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« Learning centres » : modèle international de bibliothèque intégrée à l’enseignement et à la recherche

Ce rapport de l'inspection générale des bibliothèques explicite le concept de « Learning centre ». Il décrit cette offre de services originale à travers des exemples dans des universités américaines, britanniques et néerlandaises, puis s’intéresse aux réalisations et projets français.

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Les Learning centres : un modèle international de bibliothèque intégrée à l’enseignement et à la recherche

Rapport de l'inspection générale des bibliothèques - Suzanne JOUGUELET
Après avoir défini le concept de Learning centre (mot à mot : centre d’apprentissage), mis en oeuvre dans des universités américaines puis britanniques et néerlandaises et caractérisé ses éléments innovants, le rapport décrit cette offre de services originale à travers des exemples. Il insiste sur la diversité des services, l’importance des équipements et des ressources, le souci d’une évaluation régulière des services par les établissements, cette auto évaluation permettant d’infléchir et de développer l’offre de services, de réorganiser les locaux selon les attentes des usagers. L'étude s’intéresse ensuite aux réalisations et projets français.
Ce rapport a été remis à  Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, en décembre 2009.

Consultez ce rapport : PDF, 66 p.
Les Learning centres : un modèle international de bibliothèque intégrée à l’enseignement et à la recherche

  • Le concept de « Learning centre »

« Le terme de Learning centre (mot à mot : centre d’apprentissage) n’a pas d’équivalent en français. De plus cette notion se démultiplie en learning resources centre, learning commons, information commons, tous ces expressions mettant l’accent sur l’appropriation communautaire des connaissances. L’intégration entre l’enseignement (teaching), l’acquisition de connaissances (learning), la documentation et la formation aux technologies (training), est en effet au coeur de cette notion qui renouvelle la conception de la relation entre formation et bibliothèques. Elle réduit les frontières entre enseignement et documentation et permet des modes de travail dynamiques et partagés (travail de groupe et production de documents, souvent multimédia, étant vivement encouragés). La proposition de traduction faite dans le rapport est celle de centre de ressources pour l’information et la recherche. »
Extrait de la synthèse, p. 1

En savoir plus : 1. 1 La notion de learning centre (p. 7-10)

  • Recommandations

« Au-delà de son intérêt économique (concentration des moyens permettant une forte optimisation des services), l’intérêt du modèle de Learning centres réside principalement dans une vision plus globale et plus intégrée de l’acquisition et de la diffusion des connaissances (enseignement, documentation, recherche) face au modèle traditionnel séparant d’une part approche pédagogique, d’autre part fourniture d’informations et de documents pour la bibliothèque universitaire. Cette vision réduit les cloisonnements entre la fonction documentaire, la fourniture de technologies, l’auto-formation.

Dans un grand nombre de pays, le succès de ce modèle semble avéré, en tout cas dans des filières sélectives : les retours d’expériences démontrent une appropriation quasi immédiate des lieux et des services. [...]

Compte tenu des contextes universitaires et statutaires différents, une transposition à l’identique de tel ou tel projet n’est ni réaliste ni souhaitable. Les responsables des projets britanniques insistent sur ce point : la culture et l’ambition stratégique de chaque université façonnent l’identité de chacun des Learning centres. Ceux-ci reposent aussi sur la volonté de concentrer les moyens humains, financiers et architecturaux. Il convient enfin de rappeler que la transposition est à moduler selon la nature de la population visée, et que le modèle s’applique sans doute plus aisément à de nouveaux campus. En premier lieu, l’adhésion des enseignants-chercheurs, tant sur les principes que sur la concentration des moyens, paraît un préalable indispensable.

Le concept de learning centre va exiger de nouvelles formes de gouvernance, car si la bibliothèque est une composante majeure du centre, la notion de service intégré appelle une gouvernance élargie et spécifique, à la fois sur le plan scientifique et sur le plan administratif et financier.

Il est recommandé de prêter attention aux critères qui définissent les Learning centres, à savoir, selon une formulation condensée : le soutien réel à l’acquisition de connaissances garanti par une liaison avec les enseignants dès la conception du projet ; des espaces conviviaux, ouverts et flexibles ; une accessibilité maximale en termes d’horaires et de ressources ; des facilités d’usage à distance ; un personnel polyvalent et un regroupement des services ; des ressources documentaires et des équipements nombreux et renouvelés.

Sans aucun doute, les Learning Centres devraient trouver leur équivalent en France, mais aussi dans la langue française. L’adoption de ces critères permettrait de qualifier les projets concernés de centres de ressources pour l’information et la recherche ou de centres de promotion de la connaissance et de constituer une vraie amélioration majeure du service rendu et des performances des universités françaises. »

Extrait de la conclusion, p. 45-46