La fille au bracelet

Données du film

atlantique affiche V2Réalisé par : Stéphane Demoustier

Avec : Mélissa Guers, Chiara Mastroianni, Roschdy Zem, Anaïs Demoustier

Long-métrage : France

Genre : Drame

Durée : 1h36

Année de production : 2019

Distributeur : Le Pacte

Synopsis

Lise a 18 ans, elle vit dans un quartier résidentiel sans histoire et vient d’avoir son bac. Mais depuis deux ans, Lise porte un bracelet électronique car elle est accusée d’avoir assassiné sa meilleure amie.

Récompenses

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Critiques de presse

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A regarder

  • La carte postale de Stéphane Demoustier   La fille au bracelet carte postale
  • Notre interview du réalisateur :

- Sa formation professionnelle

- Le choix de Chiara Mastroianni

- Le choix du lieu : le tribunal

- Les films de procès

- Filmer Lise

- Le lien entre les parents de Lise

- Le lien avec Camus

- Laisser un doute

- Le travail du montage

- Les chiffres (temps de tournage et budget)

- Travailler avec sa soeur Anaïs Demoustier

- Filmer l'adolescence

- Le personnage du petit frère

- Conseils pour de futurs réalisateurs...

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Commentaires

2020/02/26 12:56 #2019-la-fille-au-bracelet-1
Lycée PRO Arago, Nantes, académie de Nantes
« La Fille au bracelet », un procès à Nantes


Dans son film sorti en février 2020, Stéphane Demoustier raconte l'histoire de Lise (Mélissa Guers), une adolescente de 18 ans accusée d'avoir tuée sa meilleure amie Flora. Depuis deux ans elle porte donc un bracelet électronique à sa cheville.

Le film montre le procès de Lise jusqu'au verdict final, il montre aussi la vie d'une nouvelle jeunesse, parfois incomprise par les plus grands comme ici les parents de Lise qui apprennent de nombreux faits sur leur fille. Le doute toujours présent le film nous laisse imaginer tous les scénarios possibles.
Il dénonce les nouveaux phénomènes d'internet comme le « revenge porn », c'est le fait de publier des vidéos ou photos à caractère pornographique pour se venger de quelqu'un.
Il montre aussi une sexualité de nouveaux ados en parlant de fellations, de rapports sexuels entre ami(e)s... Les acteurs collent parfaitement avec leur rôle surtout Roschdy Zem qui joue le père le Lise, un père qui en apprend beaucoup sur sa fille mais qui la soutient malgré tout.

Pour conclure, j'ai vraiment beaucoup aimé ce film qui m'a fait souvent changer d'avis sur le coupable et laisse planer le doute jusqu'à la fin. La dernière scène du film m'a laissée sur ma faim, elle laisse à chacun la liberté de croire ce qu'il veut.

Léna Friconneau- TERA
Lycée des Métiers. Arago. Nantes
2020/03/10 20:20 #2019-la-fille-au-bracelet-2
Lycée François Ier, Le Havre, académie de Rouen
Une cour de justice justifiant l'enfermement

"La fille au bracelet " interprète une affaire judiciaire.
En intégrant une fille des plus ordinaires.
Mais fut révélée sa face cachée.
Qui était au plus grand des regrets de sa famille bien-aimée.
Cette histoire est éprise de suspense.
À certains moment où l'on plonge dans un silence.
Qui ne fait qu'accroître l'absence de confiance.
Elle est accusée d'un acte atroce
Qui la raccroche à une vie de tous les regards du corps de justice.
Et fut observée de nombreux regards remplis de mépris.
Elle se retrouve à la cour pour le meurtre de sa meilleure amie.
Qui avait sur les photos les couleurs d'une mie.
Ce film réalisé par Stéphane Demoustier
A eu pour projet
D'évoquer l'incompréhension des parents
Vis à vis de leur fille devenant une difficile énigme.
Il s'est implanté sur un drame judiciaire.
Touchant deux familles des plus unitaires.
Les acteurs ne jouent pas de manière spécifique.
Je retrouve la volonté de faire paraître l'émotion
Au sein du personnage de Lise
Ce qui déclenche l'intention
Des lecteurs de s'attacher comme pour de la lyre.
Certaines scènes étaient intenses.
Les silences qui sont pris comme une défaillance
Accablent l'accusée
Qui est privée de liberté
Jusqu'à celle de sa pensée
À cette fin de procès
Un ruisseau s'écoule de ses yeux
Où elle énonce deux vérités
Qui pourrait bien tous faire basculer
Ce fut un procès à mes yeux
Un peu montagneux.
On lui rend sa liberté
Par la rupture de ce bracelet
Qu'elle remplace par un collier
Et elle s'abstient de se libérer
Elle marche vers une nouvelle vie
Contrôler non pas par ces envies
Mais par le reste de sa meilleure amie.
Elle s'est fait emmener sur cette plage
Sans que l'on puisse voir ce qui a pu se passer
Elle sort de cette cour sans que l'on puisse voir ce qui se passera.
Pourra t-elle tourner la page
C'est cette question qui restera.


Sabrina Mounine, classe de 1ére 2, lycée François 1er, Le Havre.
2020/03/10 20:27 #2019-la-fille-au-bracelet-3
Lycée François Ier, Le Havre, académie de Rouen
La bataille de Lise Bataille

Film, pourquoi nous toucher autant?
À travers des scènes juridiquement
Reflétant le quotidien de personne incomprises
Incomprises et inentendues à bon entendeur
Accusées de meurtres dont ils ne sont même pas l’auteur
Comme cette fille : Lise Bataille
Menant elle seule sa propre bataille
Accusée de meurtre de sa propre meilleure amie
Ceci n’est pas une vie
Et toi, suspense ?
Du début jusqu’à la fin tu es présent
Grâce à toi on se pose des questions sans cesse
Une question revient souvent et même maintenant
« Si ce n’est pas elle, qui est-ce? »
Puisque en réalité qui l’a tuée ?
À la fin l’accusée est libérée
Mais le coupable est toujours en suspens
Et toi, rôle ?
Toi qui nous aide à la formation de ce merveilleux film
Ton rôle est si professionnel
Si bien joué et si peu superficiel
Chaque rôle est à l'autre différent
Fille accusée mais innocente
Père inquiet
Mère perdue
Petit frère perturbé
Rôle qui nous sont inconnus
Et puis toi, émotion ?
Grâce à toi ce film est mouvementé
Incompréhension, peine, tristesse, joie, colère
Tous sont présents
Et même pas une ne manque
Incompréhension d’une arrestation
Colère d’une mère
Peine d’une haine
Tristesse d’une traîtresse
Et joie d’une liberté
Et toi enfin, Auteur ?

Toi qui as réalisé ce film
Tu nous transmets une morale à la hauteur ,
À la hauteur de toi, auteur
Grâce à toi nous comprenons une chose:
Lors d’un meurtre nous pouvons être accusés de toutes choses
La justice soit vous accusera ou au contraire vous aidera
Dans le cas de Lise bataille
La justice a choisi de faire d’elle la coupable
Alors que celle-ci a fini par être plaidée non coupable
La justice n’a donc pas tout le temps raison
Malgré toutes les preuves qui portent à confusion.

Anaïs Marrier, Première 2, Lycée François 1er, Le Havre.
2020/03/13 11:46 #2019-la-fille-au-bracelet-4
Lycée Marcelin Berthelot, Questembert, académie de Rennes
LA FILLE AU BRACELET


Ce drame criminel nous plonge dans une histoire singulière et réaliste, celle de Lise, une jeune femme accusée du meurtre de sa meilleure amie.

Au-delà d’une affaire criminelle, le réalisateur pose alors une question : “que savons-nous de la vie des adolescents ? ”. C’est d’ailleurs cette question qui dirige le film, elle est sous-entendue dans l’intrigue du film “Lise est-elle responsable du meurtre de Flora ?”.



Le film met l’accent sur trois lieux; la maison au bord de plage près de l’endroit où Lise s’est fait arrêter, sa résidence principale où elle a passé la majeure partie de ses deux ans en liberté conditionnelle et le tribunal où se déroule son procès.

Ces trois lieux sont imprégnés de ses accusations pour meurtre. Ainsi ces endroits devraient être source de stress, mais pas pour Lise, qui semble faire preuve d'indifférence et vivre sa vie dans le plus grand des calmes, elle retourne même devant la maison de sa meilleure amie, synonyme de “scène de crime”.

L’intrigue du film, le procès, semble jouer en la défaveur de Lise mais hormis les vidéos présentées comme pièces à conviction, aucune scène ne se déroule dans le passé, tout se joue sur l’instant présent, le spectateur n’a aucune information de plus que ce qui est montré à l’écran.

Les vidéos présentées lors du procès ouvrent la question de la vie des adolescents, en effet la vie sexuelle de Lise semble surprendre ses propres parents et plus particulièrement son père. Les preuves contre Lise sont minimes, aucune arme du crime n’est présentée, c’est alors sur ces secrets que l'avocate de la défense joue.

Le spectateur doit alors prendre parti, au même titre que les jurés, Lise est-elle coupable du meurtre ?

L’absence de coupable identifié n'enlève rien à la qualité du film, mais ce n’est pas pour autant que la culpabilité ou l'innocence de Lise sont résolues, bien au contraire. En effet, après le dénouement, une belle scène nous montre Lise enlevant son collier qui l’a suivie durant ses deux ans de captivités afin de le substituer à son bracelet électronique qui a accompagné sa cheville depuis ses 16 ans.



La fille au bracelet est un film d’une beauté simple du fait de la fluidité des scènes, des décors sobres et de la sincérité (ou non) qui se dégage de chaque personnage. Je recommande vivement ce long-métrage qui, malgré le fait qu’il soit le reflet de la réalité, offre un point de vue subtil sur l’idée de secret et de liberté.

Randa Chouat
2020/03/15 13:36 #2019-la-fille-au-bracelet-5
Lycée Marcelin Berthelot, Questembert, académie de Rennes
LA FILLE AU BRACELET – Stéphane Demoustier - 2020




Adolescence coupable



Un meurtre, un accusé puis un procès. Voilà une intrigue qui ne manque pas d’interpeller les spectateurs, d'autant plus lorsque celle-ci tourne autour d'une adolescente accusée du meurtre de sa meilleure amie.

« La fille au bracelet » relate avec un tel réalisme une histoire inventée de toutes pièces que les spectateurs se sentent en totale immersion avec les différents drames qui entourent le procès. Tout au long de l'histoire, ils se perdent entre deux idées : Lise est t-elle coupable d'un tel crime ou non ? C'est là que le réalisateur effectue un travail remarquable autour de la véracité du procès, notamment grâce aux faits qu'il lui apporte. Il a, pour apporter cette authenticité au film, assisté à de nombreux procès et dialogué avec plusieurs juges et avocats afin que son film soit au plus proche de la réalité.

Maintenant, pouvons-nous dire que le film a le pouvoir de faire ressentir aux spectateurs des sentiments en adéquation avec chaque scène ? Si la balance qui s’opère entre le « coupable » et le « non coupable » en est un élément, alors oui, le film semble parfait à ce jeu là. C'est à cause des réactions de Lise mais principalement à cause des paroles et des agissements de l'avocate générale qu'un tel ressenti est possible.



Même si les réactions de l'accusée semblent lui faire perdre toute innocence aux yeux des jurés, c'est la conviction de l'avocat général qui fait de l'adolescente la coupable parfaite aux yeux du reste du monde. Cette dernière utilise des arguments contre l'accusée qui semblent n'avoir aucun rapport avec le crime en lui-même puisque, pour elle, l'adolescence de Lise est un mobile de meurtre.

De là, le jugement que possèdent les jurés est faussé : l'avocat général dénigre tellement l'adolescente et la femme qu'est Lise qu'elle détruit au fur et à mesure son image aux yeux des jurés, de ses parents et des autres personnes dans la salle.

Lise, à un moment donné, paraît donc aux yeux des spectateurs, la coupable idéale. Pourtant, il ne faut pas oublier que ce sont les mots crus utilisés par l'avocate qui leur font ressentir cette idée. C'est notamment lorsqu'elle évoque la sexualité de la jeune fille avec un tel dédain que les spectateurs commencent à douter de la crédibilité des preuves qui accablent l'adolescente. Ces derniers remarquent alors le caractère exagéré des arguments de l'avocate qui utilise la sexualité, selon elle, très ouverte de la jeune fille, comme élément de preuve. L'adolescence n'est-elle pas la période la plus instable des jeunes, le moment où ils se cherchent et se lancent, comme Lise, dans des expériences inédites ?



Le procès de Lise pèse beaucoup sur les spectateurs notamment par la force avec laquelle le réalisateur montre l'avocat général cherchant à prouver la culpabilité de l'accusée. Pourtant, même si les paroles de cette dernière peuvent être crues et insensées, l'accusée elle-même fait ressentir aux spectateurs sa culpabilité lors de certaines scènes. De cette manière, les spectateurs, tout au long du film, sont partagés entre deux idées. D'un côté, même si les arguments de l'avocat général pour faire emprisonner Lise peuvent parfois paraître exagérés, certains d'entre-eux semblent véridiques ce qui pousse les spectateurs à douter de l'innocence de l'accusée. De l'autre, les réactions de Lise face à toutes ces accusations sont elles-mêmes une balance entre la culpabilité et l'innocence. Alors, parmi toutes ces hésitations que nous font ressentir le réalisateur et les acteurs, lesquelles sont les bonnes ? Lise est-elle coupable du meurtre de sa meilleure amie ou est-elle accusée à tort à la place du véritable assassin ? C'est la force du film que de nous laisser libre d'en juger, de placer les spectateurs dans la situation difficile des jurés.



