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Archives de la Lettre des CPC

L'interview de... Jean-Marc HUART,
sous-directeur des lycées
et de la formation professionnelle tout au long de la vie

 

Photo de Jean-Marc Huart

Trois questions à Jean-Marc Huart

À l'occasion des 100 ans du CAP, un colloque interdisciplinaire s'est tenu cet automne à Poitiers (18-20 octobre 2011). Comment se positionne ce diplôme aujourd'hui dans le paysage des certifications ?

Comme cela a été dit dans le colloque que vous évoquez, je me réjouis de voir que le CAP est aujourd'hui le diplôme de référence de niveau V et retrouve la place qu'il avait progressivement perdue.

Les premières observations conduites par la DGESCO montrent un lien entre la progression du CAP et la mise en place du bac pro en 3 ans. On s'aperçoit qu'une partie non négligeable des élèves qui s'orientaient vers le BEP ont retrouvé le chemin du CAP. On voit aussi que les passerelles fonctionnent mieux qu'auparavant entre le CAP et le bac pro, et cela dans les deux sens.

Peut-on le constater dans tous les secteurs ?

C'est bien sûr difficile de répondre en bloc, il faut examiner chaque spécialité. Mais, à titre d'exemples, pour les services, à la rentrée 2010, le nombre d'inscrits en CAP augmente dans trois domaines : +  33,15 % dans l'accueil-hôtellerie-tourisme, +  46,34  % dans le commerce et la vente, + 72,38 % dans le transport-manutention-magasinage. Pour les formations industrielles, cinq spécialités connaissent une hausse des effectifs : l'électricité-électronique, les structures métalliques et les moteurs et mécanique auto. L'énergie-génie climatique triple même ses effectifs.

Deux ans après sa mise en œuvre, peut-on dire que la réforme de la voie professionnelle a atteint ses objectifs qui étaient d'augmenter la qualification et de réduire les sorties sans diplôme ?

La rénovation de la voie pro commence à produire l'effet escompté sur le niveau V, dans la mesure où le CAP se voit conforté dans son rôle d'accès à une première qualification visant l'insertion professionnelle. C'est particulièrement vrai pour les jeunes issus de SEGPA, plus nombreux à accéder au CAP. Mais, comme je vous l'ai dit, le passage du CAP vers le bac pro a aussi augmenté dans des proportions sensibles : près de 21 % en 2011 contre 17,4  % en 2009. Plus globalement, les premiers chiffres montrent un accès beaucoup plus important au baccalauréat professionnel : en 2011, on compte près de 140 000 bacheliers professionnels contre 103 287 en 2010, soit une augmentation de 35 %. Cela s'accompagne mécaniquement d'une augmentation des poursuites d'études des bacheliers professionnels vers les BTS : + 18,4 % en 2010, + 21 % en 2011. Ces premières estimations devront être confirmées en 2012, première année de sortie massive des bacs pros en 3 ans et d'effacement des BEP comme certification directement accessible par la formation initiale. Je vous donne rendez-vous dans les prochains numéros de cette lettre électronique pour en savoir plus et adresse à nos lecteurs mes vœux les plus chaleureux pour cette nouvelle année 2012.

Actualité

Bac pro « Gestion-administration »

Un baccalauréat professionnel « Gestion-administration » est créé. Il remplace les spécialités « Secrétariat » et « Comptabilité » qui ne permettent plus une insertion professionnelle satisfaisante. La création de cette spécialité a reçu un avis favorable de la 16e commission professionnelle consultative le 3 octobre 2011. La mise en œuvre du diplôme est prévue pour la rentrée 2012.

Ce nouveau baccalauréat professionnel permettra d'acquérir des compétences et des connaissances moins spécialisées et tendant vers une forme de multivalence. Il s'agit de prendre en charge la dimension administrative des activités de gestion, de communication, de ressources humaines, de production ainsi que des activités commerciales et de développer une véritable professionnalité relationnelle. S'y ajoutera la capacité à prendre en compte les spécificités de l'entreprise ou du secteur.

Les activités professionnelles visées ont été identifiées dans un gisement d'emplois de « gestionnaire administratif » de niveau IV, exerçant principalement dans des petites et moyennes structures de tout type : petites et moyennes entreprises, professions libérales, administrations, collectivités, associations...

