ATTENTION : ces archives ne sont plus tenues à jour, des liens peuvent être brisés.

Bibliothèques numériques : prochaines étapes pour Europeana, accord de la BnF avec l'OCLC, polémique autour de Google

La Commission esquisse les prochaines étapes du développement d'Europeana et ouvre une consultation publique sur son avenir. La BNF et l'Abes ont signé un accord avec la structure américaine OCLC. Faut-il s'allier à Google ou s'y opposer ? Edition numérique : la tentation de l’open source

Europeana

europeana

A ce jour, Europeana compte 4,6 millions de documents numérisés alors qu'ils n'étaient que 2 millions il y a neuf mois.

"La Commission européenne a publié le 28 août 2009 un document d'orientation dans lequel elle fixe l'objectif d'un total de 10 millions de documents numérisés d'ici à 2010.
De 2009 à 2011, le programme communautaire eContent plus contribuera au budget d’Europeana à hauteur de 80 % environ, soit 2,5 millions d’euros par an…Pour faire face aux défis de la numérisation, la Commission lance une consultation publique sur l’avenir d’Europeana."

"Alors que les collections de la bibliothèque numérique européenne Europeana ont plus que doublé depuis son lancement en novembre 2008, la Commission européenne a publié le 28 août 2009 un document d'orientation dans lequel elle fixe l'objectif d'un total de 10 millions de documents numérisés d'ici à 2010.
De 2009 à 2011, le programme communautaire eContent plus contribuera au budget d’Europeana à hauteur de 80 % environ, soit 2,5 millions d’euros par an…Pour faire face aux défis de la numérisation, la Commission lance une consultation publique sur l’avenir d’Europeana."

Europaforum, 28/08/2009 

Un document d'orientation fixe l'objectif d'un total de 10 millions de documents numérisés d'ici à 2010

  • Europeana – Prochaines étapes

La Commission a publié le 28 août 2009 une communication au parlement européen, au Conseil, au Comité éconolmique et social européen et au Comité des Régions.
PDF, 12 p.

  • Extraits

Europeana : stratégie pour mettre en ligne le patrimoine culturel de l’Europe

"…Le site permet aussi de trouver des informations sous différentes formes (texte, son, audiovisuel et image) et de comparer les perspectives d'un pays à l'autre concernant notre histoire et notre patrimoine européens communs.
De plus, en fournissant un aperçu du matériel qui a déjà été numérisé et en mettant en évidence les domaines sur lesquels l'effort de numérisation doit porter dans l'Union, Europeana encourage et vise d'autres initiatives de numérisation dans les États membres.
Pour les utilisateurs, l'intérêt d'Europeana réside dans le fait qu'elle leur permet de trouver, à l'aide d'une interface unique et dans leur langue maternelle, du contenu culturel numérisé provenant d'organismes culturels de confiance à travers l'Union européenne et d'utiliser ce contenu à des fins professionnelles, récréatives ou pédagogiques. "
p. 4

Davantage de contenu pour Europeana

"Pour continuer à se développer avec succès, Europeana doit, entre autres conditions, enrichir ses collections. L'objectif stratégique de la Commission est de disposer de 10 millions d'objets accessibles par le site en 2010. Ce nombre doit être multiplié les années suivantes."
p. 5

Types de contenu

"Globalement, la contribution des différents États membres à Europeana n'est toujours pas équilibrée en termes de nombre d'objets et de types de matériel. Les grands efforts déployés par la France pour alimenter Europeana en contenu, avec une contribution d'environ 47% des objets numérisés, sont très visibles. À l'opposé, d'autres États membres ne fournissent que quelques objets. Cette situation va peu à peu s'équilibrer dès lors que davantage de collections provenant de toute l'Europe seront introduites dans Europeana."
p. 6