Morio Maëwenn, TL

Lycée Marcellin Berthelot, Questembert

2020/03/21 15:44 #2019-la-fille-au-bracelet-6
Lycée La Fayette, Clermont-Ferrand, académie de Clermont-Ferrand
Un si grand trouble...

Mais que peut-il bien se cacher derrière le visage impassible, froid et même parfois arrogant de Lise ? Pourquoi est-elle si inactive devant l'accusation dont elle fait l'objet. C'est la question obsédante qui nous taraude durant tout le film de Stéphane Demoustier, La fille aux bracelets. En cela le réalisateur a déjà réussi son pari : c'est un film profondément immersif dont on ne sort pas indifférent voire indemne. Il nous faut juger, prendre partie. Difficile de rester à l'extérieur d'une histoire si poignante. D'ailleurs n'est-ce pas nous qui nous reflétons dans la vitre qui sépare l'accusée du public ?
Il y a le côté obscur de Lise. Son attitude mutique nous exaspère alors et tout vient nous prouver qu'elle est coupable : ce long moment passé au parc avec son petit frère sans aucun témoin, cette dispute violente avec Flora quelques jours avant sa mort, son côté " fille facile" qu'une partie de nous-mêmes ne peut s'empêcher de condamner.
Et puis il y a sa force. On peut penser qu'elle garde sa douleur pour elle. Sûre de son innocence, pourquoi, de quoi se défendrait-elle ? Lorsqu'elle fugue c'est pour se recueillir sur le lieu d'hommage et de mémoire rendu à Flora. Elle sort alors de sa retraite pour se rendre en pélerinage. Enfin viendront les larmes, tant attendues, cette sensibilité, cette fragilité qui s'offrent à la mère de la victime et bien sûr à nous-mêmes.
Le scénario, la mise en scène sont remarquables, à l'unisson avec l'esthétique du film. Lorsque nous croyons savoir, le cadre est net et cadenassé. Lorsque nous doutons la profondeur de champ se fait floue, incertaine. La respiration de ce film de procès est insufflé habilement par les séquences familiales qui participent elles aussi au trouble du spectateur. L'ensemble des personnages sont interprétées de façon magistrale. Les rapports entre Lise et ses parents sont ciselés. Tous les deux tour à tour forts puis fragiles, ils sont dédouanés de toute responsabilité par l'accusée elle-même, devant témoins, lors du procès. Le petit frère est un personnage clé dans l'évolution de l'intrigue et représente pour les uns la complicité, pour les autres l'innocence, l'ange gardien malgré lui de sa soeur. L'avocate générale, mordante, acharnée, insidieuse, incarne-t-elle la justice ou l'ambition d'une jeune magistrate ? Agressive, irritante, elle est l'envers de l'avocate de la défense. Elle parle avec parcimonie mais sa parole est tout à la fois chirurgicale et humaine. Elle ne défend pas seulement Lise mais aussi les principes de la justice qui sont de fournir des preuves irréfutables et non pas de juger les mœurs d'une personne.
La fin du film entretient le clair-obscur, le net et le flou. La justice a tranché mais l'on peut encore douter de l'innocence de Lise. Et puis il y a ce collier qui vient prendre la place du bracelet électronique. Représente-t-il l'aveu de culpabilité de Lise ? La trace indélébile que cette affaire lui aura laissé ? L'amour de Lise pour Flora qu'elle entend porter avec elle toute sa vie ?
Dans ce film sur l'indécision, le doute, la versatilité de nos jugements, il ne faut pas compter sur Stéphane Demoustier pour nous donner la réponse. Frustration Mais c'est là toute la puissance de son film.

Critique collective de la seconde GT5 du lycée Lafayette de Clermont-Ferrand
2020/04/02 14:39 #2019-la-fille-au-bracelet-7
Lycée Militaire d'Autun, Autun, académie de Dijon
On se souvient de nombreux films qui se déroulent entièrement ou presque dans un tribunal ou du moins de films tournant autour d’un procès : Douze hommes en colère (1957) de Sydney Lumet, mais aussi Music Box (1989) de Costa Gavras où l’on voit jessica lange défend son père accusé de nazisme…
Ici, dans La fille au bracelet, Lise, 18 ans, incarnée par Mélissa Guers, se retrouve accusée d’un meurtre, celui de sa meilleure amie. Ce film, plutôt angoissant, attire instinctivement notre curiosité avec le titre : La fille au bracelet, qui donne envie d’en savoir plus !
Dès le début du film, nous comprenons assez vite, grâce à un flashback nous montrant Lise arrêtée sur une belle plage par des gendarmes, que sa vie va prendre un tour dramatique, que ce n’est pas celle d’une adolescente banale, et que le bracelet est un bracelet électronique qui l’assigne à résidence chez ses parents.
Par le biais de son procès, nous découvrons l’incidence que ce meurtre a sur l’entourage de Lise et surtout la relation qu’entretient l’adolescente avec ses parents, ce qui est le vrai sujet du film.
J’ai adorée ce film car nous sommes pris dans ce procès – même si parfois nous sommes amenés dans la maison de Lise, ou dans la rue, l’essentiel se déroule au tribunal, lieu de nombreux rebondissements. Nous sommes fascinés par l’importance de la parole qui nous fait tantôt croire en la culpabilité de Lise, tantôt en son innocence. Les mots sont forts, les témoignages sont tous palpitants et l’avocate générale, par son éloquence, et son pouvoir, rend tout ce qu’elle dit glaçant. Elle nous convainc presque, avec son air hautain, que Lise est coupable.
Cependant, lorsque le film se termine, je n’ai malheureusement pas ressenti d’émotion particulière alors que c’est la fin d’un procès terrible !

Joanna BENVEL

2020/04/02 14:40 #2019-la-fille-au-bracelet-8
Lycée Militaire d'Autun, Autun, académie de Dijon
La fille au bracelet est un film qui retrace le procès de Lise, une jeune fille de 18 ans accusée depuis environ deux ans du meurtre de sa meilleure amie, Flora. Durant tout le film nous suivons son procès, entrecoupé de quelques séquences familiales puisque Lise, munie d’un bracelet électronique, peut rentrer chez elle le soir.
Lise nous apparaît impassible, aucune émotion visible ne se lit sur son visage, elle est froide, et indifférente. Mais au cours du procès, ses parents découvrent une nouvelle facette de leur fille, une adolescente ouverte d’esprit et que rien n’arrête : ses mœurs sont bien plus libres que ce qu’ils n’auraient pu imaginer. Par l’absence de preuves tangibles, Lise nous semble innocente mais dès que l’avocate générale prend la parole, le doute s’impose, et il nous est impossible de saisir sa personnalité.
Pourtant la culpabilité de Lise n’est pas la vraie question que fait naître ce film. Que savent vraiment les parents de la vie intime de leurs enfants qui à certains égards leur sont étrangers ? Que savent les adultes des codes et des relations des adolescents, des relations amoureuses en particulier ? Nous voyons une famille aisée, ouverte d’esprit, où l’on discute… et qui pourtant semble découvrir une autre personne que l’adolescente qu’ils croyaient connaître. On peut donc se poser une multitude de questions : faut-il avoir une confiance aveugle en ses enfants ? Est-il bon de les surveiller, de discuter avec eux de faits dont ils ne veulent pas parler naturellement, au risque de faire intrusion dans leur jardin secret ?
Le films soulève toutes ces questions, mais sans pourtant apporter de réponses : c’est à nous d’y répondre.

Lisa SCHAEFFER

2020/04/02 14:41 #2019-la-fille-au-bracelet-9
Lycée Militaire d'Autun, Autun, académie de Dijon
Lise a 18 ans et vient d’avoir son bac. Mais depuis deux ans, sa vie est loin de ressembler à celle des ados de son âge : accusée du meurtre du sa meilleure amie, elle doit porter un bracelet à la cheville qui l’assigne à résidence chez ses parents.
Le film dévoile le déroulement du procès, et s’attarde sur l’incidence qu’il a sur l’entourage de Lise, avec une sobriété qui souligne la tragédie de l’affaire.
Suivre le procès de Lise pas à pas est fascinant, se laisser convaincre de son innocence puis de sa culpabilité, puis de nouveau de son innocence jusqu’à ne plus savoir que penser est très adroit de la part du scénariste.
Les mots sont crus, parfois injustes, les témoignages poignants, et les discours de l’avocate générale sans merci. Le cérémonial du procès et son ton grave rendent l’énumération des accusations glaçante, et chacun des personnages cède à la pression, tandis que l’énigmatique Lise, interprétée par Melissa Guers, laisse planer le doute de bout en bout.
On ne peut qu'adorer et rester cloué au fond de son siège, complètement emporté par ce drame judiciaire haletant. Mais l’intérêt principal du film n’est pas de savoir si Lise est coupable ou non !
En effet La Fille au bracelet est aussi une tragédie familiale, puisque le procès de Lise déchire ses proches (c’est pourquoi le film interroge les points de vue de tous les membres de sa famille) et propose une réflexion sur les rapports difficiles entre une adolescente et ses parents.
Tous les personnage réagissent très différemment, et les acteurs qui les incarnent sont extraordinaires. On peut notamment retrouver Roschdy Zem, nommé à de multiples reprises aux Césars (encore cette année !) et à juste raison. Il incarne un père à la fois inquiet et dur, qui s’est muré dans une carapace pour soutenir sa fille, alors qu’elle menace à chaque instant de tout faire voler en éclat.

Merlin GAUCHET

2020/04/02 14:42 #2019-la-fille-au-bracelet-10
Lycée Militaire d'Autun, Autun, académie de Dijon
Le film de Stéphane Demoustier, La fille au bracelet, retrace l’histoire et le procès d'une jeune fille nommée Lise Bataille; accusée de meurtre de sa meilleure amie. L'intrigue se fonde – du moins le croît-on au début, sur une seule et même question : « qui a tué ? »
A travers cette interrogation, le producteur explore différentes visions de la société d'aujourd'hui. Premièrement, il dresse un tableau de la justice française puisque l’essentiel du film se passe lors des audiences – même si le personnage du juge d'instruction, certains retournements de situation improbables ou encore des révélations qui arrivent au fur et à mesure du déroulement de l'histoire et en modifient le cours, si tout cela relève en partie de clichés cinématographiques
Mais ce qui est le plus intéressant, c’est la réflexion sur la place de la femme dans notre société. Le passage qui le montre le mieux est celui où la juge qualifie l'accusée de « fille facile » au motif qu’elle a eu plusieurs rapports sexuels. Ce film est, parmi ceux que nous avons vus, celui qui m'a le plus intéressée. En effet, tout au long de l'histoire nous sommes immergés dans le procès au point de nous sentir impliqués directement dans l'affaire.
A aucun moment nous ne saurons la vérité sur la mort tragique de Flora, ce qui laisse au spectateur une grande liberté en lui permettant d’imaginer sa propre fin. Lisa a-t-elle tué Flora par jalousie envers son copain ? Ou alors, est-ce le copain de la victime qui n'aurait pas supporté la relation qu'entretenait ces deux meilleures amies ?. Tant de questions restent en suspens. En outre, cette situation est propre à nous mettre a la place des jurés : nous nous identifions à eux, vivons leurs doutes, ce qui rend le film d’autant plus prenant.
A travers un procès qui se présente comme une enquête policière, ce film dénonce plusieurs aspects négatifs de notre société d'aujourd'hui (le manque de communication entre les parents et leurs enfants, le danger des réseaux sociaux, peut-être à l’origine du drame…) mais de façon subtile, sans caricature. C'est donc pour cela que ce film me plaît, il pousse chaque spectateur à s'interroger.
Un film à la fois prenant, instructif, utile.
Léane DOURDIN

2020/04/05 18:21 #2019-la-fille-au-bracelet-11
Lycée d'Alembert, Paris, académie de Paris
" La fille au bracelet " est un film de Nicolas Demoustier, film que l’on pourrait qualifier de « drame juridique » car une bonne partie de l’intrigue se passe dans un palais de justice. Dans cette histoire Bruno (excellent Roschdy Zem) et Céline (glaciale Chiara Mastroianni) voient leur vie de famille basculer lorsque Lise, leur fille de 17 ans, est accusé de meurtre de son amie, Flora. Lise vit avec un bracelet électronique depuis qu’elle a été arrêtée pendant l’été où a eu lieu le meurtre alors qu’elle était sur la plage en compagnie de ses parents et de son petit frère, Jules. Deux ans après le crime, le procès va avoir lieu.
Le film déroule donc le procès de cette jeune lycéenne intrigante qui a l’air de n’éprouver aucun sentiment presque jusqu’à la fin et il nous confronte à la vie de sa famille qui ne va plus tourner qu’autour de ces jours dans la salle d’audience où le destin de Lise va se jouer. C’est aussi la force du film: nous parler de l’adolescence et de la famille, de cette période où les parents réalisent qu’ils ne connaissent rien de leur enfant. En effet on reste très préoccupés pas l’attitude de la jeune accusée au point de se demander jusqu’où est la part de vérité ou de mensonge. On attend aussi le dénouement de cette sombre affaire et les scènes d’audience, très réussies, sont captivantes. La tension dans la salle d’audience devient de plus en plus étouffante, ce que le jeu des avocates va encore renforcer par leur interprétation excellente. Nous avons particulièrement aimé le personnage de l’avocate de Lise (Annie Mercier) car elle n’est jamais dans le jugement et a toujours les arguments qu’il faut pour contrer ceux de l’avocate générale (impassible, exaspérante et géniale Anais Demoustier). Ces deux personnages rendent le film très réaliste. Lise (Mélissa Guers), prisonnière dans sa cage de verre est également interprétée brillamment. Le rôle du père est très réussi: il est très empathique et conseille sa fille comme un père aimant.
On regrette cependant de voir si peu la mère et on aurait bien aimé savoir qui a commis le meurtre à la fin. Mais c’est un film qui fait réfléchir et que nous recommandons car nous l'avons beaucoup aimé.