Des champs de poursuite d'études élargis s'ouvriront : gestion, administration, secteurs juridique et commercial ; filière AES, BTS AG-PME PMI, préparation de concours administratifs...

BTS « environnement nucléaire »

Un BTS « environnement nucléaire » a été mis en place à la rentrée scolaire dans cinq établissements (arrêté du 27 juin 2011 - JO du 9 juillet 2011).

Cette création répond à une demande de 2009 des professionnels du secteur (AREVA - EDF - COPSAR- CEA) concernant un diplôme d'encadrement dans le secteur nucléaire.

Cette formation particulièrement complexe a pour objectif de former les futurs cadres opérationnels du secteur, capables d'organiser de bout en bout un chantier dans un environnement nucléaire.

Le groupe de travail devra engager la réécriture du baccalauréat professionnel pour le mettre en phase avec ce nouveau diplôme.

Dans ce secteur, les besoins en termes d'emplois sont les suivants :

  • niveau baccalauréat professionnel : 315 opérateurs par an dans les 5 années à venir (268 en 2008)
  • niveau BTS : 190 par an dans les 5 années à venir (160 en 2008).

Focus


Le CAP, un diplôme centenaire

Le CAP, certificat d'aptitude professionnelle, est aujourd'hui centenaire. Cet anniversaire a été l'occasion d'organiser un colloque international et interdisciplinaire du 18 au 20 octobre 2011 à Poitiers, par le GRESCO (Groupe de recherches et d'études sociologiques du Centre Ouest) à l'initiative de Gilles Moreau, GRESCO, université de Poitiers, de Fabienne Maillard, CURAPP, université de Picardie/ Jules Verne et de Guy Brucy, université de Picardie/ Jules Verne. Des historiens, des sociologues, des économistes, des juristes, des psychologues ont échangé avec des chercheurs suisses et allemands et se sont interrogés sur la longévité du CAP.

Parmi les nombreuses questions abordées lors de ce colloque, on retiendra notamment :

  • La notion de « capacité » apparait dans le premier nom du diplôme (CCP) en 1911 puis disparaît dans sa version de 1919. On s'interroge sur sa place au plan historique, juridique, sociologique. Ce questionnement fait écho aux débats contemporains sur la certification ;
  • la double finalité du CAP, diplôme d'insertion, porteur d'un « signal » de qualification, mais aussi diplôme de poursuite d'études. Ne peut-on aussi y voir d'autres finalités comme celle de gestionnaire de flux (en formation initiale scolaire), de marqueur d'une compétence détenue (le CAP est très visé par la VAE) ?
  • CAP : un diplôme de l'apprentissage ? Si le CAP reste majoritairement préparé par l'apprentissage, une analyse historique rappelle que certains secteurs qui défendent particulièrement cette voie et ce diplôme, le rejetaient voici cinquante ans car trop « scolaire » (voir par exemple Marc Suteau : « Les artisans et le CAP : une conversion tardive (1920-2000) ») ;
  • Âge d'or du CAP et de la voie professionnelle. Un traitement historique confirme que cet « âge d'or » n'est qu'une reconstruction, a posteriori. Le CAP, comme l'ensemble de l'enseignement technique et professionnel a toujours connu, depuis sa création, des critiques, des difficultés, des contradictions... mais aussi un rôle social ;
  • Complexité et préjugés. L'étude de « l'objet CAP » est marquée par la complexité de son abord et par la nécessité de s'affranchir de certains préjugés. Le public de CAP est hétérogène, il n'est pas forcement « en difficulté » scolaire ou sociale. Le CAP et le métier auquel il prépare sont parfois une voie choisie et non subie. Ces questions renforcent l'affirmation de Brucy quand il indique que le CAP est aussi, parfois, le « premier diplôme ».

Ce colloque a reçu le soutien de la DGESCO. Il a été filmé.
Actes vidéo du colloque « Centenaire du CAP. Apprentissages professionnels, certifications scolaires et sociétés »

Le brevet des métiers d'art (BMA)

Le BMA est un diplôme professionnel de niveau IV qui s'inscrit dans la filière des formations aux métiers d'art, principalement au sein de la 13ème commission professionnelle consultative.

Le BMA valide des savoir-faire spécifiques liés à la conservation et à la transmission de techniques de tradition séculaire tout en promouvant l'innovation. Ce diplôme concerne donc des filières rares et à forte identité culturelle où la compétence artistique joue un rôle important.

