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Indexation de ressources

Séminaire SDTICE 2007

Interventions du 26 mars

Ouverture

Gilles FOURNIER (Ministère de l'éducation nationale / SG / STSI)

Cette rencontre s’inscrit "dans un cycle de trois séminaires de travail, dont le premier s’est déroulé en janvier sur la balado-diffusion avec 70 personnes", commence Gilles Fournier, chef du service des technologies et des systèmes d’information au ministère de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. "Après celui-ci, sera organisé par la suite un séminaire sur la promotion et la diffusion des ressources numériques pour rendre leur utilisation beaucoup plus large. La question de la propriété intellectuelle sera alors abordée".

Aujourd’hui, sept UNT (universités numériques thématiques) sont créées. Plusieurs d’entre elles sont très engagées dans les processus de recensement, d’indexation, de mise à disposition et de valorisation des ressources pédagogiques. Comment produire des ressources inter opérables faciles à mettre à jour ? Comment les rendre accessibles au travers des ENT (environnements numériques de travail) ? La SDTICE a souhaité encourager les UNT pour qu'elles  travaillent ensemble à la résolution de ces questions dans le cadre de groupes de travail transversaux dont l'animation est  confiée à une UNT. Toutes les UNT y participent et ces groupes se sont élargis aux représentants des UNR et des établissements qui ont les mêmes préoccupations. Il faut noter l'apport essentiel des services communs de documentation (SCD), partenaires actifs de ces groupes.

L'articulation UNT - UNR est indispensable, elle doit se concrétiser dans les établissements. En effet, les services offerts par les UNR dans le cadre des ENT (Espace Numérique de Travail) des établissements et les ressources thématiques valorisées par les UNT sont au cœur de la problématique du partage des ressources. Les ressources pédagogiques sont au centre des liens à tisser entre ces projets, de l’établissement jusqu’au niveau international offert par les actions de coopération des UNT. Pour cela, une déclinaison du groupe indexation, a été créée spécifiquement en début d'année afin d'avancer rapidement sur des recommandations sur l’usage des champs et balises de la norme LOMFR dans l'enseignement supérieur et sur les vocabulaires. Un autre groupe travaille sur les dispositifs et outils facilitant la production et la mutualisation des ressources par les enseignants : analyse des outils de création ; guides de bonnes pratiques ; modalités d'accompagnement des enseignants. Un troisième groupe, le plus ancien, travaille sur le dépôt des documents sur des portails d'archives ouvertes moissonnables pour les ressources pédagogiques.

Gilles Fournier souligne que le travail sur les normes et standards, sur les métadonnées, sur les outils de gestion des ressources numériques s'inscrit dans la durée. Depuis 2001, la SDTICE soutient les travaux de l'AFNOR dans le domaine des TIC pour l'éducation et la formation. En 2003, la sous-direction  avait organisé un séminaire à l'INSA de Lyon sur les normes, standards et métadonnées, dont les actes sont consultables sur éduscol (eduscol.education.fr/tech/normes/seminaire-lyon-cr.htm).

"Nous sommes tous motivés par une même préoccupation : assurer la valorisation et la pérennité des contenus numériques pédagogiques des établissements, ce qui contribue à leur visibilité internationale », poursuit Gilles Fournier. Gilles Fournier met l’accent sur la dimension indispensable de « partage » car « on produit pour soi mais aussi pour les autres". L'enjeu est également de « donner l’accès à distance et d'assurer la lisibilité de l’offre de ressources numériques au niveau international en respectant les règles du numérique : interopérabilité des systèmes, gestion des droits, utilisation d’un vocabulaire commun. Mais, souligne Gilles Fournier, la technique n’est pas tout : il faut organiser une véritable stratégie pour mettre en place une politique dans les établissements, pilotée par les équipes de direction, en associant les enseignants. Ceux-ci doivent coopérer pour renforcer la démarche traditionnelle, qui est de fournir aux étudiants des références de l’offre éditoriale et la compléter en développant des ressources numériques de qualité, bien signalées. Gilles Fournier insiste sur la nécessité d'articuler l’offre de formation avec les ressources associées, et de faire la place aux ressources pédagogiques des partenaires", par l’intermédiaire des plates-formes existantes pour relier la formation initiale, la FOAD et la formation tout au long de la vie. Il encourage les participants à "travailler à un accès facilité aux ressources inter-établissements" par un "partage des ressources avec une fédération des contrôles d’accès". Cela suppose des plans d'action coordonnés à plusieurs niveaux : UNR, UNT et au sein des établissements.

Il est important de mettre en œuvre la mutualisation de ressources de qualité grâce à la collaboration entre les différents partenaires et une action d’accompagnement des enseignants dans les processus de production, de gestion des droits, etc. Par le biais d’une stratégie globale, la mise en œuvre d’une politique d’établissement permettra d’offrir une plus grande visibilité des contrats. Gilles Fournier rappelle par ailleurs que la "feuille de route" du S3IT (Schéma stratégique des systèmes d'information et des télécommunications) comporte pour l’enseignement supérieur des éléments et des initiatives pour mettre en œuvre les politiques nationales. Il ajoute que le LOMFR est désormais une norme, dont la mise en application nécessite un travail partagé, ce qui est en cours dans les groupes de travail mis en place dans l'enseignement supérieur. Un exemplaire de cette norme LOMFR sera adressé aux universités (un exemplaire au format PDF sera adressé par mél aux directeurs de services communs de documentation) ainsi qu'à chacune des UNT et UNR. Gilles Fournier situe ce séminaire dans le cadre des actions de la SDTICE qui visent à développer des usages en incitant à l’indexation en LOMFR, à la mise en ligne des ressources via des portails OAI, à l’usage de technologies interopérables, et à la mise en commun des pratiques par des cycles de séminaires (dont celui-ci fait partie). Selon lui, ce séminaire sera l’occasion de relever les attentes et les propositions de tous les partenaires réunis. Grâce à ces éclairages, il sera ensuite possible d’élaborer des guides de bonnes pratiques et un guide de mise en œuvre du LOMFR.

Gilles Fournier termine en annonçant que ces actions seront prolongées par d’autres travaux et déclare le "projet de réitérer en 2008 le colloque international sur l'université numérique qui s'est déroulé en 2006" (www.canal-u.fr/ciuen).

Le contexte - L'exemple de la Bretagne

Carole NOCERA PICAND - Université Rennes 1

"Les ENT dans les UNR sont maintenant déployés", remarque Carole Nocera Picand, de l'université Rennes-1, qui intervient au nom de l’UNR Bretagne (http://unrb.univ-bretagne.fr) et de l’UNT UVED (Université virtuelle environnement et développement durable, www.uved.fr). Se posent maintenant les questions de l'accessibilité aux services pour "permettre que les étudiants aient accès à leur ENT dans toutes les conditions", et de l’ "accès aux onglets de l’ENT pour la téléformation". Il faut y ajouter une "volonté très forte qu’il y ait dans ces ENT des ressources". Les UNT ont aussi "une mission de valorisation des ressources existantes, elles structurent toute la couche contenus". Selon Carole Nocera-Picand, alors que les UNR sont sur pied depuis 2003 et les UNT depuis 2004, il est possible de constater le résultat de ce travail : "depuis quelques mois les partenaires sont dans une situation où les projets ont pris leur rythme de croisière. Il faut maintenant une coordination ministérielle et une action plus ciblée sur le terrain. Pour les UNT, l’enjeu est d’utiliser ce qui a été produit antérieurement. Pour les UNR, c’est de donner un accès aux ressources de façon profilée aux étudiants". Selon elle, « trop centraliser les choses n’est pas pertinent : il faut s'impliquer dans des logiques de portails et non par une entrée centralisée".

Dans le contexte des établissements, il faut rappeler l’importance de la qualité des services complémentaires et développer la notion de patrimoine de ressources pédagogiques : éviter que des ressources existantes restent indisponibles et faire en sorte qu’elles soient clairement accessibles. Il faut jouer sur "beaucoup de paramètres pour les étudiants". Il y a des étudiants "qui travaillent, ne sont pas assidus notamment pour des raisons de handicap ou de maladie, etc. et qui demandent à avoir accès aux cours en dehors des amphis. L’établissement se rend compte qu’il faut donner un maximum d'accès aux ressources pour les étudiants" et que c'est un "facteur d’attractivité". Selon Carole Nocera-Picand, "la plupart du temps les étudiants sont ignorants des ressources dont ils disposent. Il faut aussi récupérer les ressources des enseignants pour que les jeunes enseignants en profitent, dans une optique de transmissions des savoirs entre générations".

