Réunion des interlocuteurs académiques de documentation, Paris, les 26 et 27 janvier 2009

Comptes rendus des ateliers

Liaison Lycée / Université

Cet atelier était animé par Valérie Scholtès-Fournier, académie de Reims - la prise de note était assurée par Frédéric Rabat, académie de Rouen.

Académies représentées dans l'atelier : 

Versailles / Rouen / Rennes / Corse / Amiens / Guyane / Lille / Réunion

Notes

« liaison » : continuum. Remarque pas de publication particulière, pas d'information sur le sujet.

Synthèse de l'atelier
On constate quelques initiatives locales mais pas de déploiement dans un cadre institutionnel, ainsi qu'un taux d'échec important à l'issue de la première année universitaire. Dans quelle mesure le défaut de formation à la recherche documentaire est-il impliqué ?
De plus la liaison avec l'université est sans doute à penser dans le cadre de la réforme des lycées.
Pa railleurs, la généralisation des ENT constitue un enjeu éducatif important. Comment faire face à la carence de médiation face aux écrans des ENT ?

Au lycée
Des initiatives de liaison existent déjà au lycée.
Les TPE  permettent de préparer les élèves à la recherche et à l'autonomie qui leur seront demandées à l'université, ils constituent un lien pédagogique. On regrette leur abandon en terminale, ce qui entraîne un vide de formation pour ce niveau.
La liaison est installée dans le volet orientation : Forum, salons, portes ouvertes, visites de campus.
Programme filière d'excellence (Reims - 36 élèves) ou  ambition d'enseignement supérieur ( Versailles - à partir du collège).

À l'université

Des exemples d'initiatives à l'université ont été évoquées : partage et enrichissement de fonds pour les CPGE, formation des étudiants  (séances d'accueil pour les L1 puis formations ponctuelles à la demande de professeurs).
Une évaluation montre que seul un noyau d'étudiants de master1 possède des compétences avancées, la moitié des étudiants ne disposeraient que de compétences de base. 

Attentes
Des  attentes particulières sont formulées par les formateurs en BU : faire acquérir des compétences en matière de veille informationnelle et apprendre à penser (en complément des compétences habituelles abordées en lycée : interrogation d'un catalogue, mots clés, bases de données spécifiques, etc.).

Freins
Nous avons identifié des freins : hétérogénéité des publics, autonomie des universités (ce qui  a pour conséquence la difficulté de trouver un consensus autour d'un référentiel lycée-Université). Les enseignants chercheurs ne s'impliquent pas suffisamment dans la formation à la recherche documentaire. Les étudiants ne se représentent pas plus la recherche documentaire comme un travail véritable que les élèves du secondaire.

Point d'entrée

Un point d'entrée pourrait se focaliser sur le tutorat : quel formateurs, quelle formation ? Et l'implication de Prce issus des lycées.
 

 Tour de table : état des lieux

Corse
Rien de fait dans ce domaine. Les collègues ne mentionnent pas de liaison particulière.
Liaison par rapport aux compétences documentaires ou recherches documentaires ?
Pas d'information sur le site de l'université. Dans la rubrique vie étudiante accès au catalogue en ligne, Opac sous IP,  bloqué par Slis, mais peut être débloqué à la demande.
Possibilité de réservation de salles.
Pas de visibilité en matière de formation à destination des étudiants de premier cycle, visites hypothétiques. Des intervenants de l'université viennent présenter les disciplines.

Guyane
Université récente (3 ans)
Une liaison par l'intermédiaire des cpge de l'eple (huit élèves).  Une complémentarité avec l'université en matière de fonds  : possibilité de consulter l'opac du SCD. Pas de doublons dans les achats car les crédits s'amenuisent. Pas de liaison proprement dite entre les professionnels, pas de concertation.
1 journée de présentation des disciplines. Élèves impliqués.
En apparence pas de formations à la recherche documentaire pour les étudiants.
Souhait : monter un partenariat formalisé.

La Réunion
Sur le site du SCD : opac en ligne - accès à des banques de données par mots de passe : lexis, davos (environ 30).
Formation mise en place concernant les étudiants de première année en Droit/éco - module obligatoire de 10 heures environ. Utilisation du catalogue. Formations spécifiques (disciplinaires) assurés par des étudiants de 3ème cycle.
Aucune liaison particulière. Étanchéité. Pas de Prce, une tentative mais elle a été  abandonnée. Intervention de profs de fac, visites d'université organisées.
Remarque TPE : seul exercice préparant à la recherche en université.

