TraAM - 2014-2015 - Bilan - Strasbourg

Un groupe de professeurs de l’académie de Strasbourg a participé aux Travaux Académiques Mutualisés (TRAAM) 2014/2015 et testé des usages d'équipements mobiles connectés (smartphones) en classe.

Afin de favoriser l’activité et l’interactivité dans la classe en SES, nous avons réfléchi aux outils numériques qu’il est possible de déployer pour la favoriser. Les années passées, nous nous sommes concentrés sur deux aspects développant ces pratiques :

  • séances en salle info avec élèves en autonomie (td info pour chaque chapitre de terminale, exercices interactifs de révision ou méthodologie, forums, sondages) pour favoriser l’activité de tous les élèves
  • séances en classe autour du TNI et de la vidéo pour fluidifier les interactions et concentrer l’attention des élèves.

En classe dédoublée, lorsqu’il y a un élève par poste, la mise en activité est très forte mais cette configuration n’est pas celle de l’ensemble de nos cours.

En classe entière, l’utilisation du tableau numérique, si elle favorise les échanges, l’attention, la réflexion des élèves, ne permet pas de rendre actifs et attentifs tous les élèves et le cours dialogué sur lequel repose principalement le tableau numérique peut laisser de côté une partie des élèves qui n’écoute pas forcément le professeur ni les réponses données par ses pairs.

 

Nous avons donc voulu explorer d’autres outils numériques que le TNI pour favoriser l’interactivité, et en particulier l’usage du Smartphone qui permet de mettre facilement un ou deux élèves face à un écran comme en salle informatique mais avec plus de souplesse. En effet, alors que tous les établissements ne sont pas encore équipés de tablettes, les élèves sont en majorité au lycée usagers d’un Smartphone. Dans une perspective de BYOD/AVEC (bring your own device/apporter votre équipement connecté), nous avons donc expérimenté des usages qui pourraient être facilement reproduit et diffusés dans les classes.

 

Nous souhaitons en utilisant les Smartphones, favoriser l’apprentissage :

  • Mise en activité des élèves : Dans une perspective constructiviste, les élèves apprennent mieux en participant à la construction des savoirs. Il faut mettre les élèves en activité intellectuelles. Ils ne doivent pas enregistrer les connaissances de façon passive.
  • Interactivité : Les élèves apprennent mieux par l’échange, en confrontant leurs savoirs, prénotions aux connaissances du professeur (ou de l’ordinateur) et des autres élèves (socio constructivisme). Il faut donc favoriser les échanges dans la classe entre élèves et professeur mais aussi entre élèves.

 

L’objectif cette année est de mettre tous les élèves en activité, mettre de l’interactivité là où il y en a le moins, dans tous les compartiments d’une séquence en classe entière, en particulier dans des activités méthodologiques.

 

L’outil dont nous avons besoin doit réunir les conditions suivantes :

  • outil simple permettant d’obtenir instantanément les résultats individuels et collectifs des élèves
  • outil flexible permettant d’obtenir des réponses à des QCM mais aussi du texte

 

Après avoir testé plusieurs solutions, applications (tellagami, thinglink, edpuzzle, kahoot, jelevelamain, orasma, plickers) notre choix s’est porté sur l’application Socrative et nous avons exploré différentes façons d’utiliser cette application.

 

Nous proposons des vidéos pour montrer comment se déroule l’activité :

 

Nous proposons un tutoriel qui explique comment créer un compte sur socrative et les différentes fonctionnalités de l’outil :

Il existe aussi des tutoriels vidéos mis en ligne par Socrative (en anglais) :

https://www.youtube.com/channel/UCZKuswVcSqijo0YbZTmFnxQ

 

Les activités réalisées sont présentées ci dessous (chaque activité est décrite dans une fiche qui indique le numéro de partage qui permet d’importer l’activité socrative sur son compte, (voir tutoriel)) :

 

1/ Socrative utilisé comme outil de révision en autonomie (les élèves réalisent seuls les exercices sur un Smartphone ou un poste informatique et le professeur peut en temps réel suivre les erreurs ou succès des élèves et intervenir pour une remédiation) :

 

2/ Socrative est utilisé pour construire collectivement un raisonnement, comme on le ferait dans un cours dialogué mais en interrogeant avec l’application tous les élèves de la classe.

 

3/ Socrative est utilisé comme outil d’évaluation formative (peut être aussi utilisé en évaluation sommative selon le mode choisi par l’enseignant) en fin de chapitre ou de séance pour évaluer la compréhension, l’acquisition :

 

4/ Socrative est utilisé lors de la correction d’un devoir pour rendre les élèves actifs et leur permettre de s’approprier les éléments de correction :

 

5/ Socrative est utilisé en méthodologie pour écrire de façon collaborative la réponse à une EC1 :

 

6/ Nous avons utilisé l’application pour recueillir des données dans de nombreux cas : orientation, évaluation du cours, sondage…

 

7/ D’autres applications testées :

 

Bilan :

L’utilisation de l’application socrative est très positive et ce à plusieurs niveaux :