Carole Nocera Picand évoque une « double injonction : celle des réseaux des différentes UNT, qui ont une mission de valorisation et se tournent vers les établissements adhérents pour demander des ressources avec des groupes inter UNT pour l'indexation des ressources pédagogiques, et celle des UNR qui structurent l’accès, et des établissements eux-mêmes qui veulent constituer leur  propre patrimoine numérique pédagogique". L’établissement a une exigence, celle de maîtriser son patrimoine pédagogique : il doit répondre à des demandes fortes et essaie de mettre en place une politique structurée autour du recensement de ses ressources. Nous sommes à cette croisée des chemins où il faut penser une méthode et une organisation rationnelles. Il est indispensable de faire ce travail pour les UNT : cependant on ne peut pas le faire pour une ou deux thématiques seulement, mais pour l’ensemble de ce qui est fait dans l’établissement. C’est là qu’il faut faire intervenir tous les acteurs, dans le cadre d’un projet d’établissement par un travail collaboratif entre les services. Cela implique une "évolution des métiers, un positionnement un peu différent des personnels de bibliothèque qui doivent envisager une évolution de leur travail en réseaux, en tenant compte de la notion de système de gestion de l’information à construire". Les équipes des CRI (centres de ressources informatiques) doivent aussi être associées dans le travail d’implémentation des outils, d’intégration dans les ENT, de validation technique. La coordination doit être effectuée, elle peut l’être par un service de production de ressources qui va accompagner aussi les enseignants dans l’élaboration de ressources pédagogiques et de scénarios de qualité. Il est indispensable de penser l’organisation et sous quelle forme elle sera la meilleure, par exemple de groupes de travail, etc.

"Il faut donner accès à l’interface de dépôt des ressources en LOMFR sur l’ENT de l’enseignant et valider la ressource produite. La cellule ou le service de production doit être sensibilisé aux enjeux du référencement. Ces cellules interviennent dans la préconisation de l’adaptation au standard LOMFR. Il est très important que les cellules ou services qui travaillent avec les enseignants sur la production de ressources ouvertes interviennent aussi sur la valorisation des ressources existantes. Il n'est pas possible de référencer l’existant si les enseignants ne sont pas associés". Carole Nocera-Picand considère "deux obstacles : les enseignants ne voient pas l'intérêt qu'ils ont à s’engager dans un travail de référencement, or il est nécessaire qu’ils remplissent les premières lignes d’indexation (nom, auteur, etc.), car eux seuls sont compétents pour le faire. Cela suppose donc qu’on leur explique quels avantages ils tireront de ce référencement, en termes de visibilité et de reconnaissance. Le second obstacle est qu’ils croient que référencer signifie ouvrir l’accès à tous et là aussi il faut expliquer qu’ils pourront choisir le niveau d’ouverture de leur ressource."

"Un projet d’établissement est indispensable et passe par un vrai projet collaboratif entre les services responsables de la production de ressources et de l’accompagnement des enseignants (services TICE), de la documentation (SCD), des infrastructures (CRI). Cela passe par une matrice trans-services pour positionner les gens dans un pôle. Il faut se mettre d’accord sur le temps où chacun va intervenir et sur la façon de le faire, pour déterminer le workflow entre les différents acteurs". Carole Nocera-Picand parle d'une « sorte de chaîne de conception, référencement, stockage avec des personnes identifiées pour déterminer le rôle de chacun".

"Il est très important que les enseignants chercheurs ne soient pas confrontés à des procédures très différentes avec ce que vont proposer les PRES (pôles de recherche et d’enseignement supérieur). Il faut une cohérence de ce qui est demandé à l’utilisateur ciblé. Cela nécessite une impulsion politique réelle des dirigeants des établissements". Se pose aussi un "problème juridique" avec les ressources existantes, qu'il faut  « passer au crible car une ressource diffusée est attaquable juridiquement". Cela requiert des "pôles de juristes". Le « problème avec les enseignants d’universités" est qu'ils « ont du mal à comprendre que les éditeurs vérifient en ligne si la ressource ne vient pas d’un ouvrage édité chez eux ". Pour Carole Nocera-Picand, "si on veut que l’ENT soit un outil de travail de l’étudiant, il faut y mettre des contenus. C’est maintenant que ça va se jouer entre UNT et UNR sur la question du référencement et de l’indexation".

En conclusion, Carole Nocera-Picand note les chantiers à mener. Dans le domaine pédagogique, il faut penser en termes de parcours de création et d’intégration des ressources pédagogiques. En termes de stratégie, il faut pouvoir retrouver facilement les ressources avec un moteur d’indexation et pouvoir mesurer le référencement. Il faut concevoir une nouvelle manière de voir au point de vue juridique grâce à de véritables experts qui proposent des services efficaces. Et sur le plan technique il faut résoudre les problématiques du référencement et de la fédération d’identité.

Le contexte - L'exemple de l'UNR Pas-de-Calais

Marie-Estelle GORDIEN  (Université Valenciennes et Hainaut Cambrésis)
Claude VIEVILLE (Université Lille 1)
Thérèse HUET (Université Lille 1)
Céline FAURE  (Université Valenciennes et Hainaut Cambrésis)
Jean-Marie BALL (Université du Littoral)

"L'UNR Nord-Pas-de-Calais (www.unr-npdc.org) arrive dans un "contexte de  contrat quadriennal 2006-2009 signé par les six universités de la Région avec un volet inter-établissements pour des projets comme le prolongement de l’UNR, projet initié en 2003 ", indique Marie-Estelle Gordien, université Valenciennes et Hainaut Cambrésis. "Ce projet s’articule avec celui d’une politique commune de ressources mutualisées en langues. Il bénéficie du soutien de la Région, qui s’intéresse à la visibilité de l’offre de formation et des ressources disponibles pour les étudiants, qu'elles soient numériques ou pas". Il existe un pilotage UNR-CRPU (Conférence régionale des Présidents d’université) puis un pilotage au niveau des établissements, « alimentés par des politiques d’établissements". Un groupe de travail existe au niveau de l’UNR, « sur le même modèle que ceux constitués sur le C2i (Certificat informatique et Internet) ou sur les logiciels libres". Les objectifs de ce groupe de travail sont "de mobiliser des enseignants, des personnes des services multimédia et informatique et des personnes du service documentation, pour chaque établissement".

Il y a une "volonté de sensibiliser à une problématique commune et spécifique de l’indexation. Chacun a généralement sa vision de cette question. Le groupe de travail est un relais de l’importance de cette question et de l’importance de s’organiser". Marie-Estelle Gordien insiste sur la nécessité de "mutualiser les bonnes pratiques autour d’outils développés" comme ORI-OAI (Outil de référencement et d'indexation - Open archive initiative, www.ori-oai.org), et de travailler autour des workflows car certains établissements sont plus avancés que d’autres. L'idée est de travailler en commun sur une licence et de garantir l’interopérabilité des ressources. Le groupe a examiné la première version du LOMFR et défini des champs obligatoires au niveau de l’UNR. Il dispose, grâce au soutien de la Région, de moyens spécifiques, avec notamment la création d’un emploi d'ingénieur contractuel et la possibilité d'un examen juridique des licences par un cabinet de juristes. Selon Marie-Estelle Gordien, le renforcement des ressources humaines dans les établissements est une nécessité .

Claude Vieville, du CRI de l'université Lille-1, témoigne de sa "volonté de garantir la simplicité du travail"  (lorsqu’une information est saisie, qu’elle ne le soit qu’une seule fois), de garantir la qualité des informations saisies, de garantir la fiabilité des liens entre les différents systèmes (base des utilisateurs, catalogue des formation, etc.). Son université "voulait favoriser la réutilisation des informations : qu’elles puissent servir pour d’autres services qu’elle voudrait mettre en place". Cela signifie aussi "délimiter ce qu’on ne fait pas : le dépôt des notices ne délivre pas la ressource elle-même". Les opérations de stockage et de description des ressources sont séparées. Le dépôt est basé sur un système open source qui vient du MIT (Massachusetts Institute of Technology) : l’application D-Space (www.dspace.org). Le projet a démarré il y a plus de deux ans pour le catalogue des thèses, avec des notices descriptives et la mise à disposition du texte intégral.

"Au-dessus de la couche technique et de D-Space, intervient le service IRIS qui dispose de quatre interfaces pour offrir des services performants aux utilisateurs. Un moissonneur en OAI-PMH permet d’afficher les ressources sur les plates-formes de formations. La recherche s’effectue via l’ENT (Espace Numérique de Travail) et son interface conçue pour optimiser les requêtes.  Les utilisateurs ont ainsi accès aux catalogues des formations. Le service IRIS permet de faire le lien entre le portail régional, le moissonneur et le portail UNT. Les informations partent de l’enseignant, sont complétées puis validées sur le système IRIS, et sont ainsi consultables par le navigateur et par l’ENT selon le profil utilisateur. Deux types d’utilisation du service sont possibles : utilisation du moteur de recherche d’IRIS (envoi d’une requête et réponse avec liste de notices), moissonnage des notices (enregistrement OAI portant un format LOMFR). Les services sont de trois types : locaux (plates-formes de formation qui utilisent un type de moissonnage, portail d’établissement avec le service de recherche IRIS, l'interface de recherche fédérée, le catalogue des formations) ; portail régional (qui utilise le moissonneur) ; portail d’UNT (qui passe aussi par un mécanisme de moissonnage)".

Concernant le catalogue d’offres de formation et de ressources pédagogiques, un travail a commencé il y a plus de deux ans, soutenu par la SDTICE, avec une saisie des notices selon CDMFR (Course Description Metadata, norme de description des formations) et des formats de saisie de type XML. Quatre objectifs principaux ont été fixés pour décrire l’offre de formation selon des axes importants : les diplômes et les parcours, l’aspect organisation de l'université et ses composantes, les personnes et points de contacts, les unités d’enseignement et les éléments constitutifs de ces unités. Les "évolutions prévues à moyen terme" concernent l'insertion des composants ORI-OAI : "IRIS peut cohabiter pendant un moment avec ORI-OAI, pour être - pourquoi pas ? - remplacé à terme". Les deux systèmes "respectent un même standard de description, le LOM, et il est possible d'ajouter les différentes composantes ORI-OAI pour faire un dépôt institutionnel plus global à terme".