Les élèves y accèdent après l'obtention d'un CAP des métiers d'art d'une même spécialité et suivent une formation d'une durée de deux ans par la voie scolaire, l'apprentissage ou la formation professionnelle continue. La durée totale de formation professionnelle est donc de quatre années, ce qui le distingue du baccalauréat Artisanat et Métiers d'Art qui se prépare en trois ans.
Le BMA prépare à l'insertion professionnelle mais permet également de poursuivre une formation dans la même filière par la préparation d'un Diplôme des métiers d'art (DMA) en deux ans.

Créé en juillet 1992, codifié dans la partie réglementaire du code de l'Éducation sous la section 5 du chapitre VII du titre II du livre II, le BMA vient d'être rénové par le décret n° 2011-1029 du 26 août 2011 publié au JORF du 28 août 2011.

Ces nouvelles dispositions l'inscrivent maintenant dans la rénovation de la voie professionnelle réalisée en 2009 tout en lui maintenant sa vocation et sa spécificité. Il se rapproche dans son organisation des autres diplômes professionnels classés au même niveau dans la nomenclature interministérielle (la notion de spécialité, l'organisation du diplôme en unités avec éventuellement une épreuve facultative, le positionnement des candidats en vue de l'adaptation de la durée de formation, la possibilité de délivrer des mentions « assez bien, bien, très bien » et de faire figurer sur le diplôme l'indication de « section européenne ).

Ces dispositions s'appliqueront à partir de la rentrée 2012 pour une première session d'examen en juin 2014. Plusieurs arrêtés transversaux relatifs à l'application du décret sont en cours de préparation: uniformisation des grilles horaires des différentes spécialités, nouveaux programmes des enseignements généraux (français, histoire -géographie-éducation civique, langue vivante, économie-gestion, EPS) et leurs modalités d'évaluation pour 2014.

Il existe actuellement 15 BMA et leur nombre s'accroit progressivement :

  • Armurerie
  • Art de la reliure et de la dorure
  • Arts et techniques du tapis et de la tapisserie de lisse
  • Bijou à 3 options (bijouterie joaillerie, bijouterie sertissage et bijouterie polissage finition)
  • Broderie
  • Céramique
  • Dentelle à 2 options (fuseaux et aiguilles)
  • Ebéniste
  • Graphisme et décor à 2 options (graphiste en lettres et décor et décorateur de surfaces et volumes)
  • Gravure
  • Horlogerie
  • Souffleur de verre
  • Technicien en facture instrumentale à 4 options (accordéon, guitare, piano et instruments à vent)
  • Verrier décorateur
  • Volume staff et matériaux associés

Pour en savoir plus sur les métiers d'art

 

Textes réglementaires

Parution de 3 arrêtés au Journal officiel du 13-01-2012

Arrêté du 27 décembre 2011
arrêté portant création de la spécialité « gestion-administration » du baccalauréat professionnel et fixant ses modalités de délivrance

Arrêté du 27 décembre 2011
arrêté modifiant l'arrêté du 8 avril 2010 relatif aux épreuves obligatoires de langues vivantes dans les spécialités de baccalauréat professionnel

Arrêté du 22 décembre 2011
arrêté abrogeant l'arrêté du 17 mars 2005 portant définition et fixant les conditions de délivrance du certificat d'aptitude professionnelle « photographe »

Au fil de l'O

Bac pro « Photo »

La mutation technologique importante du secteur de la photographie a rendu nécessaire la rénovation du baccalauréat professionnel Photographie. Le titulaire du nouveau diplôme sera avant tout un technicien de l'image et c'est dans la prise de vue, en studio ou en extérieur, qu'il exprimera toute sa créativité. Grâce aux techniques numériques et à l'informatisation de l'image, il pourra réaliser un photomontage ou une petite mise en page destinée à présenter des images. Par ailleurs, pour répondre à l'évolution des entreprises, il sera en mesure de commercialiser les photographies qu'il aura réalisées.

Le baccalauréat professionnel Photographie rénové sera mis en œuvre à la rentrée 2012.

