10 ans d’EGA… et alors ?

Ce que nous voulions dire avec EGA…

E

comme une hésitation. L’onomatopée de l’indétermination anxieuse face à la page vide, aiguillonnée par l’urgence de faire (1) et l’évidence de s’y engager.

G

comme « je tiens l’idée ». L’ampoule qui illumine les trouvailles de « Géo Trou-vetou » et la possession qui rassure.

A

comme le commencement. Mais aussi comme l’aise, peut-être la satiété ou la privation ?

EGA

comme dix années passées dans un souffle de bonheur éditorial, d’aventu-re collective intense, spirituelle et empathique, d’attentions et de tensions, ta-lonnées par les échéances, avivées par les bogues et stimulées par l’audience.

 

Ce que nous voulons faire avec EGA…

 

Un instrument de « veille informationnelle », c'est-à-dire le vecteur d’une « activité continue et en grande partie itérative, visant à une surveillance active de l’environnement scientifique, technologique, commercial, économique, etc. pour en anticiper les évolutions (2) ». Une activité qui, à l’heure de « l’économie de l’attention (3) », revêt une singulière importance en particulier pour les enseignants dont le métier implique, depuis toujours et pas seulement en Économie-gestion, des pratiques documentaire et informationnelle intenses.

La prolifération de la diffusion de ressources pédagogiques en ligne, alimentée par les communautés d’enseignants, les institutions, les grands établissements publics, la blogosphère privée où nombre d’enseignants sont actifs, à côté du secteur éditorial classique… s’inscrit dans cette logique de l’économie attentionnelle. Génératrice du « vertige de la liste (4) », elle justifie la pertinence d’une intervention créatrice de valeur tournée vers l’optimisation de choix et d’accès aux ressources pédagogiques, par et pour les différents acteurs de la communauté éducative.

 

Une forme d’approche renouvelée de la « culture informationnelle (5) » des enseignants d’Économie-gestion, complémentaire, par exemple, de celle portée par la revue Économie & management. Une approche dans laquelle les démarches de coproduction de contenus en réseau, d’infomédiation, d’agrégation sont mobilisées comme sources de valeur basées sur la qualification ciblée des ressources informationnelles disponibles et leur inscription dans une visée didactique et pédagogique. Finalement, il s’agit de travailler ensemble : de lire, de choisir, d’organiser, de confronter, d’écrire à plusieurs, de plus en plus nombreux.
Plus que jamais, l’enseignant exerce un métier de liberté intellectuelle qui conditionne sa capacité à « faire apprendre ». Faire apprendre à connaître, à agir, à vivre ensemble, dans la société de l’information, de la communication et de l’interaction.


Alain Séré, IGEN du groupe Économie-gestion
et le comité éditorial d’EGA, mai 2011


(1) J. L. Austin, Quand dire, c’est faire, Paris, Seuil, coll. Points, 1991
(2) Selon la norme AFNOR expérimentale, XP X 50-053
(3) Herbert Simon, Michael Goldhaber
(4) Umberto Eco, Vertige de la liste, Paris, Flammarion, 2009
(5) Alexandre Serres, Une certaine vision de la culture informationnelle, Enseignement et médias, 2009