Contenu soumis au droit d'auteur

"… Cela exige une bonne collaboration entre les institutions culturelles et les ayants droit, dans le respect absolu de la législation sur le droit d'auteur. Cette collaboration peut prendre la forme d'accords entre les institutions culturelles nationales et les ayants droit, ou de liens entre Europeana et des sites exploités par les ayants droit.
Un bon exemple du second type de partenariat est fourni par Gallica2, le site de la Bibliothèque nationale de France. Il donne libre accès au matériel relevant du domaine public et fournit des liens vers le contenu soumis au droit d'auteur des éditeurs français…"
p. 6

Contenu relevant du domaine public

"Du point de vue juridique, la question est de savoir si la numérisation en soi crée de nouveaux droits. En principe, tel n'est pas le cas. Cependant, le degré d'originalité nécessaire à la création du droit d'auteur n'est pas harmonisé au niveau européen et la réponse à la question peut donc différer d'un État membre à l'autre. Elle peut aussi varier en fonction du type de numérisation (par exemple, scanner des livres n'a rien à voir avec le processus coûteux de restitution d'objets en 3D)."
p. 8

Une consultation publique sur l'avenir d'Europeana et la numérisation des livres est ouverte du 28 août au 15 novembre 2009

  • Trois catégories de questions sont posées

 Les questions posées par la Commission sont organisées autour de trois axes :
- 5 questions générales,

- 5 questions sur le contenu,
- 6 questions sur le financement et la gestion.

  • Sur le contenu

Question 6

Quelles catégories de contenu sont suffisamment importantes pour les utilisateurs pour que les Etats membres et leurs institutions culturelles soient encouragés à les rendre disponibles sur Europeana? Quelles mesures doivent être prises en vue d'assurer la disponibilité de ces oeuvres sur Europeana?

Question 9

Quelles mesures devraient être adoptées pour éviter que le processus de numérisation lui-même crée de nouveaux types de droits d'auteur sui generis qui, en retour, pourraient créer des barrières à la diffusion d'oeuvres numérisées du domaine public?

Question 10

Quelles mesures peuvent être prises pour s'assurer que les institutions culturelles rendent leur contenu numérisé du domaine public accessible et utilisable de la façon la plus large possible sur Internet ? Devrait-il y avoir des conditions minimales concernant la façon dont ce contenu numérisé du domaine public est disponible à travers Europeana ?

  • Sur la gestion et le financement

Question 11

Quel modèle de financement représenterait une répartition équitable entre le financement communautaire, celui des Etats membres et celui du secteur privé, en prenant en compte l'objectif d'Europeana qui est de permettre un accès le plus large possible à l'héritage culturel européen par les européens. Europeana pourrait-il être financé uniquement par les institutions culturelles nationales ou par des fonds privés?

PDF, 3 p.

Quelques articles

Numérisation d’ouvrages : Bruxelles soutient les efforts de Google Books
"Pour enrichir la bibliothèque numérique Europeana, la Commission européenne soutient la constitution de partenariats public-privé et salue l'initiative de Google Books…  La Commission européenne souhaite parvenir à un total de 10 millions de documents numérisés d’ici l’année prochaine. Un véritable défi…"

ITespresso.fr, 28/08/2009

La bibliothèque Europeana a doublé de taille en neuf mois
"En marge du débat franco-français opposant Jean-Noël Jeanneney et Bruno Racine, respectivement ancien et actuel présidents de la Bibliothèque Nationale de France (BnF) sur une éventuelle collaboration avec Google, la commission européenne a plutôt pointé les bonnes performances de la France dans le domaine de la numérisation..."

NetEco, 31/08/2009

L'UE divisée sur Google Books
"La numérisation des livres... sème la controverse à Bruxelles. La commissaire à la Société de l’information Viviane Reding soutient les efforts de Google, le principal acteur privé dans ce domaine, tandis que le commissaire au Marché intérieur Charlie McCreevy a appelé à une audition concernant les violations de droits d’auteur commises par Google Books en Europe, après les plaintes de plusieurs Etats membres..."