Stéphane Virgile, Sedi Soumaré (LPO d'Alembert, Paris)
2020/04/08 11:05 #2019-la-fille-au-bracelet-12
Lycée PRO du Toulois, Toul, académie de Nancy-Metz
"La fille au bracelet" est un film racontant l'histoire de Lise, accusée du meurtre de sa meilleure amie Laura. Lise est à ce moment-là une adolescente banale de seize ans. Pendant deux longues années, la vie de cette jeune femme sera surveillée par tout le monde. Elle perdra son adolescence à essayer de prouver qu'elle est innocente.

Ce film m'a touchée parce que la protagoniste a notre âge au début du procès. Le film montre que les adultes ne connaissent pas leurs enfants ou du moins ils connaissent seulement ce qu'ils veulent bien leur dire. Je trouve cela extrêmement réaliste et je pense que les gens devraient se poser des questions sur leurs enfants et sur eux-mêmes. Tout le monde pense tout savoir sur la vie des autres.

Je pense que ce qu'il se passe dans l’histoire pourrait très bien arriver ou être déjà arrivé. Les émotions sont très fortes dans ce long-métrage intense et réaliste. Les acteurs n'y sont pas pour rien. Leur jeu est puissant, ce qui rend le film encore plus touchant et intrigant. Le suspense est très présent du début à la fin : et même maintenant, je me demande encore si Lise était coupable ou non.

Il y a des passages où j'ai douté qu'elle soit coupable et d'autres moments où j'ai pensé qu'elle était coupable (comme par exemple quand le petit frère de Lise a trouvé le couteau ou même à la fin quand elle met le collier autour de sa cheville…). J'ai trois hypothèses :
la 1ère, c'est qu'elle est vraiment coupable ;
la 2ème, c'est qu'elle se sent coupable de l'avoir laissée seule, la porte d'entrée ouverte ;
la 3ème, c'est qu'à force d'être accusée et de porter le bracelet, elle a l'impression d'être coupable et elle a perdu l'habitude d'être libre, ce qui expliquerait le fait qu'elle remette quelque chose à sa cheville...

Il y a certaines scènes qui m'ont surprise et auxquelles je ne m’attendais pas (comme celle où l'on voit le cadavre de son amie ou encore celle où Lise s'adresse à la mère de Flora en s'excusant de l'avoir laissée seule dans la maison). J'avoue que cette scène m'a fait fondre en larmes, ainsi que beaucoup de filles de la classe.

En bref, ce film m'a énormément plu et je le conseille fortement. Il est très touchant et très immersif, ce qui me plaît énormément. « La fille au bracelet » est pour moi le meilleur film des sept proposés dans le cadre du prix Jean Renoir. Comme on dit, on garde toujours le meilleur pour la fin.

Azélie DA MOTA, 1ère MMV
Lycée des métiers du Toulois
2020/04/08 11:14 #2019-la-fille-au-bracelet-13
Lycée PRO du Toulois, Toul, académie de Nancy-Metz
La fille au bracelet se nomme Lise, elle a 18 ans.
Depuis qu'elle a été accusée de meurtre, elle porte un bracelet électronique. Tout au long du film, on assiste au jugement de Lise. On suit son procès dans les moindres détails. Plusieurs témoins sont présents et défilent devant elle. Le réalisateur nous fait réfléchir sur le mensonge et la vérité, jusqu'à la toute fin. On pense qu'elle n'est pas coupable mais à un moment on doute quand même d'elle. La fin reste très intéressante, même si ce n'est pas mon style cinématographique.

Tout d'abord, on commence à cerner sa relation avec ses parents, ses amis proches et moins proches. J'aime beaucoup la façon dont le réalisateur nous fait découvrir le personnage et l'histoire en elle-même. Chaque scène est très importante dans la compréhension du film. On peut se faire sa propre image et son propre avis sur Lise. J'ai échangé avec des amies nos avis, et nous avons par exemple quelques différences sur la façon d'interpréter la fin.

La réalisation est très soignée, il y a des plans proches des personnages qui font ressentir ce qu'ils vivent. Certaines scènes sont troublantes, notamment celles où Lise reste silencieuse dans des moments où elle devrait réagir. C'est surtout le cas quand le juge demande comment elle se sent lorsqu'elle voit au tribunal les photos de son amie décédée. Quand elle reste silencieuse, le spectateur se pose beaucoup de questions par rapport à son honnêteté dans cette histoire. La mise en scène accroche beaucoup le public, parce qu'elle installe une ambiance de suspense, sans l'utilisation de dialogues.

Je finirai sur les personnages. Le jeu des acteurs est très crédible. Il nous tient en haleine du début à la fin. Surtout le personnage de Lise (premier rôle au cinéma de Melissa Guers), qui suit avec un certain détachement le déroulement de son procès. Par exemple, quand son petit frère retrouve le couteau qui pourrait faire basculer l'affaire en sa faveur, elle réagit d'une façon incompréhensible en trouvant qu'il n’a pas d’importance dans le jugement. Or une personne « normale » sauterait de joie en voyant qu'une pièce à conviction serait ainsi écartée. Les réactions de son père (joué par Roschdy Zem) sont très convaincantes et révèlent son incompréhension, et cela confirme la nôtre.

J'ai vraiment aimé ce film, même si la fin me laisse perplexe. Ce n'est pas mon style de film habituel, comme je l'ai dit un peu plus haut. Le suspense de la fin reste tout de même intéressant, parce que j'arrive à inventer une fin plausible mais nous n’avons pas tous la même interprétation, donc « La fille au bracelet » peut être un bon sujet de débat. Je pourrais facilement le conseiller à mon entourage. Je pense qu'il peut toucher un large public et ouvrir les esprits. Parce que même si ce n'est pas mon style, j'ai quand même beaucoup accroché.

Kassie BOUTROUT, 1ère MMV
Lycée des métiers du Toulois
2020/04/08 11:18 #2019-la-fille-au-bracelet-14
Lycée PRO du Toulois, Toul, académie de Nancy-Metz
Meurtrière, amoureuse ou juste ado banale ?

Dès la bande-annonce, j'ai accroché au film, j'adore ce genre de films sur des enquêtes autour de meurtres.

J'ai adoré ce film, il m'a même fait pleurer à la fin ! Au début, on ne comprend pas pourquoi les policiers emmènent Lise. Deux ans plus tard, quand on voit le bracelet électronique, on comprend enfin. L'histoire de cette fille m'a beaucoup plu. J’étais énervée quand le père lui retirait encore plus de liberté, alors qu’elle n’en avait déjà pas. J'ai adoré le frère de Lise, le genre de petit garçon un peu têtu et un peu pénible, il était rigolo. Et la mère, je ne sais pas trop quoi en penser... Elle faisait juste son rôle de maman, à essayer de protéger sa fille contre toutes les accusations, mais ça reste le personnage que j'ai le moins aimé !

Je ne sais pas trop pourquoi car je l'apprécie quand même... mais sans plus... Lise m'a surprise à la fin car on dirait qu’elle se moquait de cette affaire. Elle, ce qu'elle voulait, c’était peut-être aller en prison, en tout cas c’est ce que j'ai ressenti et finalement elle m'a pris d'émotion à ce moment-là. J'ai beaucoup aimé cette histoire car on retrouve plein de choses du quotidien, de nous les ados de 16/18 ans. Par exemple, les filles seraient des filles faciles parce qu’elles ont des relations sexuelles, mais les garçons sont quoi dans ce cas ? Sa réponse est tout à fait ce que plein de personnes disent ou pensent tout bas. Tout le monde s'en moque malheureusement car ce ne sont pas des garçons faciles, ce sont des « bon gars ».

J'ai beaucoup aimé aussi le fait que la relation entre Lise et Flora soit cachée, ça reflète ce que beaucoup de filles font par peur des critiques. À la fin, je pense que Lise est réellement amoureuse de Flora mais pour l'oublier, elle fréquente des garçons.

La vidéo de Lise qui fait une fellation est comme un avertissement pour certaines personnes, pour dire même ta meilleure amie peut te salir ! Une vidéo peut te suivre loin et on peut s'en servir contre toi comme l’a fait l’avocate générale (que je hais plus que tout). Des menaces banales que tout le monde utilise peuvent être aussi retournées contre toi et pourtant c’est juste la colère qui parle, rien de plus... Aucun acte... Enfin... on ne sait pas qui est le coupable malheureusement, j'étais déçue de ne pas savoir qui est le meurtrier... ou la meurtrière...

Le collier à sa cheville à la fin, je pense que c’est sa façon de dire « si j'avais été là... si je n’étais pas partie... ». Je pense que ça remplace le bracelet électronique, comme si elle se condamnait pour l'avoir abandonnée... Ou tout simplement c’est elle la meurtrière et c’est pour lui rappeler sa culpabilité en le mettant, comme si c'était le bracelet électronique, mais je préfère ma première version.

Ça change des histoires meurtrières avec des adultes, c’est ce qui m'a beaucoup plu car je trouve qu'on n’en voit pas assez des aussi intrigantes, c’est pour tout cela que ce film est l'un de mes préférés de la compétition !

Océane GUERTNER, 1ère MMV
Lycée des métiers du Toulois
2020/04/08 11:25 #2019-la-fille-au-bracelet-15
Lycée PRO du Toulois, Toul, académie de Nancy-Metz
Coupable ou non ?


"La fille au bracelet" est un film de Stéphane Demoustier. Il raconte l’histoire du procès d’une jeune fille de 18 ans accusée pour le meurtre de sa meilleure amie.

L’histoire est très intéressante car ce sont des faits qui se passent dans la vie de tous les jours. Problèmes entre meilleures amis, vidéos compromettantes sur le web, soirées alcoolisées qui finissent mal… On peut se faire juger pour plein de raisons différentes dans notre jeunesse. Là, c’est l’histoire d’une soirée entre amis, et le lendemain on se retrouve avec un meurtre sur le lieu de la fête. Flora est donc retrouvée morte dans son lit avec plusieurs coups de couteau portés sur le corps. Lise est la coupable idéale car elle s’était disputée violemment à la suite d’une vidéo sexuelle que Flora avait postée sur les réseaux. Suite à cette vidéo, Lise lui avait envoyé des messages de menaces.

Dès les dix premières minutes de ce film, on est plongé dans l’histoire et on n’arrive plus à s’en détacher, car on se pose des questions en permanence. En même temps que le procès se déroule, on se dit « non elle n’est pas coupable », puis une autre preuve arrive et on se dit « finalement si », on ne sait jamais si elle est vraiment coupable ou non du crime de sa meilleure amie. On a pu se poser toutes ces questions car, à certains moments, Lise n’a pas su répondre aux interrogations posées et a laissé des gros blancs dans la salle pendant plusieurs secondes, parfois elle a pleuré comme si elle était coupable et se reprochait de l’avoir tuée…

Dans le film, l’avocate de Lise est très importante car arrivé à la fin du procès, quand elle parle et qu’elle dit « que savons nous vraiment des jeunes d’aujourd’hui… », elle nous fait réfléchir et même son attitude, sa voix font déjà beaucoup pour la défendre. Ce qui m’a touchée également, c’est quand Lise s’est adressée à la mère de Flora pour s’excuser de ne pas avoir été là pour la soutenir dans ce moment difficile. Surtout, elle s’en veut d’être partie chercher son frère à l’école, sinon à cette heure-là son amie serait sûrement encore en vie.

A la fin du film, quand Lise est jugée non coupable et qu’on lui retire le bracelet électronique et qu’elle rattache à sa cheville le collier qu’elle porte durant tout le procès, deux questions nous viennent à l’esprit :
- Est-ce qu’elle est coupable, donc remet le collier à la place du bracelet pour se sentir toujours « prisonnière » ?
- Est-ce que le fait d’avoir eu un bracelet électronique pendant des années, une fois enlevé, elle sent un manque au niveau de sa cheville ?

Ce qui me touche personnellement est le fait que ce sont des personnes de notre âge qui jouent les rôles les plus importants. Grâce à ce film, on sait qu’une vidéo postée sur le net peut détruire la vie d’une personne et que personne n’est à l’abri de se faire trahir et de se retrouver face à un jugement comme celui-ci.

Anaïs Brizion, 1ère MMV
Lycée des métiers du Toulois

2020/04/08 11:37 #2019-la-fille-au-bracelet-16
Lycée PRO du Toulois, Toul, académie de Nancy-Metz
Un procès sans fin

Le film suit le procès de Lise, qui est accusée d'avoir tué sa meilleure amie Flora à 16 ans. Et nous voilà deux ans plus tard, on suit son procès de près. On voit clairement que le père de Lise est très inquiet et très proche d'elle. Le film n'a pas vraiment de fin, il nous laisse décider de notre point de vue si Lise est coupable ou non, et cela m’a laissée sur ma faim.

