Sibel

Données du film

affiche SibelRéalisé par : Guillaume Giovanetti, Çağla Zencirci

Avec : Damla Sönmez, Emin Gürsoy, Erkan Kolçak Köstendil

Long-métrage : Turquie, France

Genre : Drame

Durée : 1H35

Année de production : 2018

Distributeur : Pyramide Films

Synopsis

Sibel, 25 ans, vit avec son père et sa sœur dans un village isolé des montagnes de la mer noire en Turquie. Sibel est muette mais communique grâce à la langue sifflée ancestrale de la région. Rejetée par les autres habitants, elle traque sans relâche un loup qui rôderait dans la forêt voisine, objet de fantasmes et de craintes des femmes du village. C’est là que sa route croise un fugitif. Blessé, menaçant et vulnérable, il pose, pour la première fois, un regard neuf sur elle.

Récompenses

  • Prix du public - Rencontres Cinématographiques de Cannes 2018
  • Prix du Syndicat Français de la Critique de Cinéma - Rencontres Cinématographiques de Cannes 2018
  • Prix Ceux du Rail - Rencontres Cinématographiques de Cannes 2018
  • Prix de la critique à Cinémed - Festival Méditerranéen de Montpellier 2018
  • Prix du Public à Cinémed - Festival Méditerranéen de Montpellier 2018
  • Prix du jury des jeunes - Festival du Film de Locarno 2018
  • Prix de la Presse au Festival - Film de Locarno 2018
  • Prix du Jury Oecuménique - Festival du Film de Locarno 2018

Sites

Presse

Vidéos

  • La carte postale de Guillaume Giovanetti et Çağla Zencirci (EN ATTENTE)

Dossiers à télécharger

Critiques d'élèves en compétition (catégorie critique libre)

  • Lycée Le Mans Sud, Le Mans (académie de Nantes)

le mans sibel1

  • Lycée Delamare Deboutteville, Forges-les-eaux (académie de Rouen), une critique réalisée par Léana, Océane, Chloé, Yona et Andréa

delamare sibel1

  • Lycée Pravaz, Pont de Beauvoisin (académie de Grenoble)

sibel pravaz

Commentaires

2019/03/24 12:15 #2018-sibel-1
Lycée Pardailhan, Auch, académie de Toulouse
Lycée Pardailhan, Auch, classe de 202, critique de Marie et Nino

Sibel est un film dramatique mais également romantique de 2018 et réalisé par Cagla Zencirci et Guillaume Giovanetti. Ce film est tourné dans un petit village de Turquie et donc dans la langue nationale. La plupart des acteurs de ce long métrage sont des personnes originaires de ce petit village mis à part quelques acteurs célèbres comme Damla Sonmez qui incarne Sibel (le rôle principal) mais aussi Elit Iscan qui joue Fatma, Erkan Kolcak Kostendil qui joue Ali … Ce film retrace la vie de Sibel, une jeune fille turque très rejetée par son village qui, à la suite d’une fièvre à l’âge de cinq ans, est devenue muette. C’est pour cette raison qu’elle communique avec les gens de son village dans la langue sifflée. C’est la fille du maire, un homme très protecteur envers ses filles mais malheureusement veuf et la sœur de Fatma, une très jolie fille qui semble tout avoir : des amis … contrairement à Sibel. Cette dernière, très solitaire et contre le système national va tous les jours dans la forêt essayer de tuer le « le loup » et rendre visite à une vieille dame folle : Narin. Mais, un jour, une rencontre insolite va bouleverser sa vie et malgré le fait qu’elle veuille aider et faire ouvrir les yeux à plusieurs personnes, tout ne va pas ce passer comme elle l’aurait souhaité…

En ce qui nous concerne, nous avons énormément apprécié ce film pour plusieurs raisons. Tout d’abord, Sibel est un film qui véhicule de nombreuses émotions durant 1h35 : c’est un feu d’artifice d’émotions. En effet, il y a énormément d’amour ou plutôt de l’amitié ambiguë. Par exemple, vers le milieu du film, nous voyons, en gros plan, Sibel et Ali l’un contre l’autre pour se réchauffer. Ils restent dans cette position pendant un long moment puis Sibel fini par l’embrasser. Ensuite, on retrouve malheureusement de la tristesse et du désespoir, comme le moment où le maire oblige sa fille à rester à la maison, la soupçonnant de fréquenter quelqu’un, mais aussi, la scène où Fatma pleure dans son lit car elle ne peut plus se marier… Malgré cela, les réalisateurs ont voulu néanmoins nous transmettre de la joie à plusieurs reprises, parmi lesquelles figure le passage où différentes filles du village se réunissent dans un moment euphorique pour fêter les fiançailles de l’une d’entre elles. De plus, la trahison est présente dans ce film : notamment Sibel qui se sent trahie par sa sœur Fatma. Cette dernière a dévoilé son secret, ce qui a eu énormément de conséquences plutôt graves pour Sibel. Pour continuer, on trouve aussi de la colère voire de l’indignation à plusieurs passages comme vers le début de film, Sibel vient s’asseoir à côté des autres mais elles la rejettent, alors on la voit partir avec son fusil en leur disant : « allez toutes au diable ! », ce qui insiste sur le rejet des habitants envers Sibel. Ce côté bourré d’émotions du film, permet de nous accrocher à ce dernier en étant tout le temps bouleversé.

En effet, au-delà du fait que ce film déroule toute une palette d’émotion, il dénonce un régime politique très strict : la dictature. C'est un film qui dénonce une société dictatoriale où l’homme est roi. Par exemple, les forces de l’ordre turques qui sont à la recherche d’un « terroriste » d’après leurs dires. En fait, il est tout sauf terroriste, il a refusé de faire le service militaire, qui, dans ce pays, est obligatoire et important : ils doivent tuer et tirer sur les pays avec lesquelles ils ont en guerre. Ce terroriste nommé Ali est considéré comme terroriste car il refuse de faire le service militaire sous prétexte qu 'il ne fait la guerre que pour lui et non pas pour les autres, les forces de l’ordre pensent alors qu’il est avec l’ennemi et que c’est pour cela qu’il refuse le service militaire afin de ne pas tuer ses prétendus alliés. Toute opposition contre le gouvernement est donc interdite et sévèrement réprimée ; c’est sûrement pour cela qu’Ali cherche à se cacher et à fuir l’État. Aussi, les femmes sont constamment sous la responsabilité des hommes : le père ou l’époux, comme dans certaines dictatures actuelles telles que dans les pays comme la Turquie, là où l’inégalité homme femme est très présente.
Ce film nous a énormément plu, notamment pour la découverte d’une toute autre culture qu’on n’a pas l’habitude de voir. On découvre une langue, qu’on ne connaissait pas auparavant : la langue sifflée. On apprécie le travail et la persévérance qu’a dû fournir l’actrice qui jouait le rôle de Sibel, pour apprendre à siffler et à parler cette langue. Ce film est culturellement enrichissant et c’est ce qui nous a plu. À travers ce film garni d’émotions, de nombreuses situations nous ont touchées. C’est donc pour cela que nous avons énormément apprécié ce film et que nous le recommandons à tous, aux petits comme aux grands.

Sésé Marie et Galdava Nino 202
2019/03/25 13:04 #2018-sibel-2
Lycée PRO Louis Pasteur, Nice, académie de Nice
Sibel, jeune femme d’une vingtaine d’années dénuée de paroles mais pratiquant la langue sifflée, vit son quotidien minime de femme dans son village en Turquie.
Damla Sonmez est une actrice bien connue du public turc, elle incarne à la perfection le personnage de Sibel.
Le couple de réalisateurs franco-turc ajoute un troisième long-métrage à sa production. Et on entre en immersion totale dans ce chef-d’œuvre.

Dans un petit village de l’arrière pays turc, Sibel vit avec son père et sa sœur. Elle assume le rôle manquant de la mère de famille dans la maison tout en allant travailler aux champs. Malgré son handicap, elle arrive à communiquer avec les habitants grâce à la langue ancestrale sifflée.
Parallèlement à son village, elle part souvent dans la forêt chasser le ‘’terrifiant loup’’ pour obtenir la reconnaissance des villageois(es).
Pendant sa chasse, elle fait une terrible rencontre qui bouleversera sa vie et celle des habitants du village.

Film émouvant et remarquable aussi bien par le jeu des acteurs que par la beauté des paysages, « Sibel » est une histoire poignante parlant de la femme dans la société en Turquie et dans bien d’autres pays mais aussi de la vie d’une jeune personnes munie d’un handicap.

La critique d'Isabelle Goupil et Emilien Moretti, 1C, Lycée Pasteur, Nice
2019/03/25 13:08 #2018-sibel-3
Lycée PRO Louis Pasteur, Nice, académie de Nice
Quelque part dans les montagnes de Turquie, Sibel, jeune femme muette parlant la langue sifflée, est la souffre-douleur de son village et la femme à tout faire de sa famille. Dans une quête de respect, elle chasse le loup qui soit-disant habite dans la forêt voisine d’après la population du village. Pendant une après-midi tout à fait banale dans la forêt, Sibel va faire une rencontre qui changera sa vie. Ce poétique long métrage est d’une beauté incroyable. Grâce à son ingéniosité narrative, « Sibel » transmet des émotions fortes.

La critique d'Enzo Cartelli et Cedric Loiseau, 1C, Lycée Pasteur, Nice
2019/03/31 18:36 #2018-sibel-5
Lycée PRO La Salle, Avignon, académie de Aix Marseille
Le lapin et le serpent, un combat inégal ?
Muette mais pas aveugle pour comprendre et communiquer avec les gens de Kusköy, ce petit village au nord de la Turquie. En effet, Sibel est une belle jeune fille avec son regard gris acier et sa chevelure noire. On admire sa silhouette fine mais dotée d'une volonté farouche. Elle siffle depuis l'âge de cinq ans frappée par une forte fièvre. Elle porte cet handicap mais est-ce un drame ? Elle est unique, et ne ressemble à aucune autre fille de son village, elle est libre ! Ses faiblesses sont des forces. Elle prend soin de son père Emin, épicier et maire du village et a des rapports assez conflictuels avec sa jeune soeur Fatma qui doit se marier prochainement. Son père représente l'autorité du chef de famille. Veuf, ce père de famille protège Sibel. Mais Sibel n'est pas une fille que l'on met dans une case où les traditions doivent régir les relations humaines ; elle est serviable avec Narim, une vieille femme qui vit seule dans une cabane sur les hauteurs en forêt. Mais Sibel est rejetée. Tout particulièrement par les autres femmes. Elle est vaillante armée de son fusil et ne craint pas la forêt malgré l'ombre du loup. Elle le traque jusqu'au jour où elle rencontre Ali, un homme recherché par la police comme terroriste...

Sibel est une battante jusqu'au bout contre les préjugés, les superstitions, les traditions, l'intolérance. Nous avons adoré ce film ! On respire, on court, on siffle, on se bat à ses côtés. Bref, on l'accompagne durant 1h35, film rythmé, au coeur d'une végétation dense et des habitants rudes. Peu de rires. Peu d'amour exprimé. Sibel est fière, elle va jusqu'au bout de ses envies. C'est une combattante face à l'injustice et en communion avec la nature. Nous avons applaudi le film.
Les élèves de la Seconde pro SN
2019/04/01 17:55 #2018-sibel-7
Lycee Jules Ferry, Paris, académie de Paris
Lycée Jules Ferry Paris Lucien Durand-Barlot – 1ère L1

Sibel est un film turc sorti en 2018 et réalisé par Çagla Zencirci et Guillaume Giovanetti. Sibel est une jeune femme muette qui ne peut communiquer que grâce à des sifflements, sorte de seconde langue pour elle et les habitants du village d’agriculteurs dans lequel elle vit avec son père, le chef du village, et Fatma sa sœur.
Sibel est dénigrée à cause de son mutisme. Armée de son fusil et arpentant les forêts alentour, elle espère bien tuer le loup qui menace les villageois et ainsi regagner son honneur et celle de sa famille. C’est pendant une de ces parties de chasse qu’elle tombe sur un homme. Blessé à la jambe, Sibel le soignera tout en apprenant à le connaitre.
Sibel est un très beau film sur le thème de l’amour impossible et du drame romantique. L’utilisation des sifflements pour communiquer apporte au film une certaine profondeur, créant ainsi un jeu d’acteur plus vaste. Le personnage de Sibel semble enfermé dans ce village de montagne. Elle est persécutée par les autres habitants, cependant, elle reste une femme forte, mystérieuse et fière. L’intrigue du film relève parfois même du mystique, on en vient à se demander si Sibel ne devient pas folle, tout comme la vieille du village qui raconte avoir vécu une histoire similaire.
Parmi la sélection des films pour le prix Renoir, ce film fait partie de mes favoris. Les personnages sont touchants et merveilleusement interprétés, les réalisateurs ont réussi à créer une vraie ambiance qui tient le spectateur en haleine jusqu’à la fin.
2019/04/01 19:22 #2018-sibel-8
Lycee Jules Ferry, Paris, académie de Paris
Stel Yus, Lycée Jules Ferry, paris
Que garantit une place de cinéma à celui qui l'achète ? De nouvelles émotions, un scénario prenant, une ambiance particulière tout cela mélangé à des sentiments variés... C'est ce qu'a à nous offrir Sibel. Réalisé par Çağla Zencirci et Guillaume Giovanetti, un couple franco-turque, il a reçu 8 prix et une nomination dans deux festivals français et un suisse. En voici le synopsis . Sibel, 25 ans, vit avec son père et sa sœur dans un village isolé des montagnes de la mer noire en Turquie. Sibel est muette mais communique grâce à la langue sifflée ancestrale de la région. Rejetée par les autres habitants, elle traque sans relâche un loup qui rôderait dans la forêt voisine, objet de fantasmes et de craintes des femmes du village. C’est là que sa route croise un fugitif. Blessé, menaçant et vulnérable, il pose, pour la première fois, un regard neuf sur elle.

