense qu’à l’argent et ne respecte pas les morts en les mettant dans des cercueils trop petits, en ne respectant pas les emplacements etc… L’arnaque des monuments aux morts montre également cet engouement patriotique, et elle aussi est immorale. Cependant, nous comprenons plus la rage que les anciens combattants peuvent avoir envers l’État. Pradelle,lui, n’était même pas en première ligne et il est pourtant le premier à se plaindre des horreurs de la Guerre.
L’histoire est éloignée de nous dans le temps, mais reste malgré tout une histoire très moderne. Nous retrouvons tous ces politiques qui ne pensent qu’ à l’argent, avec des journalistes corrompus, cette séparation entre les gens normaux, sans le sous comme Albert Maillard, et les gens qui sont nés et qui mourront dans l’opulence, comme M. Péricourt. Ce film a donc une valeur politique, sans forcément trop le montrer (ce qui est une des spécialités de Dupontel). L’histoire est tragique, mais nous arrivons parfois à rire grâce au jeu remarquable d’Albert Dupontel. Le comique de certaines situations est vraiment un plus, il donne une autre dimension à l’histoire. Même si l’adaptation est fidèle, je n’ai pas eu la même expérience en tant que lectrice et en tant que spectatrice, et c’est justement cela qui est intéressant. J’ai retrouvé le même cadre avec les mêmes personnages mais je n’ai pas ressenti les mêmes choses, ce n’était pas un copié-collé parfait, et c’est tant mieux !
En conclusion, j’ai un avis très positif sur ce film. J’avais adoré le livre et tous les autres films de Albert Dupontel, donc je partais avec un très bon a priori et je n’ai pas été déçue.
L. Caillat,1°G1, Lycée de La Matheysine.
2018/01/10 14:51 #4feb-426a-866e-26fa92084478
Lycée de la Matheysine


« Les yeux sont les fenêtres de l'âme. », disait Georges Rodenbach, poète et romancier belge du XIXe siècle.
L'histoire d'Edouard Péricourt (Nahuel Perez Biscayart), alias Eugène Larivière se déroule à travers ses yeux car c'est par eux que toutes les émotions passent et nous atteignent de plein fouet. En effet, E.Péricourt sort de la première guerre mondiale avec un trou béant à la place de la bouche ; il ne lui reste que ses prunelles pour s'exprimer. Il se consacre à la création de masques qui reflètent des expressions ou des personnages distinctifs.
Face à l’État, plus soucieux de montrer son respect et sa gratitude aux soldats morts plutôt qu'aux vivants traumatisés, il décide de monter une arnaque d'envergure contre celui-ci. Soutenu par une petite fille avec qui il partage une grande complicité, il convainc son camarade Maillard, joué par Dupontel lui-même, de l'aider dans son entreprise. Autour de ces personnages centraux haut en couleurs gravitent d'autres personnalités tels que l'infâme et cruel lieutenant Pradelle, interprété par Laurent Laffite, dont le seul dessein est de faire du profit par tous les moyens. Il escroque l’État tout comme Maillart et Péricourt mais pas dans le même but. Les premiers se vengent d'être oubliés, comme tant de soldats, alors que Pradelle ne sert que ses propres intérêts.

C'est à travers les yeux du réalisateur Dupontel que se révèle son interprétation du célèbre roman de Pierre Lemaître. Certaines de ses prises nous font l'effet de voir à travers les yeux des personnages. Mais c'est surtout par le biais de gros plans sur les yeux, sans paroles, que s'illumine la citation de Rodenbach. L'oeil du soldat Maillard enterré dans la tranchée, ceux d'Edouard criant son désespoir d'être infirme ou encore emplis de larmes lorsqu'il retrouve son père...
Mais ce qui met cela encore plus en avant, ce sont les masques qu'élabore Edouard. La femme, le savant fou, la goutte d'eau, le moulin, les toilettes, le lion de billets, la tristesse ou la joie, et bien d'autres encore ; Edouard se sert d'objets, de personnages ou d'expressions pour réaliser ses masques. Il les revêt en fonction de ses humeurs.
Tout comme celles-ci influencent ses masques, ses masques influencent sa façon d’être, son allure. Lorsqu’il est un savant fou, sa démarche se fait claudicante et excentrique, quand il porte le beau masque bleu son maintien se fait plus majestueux, et il finit même par s’envoler avec son masque d’oiseau. L'un des plus admirables est sans doute le magnifique masque bleu semblable à des racines ou des branchages saphir et je suis presque déçue que ce soit le premier montré.
On se sert souvent du masque pour dissimuler la vérité mais ici c'est la vérité qui éclate au grand jour à travers eux car Edouard refuse de porter les prothèses qui « réparent » les gueules cassées et préfère se créer les siennes, celles qui reflètent ses états d'esprits et ses sentiments. De plus lorsqu'il conçoit les masques de ceux qui ont « aimé la guerre et en ont profité », il les représente déformés, disgracieux, mauvais, plus proches de l'animal que de l'humain : ils révèlent la vraie nature de ceux qui ont pu trouver un quelconque avantage ou profit à un combat qui a coûté la vie à des millions de soldats.