Le service multimédia de Lille-1


La présentation du SEMM (service multimédia de Lille-1, www-semm.univ-lille1.fr) est assurée par Thérèse Huet, de l'université Lille-1. Les missions du SEMM ont une "orientation marquée vers la production pédagogique multimédia soit émanant de la  sollicitation d’enseignants ou suite à des réponses à appels à projets régionaux, nationaux ou internationaux". Thérèse Huet parle de "mise en ligne sur intranet et dans les centres de ressources extranet, internet avec formation des étudiants. Dans le cadre de l’UNR, la collaboration effective avec le CRI et le SCD (service commun de documentation) s’est bien passée et a introduit une dynamique. L’UNR a permis le dialogue entre les différents services de l’université, ce qui est très positif". Au niveau de l’indexation, le SEMM a pour rôle de "gérer la partie technique de LOMFR". Il a plusieurs missions : la formation des enseignants, la production de ressources, leur mise en ligne et la gestion d’une plate-forme pédagogique via l’ENT. Il a aussi "un rôle très important avec les enseignants : discuter avec eux, les solliciter pour remplir la fiche d’indexation, les sensibiliser à l'importance du projet".

Thérèse Huet souligne un "problème à poser sur la situation juridique" qui a amené l'UNR à décider de « faire signer une fiche d’autorisation de diffusion des ressources ». Elle insiste sur les missions de l’enseignant chercheur : "il n'est pas évident de solliciter les enseignants pour qu’ils mettent des ressources numériques en ligne à disposition des étudiants et de la communauté. A l’heure où on parle de mieux définir les missions de l’enseignant chercheur, il serait temps de les préciser à ce niveau".

"Nous avons souhaité automatiser autant que possible la saisie", soutient Julien Roche, directeur du SCD de l'université Lille-1. « Nous avons par ailleurs écarté le principe d'une intervention directe de l’enseignant dans la saisie, au profit d'une grille renseignée en commun avec le SEMM pour les aspects pédagogiques. Il nous a par ailleurs paru souhaitable de faire renseigner le minimum de champs par l’enseignant. Le SEMM remplit donc les champs pédagogiques (à partir de la grille renseignée avec l'enseignant), mais aussi techniques et administratifs, le SCD s’occupant des champs bibliothéconomiques (classification par exemple) et s'assurant de la cohérence et du contrôle qualité de la notice". Le dispositif comprend donc un "double contrôle, d’abord par le SEMM, ensuite par le SCD". Julien Roche replace ensuite la problématique d’indexation dans celle, plus large, du référencement des ressources produites ou mises à disposition dans le cadre d'une politique d’établissement. Il s’agit avant tout de privilégier la cohérence, plus que la saisie technique des vocabulaires. Il recommande de "préserver un accès spécifique pour la ressource pédagogique tout en s'assurant de son référencement parmi les autres ressources documentaires de l'établissement. Cela permet de maximiser la lisibilité des ressources pédagogiques indexées".

Julien Roche indique ensuite que les ressources pédagogiques posent assurément un problème de définition et, partant, de granularité dans leur indexation, selon que l'on choisit d'indexer une ressource documentaire simple (par exemple une quelconque image) ou une ressource plus complexe conçue directement dans un but et avec un scenario pédagogiques (par exemple un cours complet). "Il n'y a pas forcément de compatibilité entre les deux types de ressources au sein d'un même catalogue de ressources". Les "freins et réticences" ne sont pas à négliger, prévient enfin Julien Roche. "Il faudra que les enseignants, mais aussi les structures d'appui tels le SEMM ou le SCD, s’investissent beaucoup". Pour éviter "une faible utilisation des ressources produites et indexées ou une mauvaise qualité des notices, une collaboration sans faille est assurément indispensable entre le SEMM et le SCD pour l’indexation des ressources pédagogiques". De cette façon, le SEMM orchestre la cohérence et le contrôle, en s’assurant que les champs pédagogiques, techniques et bibliothéconomiques soient remplis par les bonnes personnes et que l’indexation spécifique selon la nature de la ressource (LOM, TEF, Unimarc) soit correctement effectuée. Grâce au service IRIS les ressources pédagogiques ne sont pas isolées et l’on organise une bibliothèque numérique unique où l’on peut trouver les pre-prints, les thèses, etc.

Chaîne de production / indexation / diffusion


Céline Faure, de la cellule TICE de l'Université Valenciennes et Hainaut Cambrésis, parle de l'intégration de la chaîne  "production-indexation-diffusion" dans le système d’information de l’établissement et du lien étroit qu’il faut établir avec les enseignants. Elle prend appui sur la réflexion menée au sein de l’UNR Nord-Pas-de-Calais pour réfléchir à la mise en oeuvre d’une démarche d’indexation dans l’établissement. Selon Céline Faure la première étape passe par la sensibilisation des enseignants, qui doit se faire en positionnant l'ensemble de la chaîne dans la démarche de système global d’information et en mettant en perspective les différents outils pédagogiques à travers l’ENT (conseils sur l’outil à utiliser en fonction des demandes). Tout au long de cette chaîne, des actions de sensibilisation et de formation des enseignants doivent être menées. Une deuxième phase concerne la conception et la production de ressources pour la cellule TICE (intégrée au service informatique). Son équipe utilise la chaîne de production Scenari (http://scenari-platform.org) pour la création de nouvelles ressources mais il s'agit également de valoriser des ressource existantes en effectuant un repérage de celles-ci. Un travail a commencé avec les instituts demandeurs pour identifier les ressources et réintégrer ces dernières au système d'information, en lien avec les enseignants auteurs.

Le troisième axe décrit par Céline Faure touche à l'indexation des ressources. Son université dispose d’une plate-forme de formation utilisée par les enseignants pour gérer leurs cours en ligne (Moodle). La collaboration entre la cellule TICE et le SCD a été initiée à travers la structuration des cours proposée sur cette plate-forme. Cependant, les ressources en ligne ne sont pas indexées ni partagées. La question concerne aussi le stockage multiple de ressources et l'indexation en interne. Céline Faure parle de la nécessité de mettre en place un réel workflow pour indexer de façon unique une ressource proposée dans plusieurs contextes, grâce à ORI-OAI. Celui-ci sera complètement intégré au système d’information de l'établissement, ce qui est un élément indispensable. Les enseignants étant des acteurs à part entière de cette indexation, un important travail d'explication de l'indexation et de ses avantages est à mener.

Le quatrième point abordé par Céline Faure concerne la diffusion des ressources. Il s'agit de convaincre les enseignants de diffuser leurs ressources tout en garantissant les droits d'utilisation. Certains instituts de l'UVHC se sont engagés dans une démarche de mise en ligne des polycopiés de cours, ce qui constitue une première étape de sensibilisation des enseignants. Le catalogue de formation permet aussi de convaincre les enseignants en donnant la possibilité, pour chaque formation du catalogue, de mettre à disposition des futurs étudiants des ressources significatives. Les outils d'indexation et de diffusion de ressources enrichiront l’offre de services proposés par l’ENT en s’intégrant au système d’information tout en permettant d’accroître la collaboration entre les équipes.

Pour Jean-Marie Ball, enseignant de l'université du Littoral, l'indexation renvoie à la question du « développement de la pédagogie en réseau » : d’un point de vue historique, travailler ensemble constitue une nouveauté. Selon lui, "il y a déjà eu des production spontanées qui se sont faites autour de la vidéo-conférence, ce qui permettait de distribuer un cours sur différents lieux comme c'est le cas pour l’université du Littoral". Les universités se retrouvent avec "un stock passablement informel de ressources pédagogiques", que ce soient des videos, des cours, des documents de référence, des document de soutien ou des conférences. Jean-Marie Ball signale l’existence d’un "autre cadre de productions spontanées : le campus numérique avec le principe de groupe-classe et la réalisation de documents. Certaines initiatives existent et ne sont pas connues. Certaines productions ont lieu dans le cadre du mastère FLE ingénierie de la formation. Les étudiants ont à produire des ressources destinées à être utilisées soit au cours des stages qu’ils ont dans l’année, soit avec des partenaires distants comme l’université de Gène. Ces étudiants sont de futurs enseignants".

Le premier problème porte sur les licences : son établissement a rédigé en 2004 un modèle « inspiré des modèles libres, voté par le conseil d’administration de l’université ». Maintenant il y a la licence CeCILL (CEA, CNRS, INRIA, logiciel libre, www.cecill.info) qui remplit ce domaine. La décision avait été prise par rapport à un contexte de l’époque. Cette licence comprend une clause pour s’intégrer à une méta-licence, par exemple pour les UNR. Jean-Marie Ball rappelle qu’il y a eu la constitution d’un groupe local de travail sur l’indexation en 2006 sur l’étude du LOMFR avec des enseignants, des membres de l'UNR et du SCD. Ce groupe s'est "retrouvé en adéquation parfaite avec ce qui est impulsé au niveau de l’UNR. Il permettrait d’avoir les solutions techniques apportées par l’UNR et de déployer rapidement un serveur ORI-OAI dans les mois qui viennent".