Ce long-métrage raconte la jeunesse qui parfois n'est pas comprise par les plus grands, le père de Lise pensait connaître sa fille mais durant le procès il apprend pas mal de choses sur elle. Et cela le démoralise un peu de savoir qu'en réalité il ne connaît pas sa fille, mais il la soutient quoi qu'elle fasse.

Le doute est présent à n'importe quel moment du film, on ne sait jamais de quel côté se ranger et on peut changer d'avis à plusieurs reprises.
Dans ce procès, on va même dénoncer des phénomènes d'internet, en particulier le « revenge porn », c'est le fait de publier des vidéos ou photos à caractère pornographique pour se venger de quelqu'un. Le film interroge ainsi la sexualité des adolescents.
L'avocate de la jeune fille la défend en demandant « que savons-nous des adolescents de nos jours, que savons-nous de leurs secrets, de leurs amours, de leurs amitiés et surtout de leurs envies. Et qui sommes-nous pour les juger ? ».

Il y a une scène qui est particulièrement émouvante. C'est quand Lise demande à parler à la fin de son procès. Elle évoque le fait qu'elle ait approché la maison de la mère de Flora, alors qu'elle n'en avait pas l'autorisation. Elle s'excuse aussi auprès de la mère de son amie en disant qu'elle aurait dû aller la voir et s'excuser depuis le début mais sa douleur ne lui a pas donné le courage de le faire. Elle dit enfin qu'elle aurait dû réveiller son amie au moment où elle partait pour qu'elle puisse fermer la porte de la maison à clé ou alors qu'elle aurait dû rester avec elle et peut-être que cela ne serait jamais arrivé. C'est à ce moment-là que l'on voit toute la douleur de Lise et que l'on peut penser qu'elle est innocente.

A la fin du procès, le tribunal a décidé d'acquitter Lise, alors on voit qu'elle se fait enlever son bracelet électronique. Juste avant de passer les portes et de retrouver sa liberté, elle enlève son collier et le met à sa cheville. Personnellement, je prends cela comme si elle avait quelque chose à se reprocher et je suppose que ce collier lui avait été offert par Flora, alors on peut penser que d'une certaine façon elle ne retrouve pas sa liberté.

Manuela DORGET, 1ère MMV
Lycée des métiers du Toulois
2020/04/08 11:41 #2019-la-fille-au-bracelet-17
Lycée PRO du Toulois, Toul, académie de Nancy-Metz
Ce film m’a beaucoup plu, c’est l’un des seuls films qui m’a réellement plu avec « Un vrai bonhomme ». Je le conseille fortement.

Tout d’abord parce que c’est un film qui montre le côté réel de la vie, ce n’est pas le côté le plus joyeux mais c’est bien vrai.

Je ne dis pas que les autres films, par exemple « Papicha », sont des films fantastiques, non vraiment pas, c’est juste que « La fille au bracelet » est une histoire qui se passe plus fréquemment pour beaucoup de personnes. On est directement captivé par la relation qu’avait Lise avec sa meilleure amie et tout au long du film, les mêmes questions reviennent sans cesse : « l’a-t-elle tuée ? », « en serait-elle capable ? », « ment-elle ? », mais la plus grosse question reste à la fin, je n’en dirai pas plus.

Le fait que ce soit tourné dans un vrai tribunal ajoute quelque chose, certains plans très bien réalisés permettent même de croire que nous sommes une personne qui contribue à ce procès.

Ce film regroupe de nombreux sujets : en premier lieu, bien évidemment, l’histoire du meurtre, mais aussi l’amitié, l’amour, la relation entre les parents et leurs enfants… Beaucoup de sujets qui concernent l’adolescence, une étape de la vie importante et assez difficile pour nous les ados. Premier chagrin d’amour, première expérience sexuelle et c’est vrai qu’à ce moment de notre vie, il est important de savoir parler, chaque ado sait que ce n’est pas facile mais il le faut.

C’est le message que j’ai réussi à comprendre en regardant ce film et je trouve que c’est un message qu’il faut faire passer comme a réussi à le faire le réalisateur, Stéphane Demoustier.

En ce qui concerne la fin, on a beau se poser pas mal de questions, cette fin me convient très bien.

Lyssie FOURCART, 1ère MMV
Lycée des métiers du Toulois
2020/04/08 11:45 #2019-la-fille-au-bracelet-18
Lycée PRO du Toulois, Toul, académie de Nancy-Metz
Ce film m’a énormément plu car l’actrice principale, Melissa Guers, joue très bien le rôle de Lise, ce qui m’a permis d’être dans le film. Elle a une forte présence dans toutes les scènes, celles avec suspens ou non. Roschdy Zem (le père de Lise) tient également très bien son rôle. Les deux sont mes acteurs favoris du film.

Le fait de tourner dans une véritable cour d’assisses est un vrai plus, les avocats et les juges sont plus que crédibles. On vit le procès en même temps que Lise.

Le seul point négatif est que j’ai l’impression que le film n’est pas terminé. A la fin, on voit Lise détacher son collier sur lequel il y avait eu plusieurs gros plans. Elle l’accroche à sa cheville où se situait auparavant son bracelet électronique. Est-ce parce que la justice la considérera toujours coupable à ses yeux ? Est-ce parce qu’elle a été acquittée et qu’elle devra porter les actes monstrueux qu’elle a commis ? Est-ce parce qu’elle s’en veut de ne pas être restée ?

Le message du film, à mon avis, est que les parents ne savent pas tout sur les adolescents d’aujourd’hui. Même quand ils prétendent aller bien, les parents ne savent pas tout. Les ados montrent que ce qu’ils veulent montrer.

Marion MAHAMMEDI, 1ère MMV
Lycée des métiers du Toulois
2020/04/08 11:49 #2019-la-fille-au-bracelet-19
Lycée PRO du Toulois, Toul, académie de Nancy-Metz
Lise a 18 ans, elle vit dans un quartier résidentiel sans histoire et vient d’avoir son bac. Mais depuis deux ans, elle porte un bracelet électronique car elle est accusée d’avoir assassiné sa meilleure amie.
J’ai beaucoup apprécié ce film car c’est une réalisation qui est centrée sur les adolescents et c’est très ressemblant à notre vie d’aujourd’hui. La question qui revient le plus souvent dans ce film est : « Que savons-nous des adolescents de nos jours ? » et tout au long de l’histoire, on est questionné sur cela.

Ensuite, j’ai trouvé le jeu des acteurs magnifique, surtout Melissa Guers qui interprète merveilleusement le rôle de Lise qui est très intéressant. Le fait qu’elle reste si stoïque devant les juges nous intrigue. Le rôle de l’avocate générale qui l’accuse est aussi très important car Lise représente la liberté en faisant ses choix sans se soucier des autres et l’avocate générale représente la société qui oppresse la liberté de choix et de pensée.

C’est pourquoi je vous conseille « La fille au bracelet », il vous questionnera du début à la fin et c’est un film qui ouvre les yeux sur beaucoup de choses.

Oxane VELNOM, 1ère MMV
Lycée des métiers du Toulois

2020/04/08 11:56 #2019-la-fille-au-bracelet-20
Lycée PRO du Toulois, Toul, académie de Nancy-Metz
« La fille au bracelet » parle d’une adolescente qui se retrouve mêlée à un meurtre. Pendant tout le film, nous allons suivre son procès au terme duquel elle va finir par être innocentée.

J’ai bien aimé ce film car comme c’est l’histoire d’une adolescente, on se sent plus concerné que si c’était une adulte. Toutefois, j’ai quand même été un peu déçue par la fin, je trouve qu’elle n’est pas assez explicite car je pensais qu’on allait connaître qui était le coupable de ce meurtre alors que non, le film s’arrête avant qu’on ne le découvre.
Mais la fin précipitée est aussi un atout pour le film car on peut se mettre à la place des jurés qui auront rendu justice et n’ont pas simplement jugé une jeune femme pour ce qu’elle semblait laisser paraître.

Je trouve que les acteurs ont tous très bien joué leurs rôles, mais surtout les parents de Lise. J’ai beaucoup aimé le rôle du père qui est très investi dans le procès de sa fille, du début à la fin.

C’est un magnifique film que je suis heureuse d’avoir vu et que je conseille d’aller voir !

Ilana MATHOUILLOT, 1ère MMV
Lycée des métiers du Toulois
2020/04/13 19:47 #2019-la-fille-au-bracelet-21
Lycée Albert Claveille, Périgueux, académie de Bordeaux
Ce film raconte l'histoire de Lise, une adolescente de 18 ans qui est accusée d'avoir assassiné sa meilleure amie Flora. Depuis 2 ans elle porte un bracelet électronique à sa cheville.
Le réalisateur Stéphane Demoustier met en scène un film très réaliste, qui nous plonge dans l'histoire du procès de Lise jusqu'au verdict. Dans ce film prenant, il met en évidence deux grandes questions: « Que savons nous de la vie des adolescents d'aujourd'hui ? » et « Lise est-elle coupable ? ».
Le procès raconte la vie de Lise, une adolescente de 16 ans au moment des faits. Son histoire, ses amitiés, son comportement sont divulgués ainsi que ses secrets. Les révélations et la projection d'une vidéo, ont marqué ses parents, et notamment son père, qui découvrent une nouvelle facette de leur fille.
Durant le film, l'arrogance de Lise, et son silence face aux questions de l'avocat général sème le doute sur son innocence. Cependant celle-ci est déterminée à prouver que Lise est coupable du meurtre en révélant ses secrets. Les spectateurs sont alors divisés, la dispute entre Lise et Flora juste
avant sa mort, la promenade dans le parc avec son petit frère apparue dans la déposition seulement quelques mois après, le statut de « fille facile » sont-ils de vrai éléments pour la juger coupable ?
Malgré son attitude, Lise n'est pas insensible à ce drame, ses excuses auprès de la mère de Flora sont inattendues et émouvantes. Ce film est plein de rebondissements, quand nous pensons que Lise est innocente, une preuve vient perturber notre jugement. La dernière scène du film laisse perplexe, le réalisateur a fait le choix de laisser planer le doute, le spectateur devient juge.

SAINTONGE Pauline – Lycée Albert Claveille
2020/04/14 19:23 #2019-la-fille-au-bracelet-22
Lycée PRO Charles Baudelaire, Meaux, académie de Créteil
Critique d'Alizée LALOEUF

Journal de Lise


1 mai 2019

Cher journal, ce n’est pas dans mes habitudes d’écrire sur une feuille. Mais les événements me dépassent. Hier tout allait bien, mais aujourd’hui voilà qu’on m’accuse d’avoir tué ma meilleure amie ! J’ai de la chance d’avoir mes parents pour me soutenir dans cette épreuve, mais le plus important c’est qu’ils me croient. Tandis que la justice me rend fautive de cela. Il faut un coupable, oui, mais ce n’est pas moi.


2 mai 2019

Aujourd’hui j’ai peur, voilà mon premier jour de procès. Ils m’ont montré des photos du cou de ma meilleure amie, sans vie, dans son lit, nue. Je n’ai pas parlé, je n’ai rien dit, je suis restée silencieuse. Ce que je me disais, c’était comment est-ce possible de faire ce genre de choses à quelqu’un. Je suis restée là à fixer les images, rien ne sortait de ma bouche. Dire que ça a commencé avec une simple embrouille !
D’une simple soirée ! Je me sens tellement humiliée, personne ne me comprend.
Fin de ce premier jour du procès, tous les doutes sont sur moi, j’ai besoin de m’échapper, mais je ne peux pas, un bracelet m’empêche de vivre. S’il vous plaît réveillez-moi de ce cauchemar.
Sur un coup de panique je suis allée me réfugier devant chez ma meilleure amie, même si je n’allais trouver personne. Mon père, mort d’inquiétude, est venu me chercher. Il ne me comprend pas, il ne me reconnaît pas, ça se lit dans ses yeux.


3 mai 2019

J’ai toujours cette boule au ventre, je me rends à mon deuxième jour de procès. Mon père est toujours présent et me soutient, mais il a autant peur que moi.
Voilà, ce que je redoutais le plus arriva : après l’explication de l’embrouille avec ma meilleure amie, comment cela avait commencé, pourquoi et tout ce qui suit. La cour décide de montrer la vidéo de moi faisant des fellations à un garçon. Je me sens humiliée, dégoûtée, et je me souviens de la rage que j’avais envers elle, quand elle l’avait publiée sur les réseaux sociaux. Elle m’avait filmée alors qu’elle n’avait pas le droit de la poster comme si j’étais une vulgaire prostituée.
Face à ces vidéos, je n’avais plus les mots, je me suis demandée comment elle a pu faire une chose pareille.
Cela m’a fait remonter des souvenirs, pour être plus clair, je lui en voulais d’avoir envoyé cela, je ne voulais plus la voir, elle m’avait poignardée dans le dos.
Oui, je lui souhaitais de mourir, mais je n’aurais jamais pu la tuer. Ce n’étaient que des paroles !
Après une longue discussion avec elle, elle a décidé de s’excuser. Je n’avais plus de raison de lui en vouloir. A la suite de ça, elle m’a invitée à une soirée afin de signer un «traité de paix», ce que j’acceptai. J’étais fatiguée et alors oui je suis allée me coucher dans son lit. Est-ce que j’ai fait une erreur ? A ce moment précis je ne le savais pas.
Elle est venue me rejoindre et, dans ma déposition, j’ai dit qu’on avait juste dormi. Et bien j’avais menti, mais maintenant tout le monde le sait, car j’ai dû tout avouer à la cour, à la justice, qu’elle et moi avions couché ensemble, si je peux dire.
Le lendemain je suis repartie.


