Pratiques collaboratives

3. Outils collaboratifs et enseignement

Intérêt éducatif

Enthousiasme et crainte

refad

Éléments de discussion
Les outils du Web 2.0 suscitent à la fois l’enthousiasme et la crainte
« Simples, populaires, polyvalents et ouverts, ils lèvent plusieurs des contraintes que les technologies antérieures imposaient à la formation à distance et qui la limitaient souvent à des démarches d’apprentissage transmissives, textuelles et solitaires. En multipliant les choix et les scénarios utilisables, le Web 2.0 lui donne l’occasion de remettre les outils à leur place, celle de moyens au service d’objectifs d’apprentissage et de démarches pédagogiques.
Dans ce web participatif, l’initiative et le pouvoir migrent des formateurs et des technologues vers les étudiants et leurs communautés, qui coconstruisent leurs contenus et choisissent les  technologies qui les supportent. Il permet des environnements d’apprentissage plus centrés sur  l’apprenant, plus coopératifs et multimédias, où les outils comme les contenus sont en continuelle  transformation. Cette évolution appelle à une redéfinition du rôle du formateur à distance :  l’accompagnement en temps réel d’une démarche plus personnalisée des étudiants prend le pas sur  l’expertise du domaine et le développement de matériels pédagogiques. Ce contexte de changement  rapide des outils et des contenus ainsi que de quasi-instantanéité des interactions remet aussi en cause  le modèle usuel de développement des formations à distance, l’organisation des tâches qui le  supportent et les compétences sous-jacentes... »

AUDET, Lucie  - Wikis, Blogues et Web 2.0 : Opportunités et impacts pour la formation à distance. Québec : REFAD, mars 2010

Voir bibliographie

Atouts ou inconvénients ?

l’atelier

Les réseaux sociaux améliorent la compréhension de la formation

« l'université de Leicester s'est intéressée aux médias sociaux et à la possibilité de mettre en place un réseau de partage et de réflexion entre apprenants et professeurs. L'un de ses enseignants a du coup ouvert un réseau sur l'agrégateur social FriendFeed avec des élèves de première année en biologie. Le but : fournir des informations relatives aux cours - liens, dossiers… Mais aussi un forum de discussion sur lequel ils peuvent débattre - entre pairs ou avec des professeurs - des sujets évoqués. Et revenir sur les points à éclaircir. Chaque participant dispose d'une page personnelle sur laquelle il peut indiquer où il en est dans son travail et ce qu'il ne comprend pas. Selon le responsable du projet, une telle initiative a permis de rendre les enseignants plus disponibles... »

L'Atelier, 13/04/2010

L'apprentissage 2.0 inclut l'apprenant dans la définition des objectifs

« Pour mettre en place une solution d'e-learning collaborative, il ne suffit pas d'intégrer aux méthodes traditionnelles des outils du Web 2.0, affirme une équipe de l'institut des sciences et des technologies de Rajkot, au Gujarat. Cela implique une refonte des enseignements habituels, intégrant dès l'origine des modules interactifs. Ces derniers proposant à l'apprenant de s'impliquer dans la conception même des sujets qui seront abordés, et des objectifs. La raison : "Cela leur permet ensuite de s'investir davantage tout au long de la formation", expliquent les scientifiques. Pour y parvenir, ceux-ci ont mis au point un modèle d'apprentissage qui inclue les participants en amont du processus... »

L'Atelier, 16/04/2010

Les réseaux sociaux sont des outils d'apprentissage en devenir

« Les sites collaboratifs populaires comme Facebook et Twitter apparaissent tour à tour comme outils d'apprentissage performants ou comme sources de distraction. Le point avec un expert de la question, Entretien avec Jean-Pierre Pinte.
Jean-Pierre Pinte : "Les plates-formes collaboratives peuvent devenir, dans un cadre pédagogique, de véritables vecteurs d'ouverture sur le savoir. Ce, à condition que les enseignants acceptent de rentrer dans les flux avec leurs élèves. Dans ce cas, le professeur n'a plus le monopole, il n'est plus seul détenteur du savoir, puisque chacun des étudiants participe à son élaboration, en proposant des références de textes par exemple. L'enseignant devient alors plutôt facilitateur d'apprentissage. Une raison pour laquelle les réseaux sociaux peuvent rencontrer à l'heure actuelle des réticences dans le corps enseignant, encore attaché au modèle livresque de l'enseignement classique. »

L’Atelier, 22/04/2009

Le réseau social détourne l'utilisateur de ses objectifs

« Selon l'Ohio State University, la fréquentation régulière de Facebook disperse l'attention et serait l'une des causes de l'obtention de résultats plus faibles. Les réseaux sociaux nuisent à l'efficacité. Voilà en tout cas la conclusion d'une étude pilote menée par l'Ohio State University. Cette dernière montre que les étudiants qui se rendent régulièrement sur Facebook passent moins de temps à étudier et obtiennent des notes plus faibles aux examens que ceux qui ne disposent pas de compte sur le réseau social. »