 Questions

"Quel est le positionnement international de la norme LOMFR ? ", demande un participant. Le standard international est le LOM (Learning Object Metadata), répond Dorothée Danielewski, chef de projet « normes et standards » à la SDTICE du ministère de l'Education nationale. "La proposition de faire de ce standard une norme a été refusée par un certain nombre de pays, en raison notamment de la vision pédagogique sous-jacente. LOMFR est une norme française, éditée par l’AFNOR (Association Française de Normalisation) et consiste en un profil d’application français du standard LOM, comme il en existe d'autres, dans d'autres pays (Canada, Grande-Bretagne, etc.). Il n'y a pas de volonté d’avoir une norme européenne mais une volonté de rendre compatibles les divers profils nationaux ".

"Le champ d’application permet une interopérabilité au niveau international », ajoute Marie-Estelle Gordien. Selon Julien Roche, il n'y a « aucun risque à travailler en LOMFR car il n’y a pas de norme prévue au niveau international qui viendrait concurrencer le LOM".

"Quels sont les moyens humains supplémentaires mis en oeuvre pour le projet ?", interroge un participant. Julien Roche répond qu' "il y avait déjà des moyens fléchés autour de ce projet" et que son université a  "la chance d’avoir un service multimédia comme le SEMM". Le SEMM "s’occupe des formulaires et la charge de travail est répartie entre les différents acteurs. Le repérage des ressources à indexer est par contre le point délicat" car les équipes "ont du mal à recenser tout ce qui existe". Au final, il existe "trop d’éléments d’incertitude pour estimer le surcroît de travail, mais il est clair qu'il est important". Julien Roche insiste : « si on ne met pas les moyens nécessaires, on n’obtiendra aucun résultat. Au-delà des déclarations d'intention, il faudra que les établissements qui souhaitent réellement valoriser leurs ressources pédagogiques fassent un effort conséquent sur les moyens humains attachés à ce type de projets". Mireille Chazal, de l'université du Littoral Cote d'Opale ajoute qu'un conservateur a été affecté à cette mission et qu'une création de poste de bibliothécaire adjoint spécialisé a été obtenue.

Annie Coisy, de l'université Bretagne-Sud, parle de "logiques et d’objectifs antagonistes" avec, d’un côté une logique patrimoniale (l' "idée d’exhaustivité de l’université vis-à-vis de son patrimoine"), ce qui est une « vision vertigineuse », et  de l’autre côté, la  "nécessité d’une attractivité, avec des cours qui servent de vitrine". Comment concilier ces deux optiques ? Pour Julien Roche, il faut "adopter une démarche pragmatique : d’abord travailler avec les enseignants volontaires sans nier  l'existence de freins importants. Il faut d’abord rassembler ce qui existe même si la qualité n’est pas au rendez-vous. Une fois la démarche initiée et les principales craintes levées, on peut faire le pari qu'une part significative des enseignants de l'établissement s'associeront à la démarche".
Un représentant de l'INRP (Institut national de recherche pédagogique) insiste sur la question des mots-clés: il est « possible de mettre en première partie de LOMFR une indexation avec des mots libres, et ensuite d’appliquer des classifications dans une deuxième partie. L’utilité est de répondre autant aux besoins des utilisateurs qu’à ceux des professionnels de la documentation par un usage adapté des mots-clés.  Le problème soulevé est que, bien souvent, les thésaurus proposés sont mal adaptés aux usages réels, ce qui engendre un effort de mutualisation plus important. Selon Stéphanie Delmotte, chargée de mission "indexation" (projets UNR et UNT) à la SDTICE du ministère de l'Education nationale, on peut doubler une saisie de mots-clés libres avec l’utilisation judicieuse de la catégorie 9 du LOMFR". Il est possible de cette manière de faire usage de classifications établies (Dewey, etc.), de thésaurus (RAMEAU par exemple) ou de vocabulaires contrôlés et élaborés pour des besoins locaux. Ce système est  « assez bien fait car le LOMFR permet une grande souplesse".

Un exemple international

Stéphane CROZAT (Université technologique de Compiègne)
Gilbert PAQUETTE (Réseau de recherche LORNET - Montréal)
Suzanne LAPOINTE (Télé Université de l'UQAM - Montréal)

En visioconférence depuis Montréal, assisté à Paris par Stéphane Crozat, de l’UTC (université de technologie de Compiègne), intervient Gilbert Paquette (www.licef.teluq.uquebec.ca/gp), du réseau de recherche Lornet (www.lornet.org), ancien ministre de la science et de la technologie du Québec et fondateur du centre de recherche de la Téluq (www.teluq.uquebec.ca). "Tout a commencé en 2002 avec un premier projet québécois, la banque de ressources pédagogiques BARPETI, puis une jonction avec cinq ou six autres projets au Canada. Le réseau canadien de banques d'objets d'apprentissage Edusource (www.edusource.ca) s'est constitué avec des standards, des outils, des méthodes, des accès, une évaluation, des tests de qualité". Actuellement, Gilbert Paquette dirige le réseau de recherche Lornet, "le plus large du Canada, projet prévu sur 5 ans et qui se termine l’an prochain".

La Téluq a fusionné avec un autre campus pour créer "une grande université bi-modale avec l'Université du Québec à Montréal, Teluq-UQAM (www.teluq.uqam.ca), afin d'échanger les matériels pédagogiques développés pour la classe ou l’enseignement à distance". Ce "transfert d’expertise et de matériel pédagogique" implique 10 universités et établissements d’enseignement supérieur et chacun établit une base. La CREPUQ (Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec) participe à différents projets, notamment de banques d’outils et de composants :  "chaque université a sa plate-forme et est en train de repérer les outils utilisés partout au Québec et ailleurs dans le monde. L’an dernier, une banque de scénarios pédagogiques IDLD a été montée avec un site dédié. Ils travaillent aussi avec des communautés francophones ailleurs qu’au Québec, avec un projet "FrancoCommunautés" virtuelles et le projet de consortium national GLOBE (http://globe.edna.edu.au/globe/go/lang/fr/pid/2)".

Pour Gilbert Paquette, les banques de REA (ressources d’enseignement et d'apprentissage) offrent "un certain nombre d’avantages théoriques par rapport à des recherches faites sur Internet avec un moteur comme Google : elles sont dédiées à l’enseignement et à l’apprentissage, construites pour cela alors que sur Internet on trouve de tout, notamment des informations qui ne sont pas fiables". Les ressources sont aussi  "répertoriées de façon standard" et "ces banques sont axées sur une certaine qualité : la réputation des auteurs est en jeu et la qualité a été évaluée". La question de la propriété intellectuelle est prise en compte avec le "respect des droits tout en promouvant souvent le libre accès. Ces objets doivent en principe pouvoir être adaptés et réutilisés dans d’autres contextes". Gilbert Paquette parle du "grand défi d'intégrer les banques de ressources dans les pratiques pédagogiques. Tant qu’il n’y aura pas de la masse critique, les gens continueront avec Google". Il souligne le "défi culturel qui consiste àintégrer de nouvelles pratiques sur des valeurs de partage et de réutilisation". Il est nécessaire pour cela d’améliorer la recherche, ce qui nécessite une certaine quantité - une masse critique-, un processus qualité clairement identifié, une accessibilité définie selon les règles de la propriété intellectuelle et de nouvelles pratiques de partage.

 "Comment atteindre une masse critique ?", interroge Gilbert Paquette. "Partout dans le monde existent des banques de ressources pédagogiques diffusées par des serveurs, reliées par des réseaux, par Internet. Les diffuseurs ne sont pas forcément pédagogiques, il suffit qu’ils soient connectés à Internet". Le projet GLOBE, par exemple, réunit "des projets anciens comme ARIADNE (www.ariadne-eu.org) mais aussi des nouveaux comme un consortium d’Amérique latine qui est en train de s’y relier. GLOBE compte ainsi cinq partenaires et ça commence à être facile de trouver des ressources en anglais, mais plus difficilement en français". Gilbert Paquette évoque l'outil francophone "Paloma web" (http://helios.licef.teluq.uquebec.ca:8080/PalomaWebCREPUQ), qui "répertorie les banques de GLOBE et permet d’atteindre d’autres banques de projets dans le monde. Cet outil vise une intégration multistandards : LOM, SCORM, Dublin Core, Normetic, IMS-DRI, OAI-PMH, PLQL, etc. en privilégiant l’interopérabilité".

"Ce qui permet de communiquer avec les autres banques d’objets, c’est la suite d’outils en logiciels libres de Paloma : navigation multi-banques et multi-répertoires, gestion simple de comptes multiples (un seul mot de passe), droits d’accès par répertoire, par groupe, par individu, etc., pour avoir un caractère plus ou moins privé aux banques ou aux objets d’apprentissage, entièrement accessible via le web, engins de recherche multiples, API de communication, intégration possible avec différentes plates-formes". Le projet "vise actuellement à court terme, pour le réseau de banques francophones, environ 24 000 objets francophones d’apprentissage". L'idée est aussi "une réintégration des référentiels Edusource (anglophones), une collaboration avec le CMEC (conseil des ministres de l’Education du Canada) et une collaboration avec d’autres pays francophones".