Ce film peut faire penser à de nombreuses œuvres, notamment le livre Le Rapport de Brodeck de Philippe Claudel. L'une des répliques me l'a particulièrement rappelé, lorsque Albert dit en parlant des dessins d'Edouard qu'il a réalisé dans la tranchée « Ils sont bizarres...ils sont bizarres mais ils font vrais ». Celle ci fait écho aux tableaux de l'Anderer qui « ne sont pas vraiment fidèles, mais très vrais ». En effet en regardant ses tableaux, les personnages du roman voient leur « âme », qui ils sont réellement à l'intérieur. Dans Au revoir là-haut ce ne sont pas les soldats qui sont représentés dans leur individualité avec leurs qualités et leurs travers mais plutôt ce qu'ils ressentent, le malheur et la fatigue qui les accablent lorsqu'ils sont au front.
Comme dans le roman de Claudel, c'est la vérité qui est retranscrite : Péricourt montre avec véracité la guerre et son horreur, dans sa simplicité et sans grandes pompes. Les dessins qu'il fera par la suite, pour l'arnaque, s'opposeront à ceux-là car Edouard mentira sur la guerre, ses œuvres auront beau être réalistes, jamais ils ne s'approcheront de la vérité de ses dessins d'avant.

Le film est plutôt fidèle au livre excepté quelques libertés que se permet le réalisateur comme la fin. Il la rend à la fois plus douce, plus poétique et tout aussi poignante. Alors que dans le roman de Lemaître, Edouard se jette sous les roues de la voiture de son père, ici Marcel et Edouard se retrouvent et se réconcilient. Même si ce dernier choisit de se suicider, ce n'est pas son père qui le tue accidentellement. Le point commun entre ces deux fins est que Marcel Péricourt (Niels Arestrup) reconnaît son fils grâce à ses yeux et aux échanges muets qu'ils partagent.
Au revoir là-haut est excellent d’un point de vue artistique et esthétique grâce aux masques notamment. Les acteurs sont très bons et on a pitié de nos deux préférés, on pleure, on rit, on est soulagé puis ébahi, on veut les aider, on en sort changé. On vit au rythme des personnages. Au revoir là-haut est un savant cocktail de drame et comédie, que l’on nous sert agrémenté d’une pincée de poésie.

