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Archives de la Lettre des CPC

L'interview de...
Armelle Gorgeu et René Mathieu

Armelle GorgeuRené MathieuArmelle Gorgeu et René Mathieu, chercheurs au Centre de recherches sociologiques et politiques de Paris (CRESPPA) mènent depuis plusieurs années des travaux de recherche qualitatifs sur les ouvriers bacheliers dans les usines d’équipement automobile ou sur la polyvalence ouvrière dans la filière automobile pour les titulaires de CAP. Ils ont également conduit, pour le compte de la DARES, une étude des conditions de travail des ouvriers dans cette même filière.

Quelle étude conduisez-vous actuellement pour le ministère de l’Éducation nationale ?

Nous avons démarré en juillet 2012 un travail de recherche afin d’étudier l’impact de la crise sur l’emploi, la qualification et les mobilités des jeunes ouvriers de la filière automobile. Il s’agit d’observer comment les jeunes, non diplômés ou diplômés de niveau V (CAP) ou IV (Bac pro), parviennent à être embauchés, sur quel emploi, avec quel statut. De plus, nous souhaitons analyser comment se reconvertissent ceux qui sortent de la filière, volontairement ou pas. Dans tous les cas, quel rôle joue le diplôme, ou son absence.

Pouvez-vous nous présenter votre méthode d’investigation ?

Nous avons pris contact, dès juillet, avec une quinzaine d’usines de la filière : constructeurs et fournisseurs. Plusieurs nous ont répondu favorablement. Nous avons déjà pu en visiter certaines, nous entretenir avec les directeurs de ressources humaines et les responsables recrutement et formation et recueillir de nombreuses données. Dans un second temps, tout en poursuivant nos visites auprès d’autres usines, nous allons rencontrer des sociétés d’intérim, car elles jouent un rôle important auprès de la filière en leur fournissant de jeunes ouvriers. Nous contacterons aussi les syndicats et, ce qui est plus difficile, des jeunes ouvriers, en activité dans la filière ou non. Pour ces derniers, l’approche est délicate car ils sont peu habitués à ce que des chercheurs les sollicitent. C’est encore plus vrai s’ils ne sont pas en activité.

Vous évoquiez des données déjà recueillies. Pouvez-vous nous en dire plus, à ce stade ?

Il faut bien entendu être prudent puisque notre travail débute. Pourtant, quelques tendances fortes semblent se dégager. Tout d’abord, si l’emploi est malmené dans ce secteur, il faut relativiser puisque certaines usines se portent bien. Les offres d’emplois d’ouvriers en CDI sont peu nombreuses, car les usines préfèrent utiliser des intérimaires ou des jeunes en contrats d’alternance (CDD) dans cette période d’incertitude. La seule usine qui embauche actuellement en CDI un nombre relativement important d’ouvriers a une activité soutenue, une visibilité sur plusieurs années. Elle est confrontée à un fort turn over du personnel ouvrier, car elle utilise massivement des intérimaires depuis 2009. Dans toutes les usines visitées, la pyramide des âges incite à anticiper des besoins futurs et donc à constituer un vivier d’intérimaires formés, qui pourront éventuellement être recrutés en CDD, voire en CDI. Nous avons pu aussi observer le rôle du diplôme pour ces ouvriers. Il semble qu'une forme de réorganisation s’opère actuellement entre le rôle joué par les diplômes de niveau V et les certifications de branche, au profit de ces dernières. Ce dernier point nous conduira sans doute aussi à questionner le lien habituel entre possession d’un diplôme et qualification. La poursuite de ce travail nous permettra d’approfondir ces premiers éléments.

Focus

Trajectoires et devenir de 5000 intérimaires

L’Observatoire des Métiers et de l’Emploi (OME) a conduit une étude quantitative et qualitative portant sur le suivi d’une cohorte d’intérimaires sur la période 2009-2011. Objectif : connaître les trajectoires professionnelles et l’évolution sur le marché de l’emploi de cette population.

Les intérimaires de la cohorte

La cohorte, représentative de l’ensemble de la population intérimaire, était composée à 70% d’hommes : un tiers âgé de moins de 24 ans, un tiers entre 25 et 34 ans, 16% entre 35 et 49 ans et 8% plus de 50 ans, soit un renversement de la pyramide des âges de la population salariée. 58% avaient un niveau de diplôme inférieur au bac, un peu moins d’un quart avait le niveau bac et près d’un sur cinq était diplômé du supérieur. 79% étaient des ouvriers. Le secteur industriel et le BTP étaient surreprésentés.

