Intervention de Françoise Janier-Dubry, IGEN groupe histoire-géographie

Les axes de travail autour du numérique et les enjeux en histoire-géographie et EMC.

L’histoire-géographie est mobilisée depuis de nombreuses années sur le numérique comme en témoignent le portail national éduscol, les sites académiques mais aussi les sites et les blogs personnels des collègues.

Les IAN histoire-géographie sont des acteurs de premiers plans aux côtés des DANE, des IA-IPR, des formateurs pour accompagner les professeurs dans ce développement du numérique à l’École. Il y a encore des hésitations chez nombre d’enseignants même si l’on peut constater une amélioration avec l’arrivée des ENT et des cahiers de texte en ligne par exemple qui permettent de décloisonner les espaces et les temporalités.

On peut distinguer quatre axes de travail majeurs pour l’avenir en lien avec l’histoire-géographie et le numérique, notamment autour de la thématique du travail en classe / hors la classe.

 1. Le dispositif Devoirs faits

C’est un dispositif en construction dont la mise en place est progressive dans les établissements. Quelles activités en classe et hors la classe ? Question de la continuité des apprentissages avant, pendant et après. Un document de l’inspection générale sur Devoirs faits va sortir prochainement. Il donnera des pistes sur l’animation de ce dispositif. Il est nécessaire de réfléchir sur les usages possibles du numérique dans ce dispositif. Peut-on proposer de nouvelles manières d’utiliser l’ENT, le cahier de texte. Prise en compte du fait que d’autres personnes que les enseignants s’impliquent dans ce dispositif. Qu’est-ce que l’on met sur le cahier de texte, comment formuler, que propose-t-on ? Question de la différenciation avec des travaux spécifiques à faire selon différents groupes. Réfléchir à des outils permettant aux élèves d’être accompagnés hors de la classe (tests en ligne, auto évaluation etc.). Faire un lien entre usages scolaires et usages personnels du numérique pour servir les apprentissages.

 2. La classe inversée

C’est une question très documentée, fort discutée et parfois controversée. D’où une série de questionnement :

  • Il faut peut-être sortir du modèle (capsule vidéo à distance) pour s’intéresser à un modèle moins figé, à d’autres formes d’hybridation (lire Marcel Lebrun qui précise qu’il y a plusieurs modèles de classe inversée).
  • Certains collègues ont du mal à identifier les objectifs d’apprentissage et ont donc des difficultés à articuler préparation en amont et activités en classe. Les élèves sont parfois frustrés car ils ont l’impression que le travail fait en amont n’est pas assez valorisé.
  • Dispositif qui demande beaucoup de travail en amont pour l’enseignant qui implique une charge de travail qui peut l’amener à renoncer. Tendance à l’inflation d’usage des outils numérique face à des objectifs didactiques et pédagogiques qui restent modestes.
  • Réflexion de qualité inégale face à la classe inversée, nécessité d’accompagner les enseignants dans cette réflexion sur le contenu de ce que l’on doit proposer hors la classe
  • C’est en classe que se font les apprentissages, d’où importance du choix des documents, de la réflexion sur le temps à passer aussi hors de la classe (calibrage du temps imparti) pour éviter les situations de refus des élèves. La quantité de devoirs pour les élèves ne doit pas être trop forte : que peut faire un élève de 11 ans ? un élève de 18 ans ?
  • La classe inversée n’est qu’une démarche parmi d’autres, l’accompagnement des personnels dans la démarche, dans l’entrée dans cette pratique est fondamental.

 3. Mobilisation sur les compétences en lecture et en écriture

Notamment dans le cadre des réformes des épreuves du DNB et du Baccalauréat qui doivent être l’occasion de former les élèves à prendre la parole et à construire une intervention orale plus longue.

Soucis de la lecture du document numérique avec de nouvelles compétences en lecture (continuité de la lecture, hyperlien etc.). Réflexion sur un travail commun avec les lettres autour de cette thématique. Possible aussi avec les collègues de langues vivantes.

Réfléchir aussi à l’expérience des professeurs de Lettres/Histoire qui possèdent une expérience intéressante dans ce domaine.

4. Mobilisation pour les élèves à besoin particulier

Réfléchir sur l’aide que le numérique peut apporter en cette matière.