L’Atelier, 14/04/2009

internet actu

Entre les tables numériques et le papier, quel est le meilleur support pour l’apprentissage ?
Hubert Guillaud
"James D. Hollan, professeur de sciences cognitives et d’informatique à l’université de Californie et sa collègue Anne Marie Piper du Laboratoire de cognition distribuée et d’interaction homme-machine ont étudié (.pdf), à l’occasion de la dernière conférence Computer Human Interaction, les interfaces multitouch et multiutilisateur, ces tables numériques où se projette l’information qu’on peut modifier du bout des doigts, à la manière dont le propose le logiciel Surface de Microsoft. [...]
Peu d’études se sont intéressées aux avantages comparés entre le papier et ce type d’interfaces, dans le cadre de l’apprentissage collaboratif. D’où l’idée de comparer comment des étudiants réunis deux par deux interagissent avec des matériaux papier et des matériaux numériques présentant le même type d’exercice. [...]
[Les] résultats soulignent combien les usages sont en fait différents : avec le papier, les étudiants complétaient leurs tâches de manière sérielle, alors qu’avec les tables numériques, ils les complétaient en mode parallèle, ce qui semble meilleur pour l’apprentissage. Avec le papier, les étudiants dessinent individuellement, alors qu’avec les tables d’interaction, ils peuvent dessiner en même temps. Le dessin devient d’ailleurs la technique d’échange principale des utilisateurs des tables numériques, qui favorise des échanges verbaux plus soutenus que chez les utilisateurs du papier. [...]  le numérique permet de dresser le journal de l’activité des étudiants (ce que le papier ne sait pas faire), qui devient un nouveau support pour le professeur, lui permettant de mieux comprendre erreurs et mode de compréhension de ses étudiants..."

Internet Actu, 14/04/2009

Opportunités ou freins ?

l’atelier
La génération C met le téléphone au coeur de son environnement

« Les jeunes entre 12 et 17 ans utilisent leur mobile comme moyen principal pour communiquer, naviguer, échanger du contenu. Des tendances à prendre en compte par les entreprises, dont ils seront prochainement des éléments. [...] "L’entreprise va devoir assimiler ce fait générationnel car cette tendance à l’hyperconnectivité mobile et on line apportera des changements aux codes et habitudes de travail", confie à L’Atelier, le consultant Florian Brobst,. Changements déjà amorcés avec la génération Y. Pour les 12-17 ans, le téléphone portable sert aussi à partager des fichiers, à jouer, à rechercher de l'information, à réseauter : un quart utilise son portable pour se rendre sur un site collaboratif. Une tendance à communiquer en permanence loin d'être anodine. "Les enjeux sont importants pour les organisations", déclare Florian Brobst. "Il leur faudra diriger cette génération afin d'en tirer le meilleur en matière d’intelligence collective". »

L'Atelier,  22/04/2010

 

le monde

Etudiants et professeurs adoptent volontiers une "Wiki attitude"
"L'université Claude-Bernard de Lyon a épousé depuis une dizaine d'années les technologies de l'information et de la communication pour l'enseignement (TICE) pour développer des contenus pédagogiques propres et originaux. Mais l'histoire est en train de s'accélérer. Principale mission de iCap : "Former les enseignants à l'usage des nouveaux outils, notamment collaboratifs, les accompagner dans le changement de leurs pratiques d'enseignement et évaluer leurs dispositifs pédagogiques", explique Anne-Marie Perraud, en charge de la formation."

Le Monde, 15/04/2009

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États-Unis : encore des barrières humaines et techniques à l’utilisation des TICE
Cet article parle de trois études comparatives Etats-Unis Québec France concernant l'intégration des TIC.
Lire notamment la conclusion :
"Quant à la mission conservatrice de l’école, il ne faut ni la nier, ni la critiquer : pourquoi l‘école devrait-elle embrasser toutes les nouveautés? Sa fonction est bien d'accompagner les élèves dans l’acquisition d’une culture commune, d’un patrimoine permettant de ne pas sans cesse réinventer la roue, de s’appuyer sur le passé pour créer l’avenir. Elle est également de les aider à acquérir l’autonomie, l’adaptabilité et le sens du "vivre et apprendre ensemble" qui leur permettra de continuer à apprendre tout au long de leur vie. Si la première mission semble totalement intégrée, la seconde l’est moins, tant la fonction sociale de l’école se confond aujourd’hui avec une fonction de sélection, plutôt que d'intégration. On ne s'étonnera pas, dans ce contexte, que les outils sociaux basés sur l’échange, le partage et le lien aient du mal à y entrer.
Mais restons optimistes : la cause des TIC avance partout, avec ou sans injonction gouvernementale, toujours avec beaucoup de motivation, et toujours enfin sous la pression tranquille des jeunes. Comme le dit Le Monde : "Le changement annoncé prendra du temps mais il est inéluctable et le pessimisme n’est pas de mise".