Le film est beau et dépaysant, car en effet l'action se déroule dans un petit village turc, qui a la particularité de parler en langue sifflée, une grande partie du temps : Kusköy - qui signifie village des oiseaux . On découvre une langue magnifique mais quasiment inconnue, qui permet de communiquer facilement depuis de longues distances. La nature est au centre du film, elle est partout et nous aide à mieux y pénétrer. Les thèmes traités dans le film sont très actuels, puisqu'on y aborde celui de l'émancipation de la femme dans des villages turcs. L'héroïne, vivant chez son père, qui est seul avec ses deux filles, est la cible de beaucoup de moqueries, surtout de la part des femmes du village. Car elle est muette, elle sait chasser, elle est libre. Sibel dérange les conventions. Elle souffre beaucoup du regard des autres et tente d'être acceptée à plusieurs reprises...



J'ai beaucoup aimé ce film, on est plongé dans une ambiance particulière, on est détendu, au milieu de la nature, des arbres, des animaux, mais on ressent beaucoup de peine pour Sibel, qui ose être différente jusqu’à être expulsée de la communauté traditionnelle, qui ne n’'accepte que des femmes soumisex aux « codes féminis » du village. Son handicap mêlé à l'ignorance des habitant crée lui-aussi un rejet.

Néanmoins, les réalisateurs prennent un risque en ne mettant aucune musique dans leur film, mais cela réussit plutôt bien, car on est bercé par celle de la nature et des sifflements des habitants. A la toute fin, ils choisissent cependant une musique de générique très brutale (de l’électronique particulièrement désagréable) qui crée un énorme contraste avec le reste du film. Selon les réalisateurs, la musique est féminine et radicale, cela reste un choix très étrange. Le film est parfois très proche des ventres mous, et on peut décrocher de son fil à quelques reprises, mais ces moments restent très rares.

Sibel est donc un film plaisant, attendrissant et extrêmement beau à voir, on découvre une nouvelle culture totalement différente et c’est un aspect positif du film.

Un film à découvertes !
2019/04/02 15:32 #2018-sibel-9
Lycée Galilée, Combs-la-Ville, académie de
SIBEL, un film touchant mais pas transcendant.

Sibel, film turc réalisé par Çagla Zencirci et Guillaume Giovanetti, est un drame romantique qui se passe dans un village isolé de Turquie. Il raconte l’histoire d’une jeune muette que son handicap exclut de la société, et qui s’émanciper au contact d’un fugitif. L’histoire est belle, et le film possède des qualités, mais au final, il ne parvient pas à aller au bout de ses idées.

Ce long-métrage se veut touchant, le personnage de Sibel est fort et impressionnant, le jeu de Damla Sönmez, l’actrice qui l’incarne est puissante, et cela malgré l’handicap du personnage qui empêche l’actrice de s’exprimer à travers la parole. Sa performance est admirable, elle déploie un certain talent pour transmettre des émotions sans paroles. Pour s’exprimer, le personnage utilise la langue sifflée, caractéristique de sa région, procédé intéressant qui accentue le côté nature du film, en nous faisant parfois croire à des bruits d’oiseaux. Cet aspect et son handicap sont d’autant plus marquants que le film fait l’économie de musiques. C’est un procédé certes intelligent, mais qui a ses limites. En effet la musique aurait permis de souligner la dramaturgie à certains moments. On peut aussi retenir certains plans très beaux, très bien tournés, et l’esthétique est globalement convaincante.

Cependant, le film laisse le spectateur sur sa faim. Il tente de traiter beaucoup de sujets, et s’aventure dans des terrains qu’il n’exploite pas entièrement, comme l’histoire d’amour entre Sibel et Ali, qui finit totalement au second plan. En effet, la rencontre entre ces deux personnages sert principalement l’émancipation de Sibel. Si l’héroïne n’est pas plus acceptée qu’au début, le regard que portent les autres sur elle a changé. On peut aussi reprocher au film un déroulement trop basique, voire cliché, comme la scène où les deux amoureux se disputent, Sibel s’enfuit, et d’un coup c’est l’orage. Scène qui ne sert pas vraiment l’histoire et qui nous montre juste un symbole touchant : Sibel qui tente de crier mais n’y arrive pas à cause de son handicap.

C’est un beau portrait de femme, dans une Turquie très ancrée dans ses traditions, mais parfois ennuyant.

Marius Hestin, 1ère L


2019/04/02 17:18 #2018-sibel-10
Lycée PRO Hippolyte Fontaine, Dijon, académie de Dijon
«Sibel» est interprétée par une actrice qui joue son rôle à la perfection tout en restant magnifique malgré son handicap qu’elle a depuis ses cinq ans à cause d’une fièvre qui lui a ôté la parole.
Le principal décor du film est cette forêt du Nord de Turquie que le réalisateur, Çagla Zencirci ne nous manque pas de nous faire découvrir avec ces plans larges tout au long du film.
Il joue aussi avec des plans rapprochés et des gros plans sur le visage de Sibel pour nous transmettre le plus d’émotions possible.
Quelques plans réalisés avec une caméra portée permettent de nous faire ressentir ce qu’endure Sibel.
Mais heureusement pour elle, Sibel a un père protecteur, qui sans se cacher, n’emploie pas toujours les bonnes méthodes pour lui montrer. En tant que maire du village, il est malheureusement tiraillé entre sa fille qui est mal vue des habitants et la pression collective.
Dans ce film, Sibel représente la femme libre en Turquie et la forêt qui est dans ce film, très symbolique.
Çagla Zencirci a décidé que Sibel communiquera en sifflant ; c’est un fait très original dans le monde du cinéma, qui n’est pas inventé car aujourd’hui, on parle encore en sifflant dans certaines communautés. Ce sifflement incarne la Rébellion ; la Résistance.
Les scènes du film sont répétitives. Chaque matin, on voit Sibel à l’entrée de sa maison en train d’enfiler son foulard et de prendre son fusil que son père lui a offert. Elle va chaque matin aux champs aider les femmes du village et s’enfuit ensuite chasser le loup dans la forêt.
Elle est la seule à encore parler à la «folle du village», Narin. La rencontre brutale qu’elle va faire avec un « terroriste » d’Istanbul va changer sa vie. Sa sœur, enfant gâtée qui doit se marier va être odieuse avec Sibel tout au long du film. Elle va la suivre dans la forêt et s’apercevoir que sa sœur «fricote» avec un homme. Elle ne manquera pas de le raconter aux femmes du village qui vont dénigrer la jeune femme.
La fin est étrange et brutale, car Ali va disparaître et on n’aura plus aucune nouvelle Nous assistons à la réconciliation des deux sœurs. Une fille du village qui la dénigrait, va sourire à Sibel car elle deviendra rebelle ; elle ne se laissera plus marcher dessus et gardera toujours la tête haute. Le regard des autres lui importent peu.
Le film est silencieux sans aucune musique.
Ce film a des points communs avec «Heureux comme Lazarro». Elle est la Cendrillon de la maison, elle ne dit rien quand elle subit les violences physiques et mentales des autres.
Il y a également des points communs avec «Mustang», où nous voyons la situation de la femme en Turquie. On peut reconnaître qu’une actrice du film «Mustang» est la sœur du personnage principal. Nous voyons les traditions turques et nous avons également à faire à une jeune femme rebelle.

Sandra ROMEUR, 2ELC2
2019/04/03 12:42 #2018-sibel-11
Lycée Louis de Foix, Bayonne, académie de Bordeaux
Le film raconte l’histoire d’une jeune fille nommée Sibel qui est muette et qui communique avec les habitants en sifflant. On va voir durant tout le film la vie qu’elle mène car on comprend très vite qu’elle est rejetée par tout son village à cause de son handicap. Tous les jours, elle va dans la forêt et cherche à chasser un loup qui effraie les femmes pour être reconnue dans le village.
Ce film dramatique turc, sorti en 2018, a été réalisé par Çağla Zencirci et Guillaume Giovanetti.
Nous avons adoré ce film car l’histoire est très intéressante. Nous avons beaucoup aimé le choix de la langue sifflée ce qui rajoute à notre avis plus de sentiments, comme de la tristesse. Même si des scènes sont par moment cruelles envers Sibel, nous avons apprécié le rôle du fugitif qui la voit comme ce qu'elle est vraiment, une très jolie jeune femme.
Certaines scènes sont très violentes et choquantes. Au début du film, les femmes du village rejettent ouvertement Sibel parce qu’elles pensent qu’elle est maudite et qu’il ne faut pas l’approcher. Plus tard, les femmes iront jusqu'à la taper parce qu'elle a rencontré un homme. Même sa petite sœur la rejette pendant presque tout le film alors que Sibel ne lui fait rien. Une scène nous a particulièrement touchés, quand le fugitif qu'elle cache quitte la cabane et qu’elle se met à genoux : elle voudrait crier sa douleur mais comme elle est muette aucun son ne sort de sa bouche, ce qui montre son impuissance face à ce qu'elle traverse.
La caméra suit la fuite en avant de Sibel, court à ses côtés, nous fait ressentir sa rage de vivre. Le film offre de merveilleux paysages, ainsi que de magnifiques portraits : celui de Sibel tout d'abord, femme libre mais aussi celui du père, autoritaire mais aimant. Le film se termine sur un immense espoir, celui de l'émancipation de Sibel qui ose enfin affronter toutes les femmes du villages.
Nous conseillons fortement de voir ce film car nous trouvons que ce film nous donne une leçon de vie.
Lucas Jimenez, Lucas Le barbier et Unai Greco, 2de 7
2019/04/03 13:51 #2018-sibel-12
Lycée PRO Louis Pasteur, Nice, académie de Nice
Sibel raconte une folle histoire, celle d’une jeune femme muette, magnifiquement jouée par Damla Sönmez et écrite par Çagla Zencirci et Guillaume Giovanetti, vivant avec son père et sa sœur dans un petit village de Turquie. Ce film touchant et réaliste nous montre la difficulté d’intégration quant au handicap. C’est une protagoniste pleine d’espoir qui cherche à avoir la reconnaissance de son village en attrapant et tuant le loup qui menace les récoltes. Son père, « chef » ou maire du village et gérant d’une petite boutique, partage sa passion, la chasse, avec sa fille Sibel. Alors qu’elle semble bien déterminée dans sa quête, Sibel va faire une rencontre qui va profondément la changer, celle d’Ali, jeune homme fugitif d’une vingtaine d’années.
Ce film bouleversant et plein d’honneur prend tout son sens dans la dernière scène où l’on voit une Sibel forte, la tête haute, qui accompagne sa sœur au bus devant un champ occupé par toutes les femmes du village, qui l’ont auparavant tant attaquée.

