Planification du travail par le professeur

On peut concevoir l'organisation, de manière normative, en pensant que la classe virtuelle sera l'instrument par lequel l'élève verra son temps de travail parfaitement planifié autour des différentes disciplines scolaires voire des activités périscolaire à la fois à l'intérieur mais aussi à l'extérieur de l'établissement. Il s'agit d'une fonctionnalité qui est souvent mise en avant par l'institution ainsi que par les développeurs. En effet dans ce cas est privilégiée l'organisation et le contrôle du travail scolaire (fournir des consignes et des documents, donner accès aux notes, aux renseignements administratifs etc. ).
Il est clair que cet objectif n'était pas le notre au cours de l'expérimentation. D'une part car cela ne concernait qu'une discipline et que donc pratiquement cela limitait l'usage d'un instrument de type cahier de textes dans la mesure où pour toutes les autres matières il eut fallu en rester à un cahier de textes de type traditionnel , mais aussi et surtout car la pédagogie en Ses est avant tout une démarche active qui a pour but de permettre à l'élève de construire sa pensée et donc nécessite son adhésion. Il nous semblait donc évident de susciter une dynamique autour de l'outil plutôt que de s'en servir comme d'un instrument essentiellement régulateur, à moins d'inscrire cela dans une démarche plus large que la simple régulation de classe.

Ainsi l'expérience entreprise au Centre International de Valbonne par B. Conte de faire " tutorer " des élèves d'une classe de seconde par les élèves de terminale ES avait un côté évidemment normatif et régulateur pour chacune des deux classes mais cela ne fondait pas les objectifs de la démarche qui étaient essentiellement pédagogiques ( initiation au travail en groupe, amélioration de l'organisation du travail, varier les formes d'apprentissage de certaines notions, responsabilisation des élèves ….).

De plus techniquement le contrôle de l'utilisation de la classe virtuelle est très difficile à gérer. Soit il s'agit d'une démarche personnelle de la part de l'enseignant comme cela avait été envisagé par D. Anselm au lycée Pravaz de Pont de Beauvoisin qui a fourni aux élèves un document type " carnet de bord " pour chaque trimestre indiquant le jour de la connexion, le temps et l'activité menée ceci afin de mieux pouvoir orienter le travail de la classe mais c'est difficile à gérer du fait d'un manque de régularité dans la tenue de ce type de document. Soit il s'agit d'un dispositif intégré de façon automatique à la classe virtuelle (statistiques sur le nombre de connections par utilisateur, des pages visitées, de la durée d'utilisation…) comme cela est en partie le cas au Centre International de Valbonne sur les classes virtuelles de J Silvano et B Conte mais en ce cas les dérives sont possibles de la part des élèves ( multiplication de connexions factices par exemple) et cela ne nous permet pas véritablement d'améliorer l'organisation du travail proprement dit des élèves et encore moins d'obtenir des résultats pédagogiques.