F. TROUBAT, 1°G1, Lycée de La Matheysine.
2018/01/10 14:54 #a389-455b-9103-71581201e03e
Lycée de la Matheysine
Au revoir là-haut est une adaptation par Albert Dupontel du livre éponyme de Pierre Lemaitre. Sur ce point ce film est très réussi, fidèle à l’œuvre originale dont on retrouve l'ambiance particulière, avec quelques changements qui ne gâchent en rien l'histoire, et bien entendu on retrouve l'univers caractéristique du réalisateur, ce qui semble créer l'alchimie parfaite. En effet ce film se démarque, unique en son genre malgré le grand nombre d’œuvres traitant du sujet de la première guerre mondiale, et nous propose une toute nouvelle façon de voir la guerre et ses conséquences.
« Voir », car on voit la guerre avec Dupontel dans ce long-métrage, on sent chez le réalisateur une véritable démarche visuelle, il a cherché à donner du sens à chaque plan, à nous immerger dans son univers, en particulier lors de la première partie où l'on assiste à la guerre dans les tranchées, mais aussi tout au long du film. Lorsque Albert Maillard étouffe, écrasé par des kilos de terre, le spectateur étouffe avec lui, écrasé sous des gros plans et le regard du personnage mourant. Lorsque Pradelle entre dans le champ de la caméra, c'est souvent la contre-plongée qui prime, donnant un sentiment d'oppression et de soumission au public, faisant immédiatement comprendre que ce personnage est dangereux, néfaste. Si la majorité des plans sont secs et hachés dans la partie qui traite de la guerre en elle-même, ils deviennent plus fluides et longs lors de l'après-guerre ce qui contribue au changement d'ambiance.
Cependant Dupontel a réussi à créer du sens, sans pour autant négliger l’esthétique. Les décors historiques sont très agréables à regarder : réalistes sans pour autant tomber dans le cliché ou le documentaire, les couleurs sont accordées avec la situation et parfois même l'humeur des personnages (dans le cas du masque) et la qualité de l'image est superbe.
Comme je l'ai dit plus tôt il y a déjà des quantités astronomiques d’œuvres, dont des films, parlant de la guerre de 14-18, mais peu atteignent cette qualité. Au revoir là-haut aborde aussi bien l'enfer des tranchées que l'après-guerre, la vie des mutilés, et celle des marchands de guerre qui s'enrichissent sur le dos des morts. Il démontre aussi l'importance des classes sociales à l'époque (qu'on distingue notamment clairement dans des plans en contre-plongée ou impliquant des barreaux, symbolisant la prison, la case que nous impose notre rang).
J'ai trouvé ce film magistral et le recommande grandement. Une histoire bouleversante qui nous prend à la gorge du début à la fin, des musiques envoûtantes et des images magnifiques dont certaines impossibles à oublier : Cet ensemble m'évoque un orchestre symphonique dont Dupontel et Lemaitre seraient les chefs d'orchestre.

A. Roudet, 1°G1, Lycée de la Matheysine.
2018/01/13 12:20 #35d5-4a11-bbda-77e5e0bf2c57
Lycée de l'Hautil
Nous avons aimé le film "Au revoir la haut", car dans la scène du début, on nous représente rapidement la vie des soldats dans les tranchées. On voit aussi l'après guerre et la vie des gueules cassées, on ressent la douleur d'Edouard pour lequel nous avons de la compassion car un obus en a fait une gueule cassée.
On a trouvé qu'Albert était ingrat envers Edouard à qui il avait sauvé la vie sur le champ de bataille. Ses phrases étaient parfois dures à entendre. Mais malgré ses propos, Albert ne laisse jamais tomber Edouard. La relation entre Héloïse et Edouard est touchante car ils sont fusionnels. Elle comprend tout ce qu'il dit alors qu'il articule mal. Ils sont tous les deux des laissés pour compte car elle est orpheline. Il y a eu du suspense, on aurait voulu voir le visage d'Edouard qui portait des masques. Les masques étaient d'ailleurs impressionnants et bien faits, tout était fait pour que l'on ne voit pas son vrai visage.

Edouard et Albert ont été malins, l'arnaque des monuments aux morts était une vengeance envers la société. La cruauté de l'officier nous montre aussi le manque de reconnaissance envers les soldats revenus parfois estropiés du front mais tous intérieurement détruits. Le réalisateur dénonce la mise à l'écart des gueules cassées lors de leur retour dans la société. La fin était surprenante et inattendue.On ne s'attendait pas à ce que l'officier dans le bureau qui écoute l'histoire d'Albert soit le père du jeune assassiné par Pradel sur le champ de bataille.

En conclusion, le film était émouvant, en particulier la scène de fin où Edouard se jette dans le vide tel un oiseau avec son masque. Il prend son envol après que son père lui a avoué qu'il l'aimait. C'est ce qu'il attendait avant de partir.