João RIO et Tristan SIMON, 1C, Lycée Pasteur, Nice.
2019/04/03 21:16 #2018-sibel-13
Lycée Langevin Wallon, Champigny-sur-Marne, académie de
Sibel
Un film de Cagla Zencirci et Guillaume Giovanetti


Sibel est une jeune femme muette qui subit le rejet de sa communauté dans un village de Turquie.
Elle ne peut communiquer avec sa famille et les villageois qu’en langue sifflée ancestrale.
Sibel a 25 ans, elle vit avec son père et sa sœur dans un village isolé des montagnes de la mer Noire. Son père est le maire du village. Veuf, c’est Sibel qui s’occupe de la maison. Elle est souvent appelée pour travailler dans les champs pour aider les femmes de la communauté. Elle rend visite et approvisionne une villageoise, Narim, qui a perdu la raison et vit dans une cabane dans les bois, exclue du village. Sibel court, d’une tâche à l’autre, s’évade quand elle le peut pour traquer le loup qui effraie les villageois. Si elle le tue sa communauté l’acceptera enfin.
Lors d’une de ses expéditions dans la forêt en quête du loup un homme affamé et épuisé surgit et se jette sur Sibel. En se défendant elle le pousse dans le piège creusé pour le loup. Sibel lui porte secours, tente de le soigner. Peu à peu ils parviennent à communiquer. Dénoncée par sa sœur qui l’a suivie, Sibel nie mais la rumeur se répand dans le village et provoque la rupture des fiançailles de sa sœur. L’hostilité envers Sibel s’accroît encore, n’épargnant pas son père, maire du village.
A travers le personnage de Sibel, ce film interroge sur la condition de la femme dans une société traditionnelle patriarcale. Même les hommes doivent se plier aux normes sociales. Le sentiment d’étouffement social est amplifié par le contraste de la forêt, espace de liberté aux couleurs magnifiques. Courageuse, volontaire et indépendante, Sibel affronte, la tête haute, le village pour rendre sa dignité à sa sœur.
La dernière scène montre Sibel tournée vers les femmes qui travaillent dans un champ et l’une d’elles, la jeune femme qui refusait qu’elle s’installe près d’elle, regarde Sibel et lui sourit.

Seconde 3 - LPO Langevin-Wallon, Champigny-sur-Marne 94
2019/04/04 19:25 #2018-sibel-14
Lycée Combes, Pons, académie de Poitiers
Sibel

Ce film de G. Giovanetti et C.Zencirci raconte l'histoire d'une jeune femme prénommée Sibel qui communique grâce à la langue sifflée car elle est muette. Elle vit avec son père, veuf et sa sœur, qui suite à l'implication de son aînée dans la protection d'un fugitif, voit son mariage annulé. La production cinématographique commence sur des images intrigantes, pleines de mystère sur lesquelles on voit cette jeune femme très aguerrie en train de poser des pièges pour le loup de la montagne, qui terrorise toutes les femmes du village. Sibel est rejetée par les autres femmes qui ne veulent pas s'approcher d'elle à cause de la perte de sa voix suite à une maladie infantile notamment par peur pour les futurs enfants. Mais Sibel va en faire sa force pour aller chasser le loup pour enfin gagner la confiance du village et pouvoir restaurer la tradition ancestrale des mariages sur le rocher de la mariée. Elle va investir sa force pour montrer qu'elle peut être utile au village mais aussi pour affirmer son droit à la liberté et son indépendance. Au fur et à mesure des scènes différents messages sont véhiculés. Tout d'abord une thématique qui n'est pas assez abordée dans la société actuelle, celle de la vie des personnes marginalisées qui sont représentées par le personnage de Sibel mais aussi celui d'Ali qui est présenté comme un terroriste, un fugitif armé et dangereux. A travers ces deux personnages il y a aussi le thème de la peur de l'inconnu qui est abordé. Puis enfin par le biais du personnage du père un message de méfiance car cet homme au départ si aimant envers sa fille se révèle hypocrite lorsqu'il apprend qu'elle a aidé un inconnu. Au fil de toutes les images que nous pouvons visionner la respiration de Sibel s'entend fortement, c'est très important car pour elle qui ne peut émettre aucun son, sa respiration est le moyen parfait pour transmettre ses sentiments.
2019/04/04 22:14 #2018-sibel-15
Lycée Delamare Deboutteville, Forges-les-eaux, académie de Rouen
Salut tout le monde !

Alors cette fois on se retrouve pour parler de "Sibel", un film touchant, un véritable hymne à la tolérance et au respect des différences ! Le personnage principal est une jeune fille adolescente nommée Sibel qui vit avec son père et sa petite sœur. Ayant perdu la voix depuis l'âge de 5 ans, elle communique grâce aux sifflements qu'elle émet, cependant, celle-ci se fait injurier par les gens du village sous prétexte qu'elle est un "porte poisse". Exclue, elle s'isole dans les bois en quête d'un mystérieux loup, mais c'est un homme qu'elle finit par rencontrer dans la forêt. Elle va l'aider, au risque d' être davantage rejetée et de perdre la considération que lui porte son père.

Nos impressions :
Nous pensons que Sibel est un personnage très humble mais qui se révèle d'une force étonnante, malgré les insultes qu'elle subit quotidiennement. Comment parvient-elle à garder la tête haute dans ces conditions ? C'est ce qui nous a le plus fasciné en elle ! La relation entre le personnage principal et son père, un lien très fort qui offre à Sibel une armure contre cet environnement hostile. Nous avons particulièrement aimé la différence que cherchait à maintenir le père entre les deux sœurs, son combat pour préserver un équilibre entre elles. Il la protège contre toutes les injustices, même celles de sa propre sœur. Beaucoup de scènes nous ont émues, toutes celles où Sibel parvient à exprimer sa colère et sa rage sans mots. Cela nous a marqué. Même si elle ne parlait pas, on pouvait entendre la signification de son geste : "Garde la tête haute !!". Ses sentiments de révolte et de colère nous ont envahi. Nous nous sentions complètement possédées par le film ! Ce sourire échangé à la toute fin a été pour nous la juste récompense de son combat, comme si la souffrance et la détermination de Sibel n'avaient pas été vaines. Malgré les injustices et les scènes révoltantes, le spectateur sort de la séance transformé et grandi par sa force de caractère et sa grande humanité. Cela nous a appris combien il est difficile de surmonter le harcèlement et qu'il est nécessaire de garder espoir.

Alexia, Césarine et Léa.
2019/04/05 08:42 #2018-sibel-16
Lycée des arènes, Toulouse, académie de Toulouse
Si Sibel est souvent jugée et considérée comme déséquilibrée et insignifiante, il est indéniable que c’est une jeune femme fabuleuse, victime de discrimination sous prétexte qu’elle est muette.
Malgré son handicap, Sibel persiste à vouloir exprimer ses sentiments à travers autre chose que des mots dits à voix haute, parvenir à se faire comprendre sans sa voix est pour elle son objectif principal .

Chaque jour est un combat pour la jeune femme qui doit prouver à son entourage que sa différence est pour elle sa force d’avancer .

Un beau moment de cinéma …

Sandra





Sibel , une jeune femme audacieuse, courageuse et fougueuse qui porte le poids du silence sur ses épaules . Différente ? Certainement . … mais après tout qui ne l’est pas! .

Beaucoup de personnes pourront s’identifier à Sibel , d’autres se reconnaîtront dans ceux qui n’acceptent pas la différence , comme ceux qui rejettent Sibel.

Partagée entre la forêt où elle n’est pas jugée et le village, son foyer , le seul lieu où elle peut s’intégrer et prouver…

Mais prouver quoi et comment...?

«SIBEL» est un magnifique film , poignant et émouvant , l’histoire se déroule dans un cadre magique, parfait mélange de douceur et de violence.

Ce film est pour moi un chef d’œuvre qui permet de découvrir une nouvelle culture , une nouvelle nature , un nouveau combat .

Il vous fera sans doute pleurer , peut être rire mais une chose est sûre, il vous laissera sans voix !

Safia





Sibel est un film extrêmement touchant qui traite de plusieurs thèmes: les liens familiaux, l’amour interdit ainsi que les combats personnels. L’évolution de l’héroïne est intéressante, elle passe d’une femme craintive et honteuse à une femme forte indépendante , qui affirme sa différence.

Le réalisateur nous offre une très belle fin , on en reste sans voix …

Ines





Sibel est quelque peu particulière, c'est une héroïne qui brise les stéréotypes féminins que l'on a l'habitude de voir au cinéma . Forte, courageuse et bienveillante, elle représente la bonté. Ses actes ne veulent pas dire ce que l'on voit, ils ont des significations cachées. Elle évolue dans deux décors magnifiques et différents , balancée entre village et nature, liberté et solitude, joie et trahison.

Vos émotions vont s'éveiller grâce à cette histoire , cette héroïne, cette vision du monde.

Saber





Ce film est étrange par sa musique, les liens entre les personnages et les personnages eux-mêmes. Entre différence, amour interdit, chasse et disputes, que va faire Sibel? Entre loup et humain , quel est le véritable danger?

Manel

2019/04/05 09:42 #2018-sibel-17
Lycée Combes, Pons, académie de Poitiers
Ce film réalisé par Çağla Zencirci, Guillaume Giovanetti , sorti le 6 mars 2019, raconte l'histoire de Sibel, une jeune muette turque communiquant en sifflant. Le film est d'ailleurs introduit par une séquence d'archives expliquant certaines nuances dans le langage par sifflement. Sibel est rejetée par les autres habitants du village, et pense pouvoir se rendre populaire en tuant un loup terrorisant la population. Un jour de chasse elle se fait agresser par un déserteur, une comparaison évidente est visible, il a un manteau noir avec une fourrure autour du cou, les deux premières fois qu'elle le voit il est a quatre pattes et grogne comme une bête sauvage. Malgré les agressions, Sibel le soigne d'une blessure causée par un de ces pièges destinés au loup. Une amitié et un amour naissent de cette relation. Mais il fini par disparaître le lendemain du jour où elle lui avait fait une carte d'identité. Suite à sa relation avec le déserteur elle devient la honte de sa famille et manque de se faire tuer par son père le maire du village. La fin est grandiose, quand elle traverse le village avec sa sœur pour l'accompagner à son bus, sous les regards accusateurs et les remarques des autres habitants du village. La dernière séquence montre une jeune fille sourire et Sibel qui reste stoïque. Très bonne surprise, un film sincère et qui témoigne d'une véritable maîtrise du langage cinématographique. Et qui porte un nouveau regard sur le cause féminine et l'amour.

Dimitri 1L
2019/04/05 09:55 #2018-sibel-18
Lycée Jacques Callot, Vandoeuvre, académie de Nancy-Metz
Critique Sibel

Un véritable retour à la nature et à la vie sauvage, voilà qui résume parfaitement Sibel. Ce film réalisé par Çağla Zencirci nous plonge dans de magnifiques paysages. En effet l’histoire se passe en Turquie, dans un petit village isolé par la montagne et la forêt. Sibel, interprétée par l’actrice Damla Sönmez, est une jeune femme muette. Elle vit avec son père qui est le maire du village et sa petite sœur Fatma. Bien qu’elle arrive à se faire comprendre des autres habitants du village avec une langue sifflée, elle est exclue, rejetée de la société. Pour se faire accepter, elle essaye de chasser le mystérieux loup de la montagne qui terrorise toutes les femmes. Malheureusement celui-ci ne se montre pas, malgré toute la patience et la détermination de la jeune femme. Un jour, alors qu’elle traque la bête, elle tombe nez à nez avec un fugitif. L’homme était obligé de se cacher pour avoir fui son service militaire. Blessé suite à leur rencontre, elle décide de le soigner et de s’occuper de lui afin qu’il se rétablisse. Au fur et à mesure du temps passé ensemble, ils tombent amoureux l’un de l’autre. Mais le père de Sibel commence à se douter de quelque chose, sa fille passe de plus en plus de temps dans la forêt, et parfois des nuits entières. Les villageois l’accusent de déshonorer sa famille et son père la prive de sorties. Mais malgré ces contraintes, elle ne se laisse pas faire et défie l’autorité de son père en sortant pour protéger le jeune homme recherché et menacé de mort. Soudainement, celui-ci disparaît. Accablée par le chagrin, elle va le chercher pendant des jours mais il ne reviendra jamais.

Tout d’abord, le réalisateur, nous montre un décor dépaysant avec de somptueux paysages. La nature est au cœur du film, en effet la plupart des scènes se déroulent dans la forêt en plein milieu de la montagne. Cela donne aux spectateurs une impression de liberté, mais pourtant, Sibel n’en a aucune. Cette œuvre cinématographique présente ici une autre culture dans laquelle les femmes sont entièrement dépendantes des hommes. Le personnage principal se révolte contre ce système en faisant preuve d’une grande force de caractère afin de changer son destin et améliorer celui des autres femmes par la même occasion. La fin du film en donne un très bon exemple : une jeune mariée qui méprisait Sibel au début, lui sourit avec un regard plein de compassion et d’admiration. Cette fin laisse le spectateur perplexe et avec de nombreuses questions.

Ce drame nous fait vivre une histoire déchirante, de plus, le jeu de l’actrice nous fait ressentir beaucoup de tristesse et d’empathie pour la jeune femme. Bien qu’elle ne parle pas, on peut voir toutes ses émotions à travers les expressions de son visage, qu’elle réussit complètement à nous communiquer. Le spectateur se met à la place du personnage et perçoit très bien sa solitude et sa détresse, tous ses efforts pour être acceptée des siens. La musique n’est pas souvent présente ce qui donne un effet de réalité. Par moment le film est assez lent et l’on aurait pu raccourcir quelques passages qui présentent des longueurs.

Enfin, on peut dire que ce drame représente en quelque sorte la société d’aujourd’hui, individualiste et qui a encore du mal à accepter les différences de chacun. On peut aussi y retrouver un choc générationnel et culturel, Sibel représente l’indépendance des femmes et l’évolution de la jeunes génération alors que le village les principes de l’ancienne.