Euractiv.com, 28/08/2009

La bibliothèque numérique européenne et les droits d'auteurs
"Une bibliothèque numérique européenne deux fois plus grande mais qui est handicapée par le manque d'accords européens sur les droits d'auteur... "La numérisation des livres est une tâche herculéenne, mais elle est aussi un moyen de permettre à des millions de personnes, en Europe et ailleurs, d'accéder à des contenus culturels. C'est pourquoi je salue les premiers efforts réalisés par les États membres et leurs institutions culturelles pour remplir les rayons de la bibliothèque numérique européenne" a déclaré M me Viviane Reding, commissaire européenne chargée de la société de l'information et des médias. "Toutefois, je suis inquiète de constater que 5 % seulement de tous les livres numérisés de l'UE sont disponibles sur Europeana.[...] Cela montre qu'il faudrait peut-être que les États membres cessent de se contenter d'envier les progrès réalisés sur d'autres continents et commencent à retrousser leurs manches. Cela montre aussi qu'Europeana, à elle seule, ne suffira pas à accroître la visibilité numérique de l'Europe dans le monde. Une coopération plus approfondie sera nécessaire pour adapter à l'âge du numérique le cadre juridique européen en matière de droits d'auteur.»

Techno-science, 30/08/2009

BnF

bnf

La BNF et l'Abes ont signé un accord avec la structure américaine OCLC

La BNF (Bibliothèque nationale de France) vient d'annoncer cet été la signature d'un accord avec la structure américaine OCLC (Online computer library center) pour l'ajout des notices bibliographiques de son fonds documentaire dans le catalogue WorldCat, "la ressource la plus importante au monde pour la recherche d'information dans les bibliothèques". L'opération porte sur un chargement d'environ 13,2 millions de notices bibliographiques de la BNF, en vue "d'une visibilité et d'une accessibilité accrues pour les utilisateurs du web dans le monde entier".
L'Abes (Agence bibliographique de l'enseignement supérieur - indique également avoir "notifié à OCLC le marché d'adhésion à WorldCat" et que "la visibilité des collections des 110 établissements ayant donné leur accord sera effective au 1er trimestre 2010."
Source : OCLC, www.oclc.org

Communiqué de presse en anglais
oclc.org/news

Traduction en français
oeildailleurs.blogspot.com

Polémique autour d'une éventuelle participation à Google Books

  • Sur le site de la BnF

Communiqué du 28 août 2009
Communiqué du 18 août 2009

  • Articles

BNF et Google : Frédéric Mitterrand se place en arbitre
"Le ministre de la Culture temporise dans la polémique mêlant la BNF et Google et la présumée ingérence du groupe Internet dans les fonds de bibliothèques à numériser."

IT espresso.fr, 31/08/2009

Numérisation avec Google : la BNF tente de calmer le jeu
"Suite à la tribune enflammée de Jean-Noël Jeanneney, ancien président de la Bibliothèque nationale de France, Bruno Racine, son actuel patron refuse d'entrer dans la polémique."

ZDnet, 31/08/2009

Mise au point de la BnF sur sa participation à Google Books
"La polémique sur une éventuelle participation de Google au programme de numérisation de la Bibliothèque Nationale de France ne retombe pas..."

NetEco, 31/08/2009

Numérisation : Google pousse à l’index
"La Bibliothèque de France va-t-elle confier à Google le soin de numériser une partie de ses collections ? L’hypothèse est envisagée au sein de l’établissement public. Cinq ans après l’annonce du programme Google Books visant à numériser les documents des plus grandes bibliothèques du monde, le moteur de recherche américain s’affirme comme l’unique opérateur de ce nouveau partage des connaissances. Un monopole qui inquiète. Revue des enjeux....
- Où en est le chantier de la numérisation des livres ?
- Pourquoi avoir peur de Google ?
- Pourquoi Google s’investit-il autant sur le sujet ?
- Quelles sont les alternatives à Google ?"

