Jeux sérieux, mondes virtuels

4. Exemples : cadre éducatif

SVT

Spore

Site du jeu
http://www.spore.com/ftl

Spore transpose la théorie de l'évolution au monde du jeu vidéo en prenant un certain nombre de libertés…
"Spore est un jeu vidéo du créateur des Sims, Will Wright. Il a été présenté lors des salons E3 2005, 2006 et 2008. Le jeu est sorti entre le 4 et le 7 septembre 2008 suivant les pays et est disponible sous Windows, Mac OS X, Nintendo DS et téléphones portables. Une version du jeu sur la Wii de Nintendo est également prévue mais sa date de publication n'est pas avancée. Ce jeu est un sim everything (premier nom du jeu), un simulateur global partant de la naissance de la vie sur une planète jusqu'à devenir le centre d'une civilisation intergalactique ayant colonisé d'autres mondes."

Wikipédia
http://fr.wikipedia.org/wiki/Spore_(jeu_vid%C3%A9o)

Spore, un jeu sérieux pour comprendre l’évolution biologique ?
Eric Sanchez
"Faut-il exploiter les jeux sérieux en classe, l’analyse de Spore, un jeu vidéo, conduit à poser la question de la pertinence de l’exploitation de tels jeux dans un cadre éducatif
Quelques jeux ont su trouver grâce auprès de certains enseignants, tel Spore, un "simulateur de vie" avec lequel le joueur contrôle le processus de l’évolution de sa créature, comme l’annonce sa pochette. On trouve ainsi des témoignages de son utilisation dans un cadre scolaire outre-Atlantique et une réflexion a été amorcée en France. [L’auteur pointe] les éléments sur lesquels repose l’idée que le jeu puisse être un vecteur d’apprentissage. [Il propose] également une brève analyse des connaissances implémentées dans Spore de manière à identifier le modèle d’évolution que le jeu invite à manipuler et donc les concepts susceptibles de faire l’objet d’un apprentissage…
Spore vient s’ajouter à une liste importante de jeux sur l’évolution, la plupart étant produits par des communautés religieuses américaines. Cette question n’est pas nouvelle. Elle relève de l’analyse des idéologies véhiculées par les médias en général et des jeux en particulier. Pourtant mettre les troupes scientifiques en ordre de défense sur la question d’un jeu vidéo qui ‘a probablement pour ambition que de distraire n’est peut-être pas la meilleure manière de parer aux attaques des tenants d’un dessein intelligent. Nous faisons l’hypothèse que le joueur a suffisamment de recul pour identifier le second degré de la situation qu’il vit et que, dans un cadre éducatif, c’est surtout la manière dont le jeu est utilisé qui importe…"

Les Dossiers de l’ingénierie éducative, n° 65, mars 2009, p. 18-21
http://www.cndp.fr/DossiersIE/65/som65.asp

Adresses des sites signalés dans l’article
- USA Today
- Anti Spore
- Sporeducation
- The Christian Post
- Discovery
- Science Guild
- Education Week
- Sciencemag
http://www.cndp.fr/DossiersIE/65/adresses65.htm

Ne pas négliger les représentations que les élèves se forgent hors du cadre scolaire…
VST a publié en octobre 2008 un très intéressant dossier : Enseigner l'évolution en France. Il y est question de Spore et des jeux vidéo.
"Il convient […] de ne pas négliger les représentations que les élèves se forgent hors du cadre scolaire. Comment ont-ils entendu parler de l'évolution ? En septembre 2008, l'accueil réservé par les médias à Spore, jeu vidéo en ligne, est un exemple de choc frontal entre la culture des jeunes joueurs et les propositions scientifiques de l'enseignement. Sans prétention scientifique – il ne s'agit pas d'un "serious game" – ce jeu "nous place dans la peau d'un dieu créant la vie à l'état monocellulaire", selon le site de l'éditeur du jeu. "Spore vous invitera à jouer à Dieu [...] : la petite cellule que vous avez créée [...] finira par devenir une véritable civilisation ». Chacune des cinq phases du jeu "correspond à un stade de l'évolution [sic] : Cellule, Créature, Tribu, Civilisation et Espace". Cette posture démiurgique permet de "maîtriser la destinée [de] l'espèce", "de décider du sort de [la] civilisation", à moins que la créature ne se retrouve "sous la domination d'une race supérieure". Tout cela est "très fun", mais risque de l'être moins pour le professeur de SVT d'aujourd'hui car, selon le concepteur du jeu, "Spore reprend grosso modo [sic] la théorie de l'évolution".
En revanche, l'enseignant est encouragé à s'intéresser aux serious games qui, s'ils ne sont pas destinés uniquement à l'enseignement, permettent d'apprendre, d'éduquer, de développer des capacités diverses, même si la tradition scolaire française renâcle à associer jeu et apprentissage et si la circonspection s'impose vis-à-vis de l'industrie du multimédia, car le jeu peut aisément devenir support d'une idéologie."

VST, dossier d'actualité n° 38, octobre 2008
http://www.inrp.fr/vst/LettreVST/38_octobre2008.htm

Non, Spore ne respecte pas la théorie de l’évolution selon Darwin...
"Si des scientifiques soutiennent Spore, ça peut par contre s’expliquer par la prise de position dans le débat contre le créationnisme (qui est une hérésie de la science, on a suffisamment de preuves et de datations rigoureuses). Aussi, même si Spore fait plus l’apologie du Lamarckisme, on ne peut pas tellement lui en vouloir.
Après tout, Darwin s’est basé sur les travaux précurseurs de Lamarck avant lui, et même maintenant, la théorie de l’évolution selon Darwin reste très difficile à saisir. Déjà croire en Lamarck c’est un bon pas. Mais le problème pour saisir Darwin, c’est surtout que l’homme a du mal à imaginer ça car il se focalise sur une période courte, et qu’il faut pas mal de générations voir des centaines ou des milliers d’années pour que l’évolution se fasse (pour l’apparition d’une mutation, puis pour qu’une pression de l’environnement la sélectionne).
Et puis de toute façon, Spore est un jeu, il ne faut pas perdre l’aspect ludique, et ça reste plus amusant de personnaliser sa créature suivant ses désirs que se les faire imposer par hasard, mais si ça pourrait donner un jeu intéressant en soi."

Blog Wefrag.com
http://blogs.wefrag.com/rgk/2008/11/25/spore-un-modele-d-evolution/