Thot Cursus, 22 avril 2009

eSchool News
Survey shows barriers to Web 2.0 in schools (article intégral accessible après inscription gratuite sur le site).
Infobourg
Intégration des TIC, quelle intégration ?
Le Monde
École numérique : la révolution tranquille
Etudiants et professeurs adoptent volontiers une "Wiki attitude" .

Voir aussi
La dernière partie du dossier d'actulité de l"INRP qui repère "les difficultés inhérentes à l'apprentissage collaboratif en ligne".

Quelles pratiques collaboratives à l'heure des TIC ? - VST, n° 43, mars 2009

l’infobourg

Canada - Les futurs profs sont-ils Web 2.0 ?
Martine Rioux
"Montréal - Après avoir participé à une formation de 15 heures à propos du Web 2.0, 35 futurs enseignants ont eu à identifier des besoins personnels de formation, à élaborer une stratégie personnelle d'autoformation mettant à profit des outils du Web 2.0 et à la mettre en pratique. Le résultat est décevant.
"Mes étudiants utilisent des outils Web 2.0, comme Facebook, dans leur vie personnelle. Mais, ils n’ont pas encore saisit le potentiel de ces outils du point de vue du partage, de l’interaction et de la création de réseaux possible dans le cadre de leur vie professionnelle", souligne Patrick Giroux, professeur au département des sciences de l'éducation et de psychologie à l’Université du Québec à Chicoutimi."

Infobourg, 8 avril 2009

Vers l'enseignant 2.0

blogs educpros.fr
L'e-pedagogie ou vers l'enseignant 2.0

Yann Bergheaud
« L’e-pédagogie est foncièrement influencée et même conditionnée par les changements de l’environnement technique du Web. L’apparition de ce que nous appelons, un peu abusivement, le Web 2.0 a bouleversé les schémas d’apprentissage que nous connaissions :
> L’apprenant devient producteur de ressources, avec l’apparition de services tels que Dailymotion ou Youtube, l’internaute n’est plus uniquement consommateur d’informations mais il est également créateur de contenus ;
> Les outils collaboratifs ont donné naissance à une nouvelle notion qui est « l’intelligence collective ». Sans porter de jugement sur la qualité intrinsèque des contenus élaborés collectivement il est indéniable que des sites comme Wikipédia sont une réelle réussite et même une référence;
> L’e-réputation, aujourd’hui si l’on nous ne sommes pas présent sur le Web nous n’existons pas. Le référencement est aussi, voire plus, important que le contenu de l’information référencée ;
> L’apparition de la notion de communauté. Face à la pléthore d’informations sur le Web nous faisons plus confiance à notre communauté pour valider une information. Signe des temps, aux Etats-Unis la fréquentation de FaceBook a été plus importante le mois dernier que celle de Google ! Les réseaux sociaux ou les flux RSS sont aujourd’hui une source majeure d’information pour les internautes. Par ailleurs des facteurs purement techniques expliquent également le foisonnement de services Web 2.0 [...] Les changements technologiques ont affectés les nouvelles générations d’apprenants… Les étudiants ne sont ni meilleurs ni plus mauvais, ils sont différents...»

Blogs educpros.fr, 05/05/2010

Point de vue d'un philosophe

Entretien avec Bernard Stiegler

Bernard Stiegler, directeur de l'Institut de recherche et d'innovation (IRI), professeur à l'Université de technologie de Compiègne, répond aux qusetions d'Ivana Ballarini et d'Alexandre Serres sur la culture informationnelle, la culture informatique et la culture des médias, et donne son point de vue sur les évolutions du web 2.0.

Extraits

"Sur les technologies numériques, les jeunes en savent souvent plus que nous, cela fait partie de la structure même de ces technologies, il faut l’accepter et même s’en réjouir. Cela veut dire qu’il faut inventer une nouvelle dialectique au sens de Platon : quand l’élève se pose une question, cela nourrit le maître et le fait réfléchir. La dia-lectique, c’est très participatif : c’est la base même du dia-logue. Le cours doit intégrer cet espace dia-logique. A l’époque où les technologies du web 2 et du collaboratif se développent, il faut en tenir le plus grand compte. Les technologies colllaboratives sont des hypomnémata dialogiques. Si j’étais professeur de collège, j’essaierais de créer un réseau social de ma classe, par exemple. Pour cela il faudrait créer des cours spécialisés, mais qu’il faudrait d’abord dispenser aux enseignants eux-mêmes."

"Pour revenir à la question du web, on a affaire à des technologies participatives très évolutives qui font que les élèves seront de plus en plus légitimement exigeants sur ce plan. Il y a une obligation pour les enseignants, les inspecteurs et les ministres à intégrer le fait qu’ils ont affaire à des publics outillés sur lesquels ils doivent compter. Il faut tenir le plus grand compte de ces nouvelles pratiques."

Éducation aux médias et culture de l’information - Mediadoc n° 2, avril 2009 - Sur le site de la Fadben
PDF, 7 p.