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Doc & CDI

Les enjeux de la veille pour le professeur documentaliste

Les enjeux de la veille pour le professeur documentaliste : quelle expertise, quels outils et quelles méthodes pour quels usages? (Jeudi 24 novembre 2011). Veiller pour qui, pour quoi, avec quels outils et que fait-on de cette veille? La veille documentaire et la veille informationnelle sont omniprésentes. Assurément, on assiste là à une redéfinition du métier de professeur documentaliste.

Intervenants: Jean-Louis Durpaire (IGEN et président du jury du CAPES de documentation), Silvère Mercier (bibliothécaire, chargé de médiation numérique à la BPI), Dominique Varlet (documentaliste, chargé d'ingénierie documentaire au CRDP de Paris, formateur Paris 4IUFM/CELSA). 
L'animation était assurée par Marie-Christine Ferrandon, directrice du CRDP de l'académie de Paris,

Tous veilleurs. La veille ne porte plus sur ce qui est rare mais sur l'infobésité. Les sujets sont visibles et le web de données ne fera qu'amplifier ce phénomène. Pour Dominique Varlet, la veille est donc devenue une pratique sociale de l'usager numérique. En ce sens nous sommes tous veilleurs, ce n'est plus désormais seulement une affaire d'experts. En ce qui concerne le professeur documentaliste, l'enjeu est triple: pour lui-même, pour son expertise professionnelle, pour la veille objet d'enseignement. L'objet veille doit s'enseigner en tant qu'objet documentaire, tout l'enjeu pédagogique consistant à ne pas en figer les usages. Après avoir rappelé qu'il ne faut pas oublier de veiller sur son propre fonds documentaire (!), Dominique a souligné que les méthodes de veille sont ancrées sur les SIC et la documentation en général, et qu'elles reposent sur des fondamentaux classiques et connus. Cependant les plans de veille sont rarement formalisés. C'est pourtant ici encore un triple enjeu, à la fois pour soi, pour le CDI et pour l'établissement. Enfin la veille nécessite une auto formation permanente sur les outils. Veiller c'est diffuser, donc partager. Dans ce domaine, les nombreux outils (plateformes de curation, outils de monitoring de pages etc.) positionnent le professeur documentaliste aussi bien en architecte qu'en veilleur, expert dans son établissement.

Silvère Mercier qui mène actuellement une réflexion sur la question de la veille, la replace dans un contexte citoyen plus large que l'Éducation nationale. Il s'agit d'accompagner le public et de lui offrir des moyens efficaces pour sa veille personnelle, comme le propose sa carte heuristique en cours d'élaboration: "Mediabitus, devenir médiateur numérique au quotidien". En soulignant qu'un médiateur est d'abord un veilleur sur les parutions de son propre domaine, Silvère propose une réponse aux questions suivantes : dans un web qui se situe désormais plus dans le flux que dans la requête, comment en tant que professeur documentaliste se repérer dans ces flux? Comment éviter cette dérive paradoxale qui consisterait à recréer des collections stables avec des flux instables? Une des solutions réside dans les communautés de pratiques, les communautés d'intérêts, les réseaux humains, qu'il convient de choisir avec soin. Nous citerons ici le Bouillon et la Bibliosphère. Les liens recommandés par une personne ont plus de valeur et de portée qu'un flux véhiculé par un outil. Si important qu'il soit, l'outil pour être efficace doit être impérativement commenté et expliqué.

Tout en notant que les personnes présentes à cette table ronde étaient de fait déjà en situation de veille, Jean-Louis Durpaire a défini la veille comme une posture intellectuelle et personnelle qui consiste à se former et ceci à trois niveaux. Le premier niveau, fondamental en tant qu'éducateur et facilité par les outils actuels, se situe dans la réflexion sur ce qu'on fait, ce que l'on est, comment on cherche aujourd'hui. Second niveau: la veille qui conduit à des produits, ciblés et en direction de communautés, pour faire gagner du temps. En l'occurrence, la sphère du documentaliste, qui est un professeur, est celle de la pédagogie et de l'enseignement. Le vrai moteur de la veille ce sont les relations humaines, sont fondamentales dans ce processus. Il s'agit en effet de comprendre le monde tout en étant dans le monde, sans céder à la technologie. Enfin troisième niveau : comment produit-on et pour quoi? Il convient de raisonner par rapport aux destinataires. Si l'absence de réseau est un frein pour la veille du professeur documentaliste, et qu'il faut du temps pour veiller, Jean-Louis Durpaire suggère d'utiliser les fameuses 6 heures citées dans les textes anciens qui fondent le métier pour cela.

Salon de l'éducation
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