Leur expérience de l’intérim : une grande diversité selon l’âge

Pour les moins de 25 ans, le premier emploi a été majoritairement un emploi en intérim (59%) tandis que ce chiffre s’inverse pour les personnes les plus âgées de la cohorte : 67% ont débuté leur vie professionnelle par un CDI.

Les spécificités du groupe « Jeunes »

Le groupe des moins de 25 ans apparaît plus masculin (74 contre 72% en moyenne) ce qui confirme le rôle de l’intérim comme débouché des filières techniques de l’enseignement secondaire. On retrouve une part plus importante d’ouvriers non qualifiés et d’employés au détriment des ouvriers qualifiés et des cadres. La répartition par secteur d’activité montre une part plus importante de jeunes dans les services ou le commerce.

Pour une partie des jeunes, l’intérim peut constituer un tremplin vers l’emploi stable, pour les autres ces premières expériences de travail permettent de mieux choisir sa voie en explorant d’autres possibilités.

Six trajectoires

L’analyse du corpus des 110 entretiens « d’histoires de vie professionnelle » a permis de définir six catégories de parcours ou trajectoires montrant des stratégies diversifiées de recours au travail temporaire :

  • Les jeunes sortant du système scolaire (17%)
  • Les parcours heurtés (19%)
  • L’intérim pour gérer les périodes de transition professionnelle (16%)
  • Les intérimaires de carrière (24%)
  • L’intérim comme stratégie pour concilier activité rémunératrice, projets personnels et volonté d’indépendance (12%)
  • L’intérim comme voie d’intégration pour les étrangers (4%)

Leur situation sur le marché de l’emploi et leurs compétences

Les aspirations professionnelles des intérimaires en mars 2009 traduisent une situation vécue comme plutôt transitoire. 68% souhaitaient effectuer un nombre d’heures plus important et 88% de ceux qui envisageaient de changer d’emploi souhaitaient massivement obtenir un CDI. Dans le cadre de leur recherche d’emploi, les intérimaires sont prêts à faire de nombreuses concessions : travailler plus, plus de contraintes, envisager une reconversion professionnelle mais apparaissent plus exigeants au regard de la qualification du poste et de sa localisation.

Les entretiens menés dans le cadre de l’étude font apparaître de façon frappante l’importance d’un ensemble de savoir-être et d’attitudes qui participent tout autant, semble-t-il, que les compétences techniques, à la mobilité professionnelle de l’individu : adaptabilité aux conditions d’emploi propres aux missions d’intérim, capacité à comprendre le fonctionnement du monde du travail, capacité de réflexivité sur soi-même et à se projeter dans un parcours.

Consulter l'étude"Trajectoires et devenirs de 5000 intérimaires"

Au fil de l'O

Rénovation de la filière Aviation

Une nouvelle architecture de la filière aviation est en cours d’élaboration en collaboration avec les partenaires industriels de l’aviation légère et de l’aviation civile.

Cette rénovation répond aux nouvelles licences européennes dans le domaine de la navigation aérienne, qui ont une incidence directe sur les contenus des formations spécifiques à l’aviation légère. Elle prend également en compte la mise en œuvre des baccalauréats professionnels en trois ans et l’évolution des métiers.

Un baccalauréat professionnel unique « Aviation » remplacera à terme les trois baccalauréats professionnels actuels. Il comportera trois options correspondant chacune à un métier particulier.

Avionique

Secteurs des équipements, des liaisons électriques, électroniques, optiques et informatiques embarqués.

Systèmes

Responsables de la génération, la distribution et l’utilisation des différentes énergies embarquées (mécanique, électrique, hydraulique, pneumatique) assurant les différentes fonctions de l’aéronef (cellule et moteur).

Aérostructure

En charge des éléments métalliques et composites de l’aéronef constituant son ossature et son enveloppe et participant à son aérodynamique et à sa propulsion.

Parallèlement, est conduite la réécriture du baccalauréat professionnel «Aviation légère » qui doit être corrélée avec la nouvelle règlementation européenne.  Un BEP devrait compléter cette filière. Ces projets seront présentés à la sous-commission « Aviation » et à la commission professionnelle consultative « Métallurgie » en décembre 2012. Les trois CAP « Maintenance sur systèmes d’aéronefs », « Mécanicien cellules d’aéronefs » et « Électricien systèmes d’aéronefs » seront par la suite rénovés, ce qui achèvera la réécriture de cette filière.

Rénovation de la filière Hygiène et environnement

La mise en œuvre des baccalauréats professionnels en trois ans et l’obsolescence des contenus des diplômes existants ont conduit à engager la rénovation de la filière Hygiène et environnement. Depuis 2010, des rencontres avec des organisations professionnelles, des entreprises, des collectivités locales et des établissements hospitaliers ont permis de cerner les besoins et les caractéristiques des secteurs d’activité ainsi que les évolutions de l’emploi selon les différents niveaux de qualification, les fonctions exercées et les contenus du travail.

