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La diffusion des TIC en France en 2013

Ce rapport du Credoc analyse la place des technologies de l'information et de la communication en France en 2013. Sont analysés les équipements et les différents modes et lieux de connexions, les pratiques quotidiennes hexagonales de l'internet et de l'ordinateur, l'impact des nouvelles technologies dans la sphère professionnelle ainsi que la superposition des usages.

La présente étude a été réalisée à la demande du Conseil Général de l’Économie, de l’Industrie, de l’Énergie et des Technologies (CGEIET) et de l’Autorité de Régulation des Communications Électroniques et des Postes (ARCEP). Les résultats présentés dans ce rapport sont issus de l'enquête de juin 2013, menée auprès d’un échantillon représentatif de la population française âgée de 12 ans et plus, sélectionné selon la méthode des quotas : 2.215 personnes ont ainsi été interrogées « en face à face » à leur domicile. Deux types de questionnaires ont été proposés aux répondants : le premier à destination des individus âgés de 18 ans et plus, le second visant uniquement les 12-17 ans.

Croissance de la diffusion des TIC

Malgré un moral fortement dégradé et l'imposition de restrictions au niveau de certains postes budgétaires, les consommateurs réussissent néanmoins à dégager des moyens financiers pour acquérir des équipements électroniques et contracter des abonnements téléphoniques et Internet. 83% des 12 ans et plus, relèvent les auteurs du rapport, disposent d'un ordinateur à domicile et 81% sont connectés à Internet; 36% possèdent même plusieurs ordinateurs. Il convient de souligner à ce niveau la forte progression du taux d'équipement en tablettes tactiles (8% en 2012, 17% en 2013).

En matière de téléphonie, 91% des personnes déclarent posséder un appareil fixe ; ce pourcentage est désormais presque équivalent au nombre d'individus disposant d'un téléphone portable (89%, 39% équipés d'un smartphone). Au final, la France se hisse au 6ème rang européen dans l'équipement des ménages en connexion à Internet ainsi qu'en matière d'équipement en ordinateur à domicile. Elle se situe au 2ème rang au niveau des téléphones fixes.

Connectés en tout temps et en tout lieu

Avec la multiplication des terminaux nomades, les Français se connectent de plus en plus en continu aux réseaux numériques : selon le rapport, 37% naviguent sur Internet avec leur téléphone mobile, 29% y téléchargent des applications tandis que 30% envoient des courriels. En cumulant toutes ces possibilités matérielles d'accéder en ligne (et le développement des réseaux sans fil), on dénombre au total 82% de la population qui naviguent sur Internet en juin 2013. Les personnes n'ayant pas accès au réseau appartiennent à des catégories spécifiques : individus âgés de plus de 60 ans (78%), personnes n'ayant pas le Bac (90%), foyers disposant d'un revenu inférieur à 1500 € par mois (44%). 

En outre, il semble qu'il y ait de moins en moins de « temps morts » par exemple dans les transports ou dans les moments d'attente, « les moindres interstices des emplois du temps [étant] ainsi comblés par le recours aux outils numériques » : 49% des personnes interrogées déclarent envoyer des SMS ou des courriels lorsqu'ils patientent, 48% écoutent de la musique, 47% téléphonent, 26% naviguent sur Internet, 20 % jouent à des jeux électroniques et 11 % regardent des vidéos. Même s'il existe des différences au niveau des activités prioritaires selon les catégories de la population, toutes se rejoignent au niveau des passe-temps « traditionnels » : observation de l'entourage, interactions avec les voisins.

Le « tout connecté » se reflète également dans les pratiques de juxtaposition ou de superposition des activités, par exemple regarder la télévision tout en envoyant des SMS ou des courriels (48%). L'étude ne relève pas l'impact de ces pratiques au cours des rassemblements familiaux et/ou festifs.

Vie privée, vie professionnelle

54% des actifs ont accès à Internet sur leur lieu de travail et 50 % des actifs utilisent internet au bureau à des fins personnelles (une hausse de 8 points en 12 ans) . A l'inverse, 39 % d'entre eux utilisent, pour leur travail, les TIC en dehors de leurs horaires et lieux de travail habituels. Selon l'étude, « Plus l’usage d’internet au travail est régulier et plus il tend à « déborder » du cadre habituel du travail ». Les auteurs font à ce niveau le constat suivant : « cette interpénétration des sphères privées et professionnelles se fait parfois dans de bonnes conditions, mais elle est aussi à l’origine d’une certaine gêne : par exemple, 40 % des actifs estiment que le recours aux nouvelles technologies à des fins professionnelles en dehors de leurs horaires et lieux de travail habituels empiète trop sur leur vie privée ; une proportion équivalente dit, au contraire, que cela permet de mieux concilier vie personnelle et vie professionnelle ; on notera que 18 % ne savent pas dire ce qui, des avantages ou des inconvénients, l’emporte, autre signe d’une certaine ambivalence de la population ».

Au final, les Français ne souhaitent pas véritablement instaurer des chartes visant à réguler cette porosité des frontières entre sphère privée et sphère professionnelle. 


Régis Bigot, Patricia Croutte, Emilie Daudey. La diffusion des technologies de l’information et de la communication dans la société française (2013), CREDOC, Rapport n°297, novembre 2013. Disponible à l'adresse : http://www.credoc.fr/pdf/Rapp/R297.pdf


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