4 mai 2019


Bonjour mon journal, aujourd’hui 3ème jour de procès. Je commence à être habituée à cette atmosphère froide et stridente. Sujet du jour, mon départ le lendemain de chez ma meilleure amie. J’ai enfin décidé de parler, je ne peux plus me taire.
Je me lève et commence à leur raconter que le lendemain matin je me suis réveillée près d’elle. Je me suis habillée et je suis partie vers 11h30, je devais aller chercher mon petit frère à l’école et je l’ai emmené jouer au parc pour qu’il se détende. Au fur et à mesure de l’avancée de ma déposition, les gens me regardaient, les juges aussi, et j’avais cette impression que personne ne me croyait.
Tant pis, je continue de me défendre comme je peux.
Un des juges me sort une vidéo de moi en scooter dans une station-service où j’étais avachie sur mon guidon.
Ils me soupçonnent juste parce que j’ai eu un coup de fatigue et que je me suis mise d’une façon «bizarre» sur mon guidon !
A ce moment-là, dans ma tête, c’est l’anarchie. Avec ce simple
geste, cela fait-il de moi une meurtrière ?





5 mai 2019

4ème jour, c’est dur, mais je tiens. Mon père est toujours présent à mes côtés, j’aimerais tellement lui dire que je suis désolée de ce que je lui fais subir, car il vient chaque jour à mon procès et écoute des choses horribles sur sa petite fille. Ma mère ne vient pas au procès, je suis triste, mais je le comprends. Puis à la maison elle est avec moi. Elle est là pour moi mais d’une certaine manière.
Mais pour ce 5ème jour ma mère est venue avec nous. J’étais soulagée
qu’elle ait fait sa déposition devant les juges, je la sens dépassée par les événements. Mais sa déposition était sincère et par-dessus tout vraie.
Elle s’en fichait de ce que j’avais fait, j’étais sa fille tout simplement.

L’avocat général me posait des questions, me confrontait aux faits.
Je répondais comme je pouvais, clairement elle m’accusait.


6 mai 2019

6ème jour de procès, j’en peux plus, mais je suis obligée de supporter.

Aujourd’hui on m’a parlé de l’arme du crime, un couteau qui aurait disparu.
Maintenant on m’accuse encore, parce qu’un couteau s’est « envolé ». Je ne savais pas où était passé ce couteau. Mais mon petit frère l’avait retrouvé dans un tiroir, caché.
Quand mon frère est passé pour la déposition, cela m’a fait peur car il aurait pu ne pas savoir quoi répondre, ou oublier ce qu’il a fait et mentir, je ne sais pas.


7 mai 2019

Cher journal, aujourd’hui je vais enfin savoir si je vais à nouveau partir derrière les barreaux ou si je vais pouvoir enlever ce bracelet. Arrivée au tribunal, mon cœur bat la chamade. Je me suis souvenue des gens qui m’ont soutenue, mes parents et mes amies mais aussi de ceux qui ne me croyaient pas et m’accusaient.

Et là, quand le juge et les jurés ont annoncé que je n’étais pas coupable, mes larmes sont montées ; je ne pouvais me retenir.

Pour fêter tout ça, j’ai décidé d’écrire un livre sur cette histoire.
Je ne souhaite à personne de vivre ce que j’ai vécu.

Merci mon journal pour ton aide psychologique.

Lise


2020/04/14 19:26 #2019-la-fille-au-bracelet-23
Lycée PRO Charles Baudelaire, Meaux, académie de Créteil
Critique de Tom VILLY

Journal intime de Lise

Cher journal,
Nous sommes le jeudi 4 avril 2019. Aujourd’hui je vais chez ma meilleure amie nous allons passer un peu de temps ensemble elle prépare une petite soirée. C’est un bon moyen de me changer les idées. Demain j’irai chercher mon petit frère et nous irons à la plage rejoindre mes parents.

Cher Journal,
Nous sommes le vendredi 5 avril. Je suis épuisée, je suis partie de chez ma meilleure amie un petit peu en retard. Je vais chercher mon petit frère. Nous venons d’arriver sur la plage avec mes parents.

Cher journal,
Nous sommes le samedi 6 avril. Je me suis fait arrêter par la police devant mes parents et mon petit frère. Je suis accusée d’un crime mais pas n’importe quel crime, celui de ma meilleure amie enfin celle qui était ma meilleure amie…

Je suis placée sous bracelet électronique après avoir fait de la préventive. Je ne peux pas sortir de chez moi heureusement que mon copain vient me voir souvent sans que mon père le sache, bien sûr.

Durant mon premier jour de jugement j’étais exténuée à cause des accusations à tout-va... Je ne savais plus quoi dire, je me sentais vide et je ressentais beaucoup de tristesse en moi. Mon visage n’était pas expressif… je le sais… je ne voulais plus parler, j’étais bloquée, comme dans un rêve qui se transforme en cauchemar…
Je pense que mes parents doutent de moi je suis sûre qu’ils sont persuadés que j’ai tué Flora…
Je me souviens de cette nuit qui était comme une habitude pour moi mais pas avec ce genre de personnes…
Moi et ma meilleure amie avions pratiqué des actes sexuels, on s’entend très bien toutes les deux, d’accord ?
Je ne suis pas une fille facile…


Cher journal,

Lors de mon deuxième jour de procès, ils ont diffusé une vidéo de moi et d’un ami.
Toujours avec leurs paris stupides! Ma meilleure amie avait posté une vidéo de moi en train de faire une fellation à ce mec. Elle a posté la vidéo sur tous les réseaux sociaux et ma réputation ne jouait pas en ma faveur… cela créait une image de moi comme « une pute »
Je la détestais, je voulais la tuer, au sens figuré bien sûr…

Mon père a vu la vidéo devant des dizaines et des dizaines de personnes…
Je ne pouvais pas retenir mes larmes, c’était beaucoup trop dur pour moi.
Ils ont aussi parlé de ce couteau qu’ils appelaient « l’arme du crime ».

Aucun moyen de mettre la main sur ce couteau…

Mon petit frère rangeait les cartons avec ma mère et il a trouvé ce couteau lui-même,
alors que les policiers étaient venus fouiller partout pour le chercher.

Une fois le couteau trouvé, ils ont tout de suite su que mon innocence pouvait être prouvée.
Une amie à moi et mon petit frère sont venus au tribunal pour prendre la parole.
Ils avaient à dire ce qu’ils pensaient. Mon amie m’a défendue et mon petit frère a expliqué comment il a trouvé le couteau et où il l’avait rangé.

Mon avocate a bien su me défendre avec beaucoup de preuves et de pertinence. Je l’aimais bien ; elle gardait son sang-froid et n’avait pas peur de faire face à la cour.

Grâce à toutes ces preuves et à mon avocate, j’ai été acquittée et déclarée non coupable.
Ils ont retiré le bracelet électronique de ma cheville. J’ai mis le collier de ma meilleure amie à la place.

Qui Sait…

2020/04/14 19:29 #2019-la-fille-au-bracelet-24
Lycée PRO Charles Baudelaire, Meaux, académie de Créteil
Critique de DAUMAS Tom

Journal Intime Lise :

22/11 : Aujourd’hui a eu lieu le premier jour du procès dans lequel je suis accusée du meurtre de ma meilleure amie… Et aujourd’hui je ne suis pas ressortie pareille, j’ai comme des séquelles suite à ce que j’ai pu voir, une image qui m’a laissée sans voix devant tout ce monde, l’image de ma meilleure amie assassinée. Ce n’est pas le genre d’images que l’on est censé voir dans une vie…

23/11 : Tous ces événements me retournent la tête et il fallait que je m’évade temporairement de tout ça. Sans l’autorisation de qui que ce soit je suis partie jusqu’au domicile de Flora parce qu’elle me manque. Cet endroit m’apporte des souvenirs et me renvoie en arrière quand elle était encore là, je n’aurais pas dû faire ça mais il le fallait.

25/11 : J’ai eu honte en voyant cette vidéo, j’ai eu honte que tout le monde dans la cour voie cette vidéo, je n’ai pas grand-chose à ajouter.

26/11 : Avec tout ce que j’ai pu voir aujourd’hui, il est évident que je ne suis pas fière. Flora avait tout fait pour que je la déteste mais elle restait ma meilleure amie malgré tout. Jamais de ma vie je n’aurais voulu que cette vidéo vît le jour sur Internet mais c’est fait et on ne pourra pas faire machine arrière. Mais dans tout ça le pire et de pouvoir penser que j’ai pu la tuer, j’aimais Flora et jamais je ne serais allée jusque là.

27/11 : Aujourd’hui la cour m’a fait évoquer autre chose qui semblait importante pour eux. Après la soirée, il est vrai que je suis allée chercher mon frère à l’école et qu’on est passé au parc puis à la station essence. Tout ça n’a rien d’anormal mais ils cherchent la petite bête en étant persuadés que la seule et unique coupable de cette histoire c’est moi. S’attarder sur un simple coup de fatigue sur un scooter dû à cause de la soirée…Bref, je dois rester forte.

28/11 : Il est vrai que j’ai côtoyé pas mal de garçons et la cour me l’a bien rappelé et j’assume très bien tout ça, cependant ce n’est pas ce que mon père pensait de moi, je ne voulais surtout pas qu’il voie cette vidéo et encore moins qu’il sache pour tous les garçons. Ma mère me comprend plus sûrement parce que c’est une femme et en ce qui concerne son absence depuis le début du procès je ne lui en veux pas et je sais qu’elle sera toujours derrière moi et j’ai apprécié qu’elle accepte de prendre la parole lors de sa première venue.

29/11 : L’avocat général… mon pire ennemi depuis le début, je ne compte même plus le nombre de questions cette femme a pu me poser depuis le début, certes elle essaie d’avoir raison et me faire tout avouer mais jusqu’à présent elle n’a rien gagné.

30/11 : C’est comme un hasard… Ce fameux couteau dont m’a tant parlé l’avocat général qui apparaît comme par magie dans les mains de mon frère peu de temps après, je ne sais pas qu’en penser, je n’ai plus la force de réfléchir, cette histoire me fatigue. C’était donc à mon frère d’aller se présenter à la cour, ce qui ne donna pas grand-chose de mon point de vue.

02/12 : Depuis le début je ne remercierai jamais assez mon avocate qui a su se battre pour moi et pour toute ma famille, elle a très bien tenu tête à l’avocat général, elle a été géniale du début à la fin.

03/12 : J’ai enfin pu dire tout ce que j’avais sur le cœur à la mère de Flora et cela m’a fait un bien fou, c’est quelque chose qui était bloqué en moi depuis le début. J’espère que ce discours sera bien passé pour tout le monde et plus particulièrement pour la mère de Flora.

05/12 : C’est le jour J. Tout est fini, c’est terminé, je suis libre et c’est la fin de cette histoire… Mais dans tout ça qui est coupable ? Je suis heureuse mais pas entièrement. Je ne saurai jamais qui a enlevé la vie à ma meilleure amie… Pour garder un souvenir d’elle j’ai décidé de mettre mon bracelet à la place du bracelet électronique afin qu’elle ne me quitte jamais.


2020/04/15 09:41 #2019-la-fille-au-bracelet-25
Lycée Maurice Genevoix, Montrouge, académie de Versailles
La jeune fille au bracelet s'ouvre sur l'arrestation de Lise Bataille, le personnage principal, alors qu'elle est à la plage avec ses parents. Cette première séquence place directement les spectateurs du point de vue des parents de Lise : nous sommes perdus, nous ne savons pas ce qu'il se passe et le bruit de la mer couvre la conversation. Nous ne pouvons que nous interroger. La suite du film se déroule 2 ans plus tard lors du procès de Lise. On apprend alors qu'elle est accusée d'avoir assassiné sa meilleure amie en la transperçant de sept coups de couteau.

Le film est remarquablement réaliste si l'on en juge par la complexité des personnages et de leurs relations. En effet, Lise Bataille est froide et parfois même inexpressive, ce qui rend complexe son jugement; elle agit de manière inattendue, restant par exemple silencieuse lorsqu'elle devrait s'émouvoir ou s'indigner. Et ce ce sont ces silences qui insinuent un doute dans l'esprit du spectateur : est-elle coupable ? C'est le doute qui plane tout au long du film. Une certitude cependant : elle est étrange. Mais on ne condamne pas les gens parce qu'ils sont étranges. Alors on continue de s'interroger. La partie civile fournit de nombreuses preuves mais aucune n'est évidente. Ce ne sont que des observations, des attitudes adoptées par Lise, des hypothèses, des jugements ou encore des absences de contre- preuves. Ainsi l'arme du crime serait un potentiel couteau de cuisine disparu qui réapparaît au cours du procès. On demande à l'accusée de justifier telle ou telle posture qu'elle a prise à un certain instant. Et nous sommes pris au piège, nous doutons, tout comme ses parents ont parfois douté de l'innocence de leur propre fille. Nous suivons toujours leur point de vue et en particulier celui du père. Et en même temps que nous découvrons le personnage, eux découvrent leur fille sous un nouveau jour. Plus adulte. Paradoxalement plus libre.