Reims
Liaison ? lycée/rentrée universitaire, cloisonnement, plus de suivi après le lycée. Tutorat existant ou initiative de la mission égalité des chances.
La mission égalité des chances, a lancé un partenariat pour les élèves volontaires et ou boursiers (36 élèves). La formation est proposée par les bibliothécaires, parfois en collaboration. Llettres/droit : accueil de 1939 étudiants en formation. 3 heures par groupes (1er semestre). Programme établi dans le cadre de formation spécialisées.
Accès au catalogue en ligne, quelques ressources réservées.
Pour certains lycées : visites de campus, mission à l'égalité des chances : 4 EPLE choisis, 1 chargé de mission (maître de conférence). L'objectif est de développer le choix pour les études longues. Lycéens de première et teminale : filière d'excellence - 9 jours dans l'année concernant : des visites sur le campus, des sorties culturelles, des rencontres avec les étudiants (meet dating),  visite du SCD, recherche documentaire, rencontres avec les professionnels.
Jeune étudiant de licence :  plus « professionnalisant ». Projet dure depuis 3 ans
Remarques : professeurs peu sensibilisés. Les compétences vont de soi en masters mais les compétences sont exigées.
Paris VIII fréquentation importante. Pour quelles ressources : Google, Wikipédia.

Rennes
Accès et formation aux catalogues de l'université par le réseau des bibliothèques - Plan de formation.

Rouen
Au Havre à titre d'exemple il n'existe pas de liaison formalisée. Quelques professeurs documentalistes peuvent intervenir de manière un peu plus suivie à l'IUT du Havre notamment. Par ailleurs une formation « méthodologique » est assurée par des étudiants de 3ème cycle.
Les étudiants déplorent parfois ce qu'ils estiment être un manque de personnel en SCD. Ils regrettent en particulier de ne pas pouvoir fréquenter la BU en soirée.
Dans le cas des licences option documentation au Havre, une enseignante ancienne professeur documentaliste assure la formation. Elle incite (entre autres choses)  les étudiants à abandonner Google et Wikipedia pour découvrir et exploiter, les autres bases, d'autres outils d'interrogation.
C'est en matière d'orientation que l'on repère des pratiques installées : forum des métiers, visites de campus, interventions d'étudiants dans les lycées pour présenter leurs filières.
Les lycées qui accueillent des classes préparatoires s'efforcent de dialoguer avec les enseignants pour enrichir et adapter ce fonds spécifique.
Dans un lycée du Havre en 2008, les étudiants d'un CPGE ont pu bénéficier d'une courte formation à la recherche documentaire. Il y fut notamment question de programmation de la recherche en fonction d'objectifs spécifiques.
 
Versailles

En raison du grand nombre d’universités dans l’académie (cinq), il paraît difficile de rendre compte de ce que fait chacune d’elles. Le choix s’est porté sur celle d’Evry-Val-d’Essonne où un professeur-documentaliste certifié (PRCE) assure une mission de formation.
Les formations à la recherche documentaire s’adressent à tous les publics. Elles comprennent l’accueil des étudiants de L1, des séances de méthodologie et recherche avec des professeurs volontaires, des séances à la carte sur des outils spécifiques (Kompass par exemple), des séances de formation pour les étudiants de master, des unités d’enseignement spécifiques (UE arts et documentation…) ou libres (UEL initiation à la veille scientifique…).
Dans le cadre de la liaison lycée-université, des classes de lycéens ou d’étudiants de BTS sont accueillies (découverte du monde universitaire, visite de la bibliothèque, travail documentaire).

Par ailleurs, le pôle d’information et d’orientation des lycéens et des étudiants (PIOLE), propose un projet de liaison lycée université avec notamment le dispositif « Cordée de la réussite – Ambition d’enseignement supérieur » dans lequel la BU prend toute sa part. Sont concernés 15 lycées et des classes de 3e de 8 collèges RAR.

Les professeurs-documentalistes du bassin d’Evry et le PRCE responsable de formation à la BU ont entamé une réflexion sur un référentiel commun. L’objectif est de se mettre d’accord sur les compétences documentaires minimales attendues en fin de secondaire : catalogues et bases de données, opérateurs booléens, mots-clés, annuaires et moteurs de recherche, etc.