Les secteurs d’activités recouvrent la propreté-nettoyage, l’hygiène hospitalière, la propreté urbaine-nettoiement, l’assainissement, le nettoyage industriel, la collecte-tri-valorisation des déchets… Un nouveau secteur émerge : la stérilisation (Voir encadré "Les métiers bougent").

On constate des compétences communes et des compétences spécifiques. Cela conduit à la mise en place de deux baccalauréats professionnels qui seront mis en place à compter de la rentrée scolaire 2013 :

  • le baccalauréat professionnel « Gestion des pollutions et protection de l’environnement », tourné vers le secteur de l’assainissement (nettoyage de sites industriels, gestion des déchets, collecte, valorisation)
  • le baccalauréat professionnel « Hygiène propreté stérilisation », orienté vers le secteur du nettoyage hospitalier, la stérilisation.

Les premières sessions d’examen auront lieu en 2016.

Ces deux diplômes remplacent le baccalauréat professionnel « Hygiène et environnement » dont la dernière session est prévue en 2015. Les diplômes intermédiaires sont en cours d’élaboration et devraient prendre la forme de BEP intitulés respectivement « Hygiène et propreté » et « Gestion des pollutions et de l’environnement »

Un BTS « Métiers des services à l’environnement » achèvera la rénovation de la filière. Les titulaires de ce diplôme pourront exercer des fonctions managériales associées à des compétences techniques dans les domaines de la réalisation, prestation et services, contribution organisation sociétale et management.

Une présentation de ces projets sera faite lors de la prochaine CPC « Chimie bio industrie environnement ».

Filière Pierre/Gravure

Les instances professionnelles de la filière "Pierre" se sont engagées depuis 2009 avec l’Éducation nationale dans un travail de refonte complète de leurs diplômes afin de prendre en compte l'évolution des métiers. Pour le secteur de la gravure, les attentes du monde professionnel ne correspondent plus à un niveau V de formation. Les professionnels ont donc souhaité s’orienter vers un niveau IV et ont présenté un dossier d’opportunité pour la création d’un Brevet des Métiers d’Art (BMA) « Graveur sur pierre »  à la 5ème CPC « Bâtiment, travaux publics, matériaux de construction » le 4 juillet 2012. Le projet a reçu un avis favorable.

Textes réglementaires

Bac pro gestion des pollutions et protection de l'environnement

Arrêté du 17 juillet 2012 relatif au Bac pro gestion des pollutions et protection de l'environnement (JO du 9-08-2012 - BOEN du 20-09 2012)

Bac pro hygiène, propreté et stérilisation

Arrêté du 17 juillet 2012 relatif au Bac pro hygiène, propreté, et stérilisation (JO du 9-08-2012 - BOEN du 20-09-2012)

BTS Prothésiste dentaire

BTS prothésiste dentaire - Arrêté du 27 juillet 2012 - (JO du 30-08-2012 - BOEN du 20-09- 2012)

Renouvellement des CPC

Décret n° 2012-965 du 20-08-2012 relatif aux renouvellement des CPC (JO du 22-08-2012 - BOEN n° 33 du 13-09-2012)

Arrêté du 20 août 2012 relatif aux renouvellement des CPC (JO du 22-08-2012 - BOEN n° 33 du 13-09-2012)

Actualité

Renouvellement des CPC

Les 14 commissions professionnelles consultatives (CPC) et les 4 sous-commissions sont actuellement en cours de renouvellement. Cette opération a été engagée par deux textes instituant les nouvelles CPC et en définissant le fonctionnement (décret n° 2012-965 et arrêté du 20 août 2012). Fin septembre, les 144 organismes intervenant dans les nouvelles configurations des commissions ont été sollicités afin de désigner des représentants pour les 742 sièges à pourvoir. Ces désignations permettront de tenir les premières réunions plénières dès décembre 2012 afin de valider les référentiels des diplômes qui seront mis en œuvre à la rentrée 2013.

Le rapport de la concertation est paru !

Le rapport de la concertation « Refondons l’École de la République » a été présenté officiellement et remis à François Hollande, Président de la République, en présence de Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, Vincent Peillon, ministre de l’Éducation nationale et George Pau-Langevin, ministre déléguée chargée de la réussite éducative, mardi 9 octobre 2012 à la Sorbonne.