  • Une réelle mise en activité des élèves. En classe entière, l’ensemble des élèves participent via l’application, on voit tous les élèves concentrés, en train de réfléchir. Ils sont tous obligés de se prononcer, de faire un choix et ne peuvent rester passifs.
  • Davantage d’interactivité. L’utilisation de l’application permet de libérer davantage la parole des élèves. On peut plus facilement proposer aux élèves de communiquer entre eux sur la base des résultats des tests qui s’affichent en temps réel grâce à un dispositif de vidéoprojection. Celui ci devint un médiateur entre les élèves et entre le professeur et les élèves.
  • Un meilleur suivi des élèves. Au delà du travail collectif réalisé en classe, le professeur a accès à des résultats individuels (rapports) des activités réalisées. Il peut les télécharger au format Tableur à la fin de l’activité ou plus tard car ils sont automatiquement archivés. Le professeur peut aussi lorsqu’il laisse les élèves travailler à leur rythme, visualiser les résultats des élèves en temps réel, ce quoi est efficace dans des classes de plus en plus hétérogènes. Ces outils de suivi sont particulièrement intéressants lorsque le professeur peut choisir les élèves avec lesquels il va travailler en accompagnement personnalisé.
  • Un meilleur apprentissage. En effet, l’usage du Smartphone et de l’application rend les élèves moins passifs, à l’écoute et cela se traduit en terme de résultats. Les résultats les plus notables et visibles sont les progrès effectués en méthodologie. Alors que d’habitude, après plusieurs séances de méthodologie et de correction de devoirs, une partie des élèves étaient toujours rétifs aux conseils donnés (structure en paragraphes, Affirmation-explication-illustration…), l’utilisation de ces outils a permis que l’ensemble des élèves intègre ces conseils lors des devoirs suivants. L’an dernier, les élèves de première ES avaient perdu 1 point de moyenne entre la première EC1 et la deuxième car elle était plus difficile et les élèves n’avaient pas bien intégré les consignes de rédaction et de structuration. Cette année, les notes ont progressé d’un point en moyenne après les deux activités de méthodologie (correction de la première EC1 avec Socrative et écriture collaborative).
  • Moins d’inégalités dans l’apprentissage. L’utilisation de ces outils permet aux élèves les plus faibles de progresser. Dans le cours dialogué, ce sont souvent les mêmes élèves qui écoutent et participent. Ici, il a été possible de rendre attentif des élèves qui sont hermétique d’habitude, en particulier sur la méthodologie, alors même que ce sont ces élèves qui ont des difficultés à rédiger et structurer leur pensée. 86% des élèvent déclarent que cette correction collective leur a mieux permis de comprendre leurs erreurs et leur note (sur les 14 % qui disent que non, les ¾ sont les meilleurs élèves de la classe). 28% des élèves déclarent qu’ils sont attentifs lors de la correction alors qu’ils ne le sont pas d’habitude (ce sont tous des élèves qui se situent dans la moitié la plus faible de la classe). 7% des élèves déclarent ne pas être plus attentifs car ils le sont déjà d’habitude. 65% des élèves déclarent avoir été plus attentifs mais ils le sont déjà habituellement.

 

Problèmes et axes de progrès :

  • Matériel : Tous les élèves ne sont pas équipés de Smartphones mais dans l’ensemble des classes de lycée sur lesquelles nous avons expérimenté ces usages une majorité d’élèves étaient équipés et la plupart du temps nous avons fait travailler les élèves par deux sur un équipement mobile. Finalement, l’équipement des élèves en Smartphone n’a pas été un problème. Pour certaines activités, lorsque le professeur veut avoir des résultats individuels, il est possible de combiner l’équipement mobile des élèves avec des tablettes si l’établissement est équipé ou des postes informatiques car l’interface fonctionne de façon identique sur un navigateur et en application mobile.
  • Connexion : les élèves équipés n’ont pas de tous de connexion illimitée et c’est là le principal point de blocage. Celui ci n’est toutefois pas insurmontable. Deux solutions se présentent. Soit le professeur organise des partage de connexion avec son propre équipement et celui des élèves disposant d’une connexion illimitée (un Smartphone sert de borne wifi pour cinq autres équipements), ce qui permet d’arriver rapidement au nombre de connexion souhaité. Soit le professeur dispose ou fait installer un borne wifi. Cet équipement est assez peu coûteux (entre 50 et 100 euros). Cette installation peut encore faire débat vis à vis des familles ou de l’institution. Des conseils sont disponibles sur le site de la DANE.
  • Confidentialité des données : l’outil n’est pas un outil institutionnel et les données sont collectées par la société MasteryConnect. Il est donc nécessaire d’éviter une authentification des élèves avec leur nom de famille et prénom. Le plus simple est de leur demander de s’authentifier avec leur prénom (et éventuellement la première lettre du nom de famille). Néanmoins l’avantage de l’outil est que les élèves n’ont pas besoin de créer un compte pour l’utiliser, ils renseignent simplement le numéro de classe donné par le professeur et accèdent ainsi à l’activité.

 

Dans le cadre des TRAAM, nous avons testé des activités réalisées par d’autres académies. Les comptes rendus des tests sont téléchargeables.

 

Yannick Schaffar