 

Usages des dotations en ressources numériques

Cet atelier était animé par Isabelle Estève-Bouvet, académie de Caen - la prise de note était assurée par Evelyne Sondag, académie de Nancy-Metz.

Préalable posé en début d'atelier : la nécessité de choisir des ressources cohérentes avec les besoins.

Comment aider à des usages simples de ces dotations ?
Trois propositions :
-    Le choix des ressources par les collectivités territoriales doit être effectué en partenariat avec le rectorat  ; il est nécessaire de mener une réflexion commune en amont, avec des groupes de travail.
Une politique volontariste concernant les ressources doit être menée - sélection, acquisition, communication, formation - inscrite dans le projet d'établissement de l'EPLE.

-    Par de l'information autour des ressources, voire de la formation pour permettre une acculturation ; repérer le ou les interlocuteurs académiques, experts pédagogiques en la matière. Quel rôle peuvent jouer le SCEREN et les interlocuteurs académiques TICE et disciplines ? Quelle est l’impact du travail des groupes de réflexion sous pilotage des corps d’inspection sur la réflexion autour des usages liés aux ressources numériques dont sont dotés les établissements ?

- Dans le cadre de la généralisation des ENT, le portail de l'ENT, en pointant sur des ressources dédiées et validées, sera peut-être facilitateur d'usages, de la même façon que le "volet numérique" dans les projets d'établissement préconisé par X. Darcos dans son programme d'action pour 2009.

Comment repérer les usages existants et les faire connaître ?
-    Au niveau académique, par le recueil de statistiques d'usages d'un point de vue quantitatif ;
-    A l'échelle d'un établissement, par le repérage des usages disciplinaires d'un point de vue qualitatif ;
-    Par l'incitation des corps d'inspection à la production de scénarios pédagogiques ;
-    Par la description de ces scénarios dans Édu'Bases.

Quelques éléments du tour de table
Académies représentées : Orléans-Tours – Caen – Poitiers –  Toulouse – Nantes – Guadeloupe – Nancy-Metz – Nice – Martinique.
-    Dans des académies où les ENT ne sont pas encore déployés, il y a des enveloppes budgétaires pour l'achat de ressources numériques ; des financements pour les établissements (lycées, collèges) avec un projet d'acquisition de ressources ; les établissements ont quasiment tous dégagé des lignes budgétaires pour l'achat de  ressources numériques.
-    On constate que certaines collectivités engagées depuis plusieurs années dans l'achat de ressources, se désengagent.
-    Les établissements ambition-réussite bénéficient d'un co-financement rectorat / collectivités territoriales.
-   Généralisation des TBI dans de nombreuses académies.
-    Quand l'ENT existe avec des ressources numériques,  il n'y a pas de politique hors ce projet.
-    Quand l'ENT existe, les usages s'installent progressivement. Les outils de mesure eux sont utilisés plus lentement, mais cela est en cours ; il y a des données quantitatives mais pas qualitatives sur  l'utilisation des ressources. Ces données sont empiriques car souvent il y a  un seul identifiant par établissement ;
-   Certains utilisateurs estiment que les ressources sélectionnées et intégrées dans l'ENT ou financées ne sont pas en adéquation avec les besoins, voire inutiles, les mêmes estiment que l'on  trouve une bonne partie de ces ressources sur le web ; les dictionnaires et les encyclopédies ne sont pas davantage utilisés en version numérique qu'ils le sont en version papier.





 

Thèmes de travail et de réflexion concernant la documentation dans les académies

Cet atelier était animé par  Katrine Delage, académie  de Bordeaux - la prise de note était assurée par Florence Coulombs, académie d'Amiens.
6 académies étaient représentées dans cet atelier.

Existe-t-il des groupes de travail de documentation ?  Par qui sont-ils menés ?

Après un tour de table, on peut conclure que dans toutes les académies, il existe des groupes de réflexions ET/OU des réunions de bassins.
Le dispositif des réunions de bassins est calqué sur celui des chefs d’établissement et des CPE. L’existence de ces groupes ou réunions est très souvent liée à une initiative des IPR EVS, qui lorsqu’ils sont impliqués, proposent les thèmes de réflexion. Le rôle des CRDP est souvent non négligeable. Ce qui varie beaucoup d’une académie à l’autre, ce sont les moyens : rémunération des intervenants, nombre de journées de travail, dispositif lié au PAF, longévité des groupes, public désigné ou volontariat…
A noter, dans une des académies, un groupe de travail assure une veille documentaire pour alimenter le site académique (stage PAF – 3 jours / an). Ce groupe existe depuis 5 ans. C’est un élément très fédérateur qui permet à de plus en plus de collègues d'apporter des informations pour le site et de prendre l'habitude de le consulter. 