"Quels sont les éléments financiers sur les investissements ? », demande Gilles Bertin, de l'UNR Rhône-Alpes. Pour Gilbert Paquette, il n'est "pas facile de répondre" car la Téluq est une "université entièrement à distance avec un certain nombre de services (édition, informatique et télécoms, etc.)". Il parle de "réorientation des tâches" et se dit "confiant de pouvoir intégrer tous les coûts additionnels en efficacité, sur le temps à mettre pour concevoir un cours. Aujourd’hui, ce processus est beaucoup trop long. L’objet d’apprentissage devient un gage d’efficacité et de réduction des coûts. Par exemple, l’équipe de la bibliothèque virtuelle met le minimum de fardeau sur les professeurs : si la ressource est destinée à l’international, l’équipe travaille au référencement complet. Cela représente quelques centaines de milliers de dollars, mais après un rythme de croisière, ils pensent fonctionner sur le même budget de départ. Le dispositif technique a nécessité des développements importants et maintenant beaucoup d’outils qui ont été développés sont disponibles. L'investissement était de 2 millions de dollars canadiens environ".

Stéphanie Delmotte demande des "précisions sur l’utilisation faite des métadonnées : indexation minimum ou laissée libre ? chacun fait à sa manière ou une indexation minimum ou pointue est imposée selon les cas " ? La Téluq "utilise du LOM, selon le profil d’application Normetic, développé par les universités du Québec, répond Gilbert Paquette. Il est possible de s’interconnecter avec d’autres profils et il existe un traducteur XML à XML pour faire une recherche avec un système Dublin Core".

Gilbert Paquette reprend son exposé sur les "aspects qualité " du projet. « Avant l’inclusion, un effort doit être mis sur l’animation du milieu et des enseignants avec des stratégies pour encourager les pratiques de réutilisation. Quelles ressources intégrer ? Comment soutenir la qualité ? Qu'en est-il de la propriété intellectuelle, etc.? Il faut pouvoir répondre à toutes ces questions. "Les équipes ont établi un certain nombre de critères de qualité. Pour faire un objet accessible seulement à l’enseignant et à ses étudiants, un système permet de gérer les droits d’accès". Les travaux portent sur la qualité du contenu, le respect des buts, l'adaptabilité tant au point de vue technique que pédagogique, la motivation des enseignants, le design visuel, l'utilisabilité-accessibilité, la réutilisabilité (indépendance technologique par exemple), la conformité aux standards.

"Durant l’inclusion", l'indexation renvoie à la « qualité d’ensemble, la qualité des métadonnées, l'encouragement des auteurs, l'expertise multi-acteurs. Il s'agit de favoriser une simplification, de réduire le travail manuel avec l'indexation semi-automatique pour simplifier la démarche des intervenants sur la description, selon les prescriptions du profil Normetic". La démarche de production selon les creative commons est favorisée ».

Après l’inclusion, il faut planifier l’accès et la maintenance  pour prévoir une durée de vie à partir de laquelle la ressource sera réévaluée. « Dans ce but, il faut prévoir une fiche d’évaluation ou de commentaires par les pairs, une évaluation par des usagers, une évaluation plus systématique par un comité d’experts avec rétroaction aux auteurs, une publication des ressources innovatrices et de haute qualité et de leurs auteurs : les meilleures ressources reçoivent des prix, sont médiatisées. Il faut faire de la publicité pour ce qui est innovant, pour le valoriser. Un exemple de mise en œuvre de cette démarche est visible sur le site MERLOT (Multimedia Educational Resource for Learning and Online Teaching, http://www.merlot.org/merlot/index.htm) où apparaissent des conférences, des prix pour les meilleures réalisations. Les productions pédagogiques sont ainsi valorisées au même titre que la production scientifique. Les modes de recherche doivent être bien organisés et diversifiées avec des recherches simples, booléennes, etc. Il faut intégrer également les accès aux référentiels dans les plates-formes et les portails. L’utilisation de classifications et d’ontologies de domaines doit être favorisée, en complément de saisies en texte libre".

La question du « respect de la propriété intellectuelle » implique une « restriction de l’utilisation : obligation de citer l’auteur, pas d’exploitation commerciale, etc., par un système de creative commons par exemple". Le contrôle de l’utilisation de la ressource doit être pris en compte pour protéger la diffusion à usage privé, ce qui est une "raison de prendre les  creative commons, pour son système de libre accès protégé avec trois niveaux (groupes cours, institution ou groupe institutions, international). La diffusion est favorisée à un degré choisi par les détenteurs des droits. Cela facilite beaucoup la promotion auprès des enseignants. Les licences creative commons peuvent être adaptées selon le niveau d’accès voulu à donner".

Pour "intégrer l’approche REA aux pratiques pédagogiques nouvelles", Gilbert Paquette insiste sur la « nécessité de réutilisation et d'assemblage des scénarios, des outils, des documents. Les usages sont différents des premières utilisations du web où tout était axé sur le média". Il distingue « les objets de contenus des activités et scénarios d’apprentissage » et met l’accent sur la communication et les activités plutôt que sur les documents et les médias eux-mêmes. La réflexion pédagogique doit primer sur l’emploi des technologies. On trouve de plus en plus d’objets qui font l’affaire. Cela force à mener une réflexion pédagogique. Réutiliser des modèles de scénarios peut apporter plus que la réutilisation des contenus, car ils contiennent des structures pédagogiques qui se sont parfois révélées efficaces. Il y a une synergie entre les universités en présence, les universités à distance et les universités bimodales. De nouvelles pratiques de l’ingénierie se mettent en place, basées sur des modèles de connaissance étudiés avec soin pour produire des scenarios appropriés.

"Si un objet ne fait pas l’affaire on peut le changer, toutes les formes d’adaptations sont possibles". Gilbert Paquette parle d’un "changement de culture : les obstacles sont les pratiques individualistes de fermeture. Il faut développer le partage des contenus, des outils, des méthodes et des scénarios. Cela nécessite d’intégrer des initiatives pour valoriser les auteurs et la publication de leurs résultats de recherche".

"Un tel dispositif est-il possible dans une université en présentiel ? », demande un participant. « C'est beaucoup plus dur car la tradition d'enseignement, très forte en France, est basée sur la relation entre un enseignant et ses étudiants sans beaucoup de travail en équipe, répond Gilbert Paquette. Les TIC changent les choses".

"Avez-vous un ensemble de modèles de connaissance et quel usage en faîtes-vous dans la pratique pédagogique ?", demande Stéphanie Delmotte. Gilbert Paquette indique avoir "travaillé particulièrement sur ce sujet dès 1992 et propose de se reporter à sa bibliographie. C'est un élément essentiel pour la télé-université : tout enseignement est basé sur les modèles de connaissances et sur les scénarios pédagogiques, qui sont distincts".

Suzanne Lapointe, de la télé-université, l'université à distance de l’UQAM (Université du Québec à Montréal, www.teluq.uqam.ca) et en charge de la gestion de banques de ressources Paloma-Suite, présente le projet REA.UQ, banque fédérée de ressources pédagogiques regroupant 10 universités. Le financement est assuré par le fonds de développement académique du réseau de l’université du Québec, soit 110 560 € sur deux ans. L'objectif principal est de "fournir les outils (par nature technologiques et éditoriaux) nécessaires à l’implantation des banques de ressources pédagogiques, de développer les compétences chez les porteurs du dossier dans chaque établissement". La méthodologie adoptée consiste à "accompagner chaque université dans son processus d’implantation, développer des outils d’accompagnement au fur et à mesure que des problèmes sont rencontrés (propriété intellectuelle, qualité, choix éditoriaux, etc.)".

Le projet vise à "avoir au moins une banque installée dans chaque université. Tout est décentralisé pour que chacune des facultés garde le contrôle, soit par département, soit par spécialisation. Cela suppose une panoplie de banques car chaque groupe veut garder le contrôle sur les objets. Ensuite la fédération s’effectue des banques vers le système Paloma-Suite. Il est à noter que ce système est disponible sur SourceForce sous licence LGPL. Une politique éditoriale est en place pour chaque banque, selon les approches qualité de chacun".

La politique de propriété intellectuelle est conçue pour chaque banque: "si c’est une banque institutionnelle par exemple, il faut que les ressources soient libres de droit". Suzanne Lapointe souligne que le projet « tente de favoriser la création de banques spécialisées et favorise aussi des objets de granularité fine de  plutôt que des cours complets". Concernant le processus qualité, un "guide pour les gestionnaires qui doivent implanter des banques de ressources avec chacune des décisions potentiellement prises" vient d'être publié sur Normetic (www.normetic.org). Suzanne Lapointe évoque aussi les "critères pédagogiques, médiatiques, techniques (soit open source, soit plus larges ) et d’interopérabilité ".

"Au niveau du référencement, est proposée une fiche simplifiée conforme au profil d’application Normetic. Il s'agit d'un processus long, validé auprès de plusieurs enseignants mais qui permet maintenant à chacun de s’y retrouver avec un vocabulaire simple qui leur appartient". Sur les considérations technologiques, Suzanne Lapointe note qu'il est "important d’avoir une gestion décentralisée des banques, de les fédérer et de les lier aux banques internationales. Une spécificité de Paloma-Suite consiste dans l’organisation des ressources par répertoire, ce qui permet d’attacher les droits par répertoire, qui est  plus simple à gérer. L'équipe est en train de développer les connecteurs Desire2learn, ConceptA, WebCT, SPIP, Moodle… La gestion décentralisée est le seul moyen qui a pu être mis en oeuvre pour faire participer au projet".