Iris Mougeot
2019/04/05 09:58 #2018-sibel-19
Lycée Combes, Pons, académie de Poitiers
Sibel est un film dramatique turc, réalisé par Çagla Zencirci (de nationalité turque) et Guillaume Giovanetti (de nationalité française) en 2018. L’actrice principale est Dalma Sönmez, sous le nom de Sibel dans le film. Le film a été projeté dans la section Cinéma du monde contemporain du Festival international du film de Toronto 2018.
Sibel, 25 ans, vit avec son père et sa sœur cadette dans un petit village des montagnes de la région de la mer Noire. Elle utilise la langue sifflée qui est une langue traditionnelle de sa région (surnommée «langue des oiseaux») pour pouvoir s’exprimer car elle est muette. Elle est donc rejetée par les villageois à cause de cette différence, et décide alors de passer son temps dans la forêt pour chasser la mystérieuse bête, le loup. Elle est convaincue que si elle parvient à tuer cette bête, elle pourra être acceptée par les gens du village. Mais cette idée prend un tout autre tour quand elle fait la rencontre d’un fugitif blessé qu’elle va soigner et et qui va même éprouver des sentiments car il porte un regard différent sur elle.

On découvre dans ce film Sibel, une jeune femme affûtée et déterminée. Ses mouvements sont précis, rapides, secs et la caméra, quand à elle, est très mobile et la suit dans tous ses gestes. Ce déroulement est très intéressant à voir en tant que spectateur, car nous avons l’impression de la suivre. Les premières séquences sont fortes car elles sont mystérieuses et laissent le spectateur découvrir et apprivoiser ce personnage muet au sein d’un environnement hostile. Le film bascule alors dans un scénario classique d’une indépendance contrariée par le poids des traditions, notamment familiales: un père autoritaire sur ses filles, affrontement avec la communauté. La force du film n’est pas dans le portrait des personnages, ni dans le milieu social décrit mais il réside dans le personnage de Sibel. Elle est de tous les plans. La caméra, elle, est rivée sur son visage et son corps. Damla Sönmez est effectivement passionnante à regarder, elle joue le rôle d’une femme à la fois farouche et sensuelle, froide et tendre, d’une beauté peu commune et pourtant totalement crédible dans le rôle de la gardienne un peu sauvage de la forêt.
Manon, 1ère L
2019/04/05 10:05 #2018-sibel-20
Lycée Combes, Pons, académie de Poitiers


Sibel, tel est le nom d’une jeune fille turque de 25 ans, habitant la petite ville reculée de Kusköy dans le Nord-Est du pays.
Muette, Sibel est contrainte d’utiliser le langage sifflé pour communiquer avec les autres habitants de la région.
Ce handicap lui permettra de s’échapper dans les bois avec l’aval de son père, pour s’échapper d’un monde dans lequel elle ne peut pas communiquer. Elle subira un grand nombre de discriminations, ostracisée par les autres femmes du village mais aussi rejetée par sa sœur.
Sibel vit entre deux mondes. Le monde contemporain, avec une maison moderne aux allures de petite villa et le monde sauvage, dans la forêt, là où elle court pour chasser le loup qui fait peur au village.
Ce film dramatique, aux allures romantiques raconte de façon très personnelle la place actuelle de l’homme et de la femme dans la société turque conservatrice.

Dès le début du film, la jeune fille Sibel paraît être différente des autres. Elle siffle, devient bestiale lorsqu’elle pénètre dans la forêt et possède des droits que les autres femmes ne possèdent pas.
Sibel s’est bâti un petit abri en forêt où elle aime se réfugier et passer du temps.
Elle s’est mise en tête qu’il fallait tuer le loup. Un loup qui vivrait seul dans les hauteurs du village et qui menacerait les habitants.
En manque de reconnaissance, la jeune Sibel va tenter de le chasser et découvrira un jour des ossements autour de son abri de fortune.

C’est sans compter sur le fait qu’elle va rencontrer dans la forêt un jeune déserteur du service militaire, considéré comme terroriste par l’État. Il se réfugiera plusieurs jours dans les bois avec l’aide de la jeune fille.
Lorsqu’elle ne travaille pas aux champs, Sibel prend des allures de nourice. Elle rend service à une vieille dame écartée du village car considérée comme folle. Elle lui vient en aide tous les jours et doit répondre inlassablement par la négative à la question que lui pose constamment la vieille femme : « As-tu vu Fuat ? ».
Fuat est l’ancien compagnon de la vieille femme qui, nous l’apprendrons par la suite, fut battu à mort dans les bois par des hommes du village.

Mais les escapades de Sibel dans les bois se transformeront rapidement en rencontre avec l’homme qu’elle aide. La sœur de Sibel dévoilera cette relation alors qu’elle l’a suivie un matin pour savoir ce qu’elle faisait exactement en forêt.
Malheureusement pour la sœur de Sibel, cette rumeur lui coûtera son mariage. Leur père, chef du village avait trouvé un homme pour elle mais, la famille de ce dernier a décidé de mettre un terme au mariage, à cause du déshonneur causé par Sibel.


A chaque scène du film, les réalisateurs Guillaume Giovanetti et Çağla Zencirci nous rappellent comme il est dur de vivre en temps que femme dans une société conservatrice alors que le monde évolue et que les droits des femmes aussi.

Le plus intrigant dans le film, c’est évidemment la langue sifflée. Le spectateur se demande comment il est aussi facile de communiquer alors que les sons se ressemblent entre eux. C’est grâce à ça que Sibel réussira à tisser un lien particulier avec son père veuf de la mère de Sibel. Elle prendra la place de sa mère dans le domicile familial et deviendra la petite protégée du père.

En une heure et trente-cinq minutes, les réalisateurs du film auront réussi avec brio à faire comprendre en partie le fonctionnement de la société turque au sein de la campagne, les règles inégalitaires qui y règnent et la domination des hommes sur les femmes.

Amaury, 1ère L
2019/04/05 21:33 #2018-sibel-21
Lycée Saint Exupéry, Fameck, académie de Nancy-Metz
Très chère sœur,

Ton absence m’est de plus en plus pesante depuis que tu es partie faire tes études loin de moi.

Papa va bien, je ne lui ai toujours pas pardonné de m’avoir humiliée devant les deux policiers, je suis fière d’être qui je suis. C’est froid entre nous. Je crois qu’il s’en veut, il me regarde et fait mine basse. Cependant je ne peux pas vraiment lui en vouloir, il est partagé entre l’amour qu’il m’a toujours porté et les critiques que lui infligent les habitants du village. Mais c’est ainsi, et il ne s’est toujours pas excusé. J’ai encore trop de fierté en moi pour faire le premier pas : je n’arrive pas à oublier qu’il m’a dénigré devant ces policiers en mentionnant – pour me sauver - mon handicap… Je parviens peu à peu à me faire accepter, et coûte que coûte, ma différence fera de moi une force. Ce n’est pas pour autant que je dois me taire, et accepter tout ce qu’on me dit.

Pour ce qui est du village, tu serais surprise d’apprendre ce qu’il s’y passe. Les femmes travaillent et labourent toujours les champs mais les plus jeunes commencent à se rebeller et à m’intégrer, j’en deviens presque la chef de file ! Nous avons cessé d’être passives. Je ne supporte plus cette société patriarcale qui nous soumet toutes à l’homme, je n’en peux plus. Les temps changent et la société évolue, alors pourquoi pas nous ? Il est temps d’agir, je regrette que tu ne sois pas à nos côtés … Tout a commencé après ton départ, lorsque les jeunes femmes ont vu que nous gardions la tête haute malgré les critiques et les insultes que tous nous lançaient. Je suis FIÈRE de toi, FIÈRE de nous.

Maintenant je sais que l’histoire de loup n’est qu’une illusion pour nous empêcher de découvrir la vérité sur le village. Le but est de nous effrayer pour dissimuler l’atroce réalité sur Fuhat et Narim. Les anciens du village sont hypocrites et cruels. J’ai parfois l’impression que ce loup s’est finalement incarné en Ali et a disparu. J’attends toujours son retour, pitié ne me prends pas pour une folle, mais ce que j’ai vécu avec lui est bien réelle : il m’a fait découvrir ma sensualité, ma capacité à ne pas être effrayé par l’inconnu et c’est le premier à m’avoir acceptée comme je suis. J’ai appris à le connaitre, je peux t’assurer que ce n’est pas la personne décrite par les médias du régime: c’est un homme révolté, sauvage mais doux.
J’espère qu’un jour où l’autre nous nous retrouverons. Les temps changent, la place des femmes aussi et ce gouvernement sévère ne pourra perdurer encore longtemps.

Et toi, parle-moi de tes études, de ta nouvelle vie, de tes amies. Je veux tout savoir !
Reviens vite nous voir !

CHAHBALANI Wijdane TOSETTI Lisa Zoubairi Nassima
2019/04/05 21:49 #2018-sibel-22
Lycée Saint Exupéry, Fameck, académie de Nancy-Metz
SIBEL OU LA FILLE DES BOIS
Driant Alyssa, Le Lohé Amélie et Hauck Benjamin.

Il était une fois dans un petit village de Turquie, une famille ayant connu un grand malheur, le cœur de la mère cessa de battre et laissa derrière elle son mari et ses deux filles Sibel et Fatma. Mais le karma continua d’être mauvais pour les membres de cette famille, l’aînée des deux sœurs Sibel se trouvait être muette et ne pouvait communiquer qu’avec la langue sifflée ancestrale des villageois. Au fil des ans, les remarques désobligeantes s’accumulaient, la haine de sa petite sœur la faisait souffrir et seul l’amour de son père la faisait vivre. Pour enfin se faire accepter par le village, elle décida de chasser le loup qui vivait dans la forêt et terrorisait les villageoises. Un jour où Sibel faisait sa ronde habituelle dans les bois et posait ses pièges telle une fière chasseresse, elle entendit des rugissements comparables à ceux d’un animal sauvage. Elle prit son courage et son fusil à deux mains et s’avança dans les buissons de la sombre et vaste forêt. Soudainement sorti de nulle part un homme apparut et se jeta avec férocité sur la pauvre jeune fille qui, courageuse et combative, parvint à le faire tomber dans le trou destiné à piéger le loup. Libérée de l’emprise de cet homme, Sibel l’observa attentivement et remarqua la blessure à la jambe qui l’affaiblissait. Elle ne s’interrogea : fallait-il prévenir son père ? Ou ne rien dire ? La deuxième solution fut celle qu’elle choisit après un certains temps de réflexion. Les jours passaient et la chasseresse en herbe se sentait revivre prés d’Ali, l’homme de la forêt, qui avait su voir en elle au-delà de son handicap, il était devenu son prince qu’elle soignait et chérissait. Malheureusement sa sœur Fatma jalouse de sa nouvelle assurance la suivit, et apprit ainsi l’amour que Sibel portait à ce fugitif. Elle proclama alors haut et fort dans le village que Sibel batifolait avec le grand méchant loup. Notre pauvre et valeureuse Sibel fut alors battue par les villageoises et traitée comme une souillonne par son père, et comme si ce qui lui arrivait n’était pas assez, son loup, son prince avait disparu dans les tréfonds des bois. Fatma, par l’annulation de son mariage, fut punie de sa méchanceté mais Sibel qui était une jeune femme bienveillante et aimante consola sa tendre petite sœur avec des gestes et des sifflements de réconfort. Sibel, sa sœur et leur père reprirent alors le cours de leur vie en relevant la tête et en s’écoutant car chacun avait appris à pardonner à l’autre.
Depuis dans le village de Kuskoy vous pouvez entendre parler d’une muette qui par ses actes et ses sifflements d’oiseaux a changé petit à petit la vie et les pensées de chacun.