Caroline, Suzy, Mélanie, Amira - Seconde 1

Lycée de l'Hautil
2018/01/13 12:20 #c4d7-4b63-95c9-30bfd7a32942
Lycée de l'Hautil
Nous avons apprécié Au revoir là Haut, le film d'Albert Dupontel. Le réalisateur a adapté à l'écran le roman de Pierre Lemaître, prix Goncourt 2013. Il a bien réussi à montrer, avec les scènes du début, les horreurs de la première guerre mondiale (les tranchées et la fatigue des soldats, le champ de bataille et la mort des poilus). L'histoire proprement dite se passe essentiellement dans la période d'après-guerre (les gueules cassées, la vie qui reprend son cours sauf pour ceux qui ont fait la guerre 14-18, les planqués et les profiteurs).
Edouard a été victime d'un éclat d'obus qui lui a arraché une partie du visage. Albert Maillard, un compagnon de guerre à qui il a sauvé la vie va s'occuper de lui. Dans ce film, l'acteur Laurent Lafitte interprète le lieutenant Pradel, personnage belliqueux et malfaisant qui va épouser la sœur de Edouard. Ce dernier décide de monter une arnaque avec Albert en vendant sur catalogues les dessins représentant des monuments aux morts. Ils espèrent gagner beaucoup d'argent et s'enfuir ensuite à l'étranger. Cette arnaque permet de donner du rythme au film: vont-ils réussir ou non? De plus, on ne porte pas de jugement sur ces deux personnages qui transgressent la loi. Ils ont tellement soufferts pendant la guerre et finalement, les plus monstrueux ne sont pas Edouard et Albert mais le père d'Edouard qui ne comprenait pas ce dernier et était peu tolérant et donnait peu d'amour à son fils et surtout le lieutenant Pradel. Les rebondissements de la fin étonnent le spectateur. Et si Edouard ne parvient pas à trouver sa place dans la société, une nouvelle vie s'ouvre pour Albert...









Jérémie Candela / Olya Tonnellier-Nonnis S1 lycée de l'Hautil
2018/01/13 12:23 #8987-4237-9740-cbfda63ca317
Lycée de l'Hautil
Critique de Au Revoir Là-Haut


Parmi les trois films que nous avons regardés c'est celui que nous avons préféré.

L'histoire qui est l'adaptation d'un roman de Pierre Lemaïtre, prix Goncourt 2013, était intéressante. Le fait qu'on ne voit jamais vraiment la blessure d'un des héros, Edouard, tout au long film, laisse du suspense dans le film.

Nous trouvons que tous les acteurs ont très bien joué, et qu'ils nous ont vraiment fait ressentir des émotions, d'ailleurs certains élèves ont eu une petite larme à la fin du film.

Dans la dernière scène, on ne s'attendait pas à ce que le policier, à qui Albert raconte son histoire, soit le père du jeune soldat qui avait été tué par Pradel au début du film.

Par contre, on ne comprend pas pourquoi seule la petite fille est capable de traduire ce que dit Edouard et pas Albert. Est-ce que c'est parce qu'elle est une enfant ? Parce qu'elle n'a pas peur de lui ? Ou parce qu'elle passe plus de temps avec lui ? On ne sait pas trop, ce n'est pas clair. Mais ce n'est finalement pas grave. Le spectateur peut avoir sa propre interprétation de ce phénomène étrange.

La manière de filmer donnait vraiment l'impression que les spectateurs étaient figurants dans le film. La scène d'ouverture en particulier: le spectateur a vraiment l'impression d'être sur le champ de bataille.

Le maquillage d'Edouard était aussi très réaliste notamment la scène où il enlevait le masque. Toutefois, on ne voit pratiquement pas sa "gueule cassée".

On trouve cela intéressant qu'à chaque masque porté par le protagoniste, ce dernier joue un personnage pour, en quelque sorte, donner vie à son masque.

Par exemple, quand Edouard porte le masque du lion orné de billets, il émet des bruits pour lui donner vie, ce qui fait rire la petite fille.
Donc vraiment, nous avons été touchées par cette histoire.