Métiers de la mode

Dans le prolongement de la rénovation de la filière habillement, deux nouveaux BTS voient le jour : le BTS « métiers de la mode - vêtement » et le BTS « métiers de la mode et du cuir, chaussure et maroquinerie ». Ces deux BTS se substituent aux BTS industries des matériaux souples option modélisme industriel et option productique. Centrés sur la conception des modèles et leur industrialisation, ils s'adaptent à tous les contextes industriels actuels, quel que soit le lieu de la production. À noter que le BTS des métiers de la mode et du cuir n'a pas d'options et couvre les deux champs « chaussure » et « maroquinerie » alors qu'auparavant seule la chaussure était concernée. Les deux BTS entreront en application à la rentrée 2012 pour une première session en 2014.

Tourisme

Création d'un BTS Tourisme unique issu de la rénovation des deux BTS « Ventes et productions touristiques » et « Animation et gestion touristiques locales ». Ce nouveau diplôme a été approuvé en 17e CPC le 5 janvier 2012.

Rénovation de la filière aviation

L'intégration des contenus de nouvelles licences européennes dans les formations de l'aviation a rendu nécessaire de rénover en profondeur cette filière.

Actuellement, un groupe de travail crée de nouveaux diplômes. L'orientation prise va vers un baccalauréat professionnel « aéronautique » avec trois options :

  • avionique
  • systèmes
  • aérostructure

Il couvrira à la fois les besoins des entreprises de construction et des entreprises de maintenance, ce qui facilitera la polyvalence et élargira les champs de compétences.

Ce nouveau diplôme remplacera à terme les baccalauréats professionnels suivants :

  • Bac pro : aéronautique option mécanicien systèmes cellules (MSC)
  • Bac pro : techniciens aérostructure
  • Bac pro : aéronautique option mécanicien systèmes avioniques (MSA)

Le baccalauréat professionnel « aviation légère » complètera ce schéma. Il portera principalement sur la maintenance.

Les certifications intermédiaires devront être redéfinies, mais à ce stade aucune option précise n'a encore été arrêtée.

La mise en œuvre de ce diplôme est prévue à la rentrée scolaire 2012.

 

Les métiers bougent

Transport fluvial, un secteur en mutation

Après avoir traversé un quart de siècle de crise, le secteur enregistre une croissance de 30 % depuis 10 ans. En effet, le transport fluvial dispose de nombreux atouts dans un contexte de politique publique des transports placée sous le signe du développement durable : peu polluant, il enregistre peu d'accidents, garantit une ponctualité des livraisons et transporte une large gamme de produits.

La batellerie se trouve aujourd'hui à un tournant démographique : près du tiers des effectifs des entreprises artisanales de transport fluvial prendront leur retraite au cours des prochaines années. Les armateurs anticipent également sur leurs besoins pour faire face au départ en retraite d'une partie des pilotes et au développement du tourisme fluvial.

La profession est désormais confrontée à une pénurie de personnel qualifié. Au delà du vivier traditionnel, le recrutement s'élargit aux gens « d'à terre », et les opportunités pour une promotion accélérée sont d'autant plus nombreuses. Ces éléments sont, pour une grande part, à l'origine de la rénovation du CAP navigation fluviale et de la création du baccalauréat « transport fluvial ». La demande de formation est liée à l'évolution du contexte professionnel qui se traduit par :

  • L'élargissement du réseau et le maillage européen (Seine Nord Europe)
  • La croissance et la modernisation du secteur (conteneurs, produits chimiques, déchets...)
  • Des évolutions réglementaires
  • Le développement des croisières touristiques fluviales en France et en Europe.

Alimentation

Un rapport présentant un diagnostic économique et social des métiers de l'alimentation à l'horizon 2020 a été publié sur le site de la confédération générale de l'alimentation en détail (CGAD)
Rapport «Contrat d’études prospectives du secteur de l'artisanat et du commerce alimentaire de proximité»

Ce rapport est le résultat d'une étude menée dans le cadre d'un contrat d'études prospectives dans les métiers de l'artisanat et du commerce alimentaire de proximité. Il fait suite à un accord cadre signé en juillet 2009 entre les partenaires sociaux de l'artisanat et du commerce alimentaire de proximité (à l'exception du secteur de l'hôtellerie restauration en raison de sa spécificité), et les ministères du travail de l'emploi et de la santé et de l'économie, des finances et de l'industrie. Les travaux, réalisés par le Cabinet Ambroise Bouteille et Associés ont été validés en comité de pilotage le 6 septembre 2011.

©MEN - Direction générale de l'enseignement scolaire
Bureau des diplômes professionnels
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