Libération, 29/08/2009

Numérisation - Un accord entre la BNF et Google passera par Mitterrand
"Le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, s'engage à prendre rapidement une décision sur la politique de numérisation des livres de la Bibliothèque nationale de France, en négociation avec Google. La BNF, qui s'était longtemps opposée aux ambitions de Google pour la numérisation de son fonds d'ouvrages, avait provoqué la surprise le 18 août en annonçant qu'elle discutait avec le numéro un mondial de la recherche sur internet. "Nos négociations avec Google pourraient aboutir d'ici à quelques mois", affirmait Denis Bruckmann, le directeur général adjoint de la BNF, au quotidien La Tribune. Ce changement de stratégie serait motivé par le coût extrêmement élevé de la numérisation des livres. "

TF1-LCI, 31/08/2009

Pour ou contre Google ?

google livres

  • Contre

Microsoft et Amazon fédèrent l'opposition à Google Books
"Le monde de l'édition a rendez-vous avec son histoire vendredi prochain. Auteurs et éditeurs doivent décider d'ici là s'ils veulent, ou non, participer au plus grand projet de numérisation de livres de tous les temps, mis en œuvre par Google. Sociétés d'auteurs, pouvoirs publics et associations diverses ont, de leur côté, à indiquer s'ils souhaitent participer à l'audience impartiale prévue le 7 octobre à New York. La justice américaine se prononcera ce jour-là sur l'accord signé entre Google et les auteurs et éditeurs américains, selon des termes susceptibles de changer la donne pour l'avenir numérique de l'édition..."

Le Figaro, 31/08/2009

Microsoft, Yahoo! et Amazon unis contre Google Books
"En rejoignant l'Open Book Alliance, une coalition portée par le site Internet Archive, ils souhaitent s'opposer à la création et à la commercialisation par Google d'une bibliothèque numérique universelle..."

01.net, 21/08/2009

  • Pour

Google Livres : Sony apporte son soutien à Googlela rédaction, publié le 31 août 2009
" Alors qu’Amazon, Microsoft et Yahoo ont rejoint l’Open Book Alliance pour contester l’accord qui permettrait à Google de commercialiser des millions de livres numérisés, Sony lui apporte son soutien. La firme japonaise a beaucoup à y gagner. Même lorsque l'on se nomme Google, un allié de poids est toujours appréciable dans un combat. [...] Le soutien de Sony ne doit évidemment rien au hasard. La raison principale, le format de fichier ePub. Il s'agit d'un format ouvert reconnu par l'International Digital Publishing Forum et des éditeurs et qui pourrait s'imposer comme le standard technique pour les livres électroniques. Il y a 15 jours, Sony a annoncé qu'il adoptait ePub pour son livre électronique, le Reader, ainsi que pour les livres numériques qu'il vend. "

ZDnet, 31/08/2009

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Licence globale et open source

Edition numérique : la tentation de l’open source
"Licence globale et open source offrent des modèles économiques éminemment intéressants pour le développement de propriété intellectuelle. Quoi de plus normal de les voir portés sur le devant de la scène comme modèles économiques potentiels pour l’édition de livres numériques. […]
… il est possible de dire que le livre repose sur quatre facteurs clés :
- l’intention de l’auteur,
- la recherche du lecteur,
- la vision de l’éditeur,
- la nature protéiforme du livre.
A eux seuls ces quatre facteurs sont des obstacles insurmontables pour les modèles économiques des nouvelles technologies. Ils s’opposent à la culture de l’open source, car ils ne sont ni "open", ni "global". Chaque livre est une aventure individuelle, singulière, prenante pour chacun des acteurs de sa production. […]

La tentation est grande de vouloir s’orienter vers des modèles ouverts, coopératifs, relationnels pour permettre à l’édition numérique de trouver une nouvelle économie. Mais la singularité du livre, ou plutôt des livres, réduit à néant ce type de modèles qui s’articulent sur des mécanismes transparents et sur des attentes identifiables. La relation subtile qui lie l’auteur, l’éditeur et le public est alchimique et se manifeste sous la forme du livre. C’est une fois que le livre existe que la machine communautaire peut enfin se mettre en marche et remplir son office. Et c’est une fois que le livre est tombé dans le domaine public qu’il est nécessaire de l’intégrer dans un dispositif open source. "

Agoravox, 28/08/2009