Kelly et Eva S1

2018/01/17 10:54 #056c-43d2-9ab5-491891301af3
Lycée Pierre de la Ramée
Masques made in France
Réalisé par Albert Dupontel, l’histoire du film se déroule après la guerre, lorsque deux soldats ont réussi à y échapper malgré de nombreux dangers. Edouard et Albert, dont le premier est blessé, est une gueule cassée, ils vont ensemble monter une arnaque au monument aux morts. Une adaptation libre et réussie sur la Première Guerre Mondiale et sur l’après guerre. Même si ici, le roman n’est pas respecté, surtout la fin qui est complètement différente et qui apporte un côté plus visuel. L’histoire est mouvementée, très bien rythmée, et elle est nettement bien écrite avec les dialogues, les choix de l’apparition des personnages dans le récit. Nous pouvons d’ailleurs parler de la scène où Albert voit les deux soldats morts au début du film, nous apercevons soudain Pradelle et son sourire malicieux, ce qui laisse penser que c’est lui qui a causé la mort des deux hommes.
Les personnages nous font tous ressentir des émotions différentes, de la haine pour Pradelle qui se sert de la guerre pour s’enrichir, par exemple lorsque l’inspecteur vient dans son cimetière et qu’il tente de le corrompre, nous ressentons vraiment la malice de cette homme. Nous ressentons également de la pitié pour Edouard qui doit reconstruire sa vie malgré son handicap.
Néanmoins le film a aussi quelques points négatifs, la mise en place du récit qui est raconté de manière rétrospective n’est pas très recherchée. De plus, le déroulement du film est plutôt prévisible, les retournements ne sont pas nombreux, en particulier le moment où le père d’Edouard reconnait le tableau de son fils. Nous nous attendons forcément à cela car il avait déjà vu ses dessins auparavant.
Malgré cela, le casting est parfait, chaque acteur, peu importe le temps d’apparition, joue son rôle à merveille comme Nahuel Pérez Biscayart dans le rôle d’Edouard et aussi Albert Dupontel dans le rôle d’Albert. Tout particulièrement dans la scène où Edouard est à l’hôpital, Albert, malgré les paroles difficilement compréhensibles de son ami, parvient à le rassurer et à le calmer pendant ses crises qui sont d’ailleurs saisissantes. Ils sont géniaux et transmettent énormément d’émotions.

Samuel L.
Lycée Pierre de La Ramée (Saint-Quentin, 02100)
2018/01/17 11:19 #cdc5-45b7-a043-3b566bebfd29
Lycée Pierre de la Ramée
La guerre des masques
"Au revoir là-haut", film français réalisé par Albert Dupontel est une comédie dramatique, sortie en 2017. Ce film est l’adaptation du livre de Pierre Lemaître ayant reçu le prix Goncourt en 2013. L’histoire débute en novembre 1920, lors de l’interrogatoire d’Albert Maillard joué par Albert Dupontel, qui par ailleurs, interprète à merveille son rôle. Il nous retranscrit son aventure pendant la Première Guerre Mondiale où il rencontre son ami Edouard Péricourt, joué à la perfection par Nahuel Pérez Biscayart. Le soldat Maillard nous raconte comment lui et son ami défiguré ont dû se reconstruire après la guerre. On ne peut qu’être bluffé par les décors réalistes comme les tranchées ou encore la salle d’interrogatoire. Film drôle et à la fois émouvant, nous nous attachons à ces personnages qui nous montre les horreurs de la guerre. Une production digne d’un grand film, un chef d’œuvre visuel.

Manon P.
Lycée Pierre de La Ramée (Saint-Quentin, 02100)
2018/01/17 11:21 #9704-4885-b2a8-4406ac424f75
Lycée Pierre de la Ramée
Au revoir l’Artiste
Durant la première guerre mondiale, Albert et Edouard sont camarades dans la même tranchée. Suite à un ordre du commandant, les soldats attaquent au front jusqu’à ce que Edouard soit blessé, annonçant le début d’une nouvelle vie pour ces nouveaux amis…

Tiré du roman Au revoir là-haut, l’adaptation est un chef d’œuvre ! Le cinéma français, plus connu pour les films comiques et tragiques, insiste pour le plus grand bien du spectateur sur l’humour, les actions ou encore les multiples émotions. Deux heures de rebondissements : Albert Dupontel a su retranscrire parfaitement l’œuvre littéraire. La mise en scène est prenante et fulgurante, le jeu des acteurs accordé aux émotions est révélateur de la réalité. De plus, la curiosité est présente constamment : il est presque impossible d’imaginer la suite, ce n’est pas si grave puisque cette dernière est meilleure que celle imaginée ! Au revoir là-haut présente un aspect fondamental de l’Histoire, C’est ainsi un film pédagogique sans que l’on s’en aperçoive, mélangé à la vivacité des actions, de l’intrigue.

Dupontel présente alors une œuvre grandiose et attachante.

Alexandre W.
Lycée Pierre de La Ramée (Saint-Quentin, 02100)
2018/01/18 12:14 #31bf-4089-9d08-6b1ae6479301
Lycée Pierre de la Ramée
Au delà des masques


Au beau milieu des tranchées se trouve un talentueux peintre se nommant Édouard et Albert un courageux soldat sauvé de la faucheuse grâce à un cheval. Édouard perd une partie de son visage en sauvant son camarade. A cause de cela il se cachera derrière de multiples masques. Après la fin de cette horrible guerre, ils se lanceront dans un projet fou. Avec le talent d’Édouard, il décide de participer à un concours de création de monuments aux morts qu’ils gagneront avec grand succès.

