Interview de Sandrine Choux- CAP Primeur

L'INTERVIEW 

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Sandrine Choux,

Déléguée générale de l'Union Nationale de la Fédération des Détaillants de fruits et légumes

 

 

Trois questions à ...

Sandrine Choux, déléguée générale de l'UNFD,
sur la création du certificat d'aptitude professionnelle « Primeur »

 


Comment l’idée de créer un certificat d’aptitude professionnelle « Primeur » a-t-elle émergé dans votre branche  professionnelle ?

Dès 1985, l’idée de créer un CAP de vendeur en fruits et légumes fut évoquée par Bernard Rapine, président du syndicat de l'Union Nationale de la Fédération des Détaillants de fruits et légumes (UNFD). Il exprima la nécessité de former les vendeurs « des quatre saisons » et de moderniser la filière. À cette époque, les vendeurs de fruits et légumes, essentiellement regroupés sur les marchés, n’avaient pas conscience de disposer d’un vrai savoir-faire, de compétences spécifiques et donc d’un « vrai » métier. Cela s’est traduit, d’ailleurs, pendant des décennies par l’impossibilité de trouver un nom définissant le métier. Ce n’est qu’en 2004 qu’un consensus a été trouvé quant au choix du nom de « Primeur ».

Dans cette recherche de reconnaissance de compétences et de qualifications spécifiques, la première édition en 2009 du concours « Un des meilleurs ouvriers de France Fruits et légumes » fut l’élément déclencheur de notre demande au ministère de l’éducation nationale (MEN). En effet, ce concours a permis à l’interprofession de valoriser la filière et de se projeter sur un CAP spécifique « Primeur » et non sur un CAP de vente généraliste tel qu'envisagé par le MEN. De plus, l'existence d’un certificat de qualification professionnelle « vendeur-conseil en fruits et légumes » apparaissait suffisante pour répondre aux besoins du secteur.

La filière a continué de se mobiliser et en 2015 nous avons réitéré notre demande de création d’un CAP qui a abouti à la présentation d’un dossier d’opportunité aux membres de la 7e commission professionnelle consultative « Alimentation » en janvier 2016. Le projet de création d’un CAP « Primeur » a été validé à l’unanimité en séance plénière.

Sur quelles études de marchés vous êtes-vous appuyée pour constituer ce dossier d’opportunité et quels ont été vos interlocuteurs ?

Le dossier d’opportunité est le reflet d’un travail collaboratif entre l’UNFD, la Grande et Moyenne Distribution et le Centre Technique Interprofessionnel des Fruits et légumes (CTIL). Il a été élaboré avec l’aide de la Direction Générale de l'Enseignement Scolaire qui a veillé, notamment, à mettre en exergue le produit « fruits et légumes » et donc le métier « Primeur » plutôt que l’aspect vente. La Confédération Générale de l’Alimentation en Détail, grâce à son expertise sur les métiers de bouche, nous a épaulés dans l’écriture du dossier.

Nous nous sommes également appuyés sur la fédération des producteurs qui disposaient des ressources de la Fédération Nationale des Syndicats d'Exploitants Agricoles notamment en matière de création d’emplois, des postes à pourvoir dans la Grande et Moyenne Surface et sur l’UNFD qui crée en moyenne 1 000 emplois nets par an.
Par ailleurs, le CTIL qui représente le baromètre de la filière nous a fourni des données économiques et statistiques en termes de créations d’emplois, parts de marché, évolution à moyen et long terme du secteur, nombre de salariés formés etc.

Quels sont les critères qui ont prévalu dans le choix des membres représentant la
profession ?

Nous avons opté pour une représentation de la filière dans sa globalité. Il était fondamental de garantir l’intégration dans le référentiel des activités professionnelles de toutes les problématiques qu’elles soient celles des grossistes, des expéditeurs, des producteurs ou encore des représentants de la distribution.
Actuellement, le groupe de travail a terminé le référentiel des activités professionnelles et poursuit son travail sur la partie certificative. Les travaux définitifs devraient être présentés en réunion plénière le 31 mai 2017.