Nous découvrons une certaine violence dans le procès qui est la même que celle qui peut émaner des réseaux sociaux. Une vidéo de Lise ayant des rapports sexuels avec un jeune homme est montrée devant toute l'assemblée de la même manière que deux ans auparavant le monde entier y avait eu accès lorsque Flora sa meilleure amie,, la victime l'avait posté. Et de la même manière elle est jugée, non pas pour le meurtre de sa meilleure amie mais pour ses mœurs, et pour ses pratiques sexuelles. Et Lise voit son père regardant la vidéo, ou plutôt elle le voit tête baissée essayant de ne pas regarder. C'est alors que la partie civile pose la question de trop: "Est-ce que vous considérez que vous êtes ce qu'on appelle une fille facile ?" Jugement. Réponse cinglante de l'accusée - "Dans ce cas pourquoi vous ne demandez pas à Nathan si c'est un garçon facile lui aussi ?" - qui vient nous rappeler à la réalité de la justice, les jurés n'étant là que pour répondre à deux questions : Lise Bataille a-t-elle oui ou non tué Flora Dufour ? Et si oui, le meurtre était-il prémédité ? Mais ils ne sont pas là pour juger si Lise Bataille est une fille facile. La réaction obtenue n'est pas celle voulue par la partie civile, pas de confessions, pas de regrets malgré cette violence que l'on impose à l'accusée.

Alors on s'adresse aux parents. On remet en cause leur relation avec leur fille et on tente de dresser le portrait de Lise comme celui d'une parfaite tueuse. Mais ça ne marche pas. Chiara Mastroianni joue très bien le rôle de la mère de Lise qui a la conviction que sa fille n'est pas coupable. Et grâce aux figures du père et de la mère, le film montre parfaitement la complexité des relations familiales : bien qu'on ne connaisse pas complètement ses enfants -et tant pis ou tant mieux - , on les aime et on les protège.

Stéphane Desmoustier a pris la décision d'adopter un point de vue unique, l'histoire vue du côté des parents et de celui des jurés, qui permet de maintenir ce doute, cette tension, sans user du flashback : on ne sait pas, on ne voit pas ce qu'il s'est réellement passé le soir du meurtre, nous n'avons accès qu'à la vérité juridique, qui s'évalue à la lumière des preuves et des alibis.

Les témoignages des parents donnent l'impression que la vie de Lise est restée en suspens depuis le meurtre, que tout s'est arrêté avec d'abord la détention provisoire, puis le bracelet électronique. Tout ce qu'elle fait, tout ce qu'elle dit, pourrait être retenu contre elle. Alors elle ne sort plus, elle ne va plus en cours, elle ne voit plus personne, elle s'isole, et sa jeunesse s'arrête, suspendue pour deux ans. Mais Lise, elle, a décidé de continuer à vivre! Si elle ne peut pas sortir voir Diego, pas grave, Diego viendra à elle.

Le jour du jugement arrive. La jeune avocate, celle de la partie civile, jouée par Anaïs Desmoustier, est parfaitement détestable, elle accuse sans preuve en ne se basant que sur des jugements moraux, et tous les spectateurs la haïssent bien qu'elle ne fasse que son métier. La vieille avocate, à la voix rauque et apaisante, celle de la défense, jouée par Annie Mercier, est incroyable, juste, éloquente, et elle exprime parfaitement le principe de la justice française : on ne condamne pas sans preuve.

L'accusée prend la parole une dernière fois, et là elle adopte enfin l'attitude que l'on attend d'elle. Elle parle de son amie avec émotion. Elle exprime un regret, et insiste sur ce mot, celui de ne pas avoir parlé ou écrit à la mère de Flora. L'émotion nous saisit mais le doute subsiste. Le regret en question est-ce celui qu'elle évoque ou bien un prétexte pour s'excuser d'avoir commis un meurtre ? Acquittée.
Les deux dernières séquences sont muettes. On lui retire le bracelet électronique qu'elle portait à la cheville mais lorsqu'elle est dans les couloirs du palais de justice elle s'arrête. Elle détache son collier et le met autour de sa cheville. Fin du film.
Le spectateur reste interloqué. Que signifie cette scène finale ? Elle prend le sens que le spectateur voudra bien lui donner car elle est ouverte à de nombreuses interprétations. Peut-être ce bracelet symbolise-t-il le poids de la culpabilité qu'elle gardera toujours. Si le bracelet électronique n'est plus là pour lui rappeler, elle, Lise Bataille, se souviendra qu'elle a tué Flora Dufour. Ou alors peut-être ce bracelet représente-t-il les bouleversements qu'elle a vécus, car malgré son innocence ce procès l'a changée, plus jamais elle ne sera la même, après avoir traversé le deuil de sa meilleure amie, mais également la solitude, l'accusation et le jugement des autres ?

Lorsque l'on sort de la salle, nous n'avons qu'une question en tête : était-elle coupable ? C'est bien la preuve que le film fonctionne. Chacun est libre de trouver sa vérité et c'est bien la beauté du cinéma, que nous soyons bouleversés ou seulement intrigués, nous avons plongé dans l'histoire, nous avons eu peur avec les parents, nous avons détesté l'avocate de la partie civile et nous avons douté avec les jurés, et dans tous les cas nous aurons vécu un procès mouvementé en 1h36 et sans bouger de notre siège.

Cependant on veut savoir, on rentre chez soi et on cherche une interview ou n'importe quel article dans lequel le réalisateur aurait pu glisser un éventuel indice. On finit par tomber sur une interview de Melissa Guers qui explique que lorsqu'elle a demandé à Stéphane Desmoustier si son personnage était coupable, il lui a dit que c'était à elle de décider et de surtout ne jamais le dévoiler. Alors, selon vous ?

Alice Fradelizi
2020/04/15 09:54 #2019-la-fille-au-bracelet-26
Lycée Maurice Genevoix, Montrouge, académie de Versailles
Qui ne s’est jamais demandé comment se déroule un procès ? Un procès est un évènement mystérieux pour ceux qui n’ont pas été confrontés à la Justice ou qui n’en font pas partie, et c’est pour cela que le film La Fille au Bracelet nous accroche dès les premières scènes de procès. En effet, le travail de recherche sur la Justice qu’a mené Stéphane Demoustier, notamment en assistant à des procès du Tribunal de Bobigny, nous est livré sur un plateau dans son film, tout en étant à la fois touchant et intriguant.
La fille au bracelet peut s’aborder de différentes manières : on peut suivre l’histoire en s’identifiant à Lise, jeune fille de 18 ans accusée d’avoir tuée sa meilleure amie et obligée de porter un bracelet électronique avec affiliation à résidence pendant plus d’un an et demi ; on peut la suivre en s’identifiant aux parents, qui découvrent peu à peu toutes les relations et les rapports qu’a eus leur fille avec d’autres adolescents, et qui la voient changée et bouleversée par le procès et les accusations qu’elle subit. Le réalisateur semble affirmer ici qu’on ne connaît jamais totalement nos enfants, qu’ils auront toujours quelque chose de mystérieux. On peut aussi suivre le film du côté de la Justice, et juger de manière froide et conformément à la Loi les faits et gestes de la jeune fille. Le mieux, c’est qu’on peut suivre le déroulement de l’histoire de toutes ces manières en même temps, et ainsi changer constamment d’opinion si on le souhaite : on peut un instant juger moralement ce qu’a fait Lise, puis l’instant d’après éprouver de la compassion ou de la honte à sa place. On est en réalité en permanence en réflexion au fur et à mesure de l’évocation des faits, de la présentation des preuves éventuelles et des plaidoiries des deux avocats, comme on pourrait l’être en assistant à un vrai procès.
On assiste aux échanges parfois houleux entre deux avocates aux antipodes l’une de l’autre, et on peut voir un débat entre la jeune Procureur Générale et la vieille et sage avocate de la Défense. La première cherche à prouver que malgré son âge, elle a sa place dans des procès de telle ampleur en cherchant à inculper Lise de manière parfois absurde; la seconde est beaucoup plus bienveillante et tolérante et dénonce tout au long du film la manière que nous avons (aussi en tant que spectateur) de juger moralement Lise, alors que ce n’est pas la question puisqu’une jeune femme de 16 ans est libre de son corps et que la Justice doit seulement déterminer si elle est coupable d’un meurtre ou non, sans autre forme de procès. J’ai beaucoup aimé sa plaidoirie, dans laquelle elle incite à la tolérance, rappelant que l’on ne peut pas savoir ce qu’il se passe dans la tête d’une jeune femme (pareil avec un jeune homme) durant l’adolescence, au moment où tout son corps et son esprit se transforment. Lise est étrange, oui, mais ça ne fait pas d’elle une meurtrière. On ne comprend pas ses réactions et ses actes, certes, mais c’est probablement elle qui est le plus perdue. Enfin, la Justice a rempli son rôle, mais a probablement traumatisé une jeune fille pour toujours, et si elle finit par être libre, elle n’oubliera pas que sa jeunesse s’est retrouvée gâchée par son procès.
La dernière scène est à ce propos très marquante. Lise vient d’être déclarée innocente et son bracelet électronique vient de lui être retiré. Au moment de sortir du tribunal, elle s’arrête, détache son collier, et l’enroule autour de sa cheville. Car Lise ne sera plus jamais la même. Elle ne pourra pas oublier son procès, les accusations qu’elle a subies, mais elle ne pourra surtout pas oublier que sa meilleure amie est morte, que ce soit de sa main ou d’une autre. Lise Bataille restera ainsi pour toujours la fille au bracelet.

Rémy Lyscar
2020/04/16 09:47 #2019-la-fille-au-bracelet-27
Lycée Maurice Genevoix, Montrouge, académie de Versailles
La musique des vagues,
La mer qui danse,
Les petits châteaux sur le sable,
Et les chaussures d'intervention aussi, sur le sable.

Et pourtant, ça ne choque pas. On vient l'arrêter, Lise. Une jeune adolescente de seize ans qui jouait sur la plage. Une fille ordinaire. Elle ne fléchit pas : elle va s'habiller en silence et suivre la police. La famille discute avec d'autres policiers, ils n'ont pas l'air surpris. La musique des vagues masque leur conversation. J'ai pensé que l'affaire avait déjà éclaté, et qu'elle subissait une visite dans le cadre de sa libération surveillée. Mais la voir contrainte de se rhabiller et de quitter sa famille m'a heurtée : sa vie venait de glisser dans un néant que j'ignorais encore, mais que je dévorais d’envie de découvrir.
On la revoit. Elle ne peut plus faire du sport avec son petit frère, il y a un nouveau dans la famille : son bracelet électronique. Deux ans qu'il est apparu. Son épaisseur, sa lourdeur et sa laideur empêchent Lise de vivre. Porter ce genre de chose très voyante pendant une durée aussi longue, devoir arrêter sa vie sociale : c'est la prison avant la prison. Ou pas. Elle est peut-être innocente, mais elle aura subi la lenteur de la justice française qui peine à appliquer les condamnations dans les plus brefs délais.
Le petit frère dit : "est-ce que si tu vas en prison, je peux prendre ta chambre ?" et il fait rebondir son ballon pendant les disputes. Il désire que tout le monde fasse comme si de rien n'était. Il lutte, bien que le procès avance et qu’il ne tourne pas en faveur de Lise, il lutte.
Durant le procès, on ne voit jamais les jurés, et c'est un peu comme si nous les spectateurs étions mis en condition de juger. Le film ne nous renseigne pas non plus sur la réaction de l'opinion publique face à l'affaire, ce qui nous laisse faire notre propre idée. De plus, le réalisateur nous a compliqué la tâche en nous donnant le point de vue des parents et non celui de Lise. Un personnage qui semble changer de couleur selon son observateur, passant de l'étoile qui brille d'intelligence et de vie devant ses parents, à l'étoile détruite par la comète des bonnes mœurs, interprétée par l'avocate générale.
Celle-ci est une femme plutôt jeune, quand l'avocate de Lise est plutôt âgée, maternelle, avec une voix que j'ai trouvée envoûtante. L'avocate générale s'applique avec une éloquence indiscutable et une perspicacité sans pareil à dénicher les moindres éléments qui inculperont Lise. L'avocate de Lise quant à elle rappelle que la justice n'est pas là pour user de morale - comme on l'a fait avec Meursault dans L'Etranger de Camus - mais pour dénouer l'affaire.
Lise dit : "pourquoi on ne demande pas à Nathan si c'est un garçon facile ?" après qu'on lui ait posé la même question durant son procès. En effet, une personne qui multiplie les conquêtes sera vue différemment selon son sexe : un homme sera qualifié de séducteur, ou de Don Juan (avec "Don" qui signifie seigneur...), quand on parlera de "fille facile", ou pire, pour une femme...
Car Flora la meilleure amie de Lise l'a filmée pendant qu'elle exécutait une fellation sur un garçon, puis a posté cela sur internet sans lui demander son accord. Ceci nous rappelant que beaucoup de jeunes n'ont pas conscience du problème du droit à l'image sur les réseaux sociaux, et que nombre d'utilisateurs développent un certain égocentrisme, obnubilés par le nombre de likes qu'ils obtiendront, comme autant de symboles de prestige. Aussi n'hésitent-ils pas à tout faire pour en avoir.
Est-ce que Lise pouvait néanmoins s'imaginer que sa vidéo intime allait être projetée en grand devant une foule de personnes pendant son procès ? Et que quand elle chercherait un travail, une assurance, des amis, ces images la suivraient toujours, comme à jamais étiquetées sur son front, sans qu'il soit possible de les effacer du big data ? Marc Dugain dans son livre Transparence nous alerte sur le sujet, montrant à quelles fins les données personnelles peuvent être utilisées.
J'ai été fascinée par le personnage de Lise. Elle se fige dans un mutisme implacable, même quand on lui montre des photos de sa meilleure amie mutilée. Elle assume devant qui veut l'entendre les actes sexuels qu'elle a commis. Elle ne flanche pas, (seulement devant la mère de Flora à la fin de son procès car elle ne s'est pas manifestée à elle depuis la mort de sa meilleure amie) alors qu'elle subit un procès qui peut briser sa vie à jamais. On est tous différents, et ce personnage nous le montre. Ça m'a été très plaisant d'essayer de placer des mots sur ses lèvres fermées. Avec elle le mot "normal" n'existe pas, on est libre de faire ce qu'on veut, et elle nous montre que nous devons toujours essayer de nous assumer.
Quand Lise prend à la fin son collier pour le mettre autour de sa cheville alors qu'elle est enfin débarrassée de son bracelet, cela m'a attristée. C'est comme si elle refusait d'aller de l'avant et donc souhaitait toute sa vie rester accusée de meurtre. Mais Lise essaye aussi de se libérer : on voit qu'elle cherche à reconstruire sa vie sociale. Bien qu'elle prenne des cours à domicile, elle réussit à fréquenter Diégo. Donc ce bracelet à jamais autour de sa cheville peut également être vu comme une fin heureuse. Elle a été accusée de meurtre mais elle va totalement l'assumer. Ça fait désormais partie intégrante de sa chair et de son âme, et c'est avec lui qu'elle veut évoluer dans la vie.
Ce film, dont j'ai beaucoup aimé les musiques, rapides et avec des motifs répétitifs, m'évoque les romans de Joël Dicker. Cet écrivain écrit des romans sans savoir ce qu'il s'y passera, et c'est en écrivant qu'il découvre chaque jour un peu plus son œuvre. J'ai eu l'impression qu'ici aussi l'histoire ne s'était pas construite selon un plan détaillé des événements, mais qu'elle avançait de fil en aiguille selon le développement des personnages face au procès, car il y a beaucoup de zones d'ombres. On ne comprend pas ainsi la relation qu'entretenaient Flora et Lise, on ne sait pas pourquoi et par qui Flora a été tuée…
C'est intéressant qu'on ignore qui est le tueur car c'est seulement ce qu'on aurait retenu de ce film, alors qu'ici on peut partager nos interprétations sur le meurtrier pour faire durer le mystère. Car finalement, faut-il vraiment découvrir le coupable ? Lise n’est-elle pas tout ce dont on a besoin ?