Mais il se pourrait bien que l’organisation de ce concours auquel ils ont fraudé soit organisée par le père qu’Édouard tente d’oublier… Comment vont-ils se sortir de leur arnaque et trouveront ils le chemin de la tranquillité ?

Un film impressionnant qui suscite de multiples émotions et qui en fera vibrer plus d’un. Les rôles sont divinement bien joués comme celui de l’exécrable lieutenant Pradelle interprété par Laurent Laffite, il joue tellement bien son personnage qu’on arrive à le détester facilement et la performance des autres acteurs est tout aussi remarquable. Ce chef d’œuvre qui mêle à la fois émotion et humour forme un excellent mélange rendant ce film incroyable.



Krysten L.
Lycée Pierre de La Ramée (Saint-Quentin, 02100)
2018/01/18 12:19 #992d-42e9-b7ec-65a85b7f86a4
Lycée Pierre de la Ramée
Gueule-masquée

Ce film, qui tombe en plein dans le centenaire de la guerre, est adapté du livre du même nom de Pierre Lemaître. Albert Dupontel met en scène dans son film deux soldats juste après la grande guerre, dont l’un des deux est une gueule-cassée cachant son visage sous des masques. Ces deux soldats décident de monter une arnaque sur les monuments aux morts. Édouard, joué par Nahuel Pérez Biscayart, est un artiste qui perd tout en perdant son visage et se réfugie derrière des masques de sa création. On ne voit plus de lui que ses yeux bleus. Comme il n’a plus la parole, le personnage se révèle dans ses yeux, dans ses masques, dans ses gestes, dans ses œuvres. L’acteur réussit à faire sortir du personnage à la fois de la douceur et de la joie par moment et à la fois de la tristesse et une colère profonde envers son père et cette guerre qui l’ont détruit. Édouard est aussi un artiste plein de poésie durant tout le film jusqu’à la dernière image de lui.
Ce film qui nous parle d’une gueule-cassée n’en montre pas. Jamais le film ne nous dévoile son visage détruit. Il montre la violence de la guerre sans passer par le sang et la violence. Enfin à la poésie du film s’ajoute une musique très douce par moment, joyeuse à d’autres. Cette musique épouse parfaitement les situations qu’elle accompagne.
Ce film, ni trop court ni trop long, au casting de qualité (Laurent Laffite, Nahuel Pérez Biscayart, Michel Vuillermoz, Emilie Dequenne…) nous plongent dans les années folles et dans l’histoire de deux hommes qui cherchent un moyen de continuer à vivre dans ce monde d’après guerre.

Marie N.
Lycée Pierre de La Ramée (02100 Saint-Quentin)
2018/01/18 12:28 #2110-4c00-8c6e-12e614748ef1
Lycée Pierre de la Ramée
Un film qui laisse bouche bée… !

Comment montrer la limite entre l’horreur et le merveilleux ?! Albert Dupontel le montre bien avec une amitié qui naît sur le champ de bataille, où le personnage principal d’Édouard perd sa mâchoire en sauvant son camarade de la mort. Le visage défiguré d’Édouard le pousse à porter des masques amusants et très imprégnés par le coté artistique et imaginaire de celui-ci. On ne peut qu’être émerveillé devant ce désir de rendre sa situation « merveilleuse »…Après le conflit, Édouard veut devenir riche pour partir avec son ami Albert à l’étranger, pour se faire, Édouard fabrique de fausses revues avec de magnifiques dessins de monuments aux morts pouvant être commandés…(pour des sommes astronomiques...) . Il est aidé par une petite fille qui prend une place forte dans le film, puisqu’elle est la « meilleure amie » d’Édouard. Par une signature très ingénieuse aspirant à l’espoir, les dessins d’Édouard attirent l’attention de son père qui le croit mort pendant la Guerre! Toutefois Édouard ne veut pas voir son père…même s’il sait que son père est vivant…on imagine déjà le drame familial qui porte tout son sens à la fin du film. La douleur et la tristesse d’Édouard nous obligent à éprouver de l’empathie pour ce personnage…d’autant plus que cette empathie est renforcée par le jeu d’acteurs fantastique dans tous les sens du terme ! Sans parler d’une ambiance sonore à faire rêver l’esprit le plus vide…Nous sommes obligés de verser une petite larme pour ce chef d’œuvre exposant un des nombreux visages de la Guerre…