Suzanne Lapointe souligne "ce qui a été appris : impliquer les bibliothécaires fait baisser les coûts (2,56 euros par fiche) car les coûts peuvent devenir très importants avec  plusieurs milliers de fiches. Il y a deux types d’outils de saisie, l’un pour les enseignants, l’autre pour les bibliothécaires. L’organisation se base sur la liaison entre une banque et un groupe d’usagers particuliers auxquels on donne un accès réservé. Les banques spécialisées sont plus faciles à implanter car il est plus simple de trouver preneur : en éducation, par exemple toutes les commissions scolaires vont utiliser une banque et sont ainsi intéressées avant même l’intégration dans le processus".

Isabelle Le Bescond, de l'université de Lille-1, demande "combien il y a de champs obligatoires dans la fiche simplifiée". Suzanne Lapointe répond que 26 sont obligatoires et 10 sont optionnels, un nombre important "car avant, plusieurs champs très intéressants n’étaient pas validés". La classification Dewey est préconisée pour tous car elle permet une recherche par thèmes mais on peut aussi utiliser un thesaurus local ou un référentiel de compétence particulier si on le désire. Pour encourager les échanges entre les personnels de documentation, les enseignants, les personnels administratifs, elle conseille une "approche top-down avec des intermédiaires présidents et vice-présidents d’universités pour recruter des enseignants, des directeurs de bibliothèques, financés avec les vice-recteurs académiques. Les enseignants ne vont pas référencer 4 à 5 000 objets, les documentalistes le font. Les coûts ne sont pas alors interminables ".

Stratégie d'établissement et inter-établissements

Marc CROUZET (Université Victor Segalen Bordeaux 2)
Anne BOYER (Université Nancy 2)
Christophe PERALES (Université Versailles Saint-Quentin en Yvelines)
Romuald LORTHIOIR (Université Rennes 1)

Introduction

Sur le plan national, "la stratégie d’établissement est plurielle dans la mesure où il y a plusieurs établissements universitaires, même peut-être un peu trop (84 universités, en fait plus de 200 établissements d’enseignement supérieur), ce qui correspond à une richesse mais aussi à une hétérogénéité", commence Marc Crouzet, de l'université Victor Segalen Bordeaux-2. Néanmoins la stratégie d’établissement est importante si ce n’est essentielle dans cette période de mutation et de compétition internationale exacerbée.

L’établissement d’enseignement supérieur est lui-même hétérogène et divers dans ses fondements : des publics estudiantins différents, des cultures différentes, des façons de penser différentes dans le domaine technique, des préoccupations différentes et une hétérogéité dans les personnels administratifs, un ensemble qui forme la communauté universitaire. Cette diversité entraînera de fait une difficulté supplémentaire à développer une stratégie au sein de la communauté, d’autant plus évidente que l’action est simple mais que les opérations sont complexes à mener, surtout dans le domaine de l’indexation, et pas forcément comprises de la majorité.

Globalement, il y a les stratégies d’établissements et les services opérés au quotidien qui mettent en place les stratégies décidées par l’équipe de direction. Mais les choses ne sont pas aussi simples. Si on fait appel à une opération qui quelque part change nos habitudes, qui est difficile à mettre en oeuvre, qui fait intervenir plusieurs services universitaires, c’est là où la stratégie de l’établissement et son engagement seront capitaux. Dans une stratégie d’établissement, la sensibilisation du président et de son équipe sera un facteur déterminant à la mise en place de l’action. Si c’est la mise en place du LMD, le président n’a pas le choix, c’est donc une priorité de l’établissement. Si c’est l’indexation des ressources pédagogiques, la notion de priorité est moins évidente, et encore moins si le président et son équipe sont moins concernés par une telle problématique. Cette sensibilisation peut être effectuée soit en externe lors de colloques ou autres, soit en interne via les services de l’établissement en faisant remonter des notes pour signifier l’intérêt d’une telle action. Une vraie dynamique d’échanges entre les services et l’équipe de direction se révèle alors un facteur favorisant pour lancer une nouvelle opération.

Au-delà de la connaissance de la problématique et de la volonté politique de la direction, Marc Crouzet souligne l’existence d’une difficulté : celle de mener une action telle que l’indexation des ressources pédagogiques. Plusieurs acteurs interviennent, avec leurs visions spécifiques, et il est parfois difficile de les faire travailler ensemble. Il faut agir sur différents leviers avec des actions de communication au sein de l’établissement ou de l’inter-établissement. Dans notre cas, il faudra réunir plusieurs acteurs : département TICE, CRI, SCD. Mais la matière première vient de l’enseignant, il permet de contribuer à la ressource pédagogique. Alors la politique d’établissement doit inciter voire forcer les enseignants à se rapprocher de la structure opérationnelle et à participer au développement de l’action. Pour Marc Crouzet, "l’indexation est un challenge important pour l’avenir. Elle s’intègre dans le cadre des diverses formes de formation : initiale, continue, tout au long de la vie. Dans 10 ou 20 ans que seront les universités ? Elles sont actuellement soumises à une compétition internationale qui entraîne pour les scientifiques la nécessité d’avancer. On peut penser que l’indexation des ressources pédagogiques pour la politique inter établissements a tout son sens ; ainsi les PRES (Pôle de Recherche et d'Enseignement Supérieur) devraient être le lieu pour développer cette action".

L'indexation est nécessaire aux politiques d'établissement

Anne Boyer, de l'université Nancy-2, témoigne qu'en 1998 son établissement a doté automatiquement tous les étudiants d’une adresse Internet personnelle et d'un compte sur les serveurs pédagogiques. Il a "incité les enseignants à produire des ressources numériques. Pour éviter que ces ressources ne soient mises en ligne sur des pages web personnelles qui ne permettent pas d’avoir une bonne vision des ressources et de leurs usages, ni la possibilité de bien les diffuser, l'université a mis en oeuvre un Intranet pédagogique avec des catégories selon les disciplines". Des enseignants déposaient leurs ressources avec des titres qui ne voulaient pas dire grand’ chose, ce qui rendait difficile de retrouver ce qui était pertinent. Avec le passage au LMD et le lancement de l’ENT en avril 2004 à tous les étudiants, , il a été possible de repenser l’organisation des ressources : l’organisation thématique a été conservée et l’ENT a permis un ciblage en fonction des formations des étudiants. Ceux-ci se connectent et disposent d’une rubrique avec les cours qu'ils suivent, ceux pour poursuivre au-delà de la formation et l’ensemble des cours de l'université disponibles en accès public. L’organisation thématique, à quoi s’ajoutent des éléments pédagogiques en fonction du profil de formation de l’étudiant, dans le cadre du projet BALI, permet à l’étudiant un accès facilité aux ressources qui le concernent.

Le bilan fait apparaître une production en flèche avec une "quantité de ressources énorme puisqu’au bout de 5 à 6 mois, 500 ressources ont été mises en ligne par des enseignants pour leurs étudiants". Les documents sont "de natures très différentes (quant au format, aux contenus, à la qualité de la production qui peut être une réponse instantanée aux étudiants, une production spontanée, un contenu organisé au travers des UNT, etc.). Globalement, les ressources sont produites pour des usages confidentiels : l’enseignant le fait pour ses étudiants et ne pense pas au-delà. En conséquence, les étudiants ont du mal à repérer les ressources pertinentes car les critères de sélection ne sont pas homogènes. Il y a un besoin de pérenniser les ressources, les partager et les réutiliser par d’autres. L'objectif est d'être capable de fournir rapidement et facilement à chaque étudiant les ressources pertinentes, d'améliorer la diffusion pour ne pas rester à un usage confiné à un cours, de cibler le bon public étudiant pour les ressources. Il s'agit aussi de fournir à l’enseignant les moyens de s’approprier les ressources en place pour les mettre en scène et pour garantir le partage, de permettre en externe une mutualisation avec d’autres universités nancéennes".

"Il fallait une indexation des ressources pédagogiques, c’est un moyen indispensable. Cela signifiait établir précisément d’abord les pré-requis à l’indexation des ressources pédagogiques : définir les critères, établir un workflow, avoir des référentiels communs pour partager. Il reste aujourd'hui des questions à poser : faut-il tout indexer et notamment les ressources purement contextuelles par rapport un événement, ponctuel ? Si des ressources sont destinées à être partagées, alors il faut une indexation de grande qualité. Faut-il une procédure de certification de nos ressources avec des niveaux différents (à quelques étudiants, à disposition de tout le monde, etc.) ? La politique doit être soutenue par les instances dirigeantes. C'est une nécessité de travailler ensemble, il faut toujours penser aux enseignants et aux étudiants qui doivent être accompagnés et encouragés. Fin 2006 commence un projet de restructuration des TICE avec la création d’un service METICE, guichet unique qui sert de relais avec le SCD, le CRI, etc. et s’inscrit dans une politique inter-établissements pour un guichet commun.