Nahida Issilamou-Hamza, 1A

2020/04/16 09:47 #2019-la-fille-au-bracelet-28
Lycée Maurice Genevoix, Montrouge, académie de Versailles
La musique des vagues,
La mer qui danse,
Les petits châteaux sur le sable,
Et les chaussures d'intervention aussi, sur le sable.

Et pourtant, ça ne choque pas. On vient l'arrêter, Lise. Une jeune adolescente de seize ans qui jouait sur la plage. Une fille ordinaire. Elle ne fléchit pas : elle va s'habiller en silence et suivre la police. La famille discute avec d'autres policiers, ils n'ont pas l'air surpris. La musique des vagues masque leur conversation. J'ai pensé que l'affaire avait déjà éclaté, et qu'elle subissait une visite dans le cadre de sa libération surveillée. Mais la voir contrainte de se rhabiller et de quitter sa famille m'a heurtée : sa vie venait de glisser dans un néant que j'ignorais encore, mais que je dévorais d’envie de découvrir.
On la revoit. Elle ne peut plus faire du sport avec son petit frère, il y a un nouveau dans la famille : son bracelet électronique. Deux ans qu'il est apparu. Son épaisseur, sa lourdeur et sa laideur empêchent Lise de vivre. Porter ce genre de chose très voyante pendant une durée aussi longue, devoir arrêter sa vie sociale : c'est la prison avant la prison. Ou pas. Elle est peut-être innocente, mais elle aura subi la lenteur de la justice française qui peine à appliquer les condamnations dans les plus brefs délais.
Le petit frère dit : "est-ce que si tu vas en prison, je peux prendre ta chambre ?" et il fait rebondir son ballon pendant les disputes. Il désire que tout le monde fasse comme si de rien n'était. Il lutte, bien que le procès avance et qu’il ne tourne pas en faveur de Lise, il lutte.
Durant le procès, on ne voit jamais les jurés, et c'est un peu comme si nous les spectateurs étions mis en condition de juger. Le film ne nous renseigne pas non plus sur la réaction de l'opinion publique face à l'affaire, ce qui nous laisse faire notre propre idée. De plus, le réalisateur nous a compliqué la tâche en nous donnant le point de vue des parents et non celui de Lise. Un personnage qui semble changer de couleur selon son observateur, passant de l'étoile qui brille d'intelligence et de vie devant ses parents, à l'étoile détruite par la comète des bonnes mœurs, interprétée par l'avocate générale.
Celle-ci est une femme plutôt jeune, quand l'avocate de Lise est plutôt âgée, maternelle, avec une voix que j'ai trouvée envoûtante. L'avocate générale s'applique avec une éloquence indiscutable et une perspicacité sans pareil à dénicher les moindres éléments qui inculperont Lise. L'avocate de Lise quant à elle rappelle que la justice n'est pas là pour user de morale - comme on l'a fait avec Meursault dans L'Etranger de Camus - mais pour dénouer l'affaire.
Lise dit : "pourquoi on ne demande pas à Nathan si c'est un garçon facile ?" après qu'on lui ait posé la même question durant son procès. En effet, une personne qui multiplie les conquêtes sera vue différemment selon son sexe : un homme sera qualifié de séducteur, ou de Don Juan (avec "Don" qui signifie seigneur...), quand on parlera de "fille facile", ou pire, pour une femme...
Car Flora la meilleure amie de Lise l'a filmée pendant qu'elle exécutait une fellation sur un garçon, puis a posté cela sur internet sans lui demander son accord. Ceci nous rappelant que beaucoup de jeunes n'ont pas conscience du problème du droit à l'image sur les réseaux sociaux, et que nombre d'utilisateurs développent un certain égocentrisme, obnubilés par le nombre de likes qu'ils obtiendront, comme autant de symboles de prestige. Aussi n'hésitent-ils pas à tout faire pour en avoir.
Est-ce que Lise pouvait néanmoins s'imaginer que sa vidéo intime allait être projetée en grand devant une foule de personnes pendant son procès ? Et que quand elle chercherait un travail, une assurance, des amis, ces images la suivraient toujours, comme à jamais étiquetées sur son front, sans qu'il soit possible de les effacer du big data ? Marc Dugain dans son livre Transparence nous alerte sur le sujet, montrant à quelles fins les données personnelles peuvent être utilisées.
J'ai été fascinée par le personnage de Lise. Elle se fige dans un mutisme implacable, même quand on lui montre des photos de sa meilleure amie mutilée. Elle assume devant qui veut l'entendre les actes sexuels qu'elle a commis. Elle ne flanche pas, (seulement devant la mère de Flora à la fin de son procès car elle ne s'est pas manifestée à elle depuis la mort de sa meilleure amie) alors qu'elle subit un procès qui peut briser sa vie à jamais. On est tous différents, et ce personnage nous le montre. Ça m'a été très plaisant d'essayer de placer des mots sur ses lèvres fermées. Avec elle le mot "normal" n'existe pas, on est libre de faire ce qu'on veut, et elle nous montre que nous devons toujours essayer de nous assumer.
Quand Lise prend à la fin son collier pour le mettre autour de sa cheville alors qu'elle est enfin débarrassée de son bracelet, cela m'a attristée. C'est comme si elle refusait d'aller de l'avant et donc souhaitait toute sa vie rester accusée de meurtre. Mais Lise essaye aussi de se libérer : on voit qu'elle cherche à reconstruire sa vie sociale. Bien qu'elle prenne des cours à domicile, elle réussit à fréquenter Diégo. Donc ce bracelet à jamais autour de sa cheville peut également être vu comme une fin heureuse. Elle a été accusée de meurtre mais elle va totalement l'assumer. Ça fait désormais partie intégrante de sa chair et de son âme, et c'est avec lui qu'elle veut évoluer dans la vie.
Ce film, dont j'ai beaucoup aimé les musiques, rapides et avec des motifs répétitifs, m'évoque les romans de Joël Dicker. Cet écrivain écrit des romans sans savoir ce qu'il s'y passera, et c'est en écrivant qu'il découvre chaque jour un peu plus son œuvre. J'ai eu l'impression qu'ici aussi l'histoire ne s'était pas construite selon un plan détaillé des événements, mais qu'elle avançait de fil en aiguille selon le développement des personnages face au procès, car il y a beaucoup de zones d'ombres. On ne comprend pas ainsi la relation qu'entretenaient Flora et Lise, on ne sait pas pourquoi et par qui Flora a été tuée…
C'est intéressant qu'on ignore qui est le tueur car c'est seulement ce qu'on aurait retenu de ce film, alors qu'ici on peut partager nos interprétations sur le meurtrier pour faire durer le mystère. Car finalement, faut-il vraiment découvrir le coupable ? Lise n’est-elle pas tout ce dont on a besoin ?

Nahida Issilamou-Hamza, 1A

2020/04/20 13:26 #2019-la-fille-au-bracelet-31
Lycée Albert Claveille, Périgueux, académie de Bordeaux
Acrostiche
 

L ise, 18 ans, est accusée d’avoir tuée sa meilleure amie 
A ccusée de l’avoir tuée chez elle après une soirée

F aute d’avoir de preuve pour prouver son innocence,
I l lui reste à raconter ce qu’il s’est passé durant cette nuit
L ise est intelligente, et se souvient de ce qui est arrivé.
L ise est aidée d’une avocate et d’une amie qui plaide en sa faveur
É tait-elle sa meilleure amie ? son amante ? ou… Son ennemie ?

A utant de question que l’on peut se poser. 
U n récit raconté par une connaissance nous met dans une
 
B elle mise en abîme, on en vient à se demander si Lise l’a vraiment tuée...
R ien ne perturbe Lise, elle continue son histoire.
A ttendant le verdict final, elle s’excuse auprès des parents de la victime 
C ulpabilité ? Non. Elle s’excuse de n’être jamais venue les voir.
E lle apprend finalement la décision des jurys.
L ise n’a pas tué sa meilleure amie. Vraiment ? la décision des jurés nous le prouve t-il ? 
E st-ce bien un signe de culpabilité de mettre son collier autour de la cheville du électronique.
T outes nos certitudes sont remises en question et c’est à nous de décider si elle est coupable… ou non. 

Manon Descoubes et Juliette Démaret – Lycée Albert Claveille   
2020/04/20 14:31 #2019-la-fille-au-bracelet-30
Lycée Albert Claveille, Périgueux, académie de Bordeaux
Un film radieux avec un point de vue magnifique : le fait d'avoir le point de vue des parent rend le film plus touchant, et nous fait se poser des milliards de questions. Le caractère de Lise est superbe, son personnage possède un caractère collant à la perfection à l’univers de ce film, elle est réaliste et loin d’être trop parfaite ou trop « mauvaise». D’ailleurs Lise est très bien jouée par l’actrice Melissa Guers. Mais c'est loin d’être la seule actrice que l'on remarque, l’avocate générale est très bien jouée aussi et même si elle est un rôle secondaire je trouve que Anaïs Demoustier l'incarne très bien.
J 'ai moi même un penchant pour les film d’enquête policière et de procès. J'ai adoré être transporté dans l’univers de la jeune fille au bracelet, plongée intensément dans l‘histoire, ressentir de fortes émotions et avoir de nombreuses questions qui me mordent les lèvres. Intéressée par ce film, j'ai fait quelques recherches et découvert que le réalisateur a fait un travail d’orfèvre en fréquentant de nombreuses cours d'assises mais aussi en jouant le filme dans un tribunal. D’ailleurs le président de la cour se trouve être avocat dans la vie et il avait le droit d’intervenir si cela lui semblait trop invraisemblable.
Dans ce film on ne juge pas qu'une jeune femme mais tout une génération, particulièrement autour de la sexualité, et même si certaines personnes pensent que Lise a une sexualité « abusée », elle reflète de façon romancée notre génération. Cela prend une place très importante dans ce film, ce qui je trouve le rend d’autant plus sublime. Le silence dont fait preuve Lise rend le procès, plus compliqué mais d'autant plus intéressant. Par exemple, les réponses froides et le côté absent de Lise font de manière admirable se poser des questions au spectateur. D’ailleurs à la fin du film les deux principales questions que tout le monde se pose sont : est-elle coupable et est-ce que en tant que juré, je l'aurais acquittée, posant des débats de conscience plus intéressants les uns que les autres. Ce film ne possède pas de scènes d'action, on est dans un calme et une sobriété magnifique, la démonstration n‘est pas lourde et au contraire elle nous permet de réfléchir.