Quels thèmes sont abordés ? Quelle est la place des TICE ? de l’ENT ?
Les thèmes abordés dans les académies sont de différentes natures.
Certains sont d'ordre plutôt  professionnel : Référentiel de métier - Plan de classement Dewey pour le collège - Documentaliste en cité scolaire - PMB - Veille documentaire - Aménagement des CDI - C2i2e.
D'autres sont d'ordre plutôt  pédagogique :   Ressources numériques  - ENT, portails, blogs -  Liaison collège-lycée : en particulier la réflexion sur les compétences documentaires à acquérir par les élèves - Politique documentaire - Socle commun - Orientation - Mutualisation de pratiques.

Besoin de mutualiser
La plupart de ces dispositifs donnent lieu à la publication de travaux que ce soit sur les sites académiques ou autre.
Ce qui ressort globalement dans ces groupes de travail : c’est un grand besoin de mutualiser et de partager aussi bien au niveau de la gestion que de la pédagogie. C’est  aussi la diversité des stratégies mises en place pour que vivent de tels groupes, et l'importance que ces groupes représentent pour les professionnels que nous sommes.
Outre ce désir de mutualiser, ces échanges permettent d'uniformiser certaines pratiques et d'apporter des réponses communes aux questions récurrentes de notre profession.

Améliorer l'information auprès des documentalistes

Atelier animé par Nathalie Petit, académie de Montpellier - prise de note assurée par Valentine Favel- Kapoian, académie de Lyon.


Les participants à l’atelier se sont interrogés sur le contenu de l’information à apporter aux documentalistes et le moyen le plus approprié pour la diffusion.

La lettre TIC'Édu

Questionnements
La lettre doit-elle être diffusée auprès des enseignants des autres disciplines ? Auprès des collègues par les documentalistes dans leur établissement ? Auprès des IANTE / IATICE des autres disciplines ? Auprès des coordonnateurs de bassin ?
Propositions
La lettre doit être diffusée de préférence en entier dans le corps de texte du message. La lettre doit être publiée sur les sites académiques ainsi que ses archives, disponibles au format pdf.

Le  "Complément académique"

Questionnements
Le terme de complément académique est -il approprié ? L'actualité disciplinaire académique ne concerne pas toujours uniquement les Tice, ni n'est  exclusivement académique. Quel contenu privilégier ? Il est nécessaire d’éviter la redondance, avec des lettres locales notamment, comme, par exemple, des brèves des docs). Quel est la part de contenu émanant de l'IPR ? Quelle est la validation de l'IPR ?
Propositions

Contenu : Il est nécessaire d’éviter les compléments trop longs, (une page maximum). Sélectionner le contenu : la veille effectuée permet d'adresser  par listes de diffusion des informations à la volée sans attendre les deux mois de délai de publication. Les flux du site académique pourraient y être signalés.
Positionnement : Il est proposé de faire une enquête pour connaître les besoins en communication au sein de l'académie.
Il est essentiel de définir une politique de communication au sein de l'académie qui définirait le contenu.

Conclusion

La lettre TIC'Édu est utile. C'est un bon canal d'information qui commence à se positionner. La diffusion de la lettreTIC'Édu apporte une certaine légitiité au rôle de l'interlocuteur.
Le "complément " académique semble essentiel mais est-ce un bon canal de diffusion académique ? D’une part, les informations locales ne sont pas toujours TICE, d’autre part, des canaux de communication existent dans l'académie (site académique, liste de diffusion, lettre académique existante). La notion « d'info TICE académique » n'est pas toujours adéquate et parfois restrictive.
Propositions
Le complément pourrait être celui du "Mot de l'IANTE / IATICE" qui informe sur des ressources locales ou nationales ou qui donne des conseils techniques, des petits « trucs et astuces ».
Ce complément pourrait évoquer les grands chantiers de l'académie avec validation par les IPR.
Cette lettre académique devrait devenir une  lettre d'orientation TICE.