2019/04/05 21:57 #2018-sibel-23
Lycée Saint Exupéry, Fameck, académie de Nancy-Metz
Sibel, un conte aux multiples résonnances

Les réalisateurs de Sibel, Çağla Zencirci et Guillaume Giovanetti nous font plonger dans la peau de Sibel, jeune femme et personnage éponyme habitant un petit village turc contrôlé par son père qui en est le maire. Sibel n’est pas une femme comme les autres : elle n’a pas la capacité de parler et communique uniquement en langue sifflée, traditionnelle dans le village. C’est une chasseuse vive et douée, qui s’est donnée pour mission de traquer le loup craint par le village dans le but de se faire accepter par sa communauté. Cependant lors d’une séance de chasse, Sibel rencontre un fugitif nommé Ali. Et c’est à partir de ce moment-là que le public assiste à un véritable chamboulement dans les décisions prises par la jeune femme et un changement de comportement dans ses relations avec ses proches.
Sibel est avant tout un conte merveilleux dans la forme. En effet, ce film reprend tous les éléments d’un conte merveilleux traditionnel. C’est par exemple l’héroïne, Sibel, qui joue le rôle de la jeune fille et du chasseur dans sa quête du loup dans la mystérieuse forêt du village, gouverné par son père autoritaire, qui peut s’apparenter au roi. De plus, la jeune fille si belle est affligée d’un handicap. C’est pourquoi elle utilise la langue sifflée, qui rajoute elle aussi une dimension merveilleuse et poétique à l’univers du film. Enfin, le fugitif pourrait s’apparenter à une version modernisée du prince, dont la venue, qui joue l’élément perturbateur, a pour rôle de délivrer Sibel du joug de son père.
Cette œuvre est aussi un conte politique dans le fond. Les réalisateurs se montrent particulièrement engagés envers la question de la tolérance et surtout envers celle des rapports hommes-femmes. En ce qui concerne la tolérance, il est clair que les deux réalisateurs ont une volonté de montrer le traitement réservé aux personnes handicapées dans cette société. Ces traitements choquants vont de l’exclusion sociale telle que le rejet du groupe ou encore l’impossibilité de mariage en passant par les violences corporelles. Cette réalisation cinématographique met également en avant l’importance du respect entre les hommes et les femmes. En effet, le village de Sibel est attaché de manière ancestrale à une véritable domination du patriarcat. Les femmes sont soumises aux hommes, contraintes à exercer diverses tâches ménagères ou acceptent les mariages arrangés avec un homme, totalement inconnu comme la sœur de Sibel, Fatma. La femme se libère ainsi de la soumission du père pour se soumettre à un mari. Les réalisateurs de ce film ont décidé de mettre, au contraire, en avant une femme solide et révoltée par sa situation.
Le comportement et les agissements de Sibel laissent présager une évolution dans le village au niveau des relations hommes-femmes et surtout de la société patriarcale. Le film reste en lui-même simplement beau et poétique. Les personnages sont attachants et le réalisme merveilleux est multiplié grâce à la véracité du village, de ses habitants et de ses paysages.

Guerquin Valentin et Goullon Loïc

2019/04/05 22:42 #2018-sibel-24
Lycée Marcelin Berthelot, Questembert, académie de Rennes
Sibel est un film dramatique turc sortie en 2018 et réalisé par Cagla Zencirci et Guillaume Giovanetti qui sont également à la tête du scénario avec Ramata Sy. Le film nous conte l'histoire de Sibel une jeune femme muette vivant dans les montagne turques et ne communiquant qu'à l'aide de sifflements. Un jour, en chassant, elle tombera sur Ali, un fugitif blessé dont elle va prendre soin et qu'elle va cacher et ce, malgré les rumeurs qui vont commencer à se répandre.


Pour commencer, il est important de mentionner les acteurs et plus particulièrement Damla Sonmez, l'interprète de Sibel, qui ici a dû non seulement être expressive sans émettre un seul mot mais de plus apprendre à siffler et parler le « langage des oiseaux ». Plusieurs scènes appuient de façon déchirante sur cette incapacité que Sibel a de faire passer ses émotions : crier, pleurer, sourire, rien ne sert. Et cette incapacité à communiquer est le centre même de son personnage car, malgré ses sifflements, personne ne le comprend vraiment, elle est seule et isolée; on va parfois jusqu'à la considérer comme une malade infectieuse qui pourrait transmettre son mutisme à ceux qui restent trop avec elle. Mais la situation changera quand elle rencontrera Ali, qui sera le premier à réellement faire attention à elle et à la considérer comme une humaine. De plus, il est un homme, seul autre homme du film que son père, qui lui cherchera à soumettre la rebelle Sibel, en vain. Cependant, il m'est assez difficile de m'investir dans la romance qui se créera entre Sibel et Ali. Elle est assez expédiée et se termine d'un seul coup là où l'ont aurait pensé qu'elle ne faisait que commencer, nous pourrions alors envisager que Ali s'est joué d'elle mais cela me semble peu vraisemblable.

Toujours au plan affectif et relationnel, la relation que Sibel entretient avec sa sœur Fatma est intéressante. Malgré là cruauté qui en émane, nous comprenons la jalousie de Fatma pour sa sœur, largement préférée par leur père. Elle se montrera injuste avec elle, voire méchante par moments. L'apothéose ayant lieu quand elle se met à raconter à tous que Sibel rencontre un inconnu dans les montagnes, ce qui précipitera la fuite d'Ali et le déshonneur de Sibel. Mais l'ironie est présente et se produira quand la famille de son fiancé refusera le mariage avec Fatma à cause de Sibel. Cette dernière d'ailleurs ne lui tiendra pas rigueur de ses malheurs et c'est durant cette scène, où le deux sœur se prennent dans les bras, couchées l'une à côté de l'autre, que nous ressentons toute la force que deux sœur unies peuvent avoir, cette scène se terminant même sur une action de Sibel pour Fatma.
Une symbolique intéressante est aussi celle du loup. Tout au long du film, Sibel traque, on ne sait pourquoi, un loup dans les montagnes. Ce loup peut être interprété de plusieurs manières mais j'en vois personnellement deux : le loup est Ali, il mord Sibel comme un animal sauvage la première fois qu'il la voit, il tombe dans le piège dédié au loup, il porte un manteau couvert d'une pseudo fourrure et une fois qu'il est parti, Sibel stoppe sa chasse. Ou le loup est Sibel elle-même ou du moins, une Sibel qu'elle cherche à refouler : les os qu'elles trouvent sont d'après Ali des os humains, de prime abord, nous pourrions penser qu'il s'agit des os de Fuat, l’amant de la vielle Narin, mais métaphoriquement il pourrait s’agir de cette liberté que Sibel convoite mais qu’inconsciemment elle chercherait à tuer.

Enfin, nous pouvons remarquer une ambiance très agréable : bien que le film se passe en Turquie, les cadres de la forêt, du village ou de la maison nous reçoivent dans un cadre familier et sauvage à la fois. La musicalité du film est, bien sur, liée à Sibel et ses sifflements, c'est l’héroïne qui rythme son film ici et les silences sont, étant donné son mutisme, d'une importance primordiale.



Sibel est un film très agréable à voir, à la fois romance, critique de la condition de la femme et ode à la différence, tous les publics pourront être touchés et être émus par les messages de cette histoire extraordinairement humaine.



Ewan Gehanno
2019/04/05 23:13 #2018-sibel-25
Lycée Jacques Callot, Vandoeuvre, académie de Nancy-Metz
« Sibel », une magnifique découverte !

« Sibel » est un film né d’une collaboration franco-turque, réalisé par Çağla Zencirci et Guillaume Giovanetti. Ce long métrage plonge le spectateur dans un petit village isolé, entre les montagnes et non loin de la Mer noire, au cœur de la Turquie à notre époque. Il nous fait part de la vie d’une jeune femme nommée Sibel.

Muette depuis plusieurs années, elle a développé un langage assez particulier, le sifflé, que seul son père, maire du village, sa sœur et quelques habitants peuvent comprendre. Cette différence n’est pas acceptée par la communauté et elle est souvent victime de moqueries, voire d’insultes. Cette jeune femme reste cependant très active et dispose d’une énergie débordante. Elle travaille dans les champs la journée, s’occupe de la maison, prépare les dîners et chasse un loup dans les bois proche dès qu’elle le peut. Ce loup si mystérieux semble roder dans les parages et effraye tous les villageois, particulièrement les femmes. C’est l’arme à la main qu’elle sillonne cette vaste forêt dans l’espoir de le trouver. Lors d’une de ses expéditions quotidiennes, Sibel croise le chemin d’un fugitif activement recherché pour terrorisme. C’est alors qu’une histoire d’amour va naître et perturber le cour de sa vie.

Dans une campagne très lointaine, nous retrouvons un cadre insolite avec une vue imprenable sur cette grandiose forêt dont le cadre très particulier permet au spectateur de se projeter plus facilement dans cette histoire. Il découvre une culture turque contemporaine, encore extrêmement enfermée sur les traditions les plus anciennes : le mariage dès le plus jeune âge, parfois arrangé, femmes qui travaillent dans les champs et qui sont à la fois femmes au foyer. Il découvre également un racisme assez prononcé et un rejet de la différence choquant, comme c’est le cas pour cette pauvre héroïne. Le fait de voir ce film en version originale nous intègre d’autant plus dans cette tradition si particulière !

On retrouve dans ce film un personnage très attachant, pour lequel on ressent beaucoup de compassion. Sibel, interprétée par Damla Sönmez, est une femme absolument magnifique qui nous transmet des émotions, jusqu’alors jamais vues au cinéma par un simple regard. C’est une personne d’une simplicité hors du commun, d’une profonde gentillesse, toujours là pour aider, se rendre utile auprès de tous. Elle se rend même au service d’une vieille femme que tout le monde croit folle. On appendra par la suite la cause de son traumatisme.

Le film traite également la question de l’éducation. En effet, on distingue une éducation différente menée par le père vis à vis de ses deux filles. Sa sœur est encadrée de façon plus stricte contrairement à Sibel qui a beaucoup plus de liberté. Par exemple, la plus jeune doit se marier rapidement avec un homme qu’elle n’a pas choisi.

On peut remarquer une très bonne interprétation des acteurs. Damla se fond très bien dans la peau de l’héroïne. Cette actrice parvient à communiquer des émotions fortes. Le fait qu’elle soit muette est particulièrement intéressant, puisqu’ elle nous fait percevoir ses sentiments uniquement par expression de son visage et par un sifflement.

Le spectateur découvre également une femme rebelle qui sait se défaire des traditions. Dans un premier temps, elle retient un fugitif dans le bois, chose totalement contraire à la loi, sachant qu’il est recherché par les forces de l’ordre. Elle le cache également à sa famille et à l’autorité Turque qui engendre beaucoup de problèmes. Une femme qui n’a peur de rien et qui s'affirme toujours au fil de l’histoire.

La fin du film est intéressante car on se retrouve face à une jeune femme qui incarne l'émancipation. Nous apercevons sa petite sœur et elle, main dans la main, avant que cette dernière prenne le bus pour retourner à l’école. Ce qui signifie qu’elles veulent reprendre le cour de leur vie, après des épisodes très mouvementés ainsi que des humiliations faites à l’encontre de leur famille.

Ce long métrage se termine par une image très forte, dans laquelle Sibel relève le menton de sa sœur pour lui montrer qu’elle doit être fière d’elle, fière de ce qu’elle est. Qu’elle ne doit pas avoir honte, qu’elle doit s'affirmer ! C’est ainsi que se clôture le film, le bus s’éloignant, Sibel de dos, regardant les villageoises travailler, avec un sentiment de liberté !

Certes, ce film peut paraître long à certains moments car on ne trouve pas beaucoup de scènes d’actions. C’est probablement voulu de la part des réalisateurs, ils n’ont pas cherché à impressionner le spectateur, mais plutôt à le laisser admirer l’œuvre en prenant conscience de la vie de cette jeune femme muette, cherchant simplement la pure sincérité. Celui-ci se sent tellement porté par l’histoire et est pris par l’émotion, qu’il en oublie le reste…

C’est un très beau film, une fabuleuse découverte. On y découvre une histoire poétique et un personnage insolite, attachant dans un cadre merveilleux. Avec une fin qui laisse le public agréablement surpris, le laissant se poser de nombreuses questions. « Sibel » est donc vivement recommandé !