Antoine M.
Lycée Pierre de La Ramée (Saint-Quentin, 02100)
2018/01/19 17:53 #8ebf-4048-9f0a-8bc4a0b69ff7
Lycée Saint Sigisbert
Emeline CORDIER 1ère L
Critique Au Revoir Là-Haut
11/01/2018

Au Revoir Là-Haut, un long métrage qui met au devant de la scène les
oubliés, les négligés d’une époque : Dupontel donne une voix aux muets.
Une « arnaque aux monuments aux morts », voici le stratagème imaginé par un artiste rebelle, une « gueule cassée » nommé Edouard Péricourt
accompagné par Albert Maillard, un Poilu et modeste comptable, afin de se venger d’une société ingrate qui néglige ses anciens soldats, ceux qui se sont battus pour leur patrie.
Au Revoir Là-Haut, d’Albert Dupontel, est le quatrième film que nous sommes allés voir dans le cadre du prix Jean Renoir. Ce long-métrage, adapté du prix Goncourt de 2013 écrit par Pierre Lemaître, est une comédie dramatique ; cependant nous pourrions dire qu’il y a une partie documentaire historique avec la Grande Guerre puis les Années Folles, la Belle Époque.
Cette fiction est un témoignage sur la souffrance des marginaux, sur la souffrance des Poilus lors de l’après-guerre. Il semble que ces hommes ont été applaudis pour avoir sauvé leur patrie mais ont rapidement été oubliés. En manque de soutien de l’État, nous pouvons voir que ces vétérans vivent dans des taudis, ils ont beaucoup de mal à trouver un travail. Nos deux compères se retrouvent alors à monter une arnaque dans l’espoir de vivre une vie meilleure, une sorte de lutte des classes a lieu. Ainsi nous comprenons que toutes les guerres mènent aux horreurs physiques mais aussi aux horreurs morales.
La scène liminaire est particulièrement poignante : en effet, le plan séquence d’ouverture sur le champ de bataille où une pluie d’obus s’abat est marquant. La tension et l’émotion sont palpables lors de cette scène où nous pouvons voir un paysage chaotique, des tranchées où des soldats sont effrayés mais où ils se battent pour leur pays.
Une seconde scène marquante est celle du « jeu de massacre anti-bourgeois » : en effet, cette fête digne de Gatsby permet d’appuyer la critique de Dupontel non seulement sur les Années Folles mais surtout sur notre propre société contemporaine où l’argent et les puissants règnent avec un parfait cynisme. La satire et l’humour noir sont considérablement présents dans cette scène.
La musique émouvante est l’un des aspects qui enclenche l’empathie des spectateurs. Paradoxalement, ce n’est pas forcément un point positif : en effet nous pouvons nous demander si ce sont les violons et le piano qui agissent sur notre pathos ou si ce sont les images qui nous font frissonner alors qu’elles

devraient se suffire à elles-mêmes. Cet élément négatif s’ajoute à l’exagération et au grotesque qui sont importants dans ce film.
Les jeux des acteurs sont impressionnants notamment pour Laurent Laffite qui joue le rôle d’une « ordure », un pur produit de la société capitaliste et pour Nahuel Perez qui joue le rôle d’un muet, où toute l’émotion passe par les yeux. Ces deux personnages que tout oppose sont intéressants par l’interprétation des acteurs. Cependant un personnage secondaire est paradoxalement primordial. En effet, la performance de Niels Arestrup s’impose malgré sa présence dans seulement quelques scènes. Sans exagération et en ne prenant presque pas la parole, se suffisant à lui même, c’est ce personnage qui m’a le plus émue.
Ironiquement, une certaine théâtralité est présente dans ce long-métrage : des danses de joie, les sauts de tombe en tombe du lieutenant et la fausse condamnation des marionnettes représentant les grands de la guerre. Les décors, les costumes et surtout les masques sont incroyables. Toute une galerie de masques a été faite pour l’occasion et ce sont leurs formes et leurs couleurs excentriques qui restent dans notre mémoire.
Finalement, Au Revoir Là-Haut est l’histoire d’un envol.

Emeline Cordier
1ère L
Lycée saint Sigisbert
Nancy