Mutualiser entre établissements


Anne Boyer, de l'université Nancy-2, témoigne qu'en 1998 son établissement a doté automatiquement tous les étudiants d’une adresse Internet personnelle et d'un compte sur les serveurs pédagogiques. Il a « incité les enseignants à produire des ressources numériques. Pour éviter que ces ressources ne soient mises en ligne sur des pages web personnelles qui ne permettent pas d’avoir une bonne vision des ressources et de leurs usages, ni la possibilité de bien les diffuser, l'université a mis en oeuvre un Intranet pédagogique avec des catégories selon les disciplines ». Des enseignants déposaient leurs ressources avec des titres qui ne voulaient pas dire grand’ chose, ce qui rendait difficile de retrouver ce qui était pertinent. Avec le passage au LMD et le lancement de l’ENT en avril 2004 à tous les étudiants, , il a été possible de repenser l’organisation des ressources : l’organisation thématique a été conservée et l’ENT a permis un ciblage en fonction des formations des étudiants. Ceux-ci se connectent et disposent d’une rubrique avec les cours qu'ils suivent, ceux pour poursuivre au-delà de la formation et l’ensemble des cours de l'université disponibles en accès public. L’organisation thématique, à quoi s’ajoutent des éléments pédagogiques en fonction du profil de formation de l’étudiant, dans le cadre du projet BALI, permet à l’étudiant un accès facilité aux ressources qui le concernent.

Le bilan fait apparaître une production en flèche avec une "quantité de ressources énorme puisqu’au bout de 5 à 6 mois, 500 ressources ont été mises en ligne par des enseignants pour leurs étudiants ». Les documents sont « de natures très différentes (quant au format, aux contenus, à la qualité de la production qui peut être une réponse instantanée aux étudiants, une production spontanée, un contenu organisé au travers des UNT, etc.). Globalement, les ressources sont produites pour des usages confidentiels : l’enseignant le fait pour ses étudiants et ne pense pas au-delà. En conséquence, les étudiants ont du mal à repérer les ressources pertinentes car les critères de sélection ne sont pas homogènes. Il y a un besoin de pérenniser les ressources, les partager et les réutiliser par d’autres. L'objectif est d'être capable de fournir rapidement et facilement à chaque étudiant les ressources pertinentes, d'améliorer la diffusion pour ne pas rester à un usage confiné à un cours, de cibler le bon public étudiant pour les ressources. Il s'agit aussi de fournir à l’enseignant les moyens de s’approprier les ressources en place pour les mettre en scène et pour garantir le partage, de permettre en externe une mutualisation avec d’autres universités nancéennes".

"Il fallait une indexation des ressources pédagogiques, c’est un moyen indispensable. Cela signifiait établir précisément d’abord les pré-requis à l’indexation des ressources pédagogiques : définir les critères, établir un workflow, avoir des référentiels communs pour partager. Il reste aujourd'hui des questions à poser : faut-il tout indexer et notamment les ressources purement contextuelles par rapport un événement, ponctuel ? Si des ressources sont destinées à être partagées, alors il faut une indexation de grande qualité. Faut-il une procédure de certification de nos ressources avec des niveaux différents (à quelques étudiants, à disposition de tout le monde, etc.) ? La politique doit être soutenue par les instances dirigeantes. C'est une nécessité de travailler ensemble, il faut toujours penser aux enseignants et aux étudiants qui doivent être accompagnés et encouragés. Fin 2006 commence un projet de restructuration des TICE avec la création d’un service METICE, guichet unique qui sert de relais avec le SCD, le CRI, etc. et s’inscrit dans une politique inter-établissements pour un guichet commun.

Référencer, scénariser, mutualiser, optimiser

L'indexation des ressources pédagogiques « nécessite un double mouvement, "top down" et "bottom up" : du haut vers le bas et du bas vers le haut, considère Christophe Perales, de l'université Versailles Saint-Quentin en Yvelines, ce qu’il a constaté dans les faits de terrain avec l’impulsion présidentielle et le rôle de conseil et d'information des fonctions opérationnelles. Son établissement a manifesté un « intérêt précoce pour les TICE » avec la mise en place d'une cellule TICE en 2001 émanant d’une volonté politique forte du Président, avec pour résultats le choix éditorial de production de documents scénarisés multimédias, plutôt que de se contenter de PDF. Un "comité TICE" s'est constitué à partir de 2003 comme « organe de pilotage politique ». Le e-campus est ensuite lancé à partir de la plate-forme Claroline en 2004, en même temps que le LMD, grâce au travail d’un ingénieur de recherche graphiste recruté dans ce but. L'université met alors en place un appel à projet annuel auprès des enseignants pour médiatiser l'outil par la cellule TICE. En 2005, un ingénieur supplémentaire s’ajoute à l’équipe pour travailler sur le projet UNT, rejoignant ainsi une équipe de cinq personnes de catégorie A ainsi qu’un apprenti, dédiées à ce travail.

Christophe Perales pointe aujourd'hui plusieurs "limites" à cette expérience : l'outil est "assez développé, avec un engagement de l’université dans des UNT (UVED, UNJF, UMVF) et une volonté de mutualiser" mais les difficultés se posent autour de l’indexation. La plate-forme e-learning est organisée en une arborescence LMD, sans recherche par mots-clés et sans possibilité de mutualisation. Parmi les constats dressés, figure la « nécessité d’un outil de référencement commun aux autres productions de l’université (thèses en ligne, archives ouvertes) ». Plusieurs questions sur la conservation des ressources se posent alors "très vite" : "quel outil de référencement ? quel format pour les documents déposés ? comment en assurer la pérennité ? comment gérer les droits ? quelles métadonnées choisir pour la gestion des ressources et des droits ?".

Il faut "une (multi-)indexation normalisée, donc des métadonnées, afin de partager les contenus entre partenaires (FOAD, UNT, PRES, etc.), d’optimiser le référencement des ressources produites, voire d’automatiser avec OAI-PMH. Mais le plus grand défi qui se pose pour les universités est un problème avant tout organisationnel. Il y a une nécessité dans les SCD de faire évoluer les métiers, les statuts et les missions des agents qui produisent le catalogue. Il serait bon que leur formation évolue vers le référencement et l’indexation sous d’autres formats, pour d’autres supports, ce qui fait d'ailleurs l'objet d'une réflexion actuellement au ministère". Il y a un défi à relever dans cet aspect organisationnel en élaborant une stratégie de renouvellement des postes par le biais des bureaux de gestion des ressources humaines, de formation continue des personnels en place, et de révision des statuts des enseignants-chercheurs pour qu’ils puissent faire de manière officielle et reconnue plus de TICE.

Le "problème des ressources humaines » est mis en exergue par Christophe Perales : "on sait qu’elles ne vont pas beaucoup augmenter, il faut donc économiser cette ressource humaine. Plusieurs pistes s'ouvrent : exploiter au maximum les possibilités d’indexation automatique, faire appel au producteur lui-même, etc." L'indexation des ressources est une "nécessité car la société de l’information est là avec le décloisonnement des activités, notamment de recherche, d'enseignement et de documentation", reprend Christophe Perales. "La documentation est désormais au cœur des missions principales de l’université".Il est possible d’arriver à des résultats avec des projets réalistes et des stratégies élaborées d’établissements.

Questions


"Lorsqu'on installe un ENT, on veut voir tous les aspects" de l'indexation, relève Jacqueline de Condappa, directrice de bibliothèque à l’ENS Lyon. Pour Romuald Lorthioir, de l'université Rennes-1, "l’idée est d’indexer des ressources pédagogiques mais aussi scientifiques, de mettre des dates de publication et de péremption. La contrainte pour le CMS est que l'information est donnée dans un seul endroit mais affichée par plusieurs sites. L'orientation prise par Rennes-1 est de participer au développement d’outils d’indexations car il s'agit de multi-formats" et cela permet d'anticiper des usages, par exemple « pour référencer du document administratif".

"Quand il y aura des centaines de milliers de ressources, certaines caduques ou contradictoires, qui va faire le ménage, comment va-t-on organiser le désherbage des ressources numériques ?", demande Gérard Soula, de l'université Aix-Marseille-2. "Pour l’instant ce n'est que le début, mais la question est déjà posée, répond Romuald Lorthioir. Une date limite d’usage sera apposée et le document émettra ainsi une alerte pour décider le faire repartir sur une période ou d'arrêter sa diffusion. Il devrait aussi être possible de faire remonter les statistiques sur les ressources les plus consultées et de déterminer une qualité dans les ressources". "Ce n'est pas parce qu’une ressource est très consultée qu’elle est de qualité", remarque un participant.

"Ne pourrait-on pas avoir un entrepôt de données, de protocoles, d’analyses, de sites pour que ceux qui sont un peu en retard puissent aller piocher ? demande Marc Crouzet, de l'université Victor Segalen Bordeaux-2. Il pourrait y avoir un forum aussi, ce qui permettrait d'encourager ceux qui hésitent encore. Cette approche pour ces méthodologies et procédures pourraient être intéressante".

"Il a été proposé de faire un site inter UNT avec les groupes qui travaillent sur tous ces aspects liés à l’indexation, répond Romuald Lorthioir. Ce site ferait office d’entrepôt d’un certain nombre de documents pratiques de référence". La proposition sera examinée par le Ministère en 2007, mais pour l’instant aucune décision n'est prise.