Ce rapport insiste sur la nécessité de donner un deuxième souffle à la réforme de la voie professionnelle en recherchant des améliorations, de la cohérence et du sens afin que cette voie soit véritablement choisie par les élèves et ne constitue pas une orientation par défaut. Pour cela, il préconise :

  • La création d’une seconde professionnelle de détermination, parallèlement à la seconde professionnelle spécialisée, pour permettre aux élèves de découvrir plusieurs spécialités avant de choisir
  • Le développement des formations en apprentissage au sein des lycées professionnels
  • La mise en place, dans le cadre du récent accord entre l’Etat et l’Association des régions de France (ARF) d'une carte des formations professionnelles pilotée par la région et adaptée aux enjeux économiques.
    Consulter le rapport de la concertation

Étude sur les ruptures de contrat d'apprentissage

Le rapport final de l'étude consacrée aux ruptures de contrat d’apprentissage vient de faire l’objet d’une publication dans la revue « CPC-Études » (n°2012-1).

Ce travail croise approche statistique, documentaire et entretiens avec des acteurs de l’apprentissage. Il rend compte des conséquences des ruptures de contrat d’apprentissage sur les parcours des jeunes et les pratiques de recours à l’apprentissage des entreprises. Il permet de relativiser une vision un peu simpliste de l’impact des ruptures de contrat d’apprentissage en pointant des causes positives de rupture, notamment lorsque l’apprenti   choisit de quitter l’entreprise parce qu’il souhaite s’investir dans un autre projet. Du côté des entreprises, on constate deux cas de figure. Quand l’entreprise s’est investie dans son rôle de formateur pour le jeune apprenti, l’impact est négatif lors de la rupture de contrat. En revanche, quand l’entreprise utilise l’apprentissage comme une alternative palliative à l’embauche, alors la survenue d’une rupture s’avère indifférente, l’apprenti étant vite remplacé.

« Jeunes et entreprises face aux ruptures de contrat d’apprentissage. Étude sur les effets des ruptures de contrat d’apprentissage sur les trajectoires des jeunes et sur les pratiques des entreprises ». Étude conduite en 2010-2011 par le Clerse (Université de Lille) en partenariat avec le Céreq et coordonnée par Marie-Hélène Toutin.

Médaille d'or de l'enseignement technique

Le ministère de l’Éducation nationale a décerné la médaille d'or de l'enseignement technique pour services rendus dans l'enseignement professionnel, à MM. Olivier BILLON, chef d’entreprise en carrosserie industrielle - Roland DUTERTRE, directeur commercial de CMI ENTREPRISE - Mme Anne REPIC-LEMARCHAND, codirigeante de l’entreprise LEM

Les métiers bougent

Un nouveau métier : agent de stérilisation

L'agent de stérilisation travaille dans le service de stérilisation d’un établissement de santé, sous responsabilité pharmaceutique, ou dans une entreprise prestataire de stérilisation. Il prend en charge les dispositifs médicaux* (DM) réutilisables des services de soins et des blocs opératoires. Depuis 10 ans, la tendance à la centralisation des unités de stérilisation a fait émerger un nouveau métier nécessitant des connaissances techniques variées au service de la sécurité des patients. Le processus de stérilisation débute dès la fin de l’utilisation des DM par un pré-traitement dans un produit détergent et désinfectant, puis rinçage avant transport vers la stérilisation. L’agent de stérilisation réceptionne les DM, les trie et les démonte si nécessaire, avant de les laver dans des laveurs-désinfecteurs. Après avoir vérifié la propreté et la fonctionnalité de chaque instrument, l’agent recompose les différents plateaux d’instruments pour les services de soins et les blocs opératoires, selon une liste validée. Connaissance de l’instrumentation, soin et rigueur sont les qualités nécessaires pour accomplir ces tâches. Chaque plateau est conditionné dans un système d’emballage adapté, permettant la stérilisation puis la conservation de l’état stérile. Une étiquette d’identification est apposée sur chaque unité. L’utilisation d’un logiciel informatique facilite l’enregistrement de chaque étape du traitement.

Lors de l’étape de stérilisation qui se déroule dans un autoclave à vapeur d’eau sous pression, l’agent surveille le fonctionnement, vérifie à la fin du cycle les paramètres et le bon état de chaque unité puis enregistre les contrôles avant de libérer la charge. Il prépare la livraison des DM stériles aux services de soins où ils seront stockés jusqu’à la prochaine utilisation. Le respect des circuits et des procédures à chaque étape du processus garantit la qualité finale du produit stérile.

* Dispositif médical : tout instrument ou autre matériel utilisé à des fins médicales chez l’homme et dont l’action n’est pas pharmacologique, à la différence d’un médicament.

©MEN - Direction générale de l'enseignement scolaire
Bureau des diplômes professionnels
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