Les MOOC

Les MOOC, définitions et enjeux

Des enjeux multiples

Des changements en perspective

S. Kolowich dans son article «The Professors Who Make the MOOC» in The Chronicle of Higher Education http://chronicle.com/article/The-Professors-Behind-the-MOOC/137905/#id=overview, pense que les professeurs qui s'engagent dans les MOOC le font par altruisme. Bien entendu cela leur confère aussi une certaine visibilité, c'est stimulant et peut être facteur de mobilité à l'interne. En contrepartie, cela exige une motivation soutenue, une quantité phénoménale d'heures de travail et cet engagement ne suffit pas de toute façon à être une garantie ou un gage de qualité des cours pour les élèves! 

Entre changements, mutations et prises de risques, la vie du professeur du futur proche est loin de se présenter comme un long fleuve tranquille. Certes, étant plus à l’écoute des élèves, il va dégager davantage de temps pour l’accompagnement, la construction des savoirs, le suivi des projets de ses ouailles. Mais de fait, il va lui falloir apprendre à gérer ce temps autrement, en jonglant entre présentiel et virtuel. Devenir tuteur à distance pour mieux accompagner le présentiel et pour cela, développer une bonne maîtrise de l'accompagnement et de la stimulation des interactions qui lui sera indispensable pour dépasser le «silence de la connexion». Jacques Rodet, spécialiste du tutorat, invite le professeur à repenser la présence:  https://www.youtube.com/watch?v=hBPSQAPFG_c&feature=share tandis que Marcel Lebrun évoque de son côté «un effet boomerang de l'externalisation des savoirs et des communautés d'apprentissage en ligne».

L'enseignant devra également développer de nouvelles compétences. Réapprendre à donner un cours et surtout à le donner devant une caméra, ce qui n'est pas si simple. Dans une interview donnée au journal les Échos: http://m.lesechos.fr/redirect_article.php?id=0202814090211 , Henri Isaac, professeur associé à Dauphine, estime qu' «on peut considérer que l’immense majorité de nos collègues ne sont pas formés pour travailler devant une caméra». Et iI souligne: «les MOOC questionnent sur les compétences nécessaires des professeurs pour délivrer des enseignements modulaires alors qu’en France, contrairement aux États-Unis, les parcours sont pensés dans leur ensemble».

Il lui faudra acquérir des bases en gestion de projet, en pédagogie non frontale, devenir ingénieur de formation, avoir une parfaite connaissance des outils collaboratifs. Il devra aussi se poser la question de la mise en cohérence des différents types d’outils utilisés: vidéos, documents collaboratifs, réseaux sociaux etc.. Il sera amené à gérer des groupes de travail à consignes différentes, à repenser la place des élèves dans la classe. Il se trouvera confronté à un moment ou à un autre à la nécessaire correction de copies en masse. Si des outils sont actuellement développés en ce sens, ce point soulève à lui seul une série de questions: peut-on demander à des personnes non légitimes et pas forcément compétentes de corriger des copies? Le professeur, n'étant plus le seul détenteur du savoir, va donc devoir composer avec l'évaluation par les pairs: http://ateliermooceiah2013.files.wordpress.com/2013/05/bachelet.pdf
 Dans ce contexte de relative autonomie, sera-t-il possible d'arriver à responsabiliser les élèves, de leur apprendre à gérer l’infobésité à distance? Et, même question que précédemment, quelle place pour l’affectif professeur-élève dans ce dispositif?
Pour aborder ces changements et ce mode de fonctionnement dans sa globalité, l'enseignant devra savoir prendre du recul et adopter de nouvelles postures.