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Les pratiques des SMS des élèves

Présentation d'un travail de recherche dirigé par Josie Bernicot, professeure à l'université de Poitiers, pour le Centre Henri Aigueperse, auprès d'un échantillon d'adolescents francophones. L'étude analyse dans un premier temps les SMS et l'orthographe chez des collégiens de 11-12 ans puis s'intéresse au « rôle de l’âge de l’expertise et du genre sur la longueur, la structure et la fonction sociale des SMS chez des collégiens et lycéens de 13 à 18 ans ».

L'étude résulte d'une commande du Centre Henri-Aigueperse / UNSA Éducation en collaboration avec l'IRES (Institut de Recherches Economiques et Sociales) dans le cadre d’une recherche dirigée par Josie Bernicot, professeur des universités à l’université de Poitiers (laboratoire CeRCA, Centre de Recherches sur l’Apprentissage et la Cognition). Les résultats de la recherche s'appuient sur un corpus de 5 000 SMS produits dans la vie quotidienne par des collégiens de 6ème et de 5ème, les participants n'ayant jamais possédé ou utilisé de téléphone mobile avant le début de l'étude. Le rapport se base également sur un ensemble de 1131 SMS issus du corpus « smspourlascience » de Fairon, Klein & Paumier (2006) et donne lieu à la réalisation d'une revue de la littérature dans le domaine des SMS.

SMS et orthographe traditionnelle

Selon l'étude, les SMS, abréviation de Short Message Service (« Service de Messages Succincts ») sont caractérisés par la densité de « textismes » (changement dans la forme orthographique d'un mot par rapport à l'écrit traditionnel).

Les résultats soulignent que la « corrélation entre niveau en orthographe traditionnelle et la densité de textismes est variable » : elle peut être  soit absente (textismes en accord avec le code traditionnel et orthographe), soit positive (textismes en rupture et orthographe d’usage en début de pratique des SMS) ou négative (textismes en rupture et orthographe de règle au bout d’un an de pratique des SMS). En règle générale, les élèves forts ou faibles en écrit traditionnel au début de l'expérimentation restent au même niveau pendant un an quelque soit leur pratique des SMS.

Âge, genre et pratiques des SMS

Cette deuxième partie de l'étude se base sur un corpus de 1131 SMS produits en situation naturelle par 115 adolescents francophones âgés de 13 à 18 ans (issus du corpus smspourlascience de Fairon, Klein & Paumier, 2006). L'analyse a porté sur l’effet de l’âge, du genre (masculin/féminin) et de la pratique des SMS (récente et rare/ancienne et fréquence) sur la longueur des messages (nombre de caractères avec espaces et nombre de mots), leur structure dialogique (avec ou sans ouverture et clôture) et leur fonction (informationnelle/relationnelle).

Concernant la longueur, les observations du rapport indiquent que la supériorité des filles sur les garçons (habituellement relevée dans la littérature) se remarque surtout à 15-16 ans et uniquement chez ceux qui ont une pratique ancienne et régulière. 75 % des messages produits n'ont pas la forme classique (absence d'ouverture et de clôture). La proportion des messages ayant une dimension relationnelle s'avère également supérieure à celle des messages comportant une fonction informationnelle uniquement pour les adolescents âgés de 15-16 ans.

SMS et pédagogie

Selon les conclusions du rapport, « Les avancées théoriques et les données les plus récentes [...] définissent les SMS comme un nouveau registre de la langue écrite ». L'étude préconise  l'apprentissage des variations des formes de la langue écrite en fonction des situations de communication, sans ignorer l'importance de l'acquisition de la langue écrite "traditionnelle" pour l'apprentissage des connaissances au sein des établissements scolaires. Cela dit, poursuit l'étude, il pourrait être intéressant de reconnaître ces autres pratiques de langue écrite pour pouvoir enseigner la variation des formes et l'adéquation entre formes linguistiques et situation sachant en outre qu'aucune étude « n'a démontré de lien négatif entre la pratique des SMS et la maîtrise de l'écrit traditionnel ».  


Sources et références complémentaires

Présentation de l'étude : http://cha.unsa-education.com/spip.php?article69#nb2

L'étude proprement dite :

Résumé en deux pages du rapport final (PDF – 488.2 ko)

Synthèse en une dizaine de pages du rapport final (PDF – 523.3 ko)

Pratiques des SmS des collégiens et lycées (J. Bernicot) : rapport final (102 p.) (PDF – 1.9 Mo)

éduscol : Pratiques d'écritures des jeunes à l'ère d'internet(étude du Girsef)

Fairon C., Klein J. et Paumier S. (2006), « Le Corpus SMS pour la science. Base de données de 30.000 SMS et logiciels de consultation », Cédérom, Presses universitaires de Louvain, Louvain-la-Neuve. 


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