Zoé Akli – Lycée Albert Claveille Périgueux
2020/04/20 15:00 #2019-la-fille-au-bracelet-31-1
Lycée Albert Claveille, Périgueux, académie de Bordeaux
C’est une après-midi d’été. Sur la plage, une famille « ordinaire », comme on l’appellerait dans un roman policier. Autour de la mère et du père, deux enfants, un garçon et une fille. Quand la gendarmerie arrive, cela se fait sans heurts. Un peu d’incompréhension bien sûr, mais l’aînée (Lise) reste docile quand les agents lui demandent de la suivre. Celle-ci est accusée d'avoir poignardé et tué sa meilleure amie, Flora, au lendemain d'une fête donnée par celle-ci dans sa maison. C’est un film hyper accrochant, on a envie de voir la fin, de tout savoir grâce à cette intrigue : qui a tué Flora ? Est-ce que c’est Lise ?
Plus tard, cette absence de révolte sera analysée, décortiquée. Ne dit-on pas des adolescents qu’ils sont violents ? Qu’ils sont réfractaires à l’autorité ? Alors quoi ? Elle est si calme, « c’est bien qu’elle savait pourquoi on l’inculpait ». L’argumentaire de l’avocate générale est bien rodé. « Mais que savons-nous de la vie des adolescents ? », lui rétorque l’avocate de la défense.

Par la suite, le film se concentre sur le procès en cour d'assises de Lise, qui se tient deux ans plus tard, après deux ans d'instruction que la jeune fille a passé d'abord en prison puis en liberté surveillée, avec un bracelet électronique attaché à une de ses chevilles. Alors qu’elle passe en cours d’assises, ses parents s’interrogent sur sa culpabilité. Le spectateur ignore si elle est coupable ou innocente, et son opinion est amenée à évoluer au cours du passage des différents témoins à la barre.

Le film interroge ainsi le fossé des générations (des adultes qui jugent une adolescente) et la solitude des personnages. Ce film est au fond un portrait en creux d'une jeune fille de 17 ans, observée par les autres comme un continent étranger et incompris. On peut voir aussi que le film étudie le sujet de l’inégalité homme-femme avec le passage du témoignage qu’apporte Nathan, en effet, l’avocat général demande à Lise si c’est une « fille facile » alors que Nathan était aussi consentant qu’elle.

Il y a aussi des points négatifs dans le film, comme le personnage de l’avocat général qui sous-entend que Lise est coupable à plusieurs reprises. Ou encore le personnage de Nathan, qui n’assume pas et même enfonce Lise, ce qui ne fait pas parce qu'il n’avait pas l’air sincère.

Le bracelet du titre n’a rien à voir avec un quelconque bijou. Il s’agit de celui, électronique qu’elle porte depuis les deux ans. Au final, Lise est jugée non coupable et est libérée, pourtant elle remplace l’absence du bracelet électronique par son collier qu’elle porte depuis le début du film. Pour certains, elle ne l’a certes pas tuée mais elle se sent coupable de l’avoir laissé toute seule quand elle met ainsi son collier autour de la cheville.

Les acteurs étaient très bons, on y croit énormément et de plus, les décors sont réalistes et en tant que spectateurs on peut facilement s’identifier aux personnages et aux décors.



Miranda Maillard, Florine Orieux, Héléa Pinto - Lycée Albert Claveille Périgueux
2020/04/21 09:42 #2019-la-fille-au-bracelet-32
Lycée PRO André Malraux, Béthune, académie de Lille
Je pense que Lise est coupable du meurtre de sa meilleure amie car elle ne se défend pas, ne se révolte pas lors de son arrestation sur la plage, ni même au tribunal. Elle n’est pas surprise lors de son interpellation.
Je pense que Lise est coupable car les vidéos nous révèlent comme elle le révèle à son père que ce n’est pas une sainte.
Je pense que Lise est coupable car à la fin du film, elle garde un « bracelet » à sa cheville. Est-ce un signe ? celui de sa culpabilité ?
Je pense que Lise est coupable car elle ne présente pas ses condoléances aux parents de sa meilleure amie.
Je pense que Lise est coupable car elle se venge après la vidéo diffusée de la fellation.
Tu penses que le frère de Lise est coupable car il sait où est caché « le » couteau du meurtre.
Il pense que la mère de Lise est coupable car elle n’assiste pas au procès de sa fille. Cette indifférence n’est-elle pas synonyme d’aveu ?
Elle pense que le petit ami de la victime est coupable car il était jaloux de la relation charnelle qu’elle entretenait avec sa meilleure amie.
Nous pensons à l’unanimité que ce film mérite d’être récompensé. Il est captivant. Il nous fait douter, nous fait débattre. Et puis, Lise a notre âge ce qui nous interpelle davantage.
Vous pensez que Lise est innocente car il n’y aurait que la vérité qui blesserait. Lise n’est pas blessée par les accusations portées. Ce n’est donc pas vrai.
Vous pensez que Lise est innocente car elle a été recherchée son frère a l’école à l’heure du meurtre.
Elles pensent qu’il faut peut-être chercher le coupable ailleurs, mais où ?
Ils pensent, comme nous, que La fille au bracelet mérite une médaille car c’est un petit bijou.

Classe de 2mmv de Monsieur Corroyette Anthony du Lycée Professionnel André Malraux de Béthune
2020/04/22 16:12 #2019-la-fille-au-bracelet-33
Lycée Carriat, Bourg-en-Bresse, académie de Lyon
Critique de film sur « La fille au bracelet » Stéphane Demoustiers

La première scène est énigmatique  et peut résumer à elle seule le film: on voit Lise, qui vient d'avoir son bac, porter un bracelet électronique. Le décor est ensuite rapidement planté : la jeune fille est accusée d'avoir assassinée sa meilleure amie à coups de couteau.Tout au long du film, on va suivre son procès alors que l'enquête est terminée.

Concernant le déroulement du procès, le réalisateur a choisi un angle particulier très original et déstabilisant : le spectateur est considéré comme un juré et au bout du compte, lui aussi devra juger cette jeune fille selon son intime conviction. Cette mise en scène nous plonge en plein procès avec un côté réaliste très bien travaillé. Justement d'ailleurs la réalité des faits échappe à tout le monde : aucun aveu, aucun mobile, aucune preuve formelle, rien à faire, les événements se succèdent et s'annulent nous ramenant systématiquement à ce même état d'incertitude et de doutes sur la culpabilité de Lise.

Le film dresse aussi les portraits en action des principaux protagonistes de manière très réussie :

Lise semble antipathique, froide, distante et insouciante. Avec ce portrait qui pourrait sembler à charge, on ne peut pas dire qu'elle y met du sien pour montrer une image positive qui séduirait les jurés et qui pourrait la tirer d'affaire. Elle paraît très difficile à cerner, ayant l'air de prendre le meurtre à la légère en affichant un air presque indifférent pendant les débats alors que l'affaire est loin d'être gagnée.

L'avocate générale, quant à elle, est plus vraie que nature et elle impressionne par sa ténacité.

Les parents de Lise semblent désemparés face aux réactions de leur fille. Son père s'implique davantage dans le déroulement du procès, le parquet remarque que la mère n'est pas présente le premier jour de l'audience car elle privilégie son travail, ce que la cour ne manque pas de lui reprocher par la suite. Ils décideront alors de faire front commun pour soutenir leur fille même s' ils ne s'expliquent pas son comportement. On comprend vite qu'une génération les sépare et qu'ils ne connaissent pas vraiment leur fille chacun étant pris respectivement dans ses activités professionnelles.

La puissance du film tient également dans le compte-rendu extrêmement réaliste d'un procès d'assises : les témoignages,les interrogatoires, les plaidoiries, les incidents éventuels et rebondissements, tout est reproduit à l'identique et contribue à maintenir une tension tout au long du film. Stéphane Demoustiers ne nous laisse aucun répit, si ce n'est pour nous renvoyer à nos incertitudes. Jusqu'au bout, nous allons douter de Lise : mérite t-elle vraiment d'aller en prison pour ce crime ?

On se retrouve alors confiné dans le tribunal et on retient son souffle jusqu'au verdict dans ce huis-clos de plus en plus oppressant. Mais le verdict n'apporte aucun soulagement. En effet, celui-ci nous laisse sans voix et même mal à l'aise alors que Lise est déclarée innocente faute de preuve tangible.

Le plan final montrant Lise en train de placer autour de sa cheville le collier de sa meilleure amie qui a été assassinée à la place du bracelet électronique qu'elle a porté pendant le procès nous confronte encore et toujours à l'incertitude de son innocence. Quelle est la portée véritable de ce geste ?

Ce film est vraiment émouvant : comment ne pas être touché par le personnage de Lise dont la jeunesse est compliquée bien qu'elle ait un cadre de vie privilégié. Elle se cherche comme tout adolescent et cumule des expériences qui déroutent voire stupéfient le monde des adultes bien pensants et souvent gênés voire choqués de ce qu'elle a osé expérimenter ou vivre pleinement sans état d'âme, sans regret. Grâce à la plaidoirie brillante de son avocate, Lise est relaxée : la justice a finalement choisi de ne pas condamner cette insouciance.
Justice est-elle vraiment faite ? On ne sait pas, on ne saura jamais...

Critique rédigée par Lilou Gerbelot, élève de 2nde, lycée Carriat, Bourg en bresse
2020/04/23 17:20 #2019-la-fille-au-bracelet-34
Lycée PRO Charles Baudelaire, Meaux, académie de Créteil
Critique d'Elise IGLESIAS La fille au bracelet de la classe 1BPMS2, lycée BAUDELAIRE

Lettre ouverte à mes juges

À l’avocat général qui m’a offensé, m’a blessé et m’a tancé
pendant tous les jours du procès.

Elle m’a demandé si je n’étais pas une fille facile
mais pourquoi demande-t-on cela toujours à une fille ?

Pourquoi n’a-t-elle pas qualifié Nathan de garçon facile ?
J’ai juste perdu un pari
et je n’ai pas eu l’impression de boire le calice jusqu’à la lie.

Il avait eu 14 à son devoir de mathématiques et moi 13,5.
J’ai donc respecté mon gage en ne commettant aucun outrage.

Oui, je lui ai fait plaisir.
Oui j’éprouvais du désir.
Non, je n’avais pas à rougir.
Non, cet acte n’était pas destiné à me salir.
Je profite de la vie
pour ne pas mourir d’ennui.

Les adultes ne peuvent pas s’empêcher de nous conseiller
soi-disant pour mieux nous protéger.

Je ne veux pas être insolente ni outrageante.

J’ai tout de même demandé à mon père s’il continuerait
toujours à qualifier mon comportement de délétère.

« Quand le procès sera fini, tu pourras arrêter de me dire ce que je dois faire »,
lui ai-je adressé sans autre forme de procès.

Je veux vivre, jouir de la vie dans toutes ses panoplies.
Je veux faire l’amour avec des garçons comme je le faisais avec Flora.

Pourquoi d’ailleurs toujours parler d’amour en tenant de longs discours ?
« On n’a pas vraiment fait l’amour, on s’est fait du bien »

car tel était notre destin et peu importe que l’on s’écarte du droit chemin.

Les adultes ont l’air fatigué
à force de toujours nous accuser.

Je ne veux pas leur ressembler.

Je suis une adolescente qui n’entend pas qu’on lui dicte sa conduite
sous prétexte que je serais une fille maudite.

J’ai désiré Flora, j’ai désiré Nathan, j’ai désiré pleins de garçons
qui ne se sont pas fait prier pour mordre à l’hameçon.

La seule qui a su trouver les mots, c’est mon avocate.
Elle est restée professionnelle
et n’a pas semblé dégoûtée face à la description de mes désirs charnels.

C’est une adulte qui ne se comporte pas comme tous les adultes.
Sa plaidoirie était brillante et percutante.

Elle a osé les défier avec ténacité.

Elle a défendu la liberté sexuelle et pas seulement à l’époque actuelle.

Elle a demandé aux jurés de ne pas juger mais de faire « acte de justice ».

Après mon acquittement,
je pressens que plus rien ne sera comme avant.
Quand on m’enlève ce bracelet, je regagne ma liberté.

Plus que jamais, je n’ai pas l’intention de transiger.
Je continue à suivre ma voie sans me préoccuper de mettre mon entourage en émoi.
Je suis une femme LIBRE.




2020/04/23 17:35 #2019-la-fille-au-bracelet-35
Lycée PRO Charles Baudelaire, Meaux, académie de Créteil
Critique d’Elise IGLESIAS . La fille au bracelet, Première 1BPMS2, lycée BAUDELAIRE, Académie de Créteil.

Libelle de Lise à l’endroit de ses détracteurs

Moi, c’est instinctivement que j’ai mes élégances.
Je ne me proclame pas une sainte,
mais j’ai plus de convictions que de nombreux poltrons.

Je n’aurais jamais honte de ma conduite
que certains considèrent comme erratique.

Je lave mes affronts
et je n’ai que faire de leurs objurgations.

Les critiques glissent sur moi
comme si elles s’adressaient à d’autres que moi.

Je marche la tête haute.
Je n’ai pas l’intention de me laisser blesser par des jugements
à l’emporte-pièce sans aucune finesse.

Je ne prétends pas que mon âme soit pure,
je prétends avancer en assénant ma vérité.

Mon esprit est bravache.
Pourquoi ne pas comprendre que je souhaite rester sans attache ?

Je suis prête à défier tous les endormis, tous les aigris
qui sont plongés dans l’ennui depuis qu’ils sont tous petits.

Je brandis mon épée pour mieux les toiser.
Je suis fière de jouir de la vie.
Sans bracelet, je regagne mon autonomie pour la vie.