VOILLOT Lison

2019/04/05 23:44 #2018-sibel-26
Lycée PRO de l'Atlantique, Royan, académie de Poitiers
ADOLPHE Mélina, 2CUS, LP Atlantique Royan

Sibel vit avec son père et sa sœur dans un petit village montagneux en Turquie où les traditions des sociétés patriarcales sont bien ancrées. Chacun a sa place, Sibel travaille la plupart de son temps dans les champs avec les femmes du village qui doivent être des épouses respectables. Son père veuf est le chef du village et incarne l'autorité sauf avec Sibel avec qui il est plutôt laxiste.
Il faut dire que Sibel est différente des autres femmes car elle souffre d’un handicap, elle est devenue muette suite à une forte fièvre à l’âge de cinq ans mais peut quand même communiquer avec ses proches grâce à la langue sifflée.
Dans ce village si conservateur, Sibel est un être à part, elle incarne la liberté, ses longs cheveux volent au vent alors que les femmes du village sont voilées.
Mais comme elle est différente, elle est rejetée par le groupe et n'est pas invitée aux cérémonies traditionnelles. Une jeune femme lui dit même de ne pas l'approcher car cela pourrait porter malheur à ses futurs enfants qui risquent eux aussi d'être muets.
Sibel est à leurs yeux une sorcière. Même sa propre sœur Fatma la rejette car elle a honte de sa différence.
Alors, Sibel s’est trouvé un cocon bien à elle : la nature,avec laquelle elle est en communion. Son père lui a confié un fusil de chasse et elle arpente la forêt et les montagnes à la recherche d’un loup qui traumatise les habitants, elle rend régulièrement visite à Narin, la folle du village, qui vit recluse dans une cabane perchée en haut de la montagne. Sibel siffle comme un oiseau et lui raconte sa vie.
Sibel est dotée d’une beauté sauvage, brute, elle n’est pas dans les clichés de féminité des autres femmes et quand à un moment du film, elle essaie de leur ressembler, c’est un échec total.
Sibel trouve alors toujours refuge dans les montagnes et se montre très courageuse. Elle traque le loup, car elle veut prouver au village qu'elle sert à quelque chose et qu’elle est forte.
Sibel veut absolument arriver à éliminer ce loup pour être l’héroïne de son village car si elle arrive à le tuer, les femmes la verront alors autrement et elles pourront retourner au rocher de la mariée, rocher très important pour elles car la tradition veut que ce soit l’endroit où elles se rendent après leur mariage pour prier et voir leur vœu d’avoir un garçon exhaussé.
Le film Sibel est ainsi construit comme un conte où traditions et superstitions s’entremêlent, et Sibel la sorcière va finir par trouver le loup qui n’est pas celui que l’on attend.
En effet durant sa traque, Sibel tombe nez à nez avec Ali. Avec sa capuche à fourrure et ses mains gantées de noir elle le prend pour le loup. Il n’en est rien, Ali est en fait un tendre fugitif blessé, qui se cache dans la forêt pour fuir le service militaire.
En voulant l’aider et le soigner, la jeune femme va désobéir aux règles de la pure tradition et ruiner sa réputation ainsi que celle de sa famille en tombant amoureuse de lui.
Car le film Sibel interroge sur la question du respect des traditions et de l’honneur qui en découle.
Or, pour Sibel et Ali, personnages rebelles du film, l’honneur est tout autre, leur honneur consiste à être libre et être soi quitte à transgresser les règles.
Alors quand l’honneur de la tradition est bafoué, les habitants du village le défendent corps et âme et n’hésitent pas à devenir violents. Sibel est frappée par les femmes du village et dénoncée par sa propre sœur Fatma qui sera ensuite quittée par son fiancé car elle n’est plus assez bien pour la famille. Le père de Sibel, lui, est prêt à tuer sa propre fille pour préserver son honneur.
L’honneur est en effet une question de vie ou de mort, on apprend alors pourquoi Narin est devenue folle de douleur, on a tué devant elle son amant car tous deux avaient bravé un interdit : celui de s’aimer hors du mariage. Ainsi l’histoire se répète et qu’il n’y a pas de place pour la liberté individuelle et c'est sans doute le poids de la tradition plutôt que le loup hypothétique qui est le véritable mal de ce village.
Et puis, en un instant,à la fin du film, les traditions vacillent, Sibel, avec sa force sauvage, devient un guide pour sa sœur, elle l’aide à traverser la tête haute le village et affronter les regards. Elle la conduit jusqu’au bus qui va l’emmener à l’école, tout un symbole, car le savoir est une alternative au mariage précoce qui enferme les femmes dans ce village.
Et c’est alors que le regard de Sibel croise celui d’une autre jeune fille qui lui adresse un sourire comme pour la remercier d’avoir montré la voie de la liberté…


2019/04/10 20:17 #2018-sibel-27
Lycée Maurice Genevoix, Montrouge, académie de Versailles
On entend souvent dire que le féminisme ne sert plus à rien, qu’il faut se préoccuper de causes plus importantes car, en France en tout cas, les femmes ont déjà assez de droits et que l’on se bat aujourd’hui pour des choses superflues. Seulement, le féminisme c’est se battre au nom de toutes les femmes de cette terre, car encore aujourd’hui, comme dans ce film en Turquie, dans certains endroits du monde, les femmes sont encore loin d’avoir les mêmes droits que les hommes.
Sibel, si belle, si forte. Cette jeune fille des montagnes nous impressionne par sa dextérité avec son fusil gravé à son nom. Dans ce pays où le voile est de rigueur, sa longue chevelure brune et bouclée contraste avec les foulards de couleurs qu’arborent les autres femmes du village. Elle est mise à l’écart, crainte des autres du fait de sa différence. Même si elle est muette, son visage, ses yeux, transmettent ce que les mots ne peuvent pas dire. Et lorsque cela ne suffit pas, elle se met à siffler comme le font les autres pour communiquer d’une montagne à une autre.

Dans sa famille elle semble plus proche de son père que de sa sœur qui a honte d’elle. Sibel se charge de faire à manger, s’occupe du ménage. C’est elle qui gère le foyer familial. Pendant que sa sœur étudie à l’école, que son père travaille, elle se rend tantôt aux champs, tantôt dans la forêt pour y traquer le loup. Débusquer l’animal est sa première préoccupation, elle veut absolument le tuer et prouver au village de quoi elle est capable. Elle apprendra par la suite que ce loup n’était qu’un mythe.

Finalement, malgré ses problèmes à s’intégrer et le rejet des autres, on perçoit comme une sorte d’envie envers elle. Le fait que Sibel soit exclue de leur société la rend encore plus libre, puisqu’elle n’est de ce fait obligée ni de porter le voile ni de se marier. Dans le film cela se traduit par la scène finale où une jeune fille qui l’avait pourtant rejetée au début, la regarde au loin et lui sourit.

Ce que l’on retiendra de ce film, c’est qu’une différence peut devenir une force, et une faiblesse un atout. Etre une femme peut relever du défi, mais en continuant à se battre, plus jamais une d’entre elles n’aura à se restreindre de faire quelque chose ou de se soumettre à quelqu’un. Et Sibel a ce courage-là, celui de mener sa vie comme elle le souhaite et sans craindre le regard des autres. Elle devient malgré elle l’héroïne féministe de ce film, et donne sa voix, ou plutôt son sifflement, aux femmes du monde entier.

Valentine Provost
2019/04/12 13:03 #2018-sibel-28
Lycée Bonaparte, Autun, académie de Dijon
Sibel est un film dramatique, sorti au cinéma en 2019 et réalisé par Guillaume Giovanetti et Çağla Zencirci. Ce film nous raconte le quotidien d’une jeune femme de 25 ans prénommée Sibel, vivant dans un village isolé dans les montagnes de Turquie avec son père, maire du village, et sa jeune sœur. Sibel est muette et communique avec les autres personnes grâce à un langage sifflé. Ce handicap va alors devenir un avantage, son père l’élève d’une manière plus indépendante lui offrant ainsi plus de liberté, ce qui lui permet d’échapper aux règles matrimoniales de la société. Mais cette différence fait d’elle une personne rejetée et crainte ; en effet, les autres femmes du village ont peur que leurs enfants soient muets comme elle ; de plus son amitié avec Narin, la folle du village accentue les jugements portés sur elle. Sibel part alors à la recherche d’un loup qui rode dans les montagnes, terrifiant les habitants du village, afin de le tuer et d’obtenir ainsi le respect et la reconnaissance des habitants. Mais lors d’un jour de chasse, elle fait la rencontre d’un fugitif, blessé, prénommé Ali. Il est recherché car il serait un terroriste. Affrontant ses peurs, elle décide de l’aider et de le soigner ; elle lui apporte aussi à manger et cache son existence aux autorités qui le recherchent. Cette rencontre va changer des choses dans sa vie. En effet, un lien se forge entre les deux jeunes gens et pour la première fois Sibel se met à exister dans le regard de quelqu’un, qui comme elle, est rejeté par les autres. Cette chasse au loup se transforme alors en une quête d’identité qui va permettre à la jeune femme de s’émanciper et de changer l’ordre des choses dans son village. Le père de Sibel et Narin jouent aussi un rôle important par rapport à la liberté des femmes. Effectivement, le père de Sibel, malgré son rôle de maire se détache un peu des codes de conduites, par exemple il devrait se remarier puisqu’il est veuf mais il ne le fait pas, il aurait aussi dû donner une éducation plus stricte à Sibel mais il lui a laissé plus de liberté. Narin est une folle mais derrière ce jugement se trouve une femme courageuse qui a essayé de casser les codes et les règles de la société en vu d’un monde plus juste. Ce film utilise généralement des gros plans qui mettent en lumière les sentiments et les émotions des personnages et nous les font ainsi partager. De plus, lors de certaines scènes, la caméra suit le mouvement des personnages permettant au spectateur de mieux «rentrer» dans le film. Ce drame est un témoignage de la vie des femmes dans ce pays qui, depuis des centaines d’années, sont obligées de suivre les règles et les codes si elles veulent s’intégrer à la société. Cependant elles sont privées de liberté et le personnage principal de ce film est là pour redonner espoirs à ces femmes, pour relancer une chose importante dans cette société : la solidarité féminine.


Léa Berret.2nd. Lycée Bonaparte. Autun
2019/04/12 13:27 #2018-sibel-29
Lycée La Saulaie, Saint-Marcellin, académie de Grenoble
"Sibel" réalisé par ÇağlaZencirci et Guillaume Giovanetti, est un film franco-turc sorti en salle le 6 Mars 2019. Il est classé dans la catégorie de film : drame social.


Ce film raconte l’histoire d’une jeune femme Turque. Sibel âgée de 25 ans est muette à cause d’une maladie infantile; sa seule façon de communiquer est la langue sifflée apprise par son père. Elle vit avec sa sœur et son père depuis le décès de sa mère. Sibel est rejetée par toutes les femmes du village :elle est déchue de sa féminité c’est-à-dire qu’on ne la considère ni comme une femme (elle ne porte pas le voile), ni comme un homme. Elle suscite la jalousie des villageoises car elle a en effet la liberté des hommes: son père l’a élevée ainsi en lui offrant un fusil et en lui donnant la possibilité d’aller dans les bois pour chasser. Mais elle a également tous les devoirs d’une femme comme préparer à manger à sa famille, faire les tâches ménagères. Dans son village, les croyances et les superstitions son très présentes, par exemple, quand une femme se marie, elle doit se rendre au « Rocher de l’amour » pour y allumer un feu. Une de leurs superstitions est que toute personne ayant un handicap, portent « le mauvais œil »;c'est pour cette raison aussi que Sibel est rejetée. Dans la forêt, partie à la recherche du loup, Sibel se retrouve dans une situation périlleuse en faisant la rencontre d’Ali, un fugitif recherché par les policiers et son père, qui est le maire de son village. La relation entre Sibel et Ali viendra déshonorer la famille de Sibel.


La première scène de ce film est déjà très forte car elle montre le rejet des femmes du village vis à vis de Sibel. Dans cette scène, elle offre un verre d’eau à une jeune femme de son âge, celle-ci l’accepte sans le moindre geste de politesse. Sibel s’installe à côté d’elle mais cette femme la chasse méchamment. Dès le début du film, nous comprenons que Sibel est considérée comme une paria par la communauté des villageoises. Son infirmité fait peur comme si son handicap était contagieux. Le rôle des personnages est très bien interprété, plus particulièrement le rôle de Sibel jouée par la magnifique Damla Sonmez, qui touche le spectateur dès les premières scènes. Malgré le très bon choix des acteurs, les plans sont parfois longs et le film manque de rythme malgré la beauté de la photographie. L’absence de musique accentue l’aspect documentaire du film. En effet les réalisateurs ont fait le choix du réalisme en créant une bande son composée des bruits de la nature comme des feuilles mortes et le bois qui craque et assez fréquemment le souffle haletant de Sibel trahissant sa peur. Ce film est touchant dans sa manière de traiter des discriminations.


La dernière scène nous dévoile le message du film. Nous voyons Sibel et sa sœur traversant le village, main dans la main, supportant les insultes des villageois. Sibel marche la tête haute et relève celle de sa petite sœur : car il est temps pour elle de retourner à l’école et de se libérer de la domination des hommes !



Mélanie Salanson et Eleana Yang

2019/04/12 16:45 #2018-sibel-30
Lycée PRO Edouard Branly, Châtellerault, académie de Poitiers
SIBEL
"Cri mutique dans la nuit, en forêt"

Film de Çağla Zencirci et de Guillaume Giovanetti, « Sibel » et l'histoire d'une jeune femme muette exclue et en conflit avec le reste du village. Film captivant, entre la fable et le réalisme, un récit psychologique.
Un conte percutant mais néanmoins sensible qui aborde à travers le mutisme le thème de la différence en Turquie.
Traité avec finesse et intelligence, il se dégage une ambiance calme et apaisante grâce à l'absence de musique.

Un rai de lumière dans les bois, lumineux, coloré, qui contraste avec le village. Les bois, tout comme l'histoire du loup sont les refuges de Sibel.

