Les MOOC

Se former et former

La théorie du connectivisme

Stephen Downes et George Siemens

De nombreux MOOC sont construits selon la théorie du connectivisme. En France, le premier MOOC connectiviste est ITyPA : Internet Tout y est Pour Apprendre, qui se décline par la suite en plusieurs éditions successives http://www.itypa.mooc.fr/.
François Guité (ministre de l’éducation au Québec) interrogé par Christophe Batier (directeur technique du service tice de l’université de Lyon1), explique de façon très claire cette théorie décrite par George Siemens et Stephen Downes dès 2006  https://www.youtube.com/watch?v=mVmnB-YmhYg . Après avoir souligné qu'une théorie de l'apprentissage ne naît pas tous les jours, F. Guité décrit cette théorie comme profondément liée à notre époque, évolutive et à replacer dans un contexte de changements perpétuels. Au départ, Siemens part du constat que les théories traditionnelles s’intéressent aux processus cérébraux de l’individu, dans son apprentissage. Mais il constate également qu’aujourd’hui l’individu apprend beaucoup à l’extérieur de lui-même, dans les collectivités, les institutions, les communautés, les organismes, et avec lesquels il interagit constamment, dont il alimente la réflexion. Ce phénomène fonctionne en boucle, représente un cycle puisqu’il y a des échanges constants et dans les 2 sens, entre l’intelligence collective de l’organisme et l’individu.
Autres éléments directement induits par le numérique à prendre en compte pour comprendre la théorie du connectivisme: l’introduction de nouveaux modes d’information et des flux de données qui arrivent aussi bien massivement que rapidement. De ce fait, le rapport de l’être humain à l’information ne peut plus être le même qu’avant.
F. Guité ajoute: «qui dit information ne dit pas forcément savoir» et une partie de la théorie du connectivisme, notamment soutenue par Stephen Downes, consiste à penser que puisqu’il n’est plus possible de tout savoir, il faut alors se construire un réseau de savoirs: «le savoir étant  distribué à travers un réseau de connexions, l’apprentissage, qui est un état constant, consiste en l’habileté de construire et de naviguer les réseaux».
Le vieil adage: «la connaissance c’est le pouvoir» n’est donc plus vrai complètement. Aujourd’hui le pouvoir est dans les réseaux, le savoir est dans l’humanité. L’enjeu aujourd’hui, réside alors dans la capacité de l’homme à s’intégrer dans cette intelligence collective, dans l’humanité et dans sa capacité à construire un maillage dynamique. Et c’est désormais possible.  Toujours selon François Guité, pour Stephen Downes il revient à chaque individu de se prendre en main et de se construire son EPA (espace ou environnement personnel d'apprentissage) où il doit agréger ses contenus, trouver ses propres outils, utiliser ces outils pour construire son réseau de savoirs, vers la recherche de l’information. Il ajoute aussi, à chacun sa propre stratégie mais on sera obligé d’avoir un système en plus pour nous augmenter, c’est à dire pour récupérer/traiter/transformer l’information en savoir.
Pour l’instant on est limités aux outils et dépendants de ce que les autres produisent. Il faut développer des capacités à adapter les outils à ses propres besoins.
Dans le cas des cMOOC, Stephen Downes pense que «l’impact des cours connectivistes se mesure à l’engagement de chacun et à l’amélioration des connaissances générales de la communauté». Pour Jacques Rodet aussi le connectivisme c'est la connaissance construite par la diversité des opinions mais il se demande toutefois s'il n’est pas davantage un modèle pédagogique plutôt qu’une théorie de l’apprentissage http://jacques.rodet.free.fr/jel2013.pdf .