"On peut imaginer à terme que les maisons d’édition se mettent sur ce créneau, reprend Marc Crouzet. La question de la nature des ressources pédagogiques peut se poser en termes de stockage dans les établissements". Pour Romuald Lorthioir, "en termes de stockage, ce qui est évident c’est le cours, après on peut descendre plus bas au niveau des chapitres, des sous-parties. Cette étape-là doit être automatisée, sinon ce sera long. Il faut référencer la nature du grain pour partager le cours et pas la pédagogie qui va autour : les cours sont mis en ligne mais pas la façon dont ils sont enseignés. Il sera possible de partager sous la forme de kits pédagogiques, des propositions sur la façon d’utiliser les ressources. Déterminer la granularité d’une ressource est très compliqué et dépend généralement du cas par cas".

Un éclairage externe : intervention d'un expert "extérieur"

 Olivier ANDRIEU (Abondance)

"Comment obtenir une visibilité sur les moteurs de recherche généralistes ?", interroge Olivier Andrieu, consultant indépendant du cabinet Abondance (www.abondance.com). Selon lui, il n'y a  "plus d’autre choix que d’imaginer un site en fonction des moteurs de recherche, quand on élabore le contenu du site, la ligne éditoriale, etc. " Il identifie "trois sources de trafic sur un site web, qui s’équilibrent : un tiers avec des liens directs de site à site, un tiers d'accès directs et par les favoris en tapant l’adresse du site dans la barre web du navigateur, un tiers qui vient des outils de recherche, les moteurs. L’idéal est de bien harmoniser les trois". Pour l’Europe, "90% du trafic moteurs est généré par Google. Sur la France apparaissent des outsiders comme  voilà.fr. Il y a des centaines d’outils mais 99% du trafic sont représentés par 10 outils. Aux Etats-Unis, Google est majoritaire à 50% avec une présence plus forte de MSN et de Yahoo ! qu'en Europe. Google est encore moins utilisé en Asie". "On ne sait pas parfaitement comment Google fonctionne, mais on a quand même quelques pistes de réflexion », poursuit Olivier Andrieu. "La plupart des moteurs de recherche sont, dans les grandes lignes, des clones de Google. Il y a eu très peu d’innovation depuis son arrivée, en 1998. Les grands outsiders ont une stratégie de clonage".

"Comment fonctionnent les moteurs de recherche ?" Telle est la question posée par Olivier Andrieu, qui veut donner des indications sur les mécanismes qui permettent de rendre un site visible efficacement. Il s'agit d'un système qui référence les pages web,  et leur code HTML, il est basé sur un index de 25 milliards de pages qui représentent le web "utile", pour un moteur généraliste. Les moteurs savent dire si la page est écrite dans une langue, mais pas si elle est multilingue. Il faut donc faire attention à publier en une seule langue. Le moteur de recherche crée maintenant des index à partir de spiders [1] alors qu’auparavant il fallait soumettre le site, voire l’adresse de toutes les pages. Le référencement est maintenant automatisé par ces logiciels spiders qui suivent tous les liens et sauvegardent le code HTML des pages. En deux jours, tout un site est indexé par les moteurs, si les choses sont bien faites. Les spiders calculent la fréquence de mise à jour des pages des sites pour s’adapter au mieux aux délais de mise à jour. Olivier Andrieu souligne qu'il y a « une façon de créer les documents pour se faire référencer et une façon de mettre en valeur les liens de ses pages".

Le référencement est l'ensemble des techniques qui permettent d'inscrire un site dans les moteurs de recherche ou dans les annuaires : c’est l'art d’avoir la présence la plus massive possible de ses pages dans les moteurs. Ce n'est pas pareil que le positionnement. Le référencement de sites web s'articule donc par la mise en place des deux stratégies distinctes et complémentaires : le référencement naturel et les liens sponsorisés. La première stratégie passe par une phase d'indexation (c’est-à-dire une prise en compte) du site par les outils de recherche, puis une phase de positionnement de ces sites sur les résultats naturels des outils de recherche lors d'une recherche faite par les internautes. Il existe le référencement payant chez Yahoo ! et  voila.fr pour une garantie d’indexation des pages, sans garantie de positionnement. Ce qui marche pour bien indexer son site, c’est un lien vers le site depuis des pages populaires.

"Aujourd’hui le travail se fait sur les liens : externes et internes ", reprend Olivier Andrieu. Le format Sitemaps de Google (www.google.fr/webmasters/sitemaps), en XML, est un fichier de type "plan du site" qui permet de fournir aux moteurs de recherche des informations pour chaque page. Ce standard est récent. Les sites web qui en ont mis un sont bien mieux indexés que les autres, sans que ça joue sur leur positionnement. Pour apparaître dans les premières positions des moteurs de recherche, il faut retenir plusieurs "critères importants". Il faut d'abord voir "comment est construite la page au niveau du titre du document en HTML (balise title), un des champs les plus importants, qui doit contenir entre sept et dix mots. C’est une balise HTML avec un titre qui doit décrire parfaitement le contenu de la page. Deuxième critère, le texte, qui doit être organisé pour faciliter la lecture : par exemple avec les mots importants en gras par souci d’ergonomie. Le plus important est tout ce que voit l’internaute. Les balises META description [2] ne servent plus au référencement des moteurs, ne rentrent plus du tout dans les algorithmes sur les critères de pertinence".

"Le système de PageRank est lié à l’aspect quantitatif de liens qui pointent vers une page -pas un site - et à la qualité, la popularité de ces liens". La présence de mots-clés dans le nom de domaine et l’url sont aussi très importants. L'indice de réputation : le PageRank (terme anglais signifiant  "classement d'une page") ou PR, désigne le système de classement des pages Web utilisé par le moteur de recherche Google pour attribuer l'ordre des liens dans les résultats de recherche. Il correspond à ce qui fait que les moteurs arrivent à trouver des pages sans les mots-clés, donc plutôt sur les liens visibles : une page parle de formation continue, il faut que les liens internes ou externes pointent sur « formation continue en comptabilité" par exemple. Ce qu’il ne faut pas faire, c’est d’avoir un lien sur "cliquez ici". Google prend aussi en compte la notion de TrustRank, un indice de confiance donné en partie par des être humains avec des sites de confiance, par exemple Wikipedia. Selon Olivier Andrieu, "les six critères les plus importants pour avoir la visibilité sont le titre, le texte visible, le PageRank, l'indice de réputation, les mots-clés dans l’url, le TrustRank. L’immense majorité des sites ne sont pas conçus à partir de ces contraintes. Pour avoir un bon positionnement, il faut avoir optimisé le site quand on a créé le code HTML, quand on utilise le CMS, etc., faire de la réécriture d’Url s’il y a des identifications de session ou des passages de paramètres, par exemple, etc." . Le même principe s'applique aux images et vidéos.

"Il est impossible de dire quel sera l’avenir du référencement », continue Olivier Andrieu. Il faudrait déjà savoir ce qu’il faut faire pour détrôner Google... La dernière grande innovation était le PageRank. Aujourd’hui de nouvelles voies de recherche rencontrent du succès, tel le web sémantique. De nouvelles gammes de produits intègrent la prise en compte des métadonnées pour le web sémantique. Par exemple le moteur de recherche français Exalead qui propose de nouvelles fonctionnalités pour se démarquer de ce que fait Google, la reconnaissance des contenus pour affiner les recherches (à partir du mot « Jaguar » distinguer l'animal, de la voiture, du système d'exploitation Mac OS, etc.). D'autres pistes existent aussi avec des outils de cartographie comme Kartoo ou le système du genre de Google Earth avec la cartographie satellite, une personnalisation en fonction du profil d’utilisateur et des recherches antérieures, etc. Le "Google killer" n'est pas encore trouvé mais il y a beaucoup de prise en compte des aspects communautaires.

 Questions

Les établissements sont « assis sur un trésor de mots-clés, il faudrait qu’on travaille dessus », remarque Gilles Bertin. Pour Olivier Andrieu, "il faut parfois revoir le contenu avec de la réécriture de titres par exemple. Ce n’est pas technique, c’est de la méthodologie, du temps à passer avec quelques gestes à comprendre. Il faut travailler sur certains points précis qui permettent de démultiplier le trafic".

"Quelles recommandations faites-vous sur les CSM ?",  demande Gilles Bertin. "Certains peuvent être bloquants car pas assez souples, mais il n'y a pas de problème a priori, dès qu’il génère du code HTML propre, répond Olivier Andrieu. Le CSM permet même d’automatiser un certain nombre de tâches".

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[1] La balise meta description se place dans le code HTML, juste derrière la meta balise titre <TITLE> </TITLE>.
Le contenu de cette balise est une description concise du contenu de la page internet. Il ne doit pas excéder 200 caractères et reprendre les mots clés les plus pertinents pour décrire votre page. Pour un meilleur référencement, il est préférable de construire ce descriptif à l'aide de quelques phrases bien tournées plutôt qu'une simple succession de mots clés

[2] Un robot d'indexation (ou araignée ; en anglais web crawler ou web spider) est un logiciel qui explore automatiquement le Web. Il est généralement conçu pour collecter les ressources (pages Web, images, vidéos, documents Word, PDF ou PostScript, etc.), afin de permettre à un moteur de recherche de les indexer.