Damla Sönmez, l'actrice qui joue Sibel, est tout simplement bluffante. Un regard exprimant toutes les émotions du personnage contraste avec une parole absente.
Bien sûr Sibel est rejetée par les imbéciles, tout comme Ali et cette injustice va faire naître entre eux une compréhension qui pourrait sembler impossible mais qui sera instinctive, primitive, animale...
Et de se rejet, de cette différence va naître une paradoxale liberté.

Pour conclure, « Sibel » est avant tout le parcours d'une femme qui devient adulte en acceptant son handicap. Un film à couper le souffle qui ne manquera pas de captiver le spectateur grâce à un scénario qui fonctionne à merveille.

par Killian Bonnard T BP RPIP
2019/04/18 10:55 #2018-sibel-32
Lycée Evariste Galois, Beaumont sur Oise, académie de Versailles
Le film Sibel est un long métrage sorti en salle le 6 mars 2019 réalisé par Guillaume Giovannetti et Çagla Zencirci. Il s'agit d'un drame de nationalité allemande, française, turque et luxembourgeoise. Le personnage principal est joué avec brio par Damla Sönmez qui a dû apprendre la langue sifflée turque pour le tournage.

Elle incarne Sibel, une jeune femme muette qui est rejetée par son village à cause de son handicap et de son attitude peu conforme aux stéréotypes de genre. Celle-ci recherche désespérément à attraper un loup qui est censé terroriser le village afin d'avoir la reconnaissance des villageois. Cependant on apprend que ce loup n'existe pas et qu'il ne s'agit que d'une chimère.  Ce film joue habilement avec ce mythe du loup pour représenter les peurs infondées et superstitieuses des villageois.

Le film met en valeur le parcours étonnant de la jeune fille qui évolue entre le village et la forêt. La forêt lui offre un espace de liberté loin des règles du village. Son handicap lui a permis d’évoluer différemment, elle a gagné en maturité et en autonomie. Cette force lui permet da garder la tête haute face aux regards négatifs des villageois. Dans la dernière scène on peut voir que sa lutte acharnée contre les préjugés qui pèsent sur les femmes permet à sa sœur de traverser le village et de retrouver le chemin de l’école. Le film nous questionne sur la place de la femme dans la société turque ainsi que sur le poids de l’honneur.

Le film a une dimension politique car on remarque que le personnage d’Ali qui a déserté la guerre est considéré par l’État et par les villageois comme terroriste. On peut noter plus tard dans le film que lorsque Sibel regarde la télévision, il n’y a que des extraits de flashs infos où chaque préjudice porté à l’État est qualifié d’acte terroriste. Le réalisateur semble critiquer l’endoctrinement des masses par la propagande d’État.

Cependant l’intrigue perd de sa vivacité car elle se déroule principalement dans la forêt, dans un champ et dans la maison familiale, ce qui rend le film un peu répétitif et fade. Cette monotonie peut refléter celle de la vie des femmes du village mais n’en est pas moins ennuyeuse, il s’agit du seul bémol du film. Ce film reste tout de même l’un de nos préférés grâce au jeu exceptionnel de l’actrice principale qui nous fait ressentir toutes ses émotions malgré l’absence de parole.


Charles Decuy et Marc-Olivier Bonnaire

Lycée Évariste Galois (95)

2019/04/20 18:44 #2018-sibel-32-1
Lycée Jean Moulin, Pézenas, académie de Montpellier
Parfois plus fort que des mots

Sibel est une jeune fille muette depuis sa tendre enfance, mais elle communique grâce à la langue sifflée traditionnelle de sa région. Elle vit avec son père et sa soeur dans un village isolé, en Turquie. Tout son temps se partage entre les champs, où elle aide les femmes du village à cueillir le thé ou à ramasser les récoltes, la forêt, où elle traque le loup, fusil à l'épaule, et la maison de son père, où elle tient le rôle de la mère disparue et s'occupe du foyer. Malgré une activité incessante, elle est rejetée par les villageois à cause de sa différence. Si elle a suffisamment de caractère pour montrer ce qu'elle ressent et le leur siffler au visage, elle espère quand même se faire admettre parmi eux : pour cela, elle a décidé de tuer le loup qui hante la forêt et empêche les jeunes mariés d'aller fêter leurs noces au haut de la montagne, comme le voudrait la tradition.
Un jour, dans la forêt, elle tombe nez à nez avec Ali, un fugitif blessé et menaçant. Et malgré sa peur, elle décide de l'aider. Plus elle lui rend visite pendant sa guérison, plus son père et les villageoises remarquent qu'elle s'absente de plus en plus souvent, et personne ne croit plus aux excuses qu'elle invente. Il n'est pas de bon ton, pour une jeune fille, même muette, de se promener aussi librement dans la nature... Peu à peu un mur de haine s'élève autour de Sibel, qui a le tort de ne pas ressembler aux autres et d'agir trop librement. Même son père, son indéfectible soutien, finit par céder sous la pression des villageois. Qu'adviendra-t-il de Sibel ? Comment découvrira-t-elle la vraie nature des loups ?

Dans ce film, Çagla Zencirci et Guillaume Giovanetti nous plongent dans une histoire au sujet dramatique et social, dont le rôle principal est tenu par la talentueuse Damla Sönmez. Son personnage est passionnant à regarder et à analyser : Sibel est à la fois sauvage et douce, éprise d'amour et de liberté, et toujours courageuse. Je l'ai personnellement beaucoup appréciée. Certaines scènes nous la rendent très touchantes et nous donnent envie de l'aider, notamment lorsqu'elle veut crier sa peine mais qu'aucun son ne parvient à sortir de sa bouche : ses cordes vocales sont impuissantes à soulager son trop-plein de tristesse.
J'ai aimé cette histoire, je me suis attachée à Sibel et aurais voulu connaître la fin de son parcours, les possibilités de vie qui s'offraient à elle après tout ce qu'elle a traversé.
Allez la voir : vous ne l'oublierez plus !

Juliette Denis, seconde 2, Lycée Jean Moulin de Pézenas
2019/04/20 18:54 #2018-sibel-33
Lycée Jean Moulin, Pézenas, académie de Montpellier
Garder la tête haute
Ce film raconte l'histoire de Sibel, une jeune femme muette qui communique grâce à la langue sifflée de son village. Elle habite avec son père et sa soeur dans une petite maison simple en Turquie. Sa mère est décédée et Sibel est la préférée de son père, car elle est est attentive et travailleuse et s'occupe de tout dans la maison : sa jeune soeur se comporte en princesse et attend seulement de pouvoir se marier en faisant la coquette.

Sibel, elle, ne se mariera jamais, car elle est muette. Alors elle chasse le loup (qui est un mythe, dont Sibel va résoudre l'énigme, essentielle) et rend visite à la vieille folle du village, qui vit à l'écart, moquée de tous. Sans doute Sibel se reconnaît-elle un peu en elle, dont personne ne veut.

Un jour, Sibel rencontre dans la forêt un homme, un hors-la-loi. Elle qui n'a jamais approché d'homme (sinon son père), elle donne alors l'impression que les émotions explosent en elle, elle espère peut-être avoir rencontré l'amour.

Mais surtout cet homme, Ali, est la seule personne qui échange avec Sibel et essaie de la connaître. Les autres, au village, ne lui parlent pas, par peur du mauvais oeil (ils pourraient devenir comme elle...), et critiquent la liberté de mouvement que lui autorise son père, sous prétexte qu'étant muette, elle n'a pas à se comporter comme une fille puisque personne ne la convoite. Elle chasse le loup, se promène seule en forêt, ne couvre pas ses cheveux : cela suffit à ce qu'on lui interdise de fréquenter les autres.

Au début du film, Sibel est mise en scène de façon terne, les yeux cernés, la tête baissée, comme si elle avait honte d'être ce qu'elle est. Elle tente vainement de se faire accepter.
Mais à la fin du film, tout a changé : Sibel marche tête haute, rayonnante, fière de ce qu'elle est. Elle ne mendie plus l'attention des autres, et pourtant c'est un regard admiratif dirigé vers elle qui est le dernier plan du film. Entre ces deux Sibel, il y a la découverte de soi par cette jeune femme en pleine éclosion.

J'ai beaucoup aimé le jeu de l'actrice, et j'ai beaucoup aimé le film. Il rassemble émotion, action, et fait tout de même réfléchir en dénonçant la discrimination et le poids intolérable et aveugle des traditions.

Yseult Canac-Pons, seconde 2, lycée Jean Moulin de Pézenas.
2019/04/21 14:42 #2018-sibel-35
Lycée Maine de Biran, Bergerac, académie de Bordeaux
Sibel,

Le film commence par la radiographie d'une gorge qui parle et siffle, qui parle et siffle des mots !
Nous sommes directement dans le monde de Sibel : celui de la voix. Quand le générique fin se déroulera, on se demande si son monde n'est pas aussi celui de la voie.

Sibel est une belle jeune fille qui vit dans un monde rustique, plein de traditions machistes et religieuses : seules les femmes travaillent ; elles doivent sortir voilées ; les mariages sont arrangés... Sibel est à part. Les autres l'acceptent à peine, à condition qu'elle ne les approche pas trop. Elle est handicapée, muette, mais elle siffle pour communiquer. On dirait un oiseau.
Au début du film, l'image la cadre en gros plan, haletant comme un animal chassé. La forêt est dense. De quels dangers doit-elle se protéger ? A la séquence suivante, on comprend que c'est elle qui chasse un loup qui terrorise les villageois. On comprend aussi bien vite que cette bête représente bien plus pour Sibel : le respect des autres.
Un jour, elle entend un grognement. Comme elle, nous ne voyons rien. Soudain, elle est attaquée par une forme toujours grognante qui l'emmène dans un corps à corps qui dure. C'est un homme sale, barbu, hirsute, fou, enragé comme Jack Nicholson à la fin de Shining. Sibel réussit à le maîtriser et commence à le soigner. Très vite, ils communiquent et elle cache cet homme que la police recherche comme terroriste.
Sibel vit avec sa jeune sœur et son père, le maire du village. C'est elle qui fait tourner la maison. C'est aussi elle qui s'interpose lorsqu'elle apprend que sa sœur va se marier. Pour elle, les études doivent primer. La jeune sœur ne comprend pas. Elle ne supporte plus que Sibel puisse vivre à sa manières, sans être obligée, par exemple, de porter le foulard. Cette jalousie et sa rancoeur la pousseront à dénoncer sa sœur et la présence de l'Etranger.
Sibel s'est mise à aimer cet homme. Elle rentre plus tard de ses chasses, ne prépare plus le repas du soir, ne repasse plus les chemises de son père. Celui-ci s'interroge. On le voit de plus en plus inquiet, puis, comme écrasé par on ne sait quelle nouvelle. C'est celle des commérages sur l'immoralité de sa propre fille. Il lui impose de porter le foulard, il l'empêche de sortir. Rien n'y fait. Sibel s'échappe toujours. Les femmes la frappent. Elle repart dans la forêt retrouver une vieille folle qui attend depuis plus de trente ans le retour de l'homme qu'elle aimait. Quand Sibel apprend de la bouche même de son père que l'amoureux de la vieille folle a été battu à mort devant elle, parce qu'il était étranger au village, elle comprend que le village est paralysé dans un monde archaïque. Même si la télévision apporte des images de l'évolution de la société, rien ne bouge. Même son père quand il l'accuse d'avoir fait le malheur de sa jeune sœur, répudiée avant son mariage.
La fin du film est superbe. La jeune sœur ne supporte pas la honte de l'infamie de Sibel. Sibel l'emmène au bus scolaire, supportant avec fierté le regard des autres et les propos infamants. Sibel siffle sa colère aux villageois et c'est son père qui les fait taire. Sibel n'a pas de voix, mais elle ouvre la voie de sa jeune sœur et de cette autre qui l'avait pourtant, au début du film, violemment rejetée.
Finalement, ne faut-il pas voir le loup de Sibel comme sa propre image ?

