Numérique et handicap

Les outils disponibles ; adapter son enseignement aux élèves à besoins particuliers.

Les outils disponibles

Patrice Renaud, chef de projet numérique et handicap, DNE A1.

Mail : patrice.renaud@education.gouv.fr

Dossier numérique et handicap sur Éduscol.

Estimation handicap : 300 000 élèves concernés. Chiffre multiplié par 2 en 8 ans. Problèmes spécifiques d’adaptation et de formation.

Estimation : 350 000 élèves Dys.

30 000 élèves au niveau du Bac. Chaque élève a des problèmes particuliers donc effort considérable pour trouver des solutions.

Le numérique est essentiel/indispensable pour gérer le handicap. Ce qui est mis en place pour les élèves en situation de handicap bénéficie à tous les élèves de la classe : adaptation des supports, clarification des consignes etc. Adapter la ressource, ce n’est pas dégrader la ressource initiale, on offre des voies d’accès différentes à la ressource.

Les élèves connaissent leurs propres besoins et ils doivent être questionnés pour que l’adaptation soit faite dans le dialogue. Eviter pour les élèves dys que les activités soient basées sur des doubles tâches.

Adaptations pour les élèves présentant des troubles « dys » : comment leur permettre d’accéder à la lecture et à l’écriture ?

- Accès aux réglages sur la taille des caractères, choix de la police essentiel (exemple de ressources : « le cartable fantastiques », « dys-vocal », clé USB framakey, etc.)

- Outils pour les élèves « dys » : polices OpenDYS et Dyslexia, polices Microsoft Fluet Calibri.

- Transformateur en ligne : pour les élèves dyspraxiques (textes mis avec des couleurs) comme le site les « Cahiers fantastiques ».

- Learning tools pour OneNote : transformation d’un texte pour le dépouiller de tous les éléments annexes (choix polices, contrastes, lignes sautées).

- SDADV (Service des documents adaptés aux déficients visuels : http://www.inshea.fr/fr/content/

- Cartes avec descriptif audio et fichiers adaptés (sans couleur pour les 8% des garçons qui sont daltoniens + choix de couleurs simplifiés, en braille).

 Évolution du cadre législatif et réglementaire :

- Extension de l’exception handicap au droit d’auteur en cours via la loi Création, Architecture, Patrimoine (ministère de la Culture et de la Communication) : exception pour tous les élèves ayant des troubles liés à la lecture.

- A2RNE : bonnes pratiques d’accessibilité et adaptabilité des ressources pour l’École : négociation avec toute la filière numérique (auteurs, éditeurs, association, etc.). D’où environ 10 règles à respecter pour tout créateur de contenu en ligne, sur papier etc. Des règles supplémentaires pour les éditeurs (accessibilité inclue dans les appels à projet). Accessibilité du matériel aussi prise en compte (ex : ordinateur issu d’une dotation, comment faire en sorte que les élèves aient accès aux codes admin).

- CARMO : cadre de référence pour l’accès aux ressources pédagogiques via un équipement mobile

Adapter son enseignement aux élèves à besoins particuliers

Présentation par Nathalie Verstraete (IAN Rouen).

Troubles Spécifiques des Apprentissages : 10% des élèves (« dys »). On trouve souvent que ce sont des élèves qui ne veulent pas apprendre mais ce sont des personnes normalement intelligentes.  L’adaptation n’est pas forcément possible pour tous les élèves : ils n’ont pas tous un ordinateur, toutes les méthodes ne sont pas adaptées pour tous les troubles.

Troubles multiples : dyslexie, dysphasie (trouble oral), dyscalculie (problème d’orientation), TDA (troubles de l’attention), etc. Ces élèves ne sont pas forcément identifiés, pas diagnostiqués.

Conséquences : lenteur, fatigue, difficultés d’attention, découragement, insatisfaction, travail plus long à la maison, sentiment d’injustice et de difficultés par rapport aux autres, anxiété et donc décrochage possible.

Comment les prendre en compte ? Plan d’Accompagnement personnalisé (PAP)

Repérage : Diagnostic avec un professionnel (orthophoniste) puis mise place de procédures adaptées dans l’établissement.

Exemple du Lycée Prévert : formation des référents « dys » et des enseignants volontaires ; repérage des élèves déjà identifiés au collège ; regroupement des « dys » (3-4 élèves) par petits groupes dans les classes ;  création d’outils et adaptation des contenus distribués à toute la classe pour ne pas les stigmatiser.

Les adaptations ne sont pas révolutionnaires mais ont un effet réel :

  • présentation avec des règles communes à toute l’équipe pédagogique = police Arial / taille 12 voire 14 / interligne 1,5 / pas de justification / encadrer le texte / numéroter les lignes / doubler l’espace entre les mots.
  • travail sur la prise de note = éviter d’écrire et expliquer en même temps (éviter la double tâche) / ritualiser la présentation du cours / mettre en ligne sur ENT / utiliser les schémas heuristiques ou un tableau.
  • adaptation des évaluations avec des visuels qui prennent en compte les troubles des élèves « dys ».
  • utilisation des outils numériques = clavier virtuel des tablettes plus facile pour un élève « dys », écoute de la consigne plus facile que la lecture, certains éditeurs ont une version adaptée aux élèves « dys ».
  • mise en page : numéroter les pages, décomposer la consigne, mettre un mot en gras, mettre un cadre pour répondre, mettre les documents sur une page différente, insérer un espace de brouillon.