Allez voir ce film. Vous sortirez forcément marqués par cette femme. Vous verrez combien la différence, quand elle est acceptée, permet de donner de la force. Combien, parfois, il suffit d'une voix -même primitive- pour changer la vie !
Pauline et Elodie
2019/04/21 15:32 #2018-sibel-36
Lycée PRO Jacques Brel, Saint-Pons de Thomières, académie de Montpellier
Alexis PERRET, première ASSP du lycée Jacques Brel, Saint-Pons-de-Thomières, académie de Montpellier
Sibel est un film turc sorti en 2018. Ce film dramatique nous fait suivre la vie d’une fille, Sibel, qui habite avec son père et sa sœur, dans un petit village de Turquie. À l’âge de 5, elle a été victime d’une fièvre foudroyante qui l’a rendu muette, elle ne communique donc qu’avec des sifflements. Ce handicap la fragilise, et en plus elle est dénigrée par toute sa communauté. Elle se réfugie dans la forêt. Le réalisateur a réussi à nous faire ressentir la détresse de Sibel, sa tristesse comme lorsqu’elle crie et qu’elle n’entend rien, dans un moment tellement bouleversant. L’utilisation du sifflet comme langage permet un beau jeu d’acteur, le comportement corporel de Sibel nous transporte avec plus de force que la parole.
Armée d’un fusil et sa détermination, elle espère trouver un loup dans la forêt voisine du village, un loup menaçant le village pour prouver sa valeur et être reconnue. Mais, durant une de ses parties de chasse, elle tombe nez à nez avec un homme, Ali, blessé, elle le soignera et lui apprendra sa langue. Elle apprendra à le connaître et à l’aimer.
Le film fait vivre deux thèmes. Celui de l’acceptation des différences, et celui de l’amour impossible. La plupart des scènes se déroulent dans une forêt magnifique, et les paysages sont d’une beauté bouleversante. On pourrait croire que dans ce cadre les gens sont heureux parce qu’ils n’ont aucune règle, et pourtant les femmes n’y ont aucune liberté.
Sibel reste une femme forte, fière, téméraire, pleine de gentillesse et de courage. Elle doit être une combattante. Sinon, elle finira comme Narin, la « folle » du village, dont la communauté a tué le fiancé, mais nous ne voulons pas trop dévoiler de l’intrigue.
La fin du film laisse le spectateur perplexe et avec de nombreuses questions. Peut-on vivre toute sa vie dans le défi et l’isolement ?
2019/04/21 15:34 #2018-sibel-38
Lycée PRO Jacques Brel, Saint-Pons de Thomières, académie de Montpellier
Aude BANO, première ASSP du lycée Jacques Brel, Saint-Pons-de-Thomières, académie de Montpellier
Sibel est une jeune femme qui vit avec son père et sa sœur dans un village isolé dans les montagnes de la mer noire, en Turquie.
Sibel est une fille muette. Malgré ça, elle communique grâce à des sifflements. Sa communauté la rejette à cause ce handicap. Sibel est une guerrière, malgré son handicap elle se bat et se fiche de ce que les autres pensent.
Elle traque sans relâche un loup, dont on dit qu’il rôde dans la forêt. Et c’est au cours de cette traque qu’elle croise un homme, un fugitif, qui a été blessé et ne semble pas très aimable. Il regarde Sibel avec un regard intimidant. Le début du film est ainsi assez fort et mystérieux.
Le film montre les rapports entre les hommes et les femmes. Son univers est un univers dur, oppressant, où les hommes décident pour les femmes, et où les femmes se surveillent mutuellement par jalousie.
Le père entretient avec ses deux filles des rapports très différents. L’une d’elle est un enfant, qui veut faire comme les autres, se marier, s’afficher comme une femme. L’autre, Sibel, a soif de liberté. Le père est chef de village, on pourrait croire qu’il est libre. Mais on s’aperçoit qu’il n’en est rien lorsqu’une entremetteuse vient lui demander de se remarier. Chacun est surveillé, et doit faire ce que la communauté lui dit de faire.
Ali, l’homme mystérieux que Sibel rencontre va lui permettre de grandir, de trouver le courage pour s’opposer à la loi commune.
Il s’agit d’un bon film. Il nous fait réfléchir au poids du regard des autres sur nos vies. Ce poids est terrible dans les sociétés isolées.
2019/04/21 16:03 #2018-sibel-38-1
Lycée Maine de Biran, Bergerac, académie de Bordeaux
“Sibel”
de Cagla Zencirci et Guillaume Giovanetti, avec Damla Sönmez, sorti en Mars 2019

Ce film est vraiment superbe notamment grâce à la beauté de son actrice principale.

“Sibel” commence par la radiographie d'une gorge qui parle et siffle, qui parle et siffle des mots !
Nous sommes directement dans le monde de Sibel : celui de la voix. Quand le générique fin se déroulera, on se demande si son monde n'est pas aussi celui de la voie.

Sibel est une belle jeune fille qui vit dans un monde rustique, plein de traditions machistes et religieuses : seules les femmes travaillent ; elles doivent sortir voilées ; les mariages sont arrangés... Sibel est à part. Les autres l'acceptent à peine, à condition qu'elle ne les approche pas trop. Elle est handicapée, muette, mais elle siffle pour communiquer. On dirait un oiseau.
Au début du film, l'image la cadre en gros plan, haletant comme un animal chassé. La forêt est dense. De quels dangers doit-elle se protéger ? A la séquence suivante, on comprend que c'est elle qui chasse un loup qui terrorise les villageois. On comprend aussi bien vite que cette bête représente bien plus pour Sibel : le respect des autres.
Un jour, elle entend un grognement. Comme elle, nous ne voyons rien. Soudain, elle est attaquée par une forme toujours grognante qui l'emmène dans un corps à corps qui dure. C'est un homme sale, barbu, hirsute, fou, enragé comme Jack Nicholson à la fin de Shining. Sibel réussit à le maîtriser et commence à le soigner. Très vite, ils communiquent et elle soigne cet homme que la police recherche comme terroriste.
Sibel vit avec sa jeune sœur et son père, le maire du village. C'est elle qui fait tourner la maison. C'est aussi elle qui s'interpose lorsqu'elle apprend que sa sœur va se marier. Pour elle, les études doivent primer. La jeune sœur ne comprend pas. Elle ne supporte plus que Sibel puisse vivre à sa manières, sans être obligée, par exemple, de porter le foulard. Cette jalousie et sa rancoeur la pousseront à dénoncer sa sœur et la présence de l'Etranger.
Sibel s'est mise à aimer cet homme. Elle rentre plus tard de ses chasses, ne prépare plus le repas du soir, ne repasse plus les chemises de son père. Celui-ci s'interroge. On le voit de plus en plus inquiet, puis, comme écrasé par on ne sait quelle nouvelle. C'est celle des commérages sur l'immoralité de sa propre fille. Il lui impose de porter le foulard, il l'empêche de sortir. Rien n'y fait. Sibel s'échappe toujours. Les femmes la frappent. Elle repart dans la forêt retrouver une vieille folle qui attend depuis plus de trente ans le retour de l'homme qu'elle aimait. Quand Sibel apprend de la bouche même de son père que l'amoureux de la vieille folle a été battu à mort devant elle, parce qu'il était étranger au village, elle comprend que le village est paralysé dans un monde archaïque. Même si la télévision apporte des images de l'évolution de la société, rien ne bouge. Même son père quand il l'accuse d'avoir fait le malheur de sa jeune sœur, répudiée avant son mariage.
La fin du film est superbe. La jeune sœur ne supporte pas la honte de l'infamie de Sibel. Sibel l'emmène au bus scolaire, supportant avec fierté le regard des autres et les propos infamants. Sibel siffle sa colère aux villageois et c'est son père qui les fait taire. Sibel n'a pas de voix, mais elle ouvre la voie de sa jeune sœur et de cette autre qui l'avait pourtant, au début du film, violemment rejetée.
Finalement, ne faut-il pas voir le loup de Sibel comme sa propre image ?

"Sibel" est un film captivant, émouvant et enrichissant car le personnage principal, Sibel, est rejetée par le village entier à cause d’un handicap qu’elle n’a pas choisi. Elle se rebelle contre le système car par son handicap, aucun homme ne veut la marier. Elle se rebelle aussi contre son père lorsqu'il se conduit comme les autres hommes, à vouloir l'enfermer au sens strict et figuré dans son statut de femme dépendante des autres.
Dans ce film, le rôle de la femme est omniprésent, elles travaillent dans les champs, font la vaisselle, le linge, le ménage, la nourriture et on ne sait pas ce que les hommes font à part boire du café.
Les paysages reflètent énormément la Turquie, et de beaux décors sont mis en valeur.

Nous nous sommes accrochées au film mais la fin ne nous a pas trop plu. D’une part nous ne comprenons pas pourquoi Sibel est mise à l’écart. D’autre part, pourquoi le fugitif n’est pas revenu alors que Sibel était convaincue qu’elle allait le revoir. C’est peut-être une façon de refléter la réalité et de la mettre en avant. On voit que Sibel est une bonne personne. Elle aide Narin, une pauvre vieille qui vit seule dans la haute montagne, dévastée par la disparition de son Mari. Finalement, Narin, c'est le futur de Sibel si elle ne se rebelle pas contre les traditions du village.

Lucy et Salma




2019/04/21 19:39 #2018-sibel-39
Lycée Maine de Biran, Bergerac, académie de Bordeaux
"Sibel",

J'ai beaucoup aimé ce film. Je vais essayer de vous dire pourquoi. En effet, voici ce qui m'a le plus plu :

1) Le combat de Sibel contre tous ceux qui la rejettent à cause de son handicap et de sa liberté de vivre :
C'est un combat sans aigreur car elle n'en veut pas aux femmes qui la frappent quand elle est accusée d'avoir un comportement indigne ; elle n'en veut pas non plus à cette jeune femme à qui elle offre, au début du film, un peu d'eau fraiche. Cette jeune femme craint que Sibel ne transmette son handicap à son bébé. Sibel s'éloigne sans rien dire. A la fin du film, cette même jeune femme semble avoir compris que Sibel montrait une autre voie aux femmes de son village. Elle lui sourit timidement. Sibel ne la refoule pas et lui sourit à son tour.


2) La rancoeur, la jalousie et la trahison de Fatma, la jeune sœur de Sibel :
Fatma est une jeune fille de 15 ans qui va à l'école. C'est une adolescente comme on en trouve partout : elle regarde la télé, paresse, n'aide jamais sa soeur dans le ménage. Elle hésite entre les traditions et la modernité, comme porter le foulard à la manière des filles qu'elle voit à la télé. Lorsqu'un bon parti la demande en mariage, elle est très heureuse et même fière. Mais elle ne comprend pas la réaction de Sibel qui pense qu'il faut continuer ses études avant le mariage. Elle exprime toute sa colère contre sa soeur, allant jusqu'à l'espionner et raconter au village ce qu'elle fait dans la forêt. Cette dénonciation lui portera tort. La "faute" de Sibel rejaillira sur elle et le bon parti qui voulait l'épouser annule sa demande. Elle s'enferme alors dans la honte : celle d'avoir parlé et celle d'être rejetée et refuse de sortir, même pour prendre le bus et retourner à l'école. Au final, c'est Sibel qui l'aidera à traverser le village sous les insultes. On peut espérer que Fatma, par l'éducation et l'amour de sa soeur, pourra sortir du schéma archaïque de la place des femmes dans le village.


3) L'humanité d'Ali :
Cet homme apparaît brutalement dans la forêt, tout près de la cabane où Sibel s'installe habituellement pour traquer un loup. Il est blessé. Elle va le soigner même si elle ne sait pas qui il est. Des soldats le recherchent en disant que c'est un terroriste. Sibel ne dit rien (c'est Fatma qui va le dénoncer en trahissant sa soeur). La proximité de cet homme trouble Sibel au point qu'elle s'offre à lui. Ali avait bien-sûr besoin de son aide, mais il n'a jamais eu à son égard une attitude agressive ou de rejet. Il l'a tout de suite considérée comme une femme comme une autre.


4) Le courage et la détermination de Sibel :
Cette jeune femme visite régulièrement une vieille folle qui vit dans les hauteurs du village. Narin attend le retour de son fiancé depuis plus de trente ans. Elle l'attend pour l'emmener au rocher de la Mariée. Lorsqu'Ali dont Sibel est tombée amoureuse disparaît, son père lui fait comprendre qu'elle n'aurait jamais pu l'épouser et que s'il n'avait pas fui, c'est la communauté des hommes du village qui l'aurait tué (lui y compris), comme cela s'était passé pour l'étranger amoureux de Narin. Sibel reçoit ainsi une autre preuve que le village est enfermé dans la peur de l'étranger et de la différence. Une nuit, elle brûle le rocher de la mariée, ultime geste pour montrer que le vie doit changer et dépasser les traditions et toutes les dominations.


5) L'idée d'une fin ouverte :
Pour Sibel : elle est et reste libre, ouvrant la voie aux autres femmes ;
Pour Fatma, qui devrait tirer les leçons de ses actes et apprécier le courage et la fierté de Sibel ;
Pour le père de Sibel, Emin. C'est le maire du village. C'est un homme progressiste qui regarde la télévision avec ses filles, qui n'enferme pas Sibel malgré son handicap. Et pourtant, il va écouter les ragots des villageois sur son déshonneur et vouloir la remettre à sa place de femme qu'il faut dominer. Mais les propos de Sibel qui le méprise et le range dans le camps de ces villageois archaïques, le bouleversent et lui font comprendre qu'il doit reprendre la voie de la modernité. Il la protège au final des insultes en admirant la force de résistance de sa fille.

Je suis heureux d'avoir découvert un film que je n'aurais jamais pu voir s'il n'y avait pas eu le dispositif du prix Jean Renoir des lycéens. J'espère que vous l'avez aimé -ou l'aimerez- autant